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"Persona 5" : le jeu de rôle brillant qui vous fera vivre la vie d'un lycéen à Tokyo

ON Y A JOUÉ - Attendu comme le Messie par les amateurs de J-RPG, "Persona 5" a-t-il tout du chef-d'oeuvre espéré ?

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The Phantom Thieves Are Ready to Roll on April 4 Crédit Image : Capture écran / Altus |
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
Journaliste

Persona 5 est un jeu immense qui fera battre très fort les cœurs des amoureux du Japon. Déjà commercialisé au pays du soleil levant depuis l'automne 2016, le jeu de la maison Altus débarque enfin en France ce 4 avril 2017 sur Playstation 4. Cela tombe bien, les cerisiers sont en fleurs aussi en France ; de quoi donner envie de se plonger dans la culture nippone pour une bonne centaine d'heures. 

Au programme de ce jeu de rôle : vivre la vie d'un lycéen à Tokyo le jour et dérober de mystérieux trésors dans une dimension parallèle le soir. Vous incarnerez un jeune lycéen arrêté par la police après un cambriolage qui a mal tourné. Plongé dans une salle d'interrogatoire, le protagoniste devra se résoudre à raconter l'année qui vient de se dérouler et c'est par cette astuce scénaristique que le jeu débutera. Un jeu - nous nous devons de le signaler et de regrettez ce choix - exclusivement disponible en anglais (voix et texte). Il faudra donc une bonne maîtrise de la langue de Shakespeare pour comprendre les subtilités de Persona 5, un titre dont les dialogues sont au cœur du gameplay. Cela ne posera pas de problème pour de nombreux joueurs bercés par des heures de séries en VO mais cela reste dommage de ne pas avoir pensé à une localisation en français, compte tenu de l'amour des Français pour la culture nippone.

Face A : Tokyo comme si vous y étiez

Dans Persona 5, tout est cohérent. Les menus, les combats, les décors, les personnages et les activités. Tout a été minutieusement pensé et tissé par Altus pour offrir un univers fluide, riche et détaillé. Comme dans les épisodes précédents (que vous n'avez pas besoin de connaître puisque les jeux Persona sont indépendants les uns des autres et ne constituent pas une suite), le style est emprunté à des animés japonais. Les traditionnelles cinématiques souvent réalisées en images de synthèses sont ici des dessins animés dignes des plus grands studios d'animation. Le design des personnage dans les phases de jeu est directement emprunté à ce style mangas. Les menus et les dialogues apparaissent à l'écran dans une farandole de bulles de BD. Rien ne détonne, tout est intégré. Et, sauf à être absolument allergique aux mangas, vous ne pourrez que tomber amoureux devant tant d'audace et de consistance dans la présentation du jeu.

Persona 5 emprunte à ses prédécesseurs une phase de jeu qui fait tout le charme de la série : la simulation de vie d'un jeune japonais. Le héros que vous incarnerez vient d'arriver à Tokyo après avoir été renvoyé de son ancien établissement et éloigné par ses parents. La raison de cet exil ? Le protagoniste est venu en aide à une jeune femme harcelée en pleine rue. La bousculade a fait tomber l'assaillant qui s'est empressé de porter plainte contre l'adolescent... Résultat : un casier judiciaire et surtout un immense sentiment d'injustice et de rébellion. Ça tombe bien : voici le thème principal de ce Persona 5.

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Une fois débarqué dans l'immense mégalopole, à vous de mener votre vie et de gérer votre temps. Vous devrez comprendre le système des transports de cette ville tentaculaire, allez en cours, faire diverses activités extra-scolaires, choisir de jouer au base-ball ou aux jeux vidéo pendant votre temps libre. Aller voir des amis, courir les petits jobs... Choisissez bien car, comme dans la vraie vie, une journée ne compte que 24 heures et vous ne pourrez pas tout faire. Certains amis pourront se sentir délaissés pendant que d'autres se rapprocheront de vous. Ces actions sociales ont deux buts : vous immerger dans la vie (quelque peu fantasmée) d'un Tokyoïte et vous permettre de vous lier avec certains personnages clés. Outre le simple plaisir de faire évoluer l'histoire dans la direction souhaitée, ces liens se révéleront précieux lors des phases de combat et d'exploration nocturne en boostant certaines de vos capacités.

Face B : Gentlemen cambrioleurs

Le jeu ne comprend pas que cette simulation pleine de dialogues. Il y a aussi une aventure plus ténébreuse et occulte avec des donjons à conquérir, des démons à abattre et des trésors à dérober. Bien sûr, vous devrez en quelque sorte sauver le monde en proie à d'étranges phénomènes paranormaux. Votre équipe de personnages (d'un gros chat en peluche à vos meilleurs amis du lycée) dévoileront leurs capacités dans des "Palaces". Pensez à ces lieux comme une réalité alternative, un monde parallèle sombre et pervers. Le premier de ces palais est tout simplement votre lycée transformé en un château dirigé par le professeur de sport, ou du moins ses plus sombres désirs. Dans la vraie vie, le professeur harcèle ses élèves et les poussent physiquement à bout. Dans cette autre dimension, il est un roi et torture ses sujets. Les deux mondes sont intimement liés et les actions dans l'un auront des conséquences dans l'autre. 

En intégrant cette dimension parallèle grâce à une mystérieuse application sur votre smartphone, vous devenez des héros avec des super-pouvoirs qui prennent la formes d'esprits baptisés "Persona". Ces esprits symbolisent la personnalité cachée de chacun des personnages et leur invocation permettra aux héros de maîtriser certains sorts et attaques. De quoi défaire les démons de ces "palaces" en jouant sur leurs faiblesses (certains sont sensible au vent, au feu ou à la glace) dans un système de combat au tour par tour. On retrouve ici une mécanique très traditionnelle de la saga et des jeux vidéo japonais en général (comme les premiers Final Fantasy par exemple). Persona ne tente pas de faire un grand monde ouvert avec des combats en temps réels comme le dernier Zelda, Final Fantasy XV ou encore The Witcher. Les combats sont stratégiques et demandent une bonne anticipation des mouvements ennemis. Si vous avez toujours l'option de changer les niveaux de difficultés en cours de partie, les bosses et certains groupes d'ennemis pourront vous donner du fil à retordre en mode normal ou difficile. 

Dans ces donjons, il y a aussi une partie d'exploration avec quelques énigmes. Comme vous incarnez des voleurs, Persona 5 incorpore aussi quelques éléments d'infiltration. Vous devrez vous dissimuler dans les ombres du palais si vous ne voulez pas vite être submergé par les ennemis. Mais rien de dramatique. Les combats n'ont rien des monstruosités angoissantes de Dark Souls et finalement ces duels sur fond de musique acid-jazz où vous dialoguez entre vos camarades (et parfois avec les ennemis) posent une ambiance très légère.

Les plus

- Une durée de vie immense (entre 60 et 100h)
- Une vie urbaine et pop jouissante
- Le design des interface et des transitions
- Des "palaces" créatifs
- Qualité de l'écriture et du scénario
- La musique jazzy
- Une plongée dans le Japon entre rêve et réalité 

Les moins

- Quelques personnalités un peu clichées
- Entièrement en anglais

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