5 min de lecture Société

Que peut-on encore sauver de 2016 ?

ÉDITO - J'ai remonté le fil de 2016 pour te montrer qu'au milieu du chaos ambiant, il s'est quand même passé 2 ou 3 trucs chouettes. Si, si.

Simone Biles a bluffé tout le monde lors des Jeux Olympiques de Rio
Simone Biles a bluffé tout le monde lors des Jeux Olympiques de Rio Crédit : SIPANY/SIPA
Morgane Giuliani
Morgane Giuliani
Journaliste RTL

Bon, on ne va pas se le cacher, l'actualité de la semaine dernière m'a un peu donné envie de me rouler en PLS sous ma couette et de ne plus jamais en ressortir (j'exagère à peine). Mais la vie étant ainsi faite, je suis tout de même obligée de me bouger les fesses pour affronter le monde au dehors et gagner de quoi me payer des burgers bio à 15 euros (avouez que c'est une raison valable). En croisant des pompiers essayant de vendre leur calendrier à l'entrée de mon supermarché, je me suis demandé : "Mais que peut-on garder de cette année 2016 ?" Globalement, elle n'a pas été super cool, je pense qu'on est tous plutôt d'accord là-dessus.

Avant de fouiller dans notre mémoire pour retirer un peu de positif, faisons un rapide résumé des événements (archi) nuls qui ont jalonné 2016. Mesdames et messieurs, attachez vos ceintures, un sac à vomi dans la main et un mouchoir dans l'autre, c'est parti. 

2016, année bien pourrie

2016 a commencé dans la même torpeur douloureuse que celle avec laquelle 2015 s'est terminée, après les attentats de Paris et Saint-Denis. D'autres villes ont été frappées par la suite, de Bruxelles à Nice, en passant par Damas ou Orlando. En 2016, la liste des victimes du terrorisme est très (trop) longue. On ne les oublie pas. 

En Pologne, on a essayé de s'en prendre au droit à l'avortement, partie visible d'un climat de plus en plus hostile aux droits fondamentaux des femmes. En France, une femme embrassée sur la poitrine sans son consentement a amusé la galerie, et l'ensemble de la classe politique a vraiment eu du mal à reconnaître son problème de sexisme endémique à la suite de l'affaire Baupin. Cet été, on a débattu de la manière dont les femmes doivent s'habiller à la plage (alors qu'on leur reprochait le bikini il y a 40 ans, mais bon, on n'est pas à une contradiction près, n'est-ce pas). 2016 semble s'obstiner à se terminer en beauté avec l'élection d'un misogyne raciste et homophobe à la tête de la première puissance mondiale, et qui n'a, en plus, visiblement pas la moindre idée de ce qu'il fait (vraiment, aucune raison de paniquer).

À lire aussi
Une manifestation contre les féminicides a eu lieu à Paris, le samedi 6 juillet 2019 société
Journée contre les violences faites aux femmes : pourquoi se déroule-t-elle le 25 novembre ?

2016 nous a aussi fait perdre foi en l'amour avec le divorce d'Angelina Jolie et Brad Pitt (Ne faites pas semblant, je sais que ça vous a aussi détruit intérieurement). La séparation de Cara Delevingne et St. Vincent, et celle de Taylor Swift et Calvin Harris, nous ont ôté toute joie de vivre. Enfin, on n'a toujours pas fini de pleurer la disparition de David Bowie, de Prince et maintenant, de Leonard Cohen. Personnellement, j'ai aussi été très triste d'apprendre le décès de Louise Rennison, auteur des romans jeunesse cultes Le journal intime de Georgia Nicholson (je lui dois en bonne partie mon humour absurde et ma passion démesurée pour le Royaume-Uni, ce qui n'est pas rien). 

2016, année des avancées

Voici pour les grandes lignes qui nous donnent envie de jeter 2016 à la poubelle. Mais cette année a aussi vu de belles choses se produire. Cet été, on a vibré au rythme des exploits olympiques de Simone Biles, et son tempérament en acier trempé : "Je ne suis pas le prochain Usain Bolt ou Michael Phelps. Je suis la première Simone Biles." Tant d'aplomb chez une médaillée olympique de seulement 19 ans, ça fait du bien ! Ça donne quelques complexes, mais c'est un détail.

On a aussi adoré l'honnêteté et la spontanéité sans fards de la nageuse Fu Yuanhui, qui a simplement dit avoir réalisé une mauvaise performance à cause des douleurs dues à ses règles. Un moment délicieux où la Terre entière s'est souvenue que OUI, toutes les femmes ont une visite de Dame Nature tous les mois, mêmes les demi-déesses que sont les athlètes olympiques, et surtout, que ce n'est pas grave.

Cet automne, on a été bluffé par le courage des Islandaises, qui ont décidé de quitter le travail à l'heure à laquelle elles n'étaient symboliquement plus payées, à cause de l’inégalité salariale. Elles sont inspirées certaines Françaises, qui ont fait de même le 7 novembre à 16h34. Les Polonaises, de leur côté, se sont suffisamment mobilisées pour que le Parlement décide de ne plus débattre du droit à l'avortement.

Côté culture, il y a eu de quoi se réjouir en 2016. Le remake féminin de Ghostbusters a fait couler bien des larmes de personnes cachant leur sexisme derrière de la nostalgie surannée, tout en mettant des étoiles dans les yeux de millions de petites filles à travers le monde. Bah oui, la chasse aux fantômes verts et gluants fait aussi rêver ces demoiselles. On a hâte de voir ce que donnera le Ocean's 8 avec un casting 100% féminin !
 
Plus globalement, la popculture s'est pleinement emparée du féminisme en 2016. Certes, pas toujours à des fins totalement désintéressées (sinon ce serait trop beau), mais cela a le grand mérite de lui donner une publicité qu'il n'a pour ainsi dire jamais eu. De susciter la curiosité, le débat, l'indignation, l'envie. De Miley Cyrus à Emma Watson en passant par Katy Perry et Beyoncé (qui a d'ailleurs sorti un des meilleurs albums de l'année, Lemonade), les stars se sont emparées du féminisme, et se le sont appropriées. Rappelant qu'il n'existe pas une seule forme de féminisme. Il faut aussi se réjouir que Solange, petite sœur "hipster" de Beyoncé, très engagée pour les droits civiques et des femmes, se soit hissée pour la première fois de sa vie au sommet des ventes d'album avec le magnifique A Seat At The Table.

>
SOLANGE - DON'T TOUCH MY HAIR (OFFICIAL VIDEO)

Même la fin d'année n'a pas été si terrible question culture. On a pu danser sous les étoiles pour célébrer le retour de Jojo et de Gilmore Girls. En France, le Goncourt et le Renaudot ont été remportés par des femmes (Chanson Douce de Leïla Slimani pour le premier, Babylone de Yasmina Reza pour le second). Un doublé jamais vu. 2016, tu as encore 6 semaines pour nous réserver quelques autres bonnes surprises. Je compte sur toi !

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Société Donald Trump Musique
Pour ne rien manquer
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants