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Journée nationale de l'infertilité : "Mon combat pour avoir un bébé"

TÉMOIGNAGES - Elles ont moins de 35 ans, le meilleur âge pour concevoir un bébé et pourtant, pour elles, les choses sont plus compliquées. Quatre femmes nous racontent leur expérience sur "Girls".

La 3e édition de la journée nationale de l'infertilité a lieu ce vendredi 4 novembre 2016
Crédit Image : Unsplash/Janko Ferlic

À peine la trentaine et pourtant, alors qu'elles sont dans le plus bel âge théorique pour assouvir leur désir d'enfant, ces femmes doivent faire face à l'infertilité. La leur, celle de leur couple, peu importe les causes, à qui la faute, leur souffrance est réelle. À l'occasion de la troisième journée nationale de l’infertilité, organisée ce vendredi 4 septembre par le magazine Magicmaman-famili et l'association Maïa, nous avons donné la parole à quatre jeunes femmes pour qui, avoir un bébé, est un combat de tous les jours. 

"Plus d’un couple sur six rencontre, à un moment de sa vie, des difficultés pour réaliser son désir d’enfant", atteste le Dr Miguel Jean dans son ouvrage Le Couple face à l'infertilité (1). Anne-Laure, Charlène, Marion et Perrine ont entre 27 et 32 ans. Elles connaissent ou ont connu, aux côtés de leur compagnon, ce chemin particulier, souvent "long et pénible", comme le précise le spécialiste. Certaines sont actuellement enceintes, d'autres l'ont été ou attendent encore la nouvelle qui changera leur vie. Elles racontent.   

Des causes multiples et parfois inconnues

"Nous avons appris, mon mari et moi, notre infertilité en novembre 2015. Cela faisait, quasiment 5 ans que l’on essayait d’avoir notre premier enfant", raconte à Girls Charlène, 29 ans. Cette jeune aide-soignante explique avoir découvert, sur le tard, qu'elle avait le syndrome des ovaires polykystiques, soit un ensemble de symptômes dont l'une des conséquences peut être la difficulté d'enfanter. Pour Charlène, c'est le choc.

Charlène et son époux savent que leur chemin vers la parentalité va être difficile. "Les jours qui ont suivi l’annonce, notre couple a beaucoup souffert", se souvient Charlène. Comme elle, dans "30% des cas, l'infertilité du couple est d'origine féminine", peut-on lire dans Le Couple face à l'infertilité. "C’est difficile en tant que femme, d’assumer cette 'responsabilité' et de regarder son mari comme avant, de se demander s’il nous voit toujours comme la mère de ses futurs enfants malgré tout", confie la jeune aide-soignante. 

Nous avons tous les deux été très frustrés que les examens ne décèlent rien

Anne-Laure, 31 ans
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Au regard des témoignages que nous avons reçus, il semble exister autant de causes d'infertilité que de couples. Selon le Dr Miguel Jean, "dans 20% des cas, seul l’homme est en cause", dans 40% elle a "une origine mixte". Pour le reste, il s'agit d'infertilités inexpliquées, appelés "idiopathiques". C'est le cas de Anne-Laure, 31 ans, et de son époux, âgé de 30. "Nous avons tous les deux été très frustrés que les examens ne décèlent rien et ne nous apportent aucune explication quant aux difficultés que nous rencontrions depuis, à ce moment là, un an et demi", raconte cette contract manager qui travaille dans l'industrie. Le couple ne se décourage pas et entame, sous les conseils du gynéco, "un parcours d'AMP (assistance médicale à la procréation, ndlr.), en commençant par une simple stimulation ovarienne".

Au total, Anne-Laure et son époux enchaînent "trois cycles de stimulation ovarienne (injections tous les soirs pendant environ deux semaines avec des contrôles écho, et prise de sang environ un matin sur trois)", détaille Anne-Laure. "Après l'échec de ces trois tentatives, nous avons obtenu notre ticket pour les inséminations artificielles". C'est une réussite. Aujourd'hui, la jeune femme est enceinte de "presque 4 mois". 

