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Neil Gorsuch, Mike Pence... Les collaborateurs de Trump ne sont pas les amis des femmes

Le président des États-Unis vient de nommer le juge conservateur Neil Gorsuch à la Cour suprême américaine. Un collaborateur de plus qui n'a pas l'air d'aimer beaucoup les femmes. Explications.

Donald Trump et le juge Neil Gorsuch
Donald Trump et le juge Neil Gorsuch Crédit : Carolyn Kaster/AP/SIPA
Arièle Bonte
Arièle Bonte
Journaliste

Le suspens avait été savamment orchestré par la Maison-Blanche. Deux finalistes se disputaient le poste de neuvième juge au siège vacant de la Cour suprême des États-Unis. Finalement, des deux "finalistes", c'est le juge Neil Gorsuch qui a hérité de cette place de choix, qu'il occupera à vie.

"Un juge de la Cour suprême peut être actif durant 50 ans et ses décisions peuvent avoir un effet durant un siècle voire davantage", a rappelé Donald Trump à Washington, le mardi 31 janvier.

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump s'entoure d'un collaborateur ouvertement contre les droits des Américaines à disposer de leurs corps.

Propos sexistes, homophobes, accusations de violences conjugales, déclarations-choc... Les secrétaires d'États et conseillers de Donald Trump collectionnent également quelques casseroles et promettent aux Américaines quatre années d'un long combat. La preuve en 10 profils.

1. Neil Gorsuch, juge anti-avortement

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Si la nomination de Neil Gorsuch à la Cour suprême est un bon point pour le clan des conservateurs, des associations et membres de l'opposition manifestent déjà leur mécontentement. Car, comme le souligne Slate dans un article : de nombreuses personnalités pro-vie aux États-Unis ont salué Neil Gorsuch pour sa position personnelle contre l'avortement. Ce dernier devrait également ravir les militants des armes à feu et de la peine de mort.

A contrario, cette nomination inquiète déjà les associations de défense du droit à l'avortement comme NARAL. Cette dernière a tweeté que Neil Gorsuch "constituait une menace existentielle pour le droit à l'avortement", relève également Slate

Même son de cloche chez Bernie Sanders, ex candidat démocrate à la présidentielle américaine et actuel sénateur du Vermont : "Le juge Gorsuch doit expliquer son hostilité envers les droits des femmes", a-t-il écrit sur son compte Twitter.

2. Mike Pence, vice-président à l'origine d'une loi anti-IVG

Il faisait campagne aux côtés de Donald Trump depuis quelques mois déjà. Mike Pence, 57 ans et père de trois enfants, acceptait officiellement son statut de vice-président - en cas de victoire du clan républicain - le 21 juillet dernier. 

Depuis la victoire de Donald Trump à la présidence américaine, c'est donc cet avocat de profession qui assure désormais la présidence du Sénat des États-Unis (et qui succédera à l'actuel président en cas de décès, incapacité à gouverner, procédure d'impeachment etc.). Une position qui peut inquiéter les femmes puisque Mike Pence est opposé à l'avortement et a notamment restreint le champ de son application dans l'Indiana, État dans lequel il a été gouverneur de 2013 à 2017. 

Ce dernier a également soutenu le financement public de thérapies de conversion pour les homosexuels. 

3. Andy Puzder, futur protecteur des salariées ?

Andy Puzder aime beaucoup les femmes. C'est lui qui le dit. Il les préfère à moitié nues en train de manger (et de vendre) ses hamburgers dans des spots publicitaires qualifiés par la presse anglo-saxonne de "soft porn". La dernière en date montre trois femmes, blondes et taille mannequin en train de faire griller leurs tranches de bacon avec sensualité. Intitulée Bacon 3-Way Burger "Fantasy" Commercial, cette pub s'appuie sans détour sur le fantasme du "plan à trois"

Sexualiser à outrance des jeunes femmes pour vendre des sandwichs, c'est la marque de fabrique des pubs signées Andy Puzder. "Les moches n'en vendent pas" avait même déclaré en 2011 le PDG de CKE Holdings en réponse aux critiques. "J'avais l'habitude d'entendre que les marques prenaient la personnalité du PDG",a-t-il également confié au site Entrepreneur.

"J'ai rarement pensé que c'était vrai mais dans ce cas, je trouve que cela a en quelque sorte pris ma personnalité". Rappelons que le nouveau job d'Andy Puzder consiste à défendre les droits des travailleurs américains. Parmi eux, des millions de femmes. 

Pour couronner le tout, le futur secrétaire d'État au travail a été accusé par sa première épouse de violences conjugales à la fin des années 80, raconte le Riverfton Times. Des propos démentis par le principal intéressé puis retiré par la plaignante dans un mail adressé à son ex-mari et daté du 30 novembre dernier : "Tu n'as pas été violent". 

4. Tom Price, le "renard qui garde le poulailler"

Donald Trump l'a nommé à la Santé pour "abroger et remplacer Obamacare afin de donner à tous les Américains une couverture santé abordable et accessible". Mais cet ancien chirurgien orthopédique est un républicain anti-avortement. Il siège à la Chambre des représentants pour la Géorgie depuis 2004 et s'est opposé à de nombreuses lois concernant l'accès à la contraception dans son état. 

