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Les portes de la mode s'ouvrent progressivement aux rondes

Le plus souvent ignorées du monde de la mode et des défilés, les femmes avec des formes poussent peu à peu les portes de quelques grandes maisons et des podiums, soutenues par l'avènement des réseaux sociaux.

Iskra Lawrence est un mannequin dit "plus size"
Iskra Lawrence est un mannequin dit "plus size" Crédit : Gilbert Flores/Broadimage/SIPA
La rédaction de Girls et AFP

3,7 millions d'abonnés sur Instagram, la porte d'entrée au succès ? C'est en tout cas grâce à sa popularité sur ce réseau social que le mannequin britannique de 26 ans Iskra Lawrence a accédé à la notoriété pour devenir un modèle demandé. Elle affiche une taille 42-44 qui, dans le monde de la mode est (déjà) considérée comme une "grande taille".

Pour Lynne Webber, directrice opérationnelle de la marque Marina Rinaldi, qui propose des modèles "plus-size" (taille 40 et plus), les réseaux sociaux offrent "une voie de communication beaucoup plus démocratique et ont donné de la visibilité à plus de types de femmes".

Au Royaume-Uni, quelque 57% des Britanniques sont en surpoids et aux États-Unis, la proportion atteint 63%, d'après les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé. La taille moyenne d'une Américaine se situe entre 46 et 48.

Lutter contre les diktats

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Avec ses millions d'abonnés sur Instagram, Iskra Lawrence est aujourd'hui l'égérie de la ligne américaine de lingerie Aerie, créée par la marque de prêt-à-porter American Eagle.

Elle a également défilé lors de la semaine de la mode de New York et savoure ce succès, conquis de haute lutte.

Elle se souvient notamment qu'il y a six ans, un agent londonien lui avait rit au nez en lui assurant qu'elle ne travaillerait jamais à New York. Désormais (re)connue, Iskra Lawrence entend utiliser sa célébrité pour lutter contre le diktat de la mode qui impose des standards inatteignables pour la plupart des femmes.

Les formes ne sont pas des défauts.

Iskra Lawrence, mannequin "grande taille"
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La jeune femme refuse ainsi désormais que ses photos pour des clients soient retouchées. Pour elle, le "concept même" est "une illusion", a-t-elle expliqué à l'AFP avant de s'envoler pour une séance de prises de vues sur une plage d'Islande.

Les formes "ne sont pas des défauts", clame-t-elle. "Ce sont des parties de notre corps. Nous avons simplement été convaincus par la société et les médias que c'était un problème."

Au moins 30 millions de personnes, de tous sexes et de tous âges, souffrent de troubles de l'alimentation aux États-Unis, selon l'Association nationale de l'anorexie et des maladies associées.

"Chaque jour, je reçois ces messages sur les réseaux sociaux de filles qui me disent que je leur ai épargné des troubles de l'alimentation ou des pensées suicidaires", confie Iskra Lawrence.

Le chemin est encore long

Aux États-Unis, Ashley Graham (5 millions d'abonnés sur Instagram) et sa taille 48 est devenue, ces deux dernières années, quasiment l'égale des mannequins superstars telles Kendall Jenner ou Gigi Hadid.

Autre signe d'une évolution, plusieurs grandes figures du show-business, la chanteuse Adèle ou les actrices Amy Schumer et Melissa McCarthy, voire la championne de tennis Serena Williams, portent fièrement leurs courbes.

Tandis que la semaine dernière, les géants du luxe Kering et LVMH, représentant des grands noms comme Gucci, Saint Laurent, Vuitton et Dior, ont adopté une charte commune pour interdire le recours à des mannequins trop maigres.  

Les marques les plus prestigieuses ne veulent pas s'adresser à cette communauté.

Lynne Webber, directrice opérationnelle de la marque Marina Rinaldi
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Pour autant, les portes de la mode ne sont qu'entrouvertes. "Le chemin à parcourir est encore tellement long", estime Jaclyn Sarka, qui a co-fondé en 2013 l'agence JAG Models, pour proposer un éventail de tailles plus large. "Beaucoup de gens ne veulent pas de grosse dans un défilé."

Les plus grands noms de la Fashion Week de New York, de Tom Ford à Calvin Klein en passant par Alexander Wang, restent totalement hermétiques à cette évolution. "C'est triste de voir que les marques les plus prestigieuses ne veulent pas s'adresser à cette communauté", qui représente pourtant plus de la moitié des femmes", juge Lynne Webber.

Pour Gary Darkin, l'autre co-fondateur de l'agence JAG, la dernière frontière est aujourd'hui la haute couture, dont certains représentants ont déjà dit publiquement leur hostilité à une ouverture. Mais il le jure : "Il y a de l'espoir !". 

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Le plus souvent ignorées du monde de la mode et des défilés, les femmes avec des formes poussent peu à peu les portes de quelques grandes maisons et des podiums, soutenues par l'avènement des réseaux sociaux.
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2017-09-12 07:30:00
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