Une situation difficile au quotidien

Marion, 27 ans est également enceinte de 20 semaines. Une victoire pour cette responsable en ressources humaines qui, à l'âge de 25 ans seulement, a été diagnostiquée d'une insuffisance ovarienne, puis d'une malformation rare de l'utérus. Si la nouvelle a été un "vrai coup de massue" pour Marion, cette dernière assure également que son infertilité pèse au quotidien. Les femmes en parcours PMA (procréation médicalement assistée) doivent en effet adapter leur rythme de vie aux traitements et visites avec les spécialistes. 

Je n'ai pas été la meilleure des amies pour mes copines qui découvraient leur grossesse

Marion, 27 ans
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"Je n'ai plus voulu programmer de vacances ou de week-ends dont la date était lointaine, j'évitais au maximum les sujets 'maternité' , 'grossesse' et 'bébé'. Je n'ai d'ailleurs pas été la meilleure des amies pour mes copines qui découvraient leur grossesse en même temps je découvrais mon infertilité", confie Marion à Girls.

Perrine, 32 ans, essaie d'avoir un bébé avec son mari depuis deux ans maintenant. Pour elle, l'une des principales difficultés reste la conciliation entre son projet bébé et sa vie professionnelle. Lorsqu'elle annonce à sa responsable qu'elle aura recours à une fécondation in vitro par exemple, celle-ci lui répond, de manière "catégorique" : 'Après le 5 septembre', afin que je ne sois pas absente durant ses congés", explique-t-elle, amère de si peu de compassion. 

L'importance du dialogue

Pour faire face aux questions gênantes d'un oncle curieux ou de la énième annonce de grossesse dans son groupe d'amis, les femmes qui ont témoigné pour Girls évoquent toute l'importance du dialogue. Celui avec son compagnon mais aussi avec ses proches - quand on a fait le choix de partager cette information intime - et d'autres personnes traversant les mêmes épreuves. 

Pleurer un bon coup de temps en temps permet de ne pas imploser

Charlène, 29 ans
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"Le dialogue est important dans le couple", confirme Charlène avant de conseiller de "pleurer un bon coup de temps en temps : cela permet de ne pas imploser". Anne-Laure a quant à elle trouvé du soutien parmi des "amis proches" dont certains "ont également connu l'AMP et les problèmes de fertilité. Leur soutien a été primordial dans notre parcours", ajoute la jeune femme qui participe aussi régulièrement à des forums en ligne, spécialisés pour les femmes en PMA. On ne compte plus les groupes Facebook, blogs et sites dédiés au sujet comme celui de l'association Maïa ou du collectif BAM, auquel appartiennent nos témoins.

Des femmes formidablement courageuses

Comme le souligne le Dr Miguel Jean dans son ouvrage, "plus de 20.000 enfants naissent chaque année en France grâce à l'aide de la médecine de la procréation". Les femmes qui ont témoigné pour Girls ont toutes assurées tenir le coup grâce à l'espoir, l'envie de donner naissance à un enfant. Qu'elles soient enceintes ou encore dans l'attente, elles nous ont toutes manifesté leur force intérieure mais aussi leur foi dans la solidité de leur couple.

Charlène se dit désormais certaine de l'amour que lui porte son époux. "Durant cette année de PMA, jamais nous n'avions été aussi proches et soudés", assure-t-elle avant de confier également avoir fait, sur Internet, de nombreuses belles rencontres "avec des femmes formidablement courageuses". Marion a quant à elle découvert "des ressources insoupçonnées pour surmonter les épreuves". Elle ajoute : "Je ne pensais pas être assez forte pour surmonter la fatigue, les changements hormonaux et les échecs avant d'y être confrontée." Une belle leçon de vie. 

(1) Le Couple face à l'infertilité, Dr Miguel Jean et Line Petit, publié le 3 janvier 2013 aux éditions Albin Michel.

Pour aller plus loin et obtenir plus d'information sur l'infertilité, la PMA ou la fécondation in vitro, rendez-vous ce vendredi 4 octobre dès 15h pour une émission spéciale dans On est fait pour s'entendre, présentée par Flavie Flament.

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