Une grande association américaine luttant contre l'IVG, National Right to Life, mentionne sur son site internet que Tom Price "a voté à chaque fois avec [eux]". Le Planning Familial ne le porte en revanche pas dans son cœur puisque le futur secrétaire d'État à la Santé a voté contre le financement public de cet organisme et a assuré que la contraception n'avait pas besoin d'être couverte parce que toutes les femmes pouvaient la payer.

Pour Chuck Schumer, le chef des démocrates américains, la nomination de Tom Price à la Santé revient à "demander au renard de garder le poulailler". 

5. James Mattis, les femmes pas faites pour l'armée ?

Ce général à la retraite a une idée bien précise des femmes et de leur place à l'armée. Pour cette figure légendaire des forces américaines, aussi surnommée "Mad Dog" et "Warrior Monk" (le chien fou ou le moine guerrier), les femmes soldates ne sont probablement pas faites pour le combat ("un monde de primates régressifs", assure-t-il). Pire encore, leur présence pourrait mettre en danger la réussite des missions de l'armée, rapporte  le site military.com

Depuis l'année dernière, les Américaines peuvent cependant accéder à tous les postes de combat. Un acquis sur la sellette ? 

6. Mike Pompeo, le chef de la CIA anti-avortement

Donald Trump a choisi pour diriger la CIA (La Central Intelligence Agency, l'agence des renseignements aux États-Unis) un parlementaire républicain qualifié de "faucon". Adversaire farouche de l'Iran des mollahs qui, pour lui, est à l'origine de la plupart des maux du Moyen-Orient, le représentant du Kansas au Congrès depuis 2010 est aussi un fervent militant anti-avortement (sauf en cas de danger vital pour la mère) et contre l'adoption des couples homosexuels (qui ne sont pas capables, selon lui, d'élever un enfant comme un couple hétérosexuel), rappelle le Guardian et le Tumblr Republicinanity.

7. Jeff Sessions, celui qui ne sait pas ce qu'est une agression sexuelle

"Attraper les femmes par le vagin", pour Jeff Sessions, "ce n'est pas une agression sexuelle". Nommé à la tête du ministère de la Justice par Donald Trump, ce sénateur de l'Alabama, connu pour ses déclarations racistes, n'a pas été en mesure de déterminer si le comportement que ventait le candidat à la Maison Blanche pouvait être qualifié d'agression sexuelle. "Je pense que c'est un peu exagéré"a-t-il assuré à Weekly Standard

8. Michael Flynn, les femmes et le maquillage

Cet ancien militaire a fait un bref passage en tant que patron au renseignement militaire américain (DIA, Defense intelligence agency) entre 2012 et 2014. Le mandat de Michael Flynn a été marquée par une histoire de maquillage et de sexisme qui a fait polémique.

En cause : une présentation intitulée "S'habiller pour le succès". Les conseils prodigués aux femmes de l'agence disaient, selon Slate : "Le maquillage aide les femmes à être plus jolies" mais "trop de maquillage distrait du regard professionnel".

Pour sa défense, Michael Flynn a assuré que ni lui, ni l'agence "ne tolèrent ce briefing et espère que son intention venait du fond du cœur pour aider" les employées de la DIA, rapporte Washingon Post.

9. Steve Bannon, le patron qui insulte une employée de "bimbo"

Derrière la stratégie du futur président des États-Unis, on retrouve Steve Bannon. Cet ancien patron du site d'informations Breitbar (connu pour être proche de l'extrême-droite) ne s'est jamais présenté comme l'ami des femmes. Sur son site, on peut y lire des articles titrés "Est-ce que le féminisme rend les femmes moches ?", "Il n'y a aucun parti pris contre les femmes dans la Tech, elles sont juste nulles en interview"

Dans ses éditos, Steve Bannon écrit être contre la pilule contraceptive et conseille aux femmes de se déconnecter d'Internet lorsqu'elles sont victimes de harcèlement en ligneréférence The Cut. Il aurait insulté une employée de "bimbo" et a été accusé par une autre de harcèlement sexuel, peut-on lire dans Bustle.

En 1996, son ex-femme l'a également accusé de violences conjugales. Cette dernière aurait abandonné les charges après avoir été menacée par son ancien époux. 

10. Reine Priebus, celui qui a condamné Donald Trump

Le président-élu l'a nommé Secrétaire général de la Maison Blanche et pourtant, Reine Priebus ne portait pas Donald Trump dans son cœur il y a encore quelques semaines. Après l'épisode de l'enregistrement dans lequel on entendait Donald Trump se venter "d'attraper les femmes par le vagin", Reine Priebus a tout de suite condamné ses propos, a rapporté le site Politico.

"Aucune femme ne devrait être décrite dans ces termes", avait-il assuré. Un épisode que ce dernier semble avoir oublié puisqu'il a accepté le poste que lui offrait l'homme derrière ces propos misogynes. 

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