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Diane Saint-Réquier : "Il existe quasiment autant de sexualités que de personnes"

LA "GIRL" DU JOUR (24/40) - Sur son blog "Sexy SouciS", la jeune femme répond avec bienveillance et précision à toutes nos questions sur le sexe.

Diane Saint-Réquier tient le blog Sexy SouciS
Diane Saint-Réquier tient le blog Sexy SouciS Crédit : DR
Charlie Vandekerkhove
Charlie Vandekerkhove
Journaliste RTL

Du sexe, de la précision, un brin d'humour et beaucoup de gifs. C'est comme ça qu'on pourrait décrire le blog Sexy SouciS, ouvert par Diane Saint-Réquier en janvier 2015. La jeune femme de 29 ans, journaliste de formation, est depuis 2010 bénévole au sein de l'association Solidarité Sida. Elle intervient dans des lycées, des collèges, ou encore des lieux festifs, et a été formée sur de nombreux sujets touchant au sexe, de la contraception à la prévention des IST (Infections sexuellement transmissibles). C'est donc grâce à cet engagement que lui est venue l'idée d'ouvrir un blog, mais aussi grâce à ses amis.

"J'ai appris à ne jamais juger les sexualités, quelles qu’elles soient", explique Diane, interrogée par Girls. "Assez rapidement, se souvient la jeune femme, je me suis rendue compte que des ami(e)s se tournaient vers moi pour des questions ayant trait à leur vie sexuelle, sentimentale et amoureuse, mais surtout sexuelle", insiste-t-elle. Tous avaient accès à internet, et, pour certains, un assez haut niveau d'études, précise-t-elle encore. "Mais ils et elles se tournaient malgré tout vers moi. Je me suis donc dit qu’il y avait un véritable manque."

On parle beaucoup de sexe et on en voit partout. Mais on en parle très souvent mal, de manière très normée, sans tenir compte des individus.

Diane Saint-Réquier
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Un manque qu'elle constate encore aujourd'hui : "Entre les sites comme Doctissimo, où on peut lire tout et n’importe quoi, et la presse féminine, qui impose une vision très limitée des corps, des identités et des sexualités, comme si on pouvait tous et toutes rentrer dans un moule unique...", cite la jeune femme. 

Sur son blog, conçu comme un moteur de recherche, un "Google du sexe", un peu plus de 400 questions anonymes ont déjà trouvé leur réponse. Le credo de Diane ? La fiabilité (elle vérifie et recoupe toutes les informations qu'elle délivre), la clarté, mais aussi la volonté de s'adresser à tous et toutes. "Le but premier de Sexy SouciS est de répondre de manière claire et exacte aux questions que l’on peut se poser sur les sexualités", expose la jeune femme, qui préfère utiliser le terme "sexualités" au pluriel, "car il existe quasiment autant de sexualités que de personnes, estime-t-elle. Il est essentiel que chacun reparte de mon site en étant rassuré sur le fait que rien de ce qui se passe, dans le consentement éclairé, n’est anormal, bizarre, sale ou mauvais", poursuit la blogueuse.

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Pour elle, le sexe est un sujet vaste et passionnant. "Quand on parle de sexualités, on parle de relation à soi et à son corps, à son image, on parle de désir, de plaisir, de relation à l’autre, de consentement, on parle aussi de stéréotypes, de clichés sur les garçons et les filles..." Autant de questions sensibles et, pour certaines, tabous, même si, selon elle, il n'est pas si difficile de parler de sexe.

"Je crois qu’on parle beaucoup de sexe et qu’on en voit partout", remarque la jeune femme. "Mais on en parle très souvent mal, de manière très normée, sans tenir compte des individus, de leurs besoins, de leurs envies, de leurs sensibilités. Il me paraît important de ramener un peu d’humanité dans le sexe, de prendre le temps de s’interroger sur qui l’on est, ce que l’on veut, pourquoi, avec qui et comment."

Face aux questions qu'on lui soumet, Diane explique se retrouver dans deux types de situations. Pour les interrogations "faciles", par exemple "est-ce que je risque quelque chose avec telle ou telle pratique", elle peut répondre tout de suite, en essayant d'être "la plus claire et précise possible". Mais dans certains cas, des recherches s'imposent, et parfois un temps de réflexion pour réagir à des sujets compliqués. "Pour les questions les plus délicates, qui touchent par exemple aux agressions sexuelles ou aux relations violentes, explique-t-elle, je prends le plus de temps, pour réfléchir aux tournures, essayer de faire preuve d’empathie, d’imaginer ce que peut ressentir la personne et de l’orienter vers des personnes professionnelles qui pourront l’aider." 

Les stéréotypes de genres enferment garçons et filles dans des rôles souvent compliqués à gérer.

Diane Saint-Réquier
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La jeune femme reconnaît que ce blog lui a permis d'être plus patiente avec ses propres problèmes. Mais cette activité lui a surtout fait entrevoir deux principales difficultés, pour lesquelles elle note "un immense déficit en termes d'éducation". D'abord, la question de la "normalité". Elle s'explique : "Je reçois beaucoup de questions du type Est-ce que je suis normal(e)?, Est-ce que mon sexe a une taille/un aspect/une odeur normale?, Est-ce que mon envie est normale?..."

Ensuite, la question du consentement éclairé, qu'elle définit ainsi : "Comprendre, accepter et reconnaître que notre partenaire a ses désirs propres, qui ne correspondent pas forcément aux nôtres, qu’il faut savoir entendre le non à n’importe quel moment et quelle que soit sa forme." Elle rappelle d'ailleurs que quand la personne n’a pas la possibilité de dire non, son "oui" n’est pas valable. "Cela passe aussi, notamment pour les filles, par le fait de savoir qu’elles ont le droit de dire non, même si l’acte sexuel a déjà commencé, même si elles ont ramené le garçon chez elles, même si elles ont dit oui pour une pratique et qu’elles n’en veulent pas une autre", rappelle Diane.

Si elle avait un coup de gueule à pousser, ce serait bien contre l'éducation sexuelle en France. "Le clitoris n’existe même pas sur les schémas des organes sexuels que l’on nous enseigne, explique-t-elle, outrée. "Et les stéréotypes de genres enferment garçons et filles dans des rôles souvent compliqués à gérer : les premiers sont sous la pression de la performance « virile », quand les autres sont poussées à ignorer, voire nier, leurs désirs propres. Cela crée des situations de grande détresse, de violence inouïe et que l’on pourrait limiter ou même éviter avec des programmes éducatifs."

Tous les jours, pendant les vacances, retrouvez l'une des 40 Filles à suivre. Une série de portraits de jeunes artistes, blogueuses, journalistes ou mannequins engagées et qui nous inspirent.

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