5 min de lecture Témoignages

EN IMAGES - Paroles de 6 filles tatouées

À l'occasion du Mondial du tatouage, qui se tient du 3 au 5 mars, à Paris, Girls a donné la parole à 6 filles tatouées pour nous confier leurs histoires encrées.

Paroles de 6 filles tatouées
Crédit Image : Arièle Bonte pour RTL Girls
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14% des Français sont déjà passés entre les mains d'un tatoueur. C'est ce que révèle un sondage mené par l'institut Ifop et le syndicat national des artistes tatoueurs en novembre 2016. Parmi les tatoués de l'étude, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à avoir cédé aux sirènes de cet art ancestral, célébré du 3 au 5 mars lors du Mondial du tatouage qui a lieu, cette année encore, dans la Grande Halle de la Villette, à Paris.

Au programme : 420 tatoueurs du monde entier, venus pour présenter leurs techniques et leurs styles à des milliers de visiteurs. L'occasion de passer, vous aussi, entre les mains de ces artistes armés d'aiguilles et d'encres noires ou de couleurs ? À l'image d'Amélie, 24 ans, qui s'est fait tatouer un fer à cheval "Lucky Me" l'an dernier ou Mathilde, 22 ans, qui a ramené un tattoo de son année de césure passée à Tahiti. Deux histoires parmi les six filles encrées que la rédaction de Girls a rencontrées - et photographiées.

Cloé : "C'est une démarche thérapeutique"

Cloé, 24 ans, artiste (un peu tatoueuse)
Crédit Image : Arièle Bonte pour RTL Girls

"J'ai 18 tatouages. Mon tout premier (une clé de sol, NDLR.) je l'ai fait avec une amie d'enfance. C'est probablement le plus simple mais l'un de mes préférés... Même si je les aime tous. Il y a en a un que j'ai dessiné et qui représente mon arbre généalogique, d'autres ont été réalisés par une amie ou des tatoueurs dont j'admire le travail et le style. J'ai par exemple travaillé à l'Urssaf pour me payer mon bras droit : une carte blanche à kore Sanzoku. Mais il faut être honnête : j'ai aussi une relation compliquée avec mon corps. Me tatouer est une manière de me l'approprier. C'est une démarche thérapeutique... que je pratique moi-même depuis maintenant un an et demi."

Mathilde : "À Tahiti, tout le monde est tatoué"

Mathilde, 22 ans, en 5ème année d'études à Sciences Po Paris
Crédit Image : Arièle Bonte pour RTL Girls

"J'ai passé une année de césure à Tahiti, je ne me voyais pas repartir sans être tatouée. Là-bas, les gens ne se prennent pas la tête, la vie est tellement plus facile et les paysages... c'est juste trop beau ! Tout le monde est tatoué, cette question ne se pose même pas. J'aime le tatouage polynésien parce qu'il est à la fois très symbolique et s'adapte à la morphologie des corps. Pour mon tattoo, je suis entrée dans le salon, j'ai indiqué à quel endroit je voulais être encrée, et le tatoueur a tout dessiné comme il le sentait."

Fanny : "Être tatouée, c'est faire ce que je veux de mon corps"

Fanny, 25 ans, blogueuse et cuisinière nomade
Crédit Image : Arièle Bonte pour RTL Girls

"Mon tatouage au bras gauche, je le porte tel un bijoux. Il reprend diverses choses que j'aime : les plumes et feuillages pour mon amour de la nature, les mandalas - ces dessins complexes servant à la prière en Inde - pour mes origines. Le tout représentant un peu l'armature d'un attrape rêve, cet objet amérindien qui empêche les cauchemars de nous troubler la nuit. C'est mon porte-bonheur à moi et c'est aussi un coup de cœur pour le travail de Mlle Gee qui a son salon à Marseille.

Le bras droit à en revanche a une vraie histoire et raconte ma vie sur un bateau flottant sur les eaux du monde avec ma famille. Tous les éléments d'un bon marin sont ici dessinés. La barre du bateau et la rose des vents pour garder le cap, et aller dans la bonne direction, l'ancre pour la stabilité, le phare qui te ramène au port pour ne pas se perdre en chemin et la bouée pour te sauver de la noyade.

Ce que j'aime dans le fait d'être tatouée, c'est faire ce que je veux de mon corps, être libre. Quant aux regards des autres, ça m'est égal, je fais ça pour moi. C'est assez drôle de voir les gens qui essayent de déchiffrer leurs significations..."

Isadora : "Pour moi, le tatouage c'est de l'art"

Isadora, 28 ans, doctorante en astrophysique
Crédit Image : Arièle Bonte pour RTL Girls

"Depuis que je suis petite, j’ai toujours regardé les tatouages avec envie. Pour moi, c'est de l’art. Mes pièces font parties de ma personnalité. Mon premier représente le Petit Prince. Je me rappelle très bien du moment où j'ai eu l'idée de le faire. C'était sur une plage de Copacabana, en train de regarder la mer. Mes idées viennent instantanément, sans réfléchir sérieusement. Parce-que pour moi, un tatouage est aussi ma façon d’être et de m’exprimer en tant que personne. Et les gens qui me connaissent savent que je suis une personne vraiment spontanée. Alors tous mes tatouages sont le reflet de ce qui fait que je suis moi : la littérature, la lutte pour l’égalité et ma profession qui est aussi une passion : l’astrophysique."

Amélie : "Plus je me fais tatouer, plus j'ai l'impression d'être moi"

Amélie, 24 ans, journaliste indépendante spécialisée dans le cheval
Crédit Image : Arièle Bonte pour RTL Girls

"Mes tatouages sont tous faits selon la même idée : ils appuient quelque chose que j'aime bien. Des valeurs qui me rappellent qui je suis par exemple. Cela a souvent un rapport avec l'enfance. Plus je me fais tatouer, plus j'ai l'impression d'être moi, en fait. Mes premières pièces sont grosses mais dans des endroits cachés. Mais aujourd'hui, je crois que j'ai passé le cap : je veux des tatouages qui se voient !"  

Marion : "Je veux que mes tatouages vieillissent avec moi"

Marion, 27 ans, bibliothécaire
Crédit Image : Arièle Bonte pour RTL Girls

"J'ai 12 tatouages, je les ai comptés ce matin. Mon bras est constitué de plusieurs pièces. Ce ne sont pas des bijoux de peau ; ils racontent mon histoire, mes passions. Un seul à à ce but esthétique, on va dire - et c'est pour palier à l'écartement de mes seins... même si je me suis rendue compte depuis qu'on était toutes plus ou moins foutues pareil.

Mon premier tattoo, je l'ai fait dans le cou il y a 8 ans, c'était osé ! C'est peut-être mon préféré et celui que j'aime le moins en même temps à cause des gens qui me le rappellent. Je me laisse toujours un an entre chaque tattoo pour la réflexion du motif et de l'endroit. Et bien sûr, en dehors de la réflexion, il y a le coût. On me demande souvent 'Comment tu feras quand tu seras vieille ?'. Mais je ne veux pas avoir à enlever mes tatouages ou à les recouvrir. Parce que je veux qu'ils vieillissent avec moi.


Le Mondial du tatouage 2017 se tient à Paris du 3 au 5 mars.
Pass 3 jours : 65 euros sur place ; 40 euros pour les 12-16 ans.

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