4 min de lecture Intimité

Tampax répond à la polémique sur nos "ennemis intimes", les tampons

Alors que France 5 a diffusé mardi 25 avril un documentaire sur "l"ennemi" de l’intimité des femmes, où en est-on sur l'engagement de la marque à afficher la composition de ses produits ?

Les tampons contiennent des résidus toxiques, selon une étude de 60 millions de consommateurs.
Les tampons contiennent des résidus toxiques, selon une étude de 60 millions de consommateurs.
Arièle Bonte
Arièle Bonte
Journaliste

Ils sont discrets, blancs et doux, ces petits bâtonnets que l'on glisse dans une poche de jean ou une trousse de toilettes. Mais sont-ils aussi inoffensifs qu'ils n'y paraissent ? Dans Tampon, notre ennemi intime, un documentaire programmé mardi 25 avril sur France 5, deux jeunes femmes racontent l'enfer qu'elles ont vécu, après avoir contracté un syndrome du choc toxique.

Une maladie qui peut entraîner la mort et dont on ne connaît pas vraiment les causes. Si ce n'est qu'elle intervient après la pause d'un tampon, au-delà de 4 heures consécutives, nous avait expliqué le professeur Gérard Lina, spécialiste du sujet. Pour lui, connaître la composition des tampons pourrait permettre au corps médical de mieux comprendre comment se développe le syndrome du choc toxique et, ainsi, éviter à plusieurs femmes, chaque année, de sortir traumatisées de cet événement. 

Une médiatisation sans précédent

En août 2015, Mélanie Doerflinger, alors étudiante, avait lancé une pétition pour obtenir davantage d'informations sur les tampons de la marque Tampax. À ce jour, elle a été signée par plus de 265.000 personnes et a permis une médiatisation sans précédent. 60 millions de consommateurs et l'Organisation mondiale de la santé se sont par exemple emparés du sujet. Une étude a ainsi montré que 85% des tampons testés pouvaient contenir du glyphosate (un désherbant) ou de l'herbicide de Monsanto et que certaines substances étaient soupçonnées d'être des perturbateurs endocriniens. Bref, rien de bien joli pour l'intimité des femmes.

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Des mois plus tard, début 2017, Tampax - le leader mondial dans le domaine - s'est personnellement engagé à faire figurer la composition de ses produits directement sur les emballages. Lancement de l'opération ? D'ici "le printemps 2017", pouvait-on lire dans un article de 20 Minutes.

Contactée par la rédaction de Girls, Tampax confirme cette information et ajoute : "Nous produisons déjà les nouveaux packs Tampax et nous avons commencé l’acheminement de notre usine vers les entrepôts de France fin mars 2017." La marque estime alors que ses nouveaux paquets "devraient être disponibles entre la mi-mai et la fin du mois de juin 2017" dans les rayons des distributeurs français.

Tampax, Nett, Nana : des emballages encore identiques

Sur son site internet, Tampax France écrit que "les principaux éléments" de la composition de ses tampons sont "le coton et la rayonne" mais aussi le "polyester", "polyéthylène" (un polymère de synthèse présent dans des emballages plastiques, par exemple) ou "polypropylène" (que l'on retrouve dans la composition des part-chocs, pour les emballages alimentaires et certaines pailles à boire), et des "parfums stricts aux exigences de sécurité appliquées par l'association international des parfum".

Tampax ne détaille pas la liste des parfums mais assure sur son site que leurs produits ne contiennent ni amiante, dioxines et autre chlore, dont les risques sanitaires ont déjà fait leurs preuves. Sur les emballages en revanche, un tour dans n'importe quel supermarché du coin nous le confirme : aucune liste ne figure sur les emballages de tampons de la marque Tampax, un mois et demi avant la fin du printemps.

La composition indiquée sur le site et la notice n'est pas celle que l'on souhaite.

Mélanie Doerflinger
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Quand on demande à l’entreprise spécialisée dans l'intimité des femmes si les composants sur les packs seront différents ou non de ce que l'on peut déjà lire sur le site, la responsable de la communication de l'entreprise nous assure que "la liste des composants mentionnés sur les paquets sera spécifique à chaque type de tampon et mentionnera les différents composants en ordre décroissant".

"La composition indiquée sur le site et la notice n'est pas celle que l'on souhaite. Elle n'est pas claire, pas vérifié par l'État donc pas objective", nuance Mélanie Doerflinger, contactée par Girls. Selon Tampax, l'entreprise est "transparente" sur la composition de ses produits. "Nous allons au-delà de ce que la réglementation nous demande. Tous les composants utilisés dans les tampons sont conformes à toutes les réglementations françaises et européennes avant d'être mis sur le marché", assure-t-on à Girls, sans ajout de preuve officielle à ces déclarations.

Chez Nett, les composants des produits (les mêmes ingrédients utilisés par Tampax ainsi que des "fibres synthétiques" ou "un combiné de fibres synthétiques" non détaillés) sont visible sur le site internet "depuis mars 2016", nous assure la responsable de la communication de la marque avant d'ajouter : "les composants de nos tampons sont désormais spécifiés sur les notices, les premiers exemplaires arriveront en magasin dans les prochaines semaines". Quant à leur affichage sur les emballages, Nett nous annonce une mise en pratique "à partir de fin 2017".

La responsable de la communication de la marque tient également à souligner de la qualité des composants de leurs tampons, par ailleurs "sans parfum" et donc sans "chlore". Ces derniers sont évalués par l'entreprise et "conformes à la Directive européenne 2001/95/CE relative à la sécurité générale des produits ainsi que le code de bonnes pratiques européen pour les tampons", nous écrit-elle dans un mail.

"L’industrie régule donc son propre marché"

Cependant, notons que la Directive européenne tout comme le code de bonnes pratiques imposent aux entreprises de veiller elles-mêmes à la sûreté de leurs articles.

Comme le souligne l'eurodéputée EE-LV Michèle Revasi dans un article de nos confrères et consœurs de Libération, ce "code de bonne conduite" est organisé notamment par Edana, une association qui représente et protège les intérêts des industries des produits d’hygiène absorbants (tels que les sociétés détenant, entre autres, Tampax et Nett). "L’industrie régule donc son propre marché et ne risque pas d’être sévère avec elle-même", ajoute l'élue dans cet article.

Chez Nana, la composition des produits n'est mentionnée nulle part : que ce soit sur le site et les emballages. Même constat pour les produits de la marques Carrefour. "La gamme bio de Carrefour affiche quand même sur la boîte et les sachets que le coton est biologique et labellisé", nuance Mélanie Doerflinger.

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Alors que France 5 a diffusé mardi 25 avril un documentaire sur "l"ennemi" de l’intimité des femmes, où en est-on sur l'engagement de la marque à afficher la composition de ses produits ?
https://www.rtl.fr/girls/intime/composition-des-tampons-seront-ils-nos-ennemis-intimes-encore-longtemps-7788265648
2017-04-25 09:27:00
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