6 min de lecture Portrait

Lee-Ann Curren : "Le surf est un excellent moyen d’émancipation"

GIRL CRUSH - Championne d'Europe de surf à deux reprises, chanteuse et bassiste dans le groupe de rock Betty The Shark, Lee-Ann Curren est la plus cool des profs de surf. Rencontre.

Lee-Ann Curren, championne de surf qui troque sa planche contre une basse avec son groupe Betty The Shark Crédits : Roxy | Date : 10/07/2017
Lee-Ann Curren est issue d'une famille de surfeurs Crédits : Roxy | Date : 10/07/2017
Elle est repérée par Roxy à l'adolescence, ce qui lui permet d'entrer en compétition Crédits : Roxy | Date : 10/07/2017
En 2007 et 2009, Lee-Ann Curren est sacrée championne d'Europe Crédits : Roxy | Date : 10/07/2017
Aujourd'hui, elle partage son quotidien enter le "free surf", la musique et la réalisation de vidéos Crédits : Roxy | Date : 10/07/2017
Elle compose, chante et joue de basse dans son groupe de rock Betty The Shark Crédits : Claudia Lederer | Date : 10/07/2017
"Le surf féminin est très suivi actuellement, et suscite de plus en plus de respect", selon Lee-Ann Curren Crédits : Roxy | Date : 10/07/2017
En ce moment, Lee-Ann travaille sur un projet de web-série entre surf, musique et rencontres... Crédits : Roxy | Date : 10/07/2017
Avec son groupe, Betty The Shark Crédits : Roxy | Date : 13/07/2017
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ArièleBonte
Arièle Bonte
Journaliste

Elle a le surf dans le sang. Fille et petite-fille de champions, Lee-Ann Curren est née à Biarritz il y a 28 ans. Elle est montée sur sa première planche à l'âge où l'on était plutôt du genre à faire des châteaux de sable, loin du large. Adolescente, elle est repérée par Roxy et peut entrer dans la cours des grandes : celle des surfeuses professionnelles.

Deux fois championne d'Europe (en 2007 et 2009), Lee-Ann Curren se concentre aujourd'hui au "free surf" (hors compétition) et à son groupe de rock : Betty The Shark, dans lequel elle officie en tant que chanteuse et bassiste.

Alors en escapade à Hossegor pour visiter Jo&Joe, le nouvel hôtel pensé pour les Millennials, la rédaction de Girls en a profité pour se jeter à l'eau en compagnie de la plus cool des profs de surf. Un brin réservée sur le sable brûlant de la plage, la championne livre une fois dans les vagues ses meilleurs conseils pour réussir à sortir la tête de l'eau. On a voulu en savoir plus sur toutes ses activités aussi passionnantes les unes que les autres. 

Girls : Tu es née à Biarritz, d’une mère française et d’un père californien, qu’est-ce que t’as apporté cette double culture ?
Lee-Ann Curren : Avoir une double culture est intéressant, on est confronté dès l’enfance à deux façons de vivre et de penser. On peut faire un mélange de ce qu’on préfère dans les 2 pays. J’aime bien la franchise des Français  et la diplomatie des Américains. C'est une culture qui pousse à avoir confiance en soi et à adopter une attitude positive. Je dirais que dans ma vie professionnelle je suis plutôt américaine et dans ma vie personnelle plutôt française.

Peux-tu expliquer ce que l'on ressent quand on surf ?
C’est une sensation assez douce. Glisser sur l’eau, c'est comme être sur un nuage pendant quelques instants. Il y a aussi la notion de vitesse, comme dévaler des murs d’eau en mouvement. Chaque vague est différente et les sensations ne sont jamais vraiment les mêmes. C’est un sport assez physique qui apporte beaucoup de bien-être.

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Tu as commencé le surf très jeune, tu as suivi un cursus en sport études, commencé la compétition dès l’adolescence… C'était comment de vivre tout cela à cet âge ?
Ce cursus sport études était une chance, car à cette époque, pouvoir surfer tous les jours avec les meilleurs surfeurs de mon âge en France était un rêve devenu réalité. C’était aussi une des périodes les plus fatigantes physiquement car les entraînements étaient intenses, surtout l’hiver dans l’eau froide. Je commençais à voyager beaucoup, il fallait suivre les cours à côté. Je faisais moins la fête que mes camarades de classe mais je vivais déjà des expériences extraordinaires grâce au surf.   
 
Te souviens-tu du moment où tu t’es dit que tu souhaitais t'engager en tant que surfeuse pro ?
J'avais 15 ans. À cette époque, j’ai trouvé une bande d’amies qui surfaient toute l’année et étaient super motivées. C'est là que j’ai eu le déclic. Avant cela, je me cherchais pas mal, je faisais d’autres sports et je ne surfais pas beaucoup, à part l’été. Donc je savais que j’avais du retard à rattraper par rapport aux surfeuses de mon âge, mais que si je m’y mettais à fond, j’avais une carte à jouer.

Il y a toujours des inégalités et du sexisme mais on voit une progression positive ces dernières années.

