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Pourquoi les hommes fuient-ils les cours collectifs à la salle de sport ?

ASK A BOY - Existe-t-il un règle tacite qui les oblige à se concentrer sur les machines individuelles ?

Pourquoi les cours communs de la salle de sport sont-ils un No Man's Land ?
Pourquoi les cours communs de la salle de sport sont-ils un No Man's Land ? Crédit : HBO
Benjamin Pierret
Benjamin Pierret

Vous les avez forcément vus : ces trois hommes, perdus dans un océan de femmes, en train de dépenser toute leur sueur et leur énergie au cours de Zumba de votre salle de sport. Aussi nombreux que les représentants de la gent masculine dans le public de l'animatrice de télévision Ellen DeGeneres, ces trois hommes font figure d'exception : tandis que la plupart de leurs congénères soulèvent sagement leurs poids dans une solitude presque solennelle, occasionnellement interrompue par une claque virile sur l'omoplate d'un pote, eux se mêlent aux femmes en surnombre des cours collectifs. 

Body pump, body stretch, body combat, body sculpt : autant de "bodies" quasi-exclusivement féminins qui se démènent sous les indications d'un professeur surmotivé. Pourquoi la testostérone est-elle si absente des cours collectifs à la salle de sport ? Y a-t-il une raison pour laquelle les hommes semblent si peu disposés à partager leurs efforts ? Pour le savoir, RTL Girls a posé la question à trois d'entre eux. 

Xavier : "Cela ne correspond pas à ma conception du sport"

"Je vais à la salle une à deux fois par semaine et je ne fais que du cardio-training. J'utilise un peu les machines, mais j'ai des scrupules ; elles sont toujours prises par des types body-buildés et quand tu réussis à les essayer tu as l'impression de les déranger dans leur programme. Par contre je n'ai jamais mis les pieds dans les cours collectifs proposés par la salle, quels qu'ils soient. 

Il y a deux raisons à cela : tout d'abord, mes oreilles sont fragiles et je supporte mal la musique trop forte. Ensuite, cela ne correspond pas à ma conception du sport : il y a une atmosphère un peu hystérique, avec la musique à fond, le prof qui parle fort... Je n'ai pas envie de suivre les mouvements de quelqu'un qui hurle. 

Ce n'est pas le fait de me retrouver entouré de femmes qui occasionne mes réticences

Xavier
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Depuis toujours, les cours collectifs sont beaucoup plus marketés "femmes". Il n'y a qu'à voir Véronique et Davina dans les années 80. J'ai le sentiment que beaucoup des quelques garçons qui participent à ces cours sont gays. Je pense qu'ils s'affranchissent plus facilement des étiquettes. Et s'ils y vont pour accompagner une copine, ça débloque un frein. En tout cas ce n'est pas le fait de me retrouver entouré de femmes qui occasionne mes réticences. Je suis inscrit au yoga par ailleurs, les hommes y sont sous-représentés et cela ne me pose pas de problème. 

Léo : "J'aurais envie de me casser très vite"

Je trouve l'ambiance très oppressante. La musique cheap à plein volume, le prof qui braille... J'aurais envie de me casser très vite. Aussi, j'ai mon programme en tête et je n'ai pas besoin d'un effet de groupe pour me motiver. Par ailleurs, même si les hommes y étaient plus représentés cela ne m'intéresserait pas. Ma technique est peut-être moins efficace, mais elle me correspond mieux. 

Quand ils sortent de la salle ont dirait qu'ils n'arrivent plus à marcher

Léo
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Cela n'a rien à voir avec de la fierté : j'ai fait du sport à haut niveau pendant dix ans, j'ai l'habitude d'avoir des directives de la part d'un coach. J'ai simplement une idée de ce que je dois faire. Et de l'extérieur je trouve le tableau d'ensemble un peu ridicule : ils sont tous là, à attendre ensemble de rentrer dans la salle... et quand ils ressortent on dirait qu'ils n'arrivent plus à marcher. Je ne vais pas à la salle de sport pour me faire des muscles et me dire "Chouette, je me suis bien explosé !". J'y vais pour me sentir bien et bien commencer mes journée.

Jean-Baptiste : "Cette fausse joie commune m'agace"

Je n'aime pas la mentalité des cours collectifs. Il faut s'applaudir tous ensemble une fois qu'on a réussi à faire quelque chose et cette fausse joie commune m'agace. Ce principe ne me convient pas. Il faut être dégourdi, c'est assez technique et moi je suis une quiche en sport. Il y a une atmosphère de compétition qui me déplaît.

Tous les prénoms ont été modifiés.

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