3 min de lecture Règles

Le flux instinctif, l'art de vivre ses règles sans protections hygiéniques

ÉCLAIRAGE - Une poignée de rebelles a décidé que serviettes hygiéniques, tampons et coupes menstruelles ne sont pas faits pour elles. Roseline en fait partie.

Être libérée, délivrée des produits hygiéniques serait possible grâce au flux instinctif
Être libérée, délivrée des produits hygiéniques serait possible grâce au flux instinctif Crédit : iStock
Morgane Giuliani
Morgane Giuliani
Journaliste RTL

Chaque mois, c'est le même rituel. Vérifier qu'on a assez de tampons, serviettes hygiéniques ou sa coupe menstruelle à portée de main, pour faire face aux quelques jours d'inondations menstruelles. Certaines femmes ont décidé de mener une résistance, en adoptant la méthode du "free flow". Traduite par "flux instinctif" en français, elle consiste à maîtriser le flux menstruel en musclant les muscles du périnée (un ensemble de muscles qui régulent l'ouverture et la fermeture de l'anus, de l'urètre et du vagin) et en étant à l'écoute de son corps. Résultat de cette méthode dite "miraculeuse" et écologique : le sang menstruel ne s'écoulerait plus que lors de nos passages aux toilettes, rendant les produits hygiéniques inutiles. Certaines filles en vantent même les mérites, comme la Youtubeuse Mini (dont la vidéo est située juste en-dessous). 

>
Les règles sans aucune protection : le flux instinctif libre !

Girls a parlé à l'une de ces irréductibles : Roseline. Ces dix dernières années, elle a, comme le commun des mortelles, eu recours aux tampons, après avoir tourné aux serviettes hygiéniques. Il y a quelques mois, tout bascule. Une amie lui envoie un lien d'une vidéo publiée par le magazine écologique Le Chou Brave, faisant l'apologie du free flow. Roseline pense d'abord q'uil s'agit d'un "truc de hippie". Finalement intriguée, et "n'ayant rien à perdre", elle tente sa chance.

Une méthode à acquérir

"Comme je suis de manière générale assez suspicieuse des modes en question de santé/hygiène j’ai pensé que c’était peut-être une nouvelle 'tendance' mais je n’avais pas grand-chose à y perdre, j’ai décidé d’essayer", explique cette manager en marketing. "La comparaison avec le fait d’uriner et de 'se retenir' m’a aussi parlé, ça a rendu la chose plus tangible."

La première tentative n'est pas couronnée de succès : "Ça n’a clairement pas été aussi fiable qu’un tampon et je me suis retrouvée avec des tâches, même si ce n’était pas non plus énorme", se souvient Roseline. "Mais comme ils disaient qu’il valait mieux ne pas voir du tout recours à une protection quelconque, pour que le cerveau se sente obligé de prendre le contrôle, j’ai persisté." Roseline conseille aux filles tentées par l'expérience de persévérer, et de ne pas céder à l'appel de la protection hygiénique, car il faut ensuite reprendre l'apprentissage à zéro.

On ne ressent pas le même besoin pour les règles qui sont plus 'épaisses' que l'urine, donc il faut être plus à l’écoute de son corps

Roseline, adepte du flux instinctif
Partager la citation
À lire aussi
Les règles, un tabou sociétal qu'il est important de faire tomber Règles
Règles : 5 manières de briser ce sujet (encore trop) tabou

La jeune femme stipule que la clé est d'aller plus souvent aux toilettes : "L’urine est plus liquide et donc, donne plus une sensation de vraie lourdeur et de vessie pleine. On ne ressent pas le même besoin pour les règles qui sont plus 'épaisses', donc il faut en effet être plus à l’écoute de son corps." 

La médecine reste sur ses gardes

À ce jour, Roseline ne voit que des avantages à recourir à la méthode du free flow. Selon elle, c'est "plus sain", car pas besoin de recourir aux serviettes et tampons, qui seraient toxiques. "Cette toxicité n'a pas été prouvée", martèle le docteur Elisabeth Paganelli, secrétaire général du Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France. 

Comme autres points positifs, Roseline mentionne la disparition du stress de ne pas avoir de protections hygiéniques sur soi, et les économies réalisées. Par ailleurs, ses règles durent moins longtemps qu'auparavant et sont plus régulières. Surtout, cette berlinoise de coeur est "très satisfaite de gérer son corps".

Le flux instinctif ne peut pas marcher pour des femmes avec un flux menstruel important

Elisabeth Paganelli, gynécologue
Partager la citation

Le docteur Paganelli est plus que sceptique face à cette nouvelle manière de vivre ses règles : "Je suis étonnée que cela marche. C'est impossible pour des femmes avec un flux menstruel important." Surtout, docteur Paganelli n'est pas à l'aise avec l'idée de retenir le sang menstruel : "On ne peut pas comparer le vagin à un muscle. Si une de mes patientes me demande mon avis à ce sujet, je lui dirais qu'il vaut mieux vider l'utérus." Elle le compare au fait de se retenir d'uriner, qui dilate la vessie et la fait moins bien fonctionner. Prudence, donc, sur le free flow. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Règles Santé Tendances
Pour ne rien manquer
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants