6 min de lecture Franz Ferdinand

Rock en Seine : Franz Ferdinand vainqueur par KO

EN IMAGES - De retour avec un nouvel album, les Ecossais ont électrisé le domaine de Saint Cloud pour le coup d'envoi du festival francilien. La journée a également été marquée par l'électro de Paul Kalkbrenner et le rap de Kendrick Lamar.

Franz Ferdinand à Rock en Seine en août 2013
Franz Ferdinand à Rock en Seine en août 2013 Crédit : Damien Rigondeaud
Assma Maad et Cécile De Sèze

Chapeaux sur la tête, lunettes de soleil sur le nez, ombrelles et glaces à la main...il régnait comme un parfum d'été sur le domaine de Saint Cloud (Hauts-de-Seine). C'est sous un soleil de plomb, que le festival Rock en Seine a accueilli ses premiers festivaliers vendredi.

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Un archiduc nommé désir

Venu défendre son quatrième album Right Thoughts, Right Words, Right Action attendu lundi, le groupe écossais Franz Ferdinand a livré la meilleure performance de la journée. Aux chemises fleuries et imprimés 80's, la bande d'Alex Kapranos a pris d'assaut la grande scène à la tombée de la nuit en livrant un rock des plus euphorisants. Ils ont fait sourire immédiatement sur les visages aux premières notes de leur tube No you girls, et ont fait valser les pieds au son de leur nouveau single Right Action.

Franz Ferdinand
Franz Ferdinand Crédit : Damien Rigondeaud

«Le nouvel album reflète l'état d'esprit dans lequel nous l'avons enregistré», révèle à RTL.fr le batteur Paul Thomson. «Il est joyeux et positif parce que nous avons fini par réaliser que la musique c'est ce que nous faisons et aimons faire», ajoute-t-il

Franz Ferdinand
Franz Ferdinand Crédit : Damien Rigondeaud

Huit ans après sa dernière performance à Rock en Seine, Franz Ferdinand a frappé fort et a défendu avec brio son dernier disque. Ce concert ravira certainement les fans de la première heure, ceux qui ont cru faire une croix sur le groupe en 2009 lorsque les rumeurs de séparation se multipliaient. «Vous savez, tous les groupes ont envisagé un jour de se séparer. Après tout c'est la même chose que dans un couple !», s'amuse Thomson.

Vous savez, tous les groupes ont envisagé un jour de se séparer

Paul Thomson, du groupe Franz Ferdinand
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Les britanniques en force

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En milieu d'après-midi sur la grande scène, un autre joyau écossais a brillé : Belle and Sebastian. Le collectif formé à la moitié des années 1990 a distillé avec panache et générosité les merveilles pop qui emplissent leur répertoire. Affublé d'un chapeau melon et d'un sourire rarement dissimulé, le leader Stuart Murdoch, a multiplié les appels au public. Jusqu'à en inviter certains membres à le rejoindre. Sur scène, ce beau monde danse et s'élance, tels de jeunes enfants. Le concert prend des allures de foire colorée, où le simple bonheur d'être présent ce jour-là suffit amplement à faire communion avec le public.

ALT-J
ALT-J Crédit : Damien Rigondeaud

Les festivaliers ont à peine le temps de quitter le monde joyeux de Belle and Sebastian, que le concert que Daughter pointe déjà le bout de son nez à l'autre bout du parc. Sur la scène la plus confidentielle du site, le groupe anglais mené par l'incandescente Elena Tonra s'échaude, prend de l'assurance, puis révèle ses mélodies folk à un public parfois trop dissipé. Comme un père à son enfant, Daughter est cette fille prometteuse que l'on promet d'encourager et de soutenir. Car le fils, Alt-J, lui, s'est déjà envolé de ses propres ailes. Inconnu encore il y a quelques mois, le groupe originaire de Leeds constituait l'un des temps fort de cette première journée.

A voir la marée humaine présente devant la scène de la Cascade, on se demande si les organisateurs n'auraient mieux fait de les intervertir avec Tame Impala. (dont le concert pourtant prometteur n'a jamais réussi à décoller). An Awesome wave , leur premier album devenu un véritable coup de maitre, a propulsé le quatuor de Leeds au sommet des formations phare du moment. «Nous savons que nous avons été très chanceux depuis la sortie du disque en mai 2012», admettent les membres d'Alt-J. «En Angleterre nous avons eu beaucoup de soutien de la part des radios. Sans elles nous ne serions sans doute pas à Rock en Seine», précise le groupe.