Lee-Ann Curren, championne de surf
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Ton souvenir de surf le plus fou ?
Le premier qui me vient à l’esprit, c'est à Tahiti en 2013 : j’ai surfé 8 heures ce jour-là, entre Teahupoo et un autre spot où j’étais toute seule à l’eau avec Raimana (surfeur de grosses vagues et légende vivante de Tahiti). C’était sûrement les vagues les effrayantes que j’ai jamais surfées, mais aussi les plus parfaites. Heureusement tout s’est bien passé et j’ai fini la journée sans blessures et avec des visions magnifiques dans la tête. Des baleines sont même venues nous voir au coucher du soleil.  
 
Quelle est la place du surf féminin en France et ailleurs ? 
Le surf féminin est très suivi actuellement, et suscite de plus en plus de respect. Même si les contrats de sponsoring ne sont pas encore les mêmes pour les femmes que pour les hommes, l’écart diminue. En compétition, la WSL (la "World Surf League", l'organisation en charge des compétitions de surf pro dans le monde, ndlr.) a récemment mis le "Prize Money" des femmes à égalité avec celui des hommes. Elle fait aussi de plus en plus d’efforts pour lancer les femmes dans les meilleures conditions possibles.

Qu'en est-il en terme de sexisme ?
Il y a toujours des inégalités et du sexisme dans les médias et dans certains contrats. Mais on voit une progression positive depuis ces dernières années et il faut continuer sur cette lancée.

Dans l’eau, il n’y a plus de différence.

Lee-Ann Curren, héroïne des mers
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Est-ce qu’on peut dire que le surf est un moyen d’émancipation pour les femmes ?
Le surf est un excellent moyen d’émancipation. C’est un sport très difficile à apprendre, mais que tout le monde peut pratiquer, pratiquement à tout âge. Le fait de réussir à évoluer dans l’océan et prendre des vagues apporte beaucoup de confiance en soi, et pousse à l’humilité. La mer ne fait pas d’injustice, elle traite tout le monde de la même façon. Que ce soit un homme, une femme, un enfant… Dans l’eau, il n’y a plus de différence.

Tu fais aussi de la musique, comment est entrée la composition dans ta vie ?
J’ai ressenti depuis très jeune un besoin de créer, et j'ai toujours écouté beaucoup de musique. J’ai commencé la basse en entrant dans un groupe à 14 ans, et les autres membres m’ont aussi appris la guitare. J’ai appris surtout pour réussir à reproduire les mélodies que j’avais dans la tête.  

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Betty The Shark - Willy Wonka Date :

Comment se passe le processus de création des morceaux de Betty The Shark ?
Souvent je m’amuse avec des instruments (guitare, basse ou synthés) et je repère un son qui me plaît, me procure une émotion nouvelle ou passée. Je commence à construire un morceau et des paroles à partir de lui. En ce moment j’aime bien faire une base de synthé puis trouver une mélodie à la guitare et chanter la même mélodie par-dessus. Souvent les choses se font très naturellement, sans trop réfléchir. 
 
Plutôt studio ou scène ?
J'apprécie toutes les facettes de la "vie" du projet musical. Mon moment préféré est celui de la création, souvent chez moi ou en voyage, parce que je suis dans mon univers pendant plusieurs heures et que je ne pense à rien d’autre. Le studio c’est passionnant. Il faut donner la meilleure performance possible tout en restant fidèle à l’émotion et l’idée de départ. C'est difficile de ne pas se perdre pendant une ou deux semaines d'enregistrement, surtout lorsque des personnes gravitent autour de nous et remettent parfois tout en question. Quant à la scène c’est un moment magique de partager ses morceaux avec un public… Mais j’ai encore besoin de gagner en expérience.

Tu réalises également des vidéos. D’où est venue l’envie de passer derrière la caméra ?
Mes premiers moments derrière la caméra remontent à l’adolescence. On partageait une caméra avec mon frère Nathan et on se filmait pendant les sessions de surf. On a réalisé nos premiers montages ensemble. Nathan et son meilleur ami Pierre Denoyel viennent d'ailleurs de sortir leur premier documentaire, Biarritz Surf Gang, sur Studio+, je suis vraiment fière d’eux. 

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Biarritz Surf Gang ' Trailer ' STUDIO+ Date :

Tu as réalisé - avec le surfeur Andre Silva - un documentaire sur des enfants surfeurs d'une favela au Brésil. Qu’est-ce qui a changé après ce film, pour toi comme pour ces kids ?
Je pense que ce premier voyage à Titanzinho m'a fait réaliser à quel point j'étais privilégiée. On voulait raconter l'histoire des jeunes surfeurs de ces quartiers, qui avaient énormément de potentiel. La diffusion a apporté des moyens pour agrandir le club de surf local, y construire une salle de shape pour qu'ils fabriquent leurs propres planches, aider certains des jeunes à trouver des sponsors pour voyager, acheter du matériel, etc. On a lié des liens assez forts avec les gens qui ont participé au film, et je suis toujours en contact avec eux. Certains des jeunes qu'on a filmés (ils avaient 12 ans à l'époque) ont intégré l'équipe de surf du Brésil, d’autres ont terminé leur scolarité et sont sur la bonne voie. Certains ont des parcours un peu plus difficiles... Cette expérience a changé ma vie.

As-tu envie de réitérer ce genre de projets ?
Je travaille tout au long de l'année sur des projets audio-visuels, clips de musique, surf etc. Je suis en ce moment en préparation d'une web-série qui devrait m'amener un peu partout en Europe, et mélangera musique, surf et rencontres, mais je ne peux pas en dire beaucoup plus pour l'instant !

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