3 min de lecture Sexe

Asexualité : ne pas avoir envie de sexe "c'est parfaitement normal"

TÉMOIGNAGES - Être asexuel n'est pas une question de choix comme peut l'être l'abstinence, mais c'est une question d'orientation sexuelle, qui n'est pas un problème, explique notamment Julien.

Sheldon Cooper et Amy Farrah Fowler sont en couple dans "The Big Bang Theory"
Sheldon Cooper et Amy Farrah Fowler sont en couple dans "The Big Bang Theory" Crédit : CBS
Cécile De Sèze
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

Contrairement à vos copines, le sexe ne fait pas partie de vos sujets favoris. Si ça ne tenait qu'à vous, il ne ferait d'ailleurs pas du tout partie de votre existence. Le désir, ça ne vous parle pas. L'excitation, vous ne connaissez pas. Le sexe, de manière générale, ça ne vous intrigue pas, bref, ce n'est pas vraiment votre tasse de thé. Pas de panique, vous n'avez rien d'anormal. Vous êtes sans doute simplement asexuelle. Ce n'est pas un gros mot, ce n'est pas une tare ou une maladie, c'est seulement une orientation sexuelle. 

Comme l'hétérosexualité, l'homosexualité, la bisexualité, on ne choisit pas d'être asexuel, on est ainsi. Et vous n'êtes d'ailleurs pas la seule à être dans cette situation. Si l'asexualité concerne 1% de la population, elle est de plus en plus mise en lumière. Une journée est même dédiée à la communication de cette orientation tous les 26 avril. Le sujet reste toutefois encore trop peu étudié et connu. La dernière étude concernant l'asexualité remonte à 2004, soit il y a douze ans. L'association française qui s'en préoccupait, AVA (Association pour la visibilité asexuelle), n'est plus en fonctionnement.

Une simple orientation sexuelle

Pourtant, en parler peut faciliter la vie de nombreuses personnes dans ce cas qui ne comprennent pas leur condition. "Le fait de pouvoir mettre un mot sur ce que j'étais et surtout savoir que je n'étais pas seule m'a enlevé un énorme poids des épaules", témoigne Lilly sur le site de l'association, comme si "quelqu'un venait d'allumer la lumière". Selon la sexologue Anaïs Papazian-Charney, jointe par Girls.fr, "l'être humain n'est pas asexuel mais il va exprimer sa sexualité autrement, comme dans une passion. C'est un mouvement sexuel qui puise son origine dans nos pulsions."

Être asexuel ne veut pas non plus dire que le sexe vous dégoûte ou que c'est un sujet tabou. "Je ne ressens pas de gêne à en discuter, je m'en accommode relativement bien pour en plaisanter, en même temps, je me lasse de son omniprésence", explique Tyane dans son témoignage. Pour Julien, qui a compris qu'il était asexuel il y a cinq ans, "l'absence d'attirance sexuelle pour les autres c'est parfaitement normal", explique-t-il à Girls.fr. Le jeune homme de 30 ans l'a découvert alors qu'il regardait une émission de télévision sur le sexe, et dans laquelle deux femmes asexuelles sont intervenues et il s'est alors "reconnu dans la description" qu'elles faisaient de leur orientation.

L'amour est aussi possible sans sexe

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Quand on est asexuel, on peut aussi avoir des préférences et des attirances pour un sexe plus que pour l'autre. Une attirance esthétique, intellectuelle... C'est le cas de Julien, en couple depuis 5 ans avec une asexuelle. Une relation que l'on appelle hétéroromantique qui se vit comme n'importe qu'elle relation, le sexe en moins. Ils vont alors démontrer leur amour à travers d'autres gestes affectueux comme des "caresses, des bisous, des câlins, des surprises..."

Avec sa copine "ça se passe très bien", assure Julien. Et avec son ex aussi. Elle n'était pourtant pas asexuelle et lui se forçait plus ou moins à aller vers elle. C'était sans doute la partie la plus douloureuse. Mais ce n'est pas parce qu'il n'a pas d'attirance, qu'il n'a pas d'excitation ou de plaisir. "Les sensations de plaisir sont les mêmes, mais on n'a pas envie de recommencer, explique-t-il. Ça ne m'attire pas, mais ça ne me déplaît pas".

La relation compliquée, c'est celle avec la société

En fait, ce qui peut faire souffrir un asexuel, c'est de se "sentir en marge de la société", explique Anaïs Papazian-Charney. Surtout dans notre société hypersexualisée qu'ils "prennent comme une agression. Ce sont des messages qui les gênent car ils les refusent pour eux", poursuit-elle. "La société nous juge anormaux et malades", confirme Julien qui assure, cependant, "vivre bien" son asexualité. 

"Dédramatiser", c'est le conseil de Julien pour toutes les personnes qui se pensent asexuelles. Surtout que "la sexualité, c'est quelque chose de fluide. Ce n'est pas une ligne droite qui ne bouge jamais", selon lui qui a rencontré certains asexuels qui sont devenus sexuels. "C'est très rare, mais oui, ça arrive", conclut-il.

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