ALT-J
ALT-J Crédit : Damien Rigondeaud

L'horloge tourne. A 18 heures, c'est du côté de la scène de l'Industrie qu'il fallait patienter. Quelques irréductibles n'ont pas suivi la foule au concert de Tame Impala, pour acclamer Johnny Marr. L'ancien guitariste du groupe culte The Smiths a joué sans pression aucune les titres de son premier album solo The Messenger. «En fait j'ai choisi de faire cet album après 20 ans de carrière , simplement parce que j'étais heureux ! Heureux d'avoir tourné avec d'aussi bons groupes pendant tant d'année», s'enthousiasme Marr. «Après mon départ des Smiths j'ai tourné avec beaucoup de jeunes groupes comme The Cribs, ça m'a permis de me perfectionner en découvrant de nouvelles façons de jouer», précise-t-il.

J'ai choisi de faire cet album après 20 ans de carrière

Johnny Marr
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Sa guitare Fender Jaguar au bout des bras, Marr distille les riffs avec un son et une dynamique qui l'ont érigé au panthéon des meilleurs guitaristes de ces dernières décennies. Quelque peu endormi, le public se réveille lorsque le musicien reprend certains titres des Smiths. Aux premières notes de There is a light that nevers goes out qui clôture le concert, c'est à un public ému et conquis que Johnny Marr chante.

Rap/électro en Seine

La nuit tombée c'est Hanni El Khatib qui gagnera les faveurs du public de l'industrie. Ce jeune rocker californien aux origines philippines et palestiniennes, est l'un des artistes les plus prometteurs de sa génération. Avec un second album Head and the dirt, paru cette année et produit par Dan Auerbach (Black Keys), Rock en Seine prend des allures de Nashville. Les guitares flirtent régulièrement avec le blues. Mais les compositions trouvent surtout un bel écho grâce à la voix chaude et corrosive de ce chanteur aux allures de mannequin tatoué. «Je suis Hanni El Khatib et je viens de Los Angeles en Californie», lance-t-il à la fin de son concert. A Rock en Seine vendredi, l'Amérique n'a jamais si bien raisonné dans les oreilles.

Hanni El Khatib
Hanni El Khatib Crédit : Damien Rigondeaud

Les amateurs de rap et d'électro n'ont pas été oubliés. C'est d'ailleurs Chance the Rapper qui a inauguré la journée sur la grande scène. Invité par Eminem la veille, l'artiste américain est parvenu à soulever les foules dès ses premiers titres. Puis Kendrick Lamar est arrivé, à 22h, devant une foule impressionnante venus acclamer l'auteur du populaire Bitch don't kill my vibe. Le rappeur distille son flow, fait le show, sollicite le public constamment en l'invitant à finir ses phrases et chanter ses refrains. Malgré une pause imposée (un problème technique a stoppé le concert pendant une dizaine de minutes), le public est conquis et se tourne désormais vers la grande scène. Il est 23h, le concert dantesque de Paul Kalkbrenner débute.

Debout derrière sa table de mixage Paul Kalkbrenner porte, comme toujours, un maillot de football (aux couleurs du Bayern de Munich cette fois-ci). «Lorsque j'étais jeune on m'interdisait de regarder le foot parce que j'habitais en Allemagne de l'Est», explique le DJ. «Et puis j'ai vu un match avec le Bayern et depuis c'est sans aucune hésitation mon équipe favorite». Sa réputation de star de la techno a conduit Kalkbrenner en tête d'affiche de Rock en Seine.

Paul Kalkbrenner
Paul Kalkbrenner Crédit : Maxime Villalonga


Le show qu'il a mené a largement conforté sa place. "Guten tag" affiche l'écran géant derrière lui, comme pour rappeler qu'il est avant tout présent pour défendre les titres de son nouvel album (Guten tag, donc) sorti l'année dernière. Les premières notes fusent, les basses raisonnent au loin, le spectacle est lancé. Les chansons s'enchainent rapidement avec un fluidité saisissante. Paul Kalkbrenner s'applique, il attire toujours plus de festivaliers. Les titres Sky and Sand et Aaron, achèveront le public de plaisir. Un grand final pour une grande journée.
Minuit passé, la chaleur demeure et accompagne les festivaliers vers leurs lits. Samedi, Phoenix, Nine Inch Nails ou Black Rebel Motorcycle promettent de faire trembler le domaine de Saint-Cloud. Mais que les spectateurs ne se réjouissent pas trop, ce sont sans doute les orages et la pluie qui voleront la vedette. 

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