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Malala, écolière pakistanaise rescapée des talibans et icône mondiale

LA "GIRL" DU JOUR (6/40) - À dix-huit ans à peine, la lauréate du Nobel de la paix, en 2014, symbolise la lutte pour l'éducation des filles dans le monde entier.

Malala a reçu en 2014 le Prix Nobel de la paix
Malala a reçu en 2014 le Prix Nobel de la paix Crédit : ODD ANDERSEN / AFP
Charlie Vandekerkhove
Charlie Vandekerkhove
Journaliste RTL

L'éducation avant tout. A l'automne 2014, alors qu'elle devient la plus jeune lauréate de l'histoire, Malala Yousafzaï attend de terminer sa journée d'école pour commenter le prix Nobel de la Paix qui vient de lui être décerné. Depuis plusieurs années, la jeune pakistanaise se bat contre l'obscurantisme religieux et pour l'accès des filles à l'éducation. Aujourd'hui, Malala a dix-huit ans depuis quelques jours, mais elle ne sera jamais une adolescente comme les autres.

Son destin se joue lors d'une tragédie, survenue le 9 octobre 2012. Des islamistes attaquent le minibus qui l'emmène à son école, dans la vallée de Swat, au Pakistan. A cette époque, Malala a déjà une certaine notoriété : sur un blog de la BBC, elle raconte, depuis l'âge de onze ans, son quotidien d'écolière. Dans une région contrôlée par la terreur des Talibans, qui imposent la charia et s'attaquent à l'éducation des filles. Alors que sa mère et sa tante sont analphabètes, Malala est une élève brillante et vit dans les pas de son père, un homme de lettres engagé contre les Talibans. En 2011, elle reçoit un premier prix national pour la paix créé par le gouvernement pakistanais, et devient une cibleDans l'attaque de son bus, c'est elle que visent les hommes du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), allié au réseau d’Al-Qaida.

Six jours de coma

Ce jour-là, à quinze ans, elle reçoit une balle en pleine tête. Grièvement blessée, elle est évacuée en Angleterre. Après six jours de coma, elle revient miraculeusement à la vie. Elle sera opérée plusieurs fois et gardera une partie du visage paralysée. La famille s'installe alors à Birmingham. Depuis, alors que son attaque suscite l'émoi dans le monde entier, elle est devenue une icône, venue d'un pays où la violence à l'égard des femmes fait des ravages, et où cinq millions d'enfants n'ont pas accès à l'éducation.

Mais sans se contenter de poursuivre sa vie d'écolière tranquille en Angleterre, Malala s'engage de plus belle : elle parcourt le monde, à la rencontre des chefs d'Etat, et publie son autobiographie, traduite dans des dizaines de langues. En 2013, elle reçoit le prix Sakharov du Parlement européen.

Je veux l'éducation pour les fils et les filles des talibans et tous les extrémistes et les terroristes.

Malala Yousafzaï
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Dans son propre pays, elle est encore très critiquée par une frange conservatrice de la population. Ses détracteurs lui reprochent notamment de n'avoir rien accompli de concret pour l'éducation pakistanaise. Elle a pourtant participé à la mise en place d’un fonds mondial pour l’éducation des filles, le "Fonds Malala", mais dont les avancées ne sont pas encore flagrantes dans ce pays. Sans compter que dans sa région d'origine, il est toujours difficile d’afficher ouvertement son soutien à Malala. Impossible, pour elle, de retourner pour l'instant au Pakistan.

Malgré ces critiques, Malala continue de faire entendre la voix des enfants déscolarisés. Le 12 juillet dernier, elle a fêté ses dix-huit ans au Liban, en inaugurant une école, destinée à accueillir 200 Syriennes réfugiées dans le pays.

La jeune fille continue d'imposer sa sagesse, comme en 2013, lorsque pour ses seize ans, elle s'exprime à la tribune des Nations unies : "Ils pensaient qu'une balle pourrait nous réduire au silence mais ils ont échoué", avait lancé la jeune fille, à propos des Talibans. "Prenons nos cahiers et nos crayons", avait-elle poursuivi. "Ce sont nos armes les plus puissantes." Le public, debout, avait ovationné Malala, dont les phrases résonnent encore aujourd'hui : "Je veux l'éducation pour les fils et les filles des talibans et tous les extrémistes et les terroristes. (...) Je n'ai même pas de haine pour le taliban qui m'a tiré dessus".

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