4 min de lecture Journée des droits des femmes

8 mars : des initiatives pour les droits des femmes dans le monde

Pour célébrer la journée internationale des droits des femmes, de nombreuses manifestations se sont tenues, ce 8 mars 2018. Tour d'horizon non-exhaustif.

Des femmes irakiennes ont participé à un marathon, en cette journée internationale des droits des femmes 2018
Crédit Image : AHMAD MUWAFAQ / AFP

L'édition 2018 de la journée internationale des droits des femmes aura eu une saveur particulière. Quelques mois après les premières révélations concernant l'affaire Weinstein, la parole des femmes continue à se libérer à travers le monde, gagnant chaque jours de nouveaux milieux. 

En ce 8 mars, de nombreuses manifestations en faveur des droits des femmes ont été organisées, partout dans le monde. Dans l'Hexagone, mais aussi en Espagne, en Irak, aux États-Unis ou encore en Norvège.

À Paris, des centaines de personnes se sont rassemblées pour célébrer la 41e journée des droits des femmes. Place de la République, un karaoké géant a été organisé, moquant les promesses d'Emmanuel Macron en matière d'égalité entre les femmes et les hommes sur l'air de la chanson Paroles, paroles de Dalida. 

Des associations féministes et représentants de syndicats français avaient appelé à se mobiliser à compter de 15h40, pour marquer la persistance des inégalités professionnelles et faire de ce jour "une lutte collective". Un horaire choisi car il s'agit de l'heure à laquelle, symboliquement, les femmes commencent à travailler gratuitement au cours d'une journée, a expliqué Ana Azaria, présidente de l'association Femmes égalité, à l'Agence France-Presse.

En Turquie, des femmes défilent pour "la liberté"

Plusieurs milliers de femmes ont défilé sous haute surveillance policière jeudi 8 mars dans la soirée sur la principale avenue d'Istanbul afin de réclamer plus de "liberté" et la "fin du patriarcat". Brandissant des bannières proclamant "Nous sommes fortes ensemble !", "Résisterez-vous avec nous ce printemps ?", et criant des slogans parfois hostiles au gouvernement, les manifestantes ont descendu l'avenue Istiklal, cœur de la rive européenne d'Istanbul. 

"La situation des femmes ici est honteuse. Et ça empire", déclare à l'AFP Turkan Gezmis. "Ils ne nous laissent pas être libres. Tous les jours, il y a des pressions, et encore des pressions. Ça suffit !". "La Turquie est franchement sous la moyenne. Quand on parle de libertés, il n'y a rien de tout ça. Et pas seulement pour les femmes, pour tout le monde", dénonce Hale, une autre manifestante. "Nous ne vivons pas dans un pays où il y a de l'égalité". 

Une grève générale "féministe" en Espagne

Une grève générale des femmes, sans précédent dans le pays, s'est traduite par des piquets de grève devant les grands magasins espagnols, des perturbations dans les transports et l'absence des présentatrices-vedettes dans les médias. 

Les deux principaux syndicats espagnols, UGT et CCOO, avaient appelé à un arrêt de travail de deux heures observé par 5,3 millions de personnes dans le pays, selon leurs estimations. Dix autres syndicats avaient appelé à une grève toute la journée, inspirée d'un mouvement similaire en Islande en 1975. 

En Irak, un marathon féminin à Mossoul

Environ 300 femmes ont participé à un "marathon" symbolique de 900 mètres sur une avenue de Mossoul, la deuxième ville d'Irak, reprise en juillet aux jihadistes du groupe État islamique. 

"Avec ce marathon, nous voulons redonner à la femme sa place, alors qu'elle a longtemps été tenue à l'écart" à Mossoul, a affirmé l'organisatrice de l'événement, Fatima Khalaf. Parmi les organisatrices, certaines brandissaient des pancartes rappelant les dures réalités subies par les Irakiennes : "Assez du mariage des mineures !", "Brise ton silence et dis 'non' !" ou encore "J'ai le droit de m'exprimer librement". 

Aux États-Unis, le "New York Times" répare une injustice

Aux États-Unis, le New York Times a réparé une injustice en publiant jeudi la nécrologie de quinze femmes célèbres que le quotidien américain n'avait pas pris la peine de diffuser lors de leur décès, pour célébrer la 41e journée internationale des droits des femmes. 

La romancière britannique Charlotte Brontë (1855), la poétesse américaine Sylvia Plath (1963), devenue une icône du féminisme, ou encore la photographe Diane Arbus (1971) font partie de ces célébrités qui avaient été "négligées" par le grand journal new-yorkais. "Depuis 1851, les nécrologies du New York Times sont dominées par les hommes blancs. Aujourd'hui, nous ajoutons les histoires de quinze femmes remarquables", a expliqué le quotidien. 

La "vaste majorité" des personnalités publiées dans cette rubrique concernaient des "hommes, en majorité blancs (...) Même ces deux dernières années, environ une sur cinq était une femme", a précisé le journal, soulignant que la sous-rubrique "Négligées" reviendrait régulièrement. 

En Russie, rassemblement de femmes devant le Parlement

À l'initiative d'Amnesty International, une petite dizaine de personnes, dont Ksenia Sobtchak, candidate de l'opposition à l'élection présidentielle du 18 mars, se sont réunies devant la Douma (chambre basse du Parlement russe) à Moscou pour soutenir des journalistes qui ont accusé de harcèlement sexuel un député, Léonid Sloutski. 

L'URSS a été pionnière en termes de droits des femmes il y a un siècle et le 8 mars y a été décrété férié en 1965, ce qu'il est toujours dans la Russie actuelle. Mais les cas de harcèlement sexuel y sont le plus souvent relativisés, voire traités avec ironie. 

Une grève contre les violences en Italie

Un appel à la grève pour protester contre les violences faites aux femmes a été diversement suivi en Italie. Le mouvement affectait surtout les transports, notamment le métro et les bus de Rome, les trains et le trafic aérien. Plusieurs vols intérieurs ont été annulés à l'aéroport de Rome-Fiumicino.  

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