2 min de lecture Société

Égalité femmes-hommes : le Défenseur des droits souligne le rôle de l'école

Le Défenseur des droits, Jacques Toubon, et la Défenseure des enfants, Geneviève Avenard, ont remis un rapport annuel sur les droits de l'enfant, lundi 20 novembre.

Les stéréotypes de genre sont peu abordés à l'école, selon un rapport publié le 20 novembre 2017
Crédit Image : iStock / Getty Images Plus

À la base des comportements de harcèlement sexuel, il y a "l'idée qu'il y aurait un rapport de supériorité des hommes par rapport aux femmes", selon le Défenseur des droits, Jacques Toubon, qui a remis avec la Défenseure des enfants, Geneviève Avenard, un rapport annuel sur les droits de l'enfant ce lundi 20 novembre. 

"L'éducation à la sexualité doit contribuer, dès le plus petit âge, à détruire stéréotypes et préjugés" mais "nous sommes loin du compte", a-t-il commenté devant la presse la veille de la publication de ce rapport dans lequel Jacques Toubon et Geneviève Avenard soulignent donc le rôle de l'école pour lutter contre les comportements sexistes. L'un des grands manquements dans les écoles françaises, selon le Défenseur des droits et la Défenseure des enfants ? L'éducation à la sexualité, prévue par la loi depuis 2001, mais pas systématiquement organisée.

Cette loi prévoit, dans les écoles, les collèges et les lycées, au moins trois séances annuelles d'éducation à la sexualité, qui doivent contribuer à l'apprentissage du "respect dû au corps humain" et présenter une "vision égalitaire" des relations entre les femmes et les hommes.

Des résistances à enseigner la sexualité à l'école

Une enquête menée auprès de 3.000 établissements scolaires (publics et privés) par le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE) a pourtant montré que cette loi n'est pas systématiquement mise en oeuvre. 25% des écoles répondantes (contre 4% des collèges et 11,3% des lycées) déclaraient n'avoir mis en place aucune action ou séance durant l'année scolaire 2014-2015.

Parmi les écoles l'ayant appliqué la loi, "64% n'ont pas articulé cette éducation à la sexualité avec les actions de promotion de l'égalité entre les filles et les garçons", souligne le Défenseur des droits. L'éducation à la sexualité est trop souvent considérée comme une "animation" et suscite encore "beaucoup de résistances", ont également commenté Jacques Toubon et Geneviève Avenard.

Une approche "globale"

Selon le HCE, les thématiques les plus abordées pendant les séances sont la biologie/reproduction, l'IVG et la contraception, le VIH/Sida et la notion de respect entre les sexes. En revanche, les stéréotypes de sexe, les questions de violences faites aux femmes et d'orientation sexuelle sont peu abordées.

Le Défenseur des droits recommande alors "une approche globale" de l'éducation à la sexualité, une meilleure formation des intervenants, la prise en compte de la parole des jeunes et préconise d'associer les parents. 

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