4 min de lecture Fil Super

"Kingsglaive" : que vaut l'intro cinématographique de "Final Fantasy XV ?"

ON L'A VU - Le film en images de synthèse propose un spectacle épique accompagné de voix connues des fans de "Game of Thrones" ou "Breaking Bad".

>
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
Journaliste

Final Fantasy est - bien sûr - une saga culte de jeux vidéo, mais c'est aussi une franchise qui tente de temps à autre des incursions dans le cinéma, forte du talent de ses animateurs 3D. Le premier film Final Fantasy a avoir marqué les esprits fut Final Fantasy: Spirit Within sorti en 2001 où Lara Fabian (oui, Lara Fabian) chantait le thème principal du film. Succès technique mais critiques mitigées, cette histoire qui vivait sans le soutien d'un jeu a eu du mal à convaincre. Le jeu Final Fantasy VII, fort de son statut de légende auprès des joueurs du monde entier, a aussi connu un développement cinématographique post-jeu avec Final Fantasy VII: Advent Children ou encore Last Order: Final Fantasy VII. Cette fois, les fans ont préféré ce film-cadeau qui se vivaient comme un bonus.

Pour son prochain jeu, Final Fantasy XV (qui sortira fin novembre 2016) Square Enix a voulu bousculer ses habitudes avec Kingsglaive: Final Fantasy XV (disponible dès maintenant en téléchargement et en Blu-ray le 30 septembre chez Sony Pictures Home Entertainment). Ce n'est ni un bonus, ni un film indépendant. Kingsglaive est une immense introduction à l'univers de l'épisode XV. Le film introduit le monde, certains personnages que l'on rencontrera dans le jeu et une vraie mythologie. Il s'agit d'un film dynamique, léché et mystérieux mais qui n'aura qu'un intérêt limité pour quiconque ne compte pas jouer pas au jeu... à moins que Kingsglaive ne vous donne envie de l'acheter.

Un Empire, un royaume, un cristal

Le fond de l'histoire de Kingsglaive ne surprendra pas les fans de Final Fantasy. Il s'agit toujours d'un mélange entre éléments fantastiques et futuristes. Un empire conquérant incarne le mal, un royaume paisible protégé par un cristal magique, le bien. Classique, tristement manichéen diront certains, mais Square Enix sait aussi comment surprendre son public. Dans le film, vous suivrez les aventures de Nyx, un soldat d'un groupe d'élite baptisé Kingsglaive (littéralement "le glaive du roi") chargé de défendre le royaume du roi Regis et de son fils le prince Noctis face aux ambitions de l'Empereur Iedolas Aldercapt. Du prince Noctis, vous ne verrez pas grand chose, il sera pourtant le héros du jeu vidéoFinal Fantasy XV. Kingsglaive va conter comment le royaume de son père a fini par tomber entre les mains de l'Empire après moult batailles et machinations diplomatiques. Une façon d'introduire les futurs joueurs à la vie d'exil du prince et de poser les complexes ramifications scénaristiques de cet univers en création depuis plus de 10 ans.

Il sera question de de bataille de territoire, d'occupation, de mariages arrangés entre héritiers pour créer des alliances, de magie... De quoi plaire à des amoureux d'univers aussi complexes que celui de Game of Thrones. Contrairement à ce que beaucoup pourraient imaginer en voyant le chiffre "XV", l'histoire de ce film et du jeu ne nécessite aucunement d'avoir joué aux 14 jeux précédents. Final Fantasy propose toujours une histoire et un univers indépendant à chaque numéro. N'importe qui peut plonger dans Kingsglaive. En revanche, la quasi totalité des spectateurs resteront sur leur faim puisque le film se veut une pure introduction : les histoires des personnages s'ouvrent mais aucune ou presque ne se conclue. Le gros de l'intrigue se jouera sur console cet automne.

Un casting "Game of Thronesque"

À lire aussi
Le premier visuel du live-action movie "Mulan" Cinéma
"Mulan" à 30 dollars sur Disney+ : Disney parie sur le streaming face à la pandémie

Final Fantasy XV propose un univers très japonais dans ses inspirations mais la licence tente de toucher les cultures occidentales de manière plus frontale depuis une dizaine d'années. Le jeu vidéo bénéficiera par exemple de titres de Florence + The Machine pour l'épisode XV (après les chansons de Leona Lewis pour Final Fantasy XIII). Kingsglaive veut attirer les amateurs de séries et a convaincu trois acteurs bien connus pour incarner vocalement les trois personnages principaux du film. Sean Bean (GolenEye, Le Seigneur des Anneaux, Game of Thrones) prête sa voix au roi Regis, Lena Headey (Cersei Lannister dans Game of Thrones) se cache derrière le personnage de la princesse Lunafreya et Aaron Paul (Breaking Bad) s'est chargé du personnage principal : Nyx.

>

Une réalisation à couper le souffle

Si l'histoire et les personnages peuvent créer une certaine confusion, il y a des éléments qui mettront tous les amateurs d'accord. Kingsglaive est une merveille technique. Final Fantasy a bâti une partie de sa renommée sur sa capacité à créer des cinématiques techniquement bluffantes. Là, il s'agit d'une heure et 40 minutes de la plus belle et punchy des cinématiques jamais réalisées. Les animations sont d'une fluidité exemplaire, les lèvres, les cheveux, la transpiration, les flammes, les effets de particules... Tout est si bien rendu que l'on peine parfois à se souvenir qu'il ne s'agit que d'images de synthèse. Les personnages de Nyx et de Crowe et même les voitures semblent directement filmées par une vraie caméra.

Le sens de l'action est aussi particulièrement réjouissant. Si la construction des personnages et l'intrigue devront attendre le jeu pour gagner en épaisseur, Kingsglaive se présente comme un film d'action réussi. Des combats contre des monstres, des courses poursuites dans une ville en pleine destruction, des personnages qui se téléportent avant d'électrocuter les lignes ennemies par magie. Le spectacle est là et donne grandement envie de virevolter de la même façon dans le jeu vidéo dans quelques mois.

Mieux encore, Kingsglaive offre certains éléments que les fans prendront plaisir à tenter de décrypter. D'où vient le cristal ? Quel est la nature de l'ancien pouvoir dissimulé dans une bague que recherche l'ennemi ? Reverra-t-on certains personnages ? Tout cela nourrit un univers transmédia ambitieux (avec la musique et la série animé Brotherhood déjà disponible gratuitement sur YouTube) et représente bien plus que des contenus annexes dont le seul but serait de donner envie d'acheter un jeu vidéo.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Fil Super Jeux vidéo Cinéma
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants