3 min de lecture Cinéma

"Hellboy" est-il vraiment une catastrophe ?

NOUS L'AVONS VU - Avec seulement ses 15% d'avis positifs sur le site "Rotten Tomatoes" qui note tous les films, "Hellboy" de Neil Marshall a été boudé par la presse américaine. En salles le 8 mai 2018 en France, que vaut-il vraiment ?

David Harbour ("Stranger Things") dans la peau de Hellboy
David Harbour ("Stranger Things") dans la peau de Hellboy Crédit : Universum Film
Capucine Trollion
Capucine Trollion
Journaliste RTL

Personnage populaire dans les comics, Hellboy revient au cinéma le 8 mai 2019 dans une toute nouvelle aventure. Oubliez les deux films de Guillermo del Toro sortis en 2004 et 2008,  l'anti-héros mi-homme, mi-démon fait peau neuve sous la caméra de Neil Marshall (The Descent, Doomsday). 

Sorti le 12 avril 2019 aux États-Unis, Hellboy a récolté des critiques incendiaires de la presse américaine. Il a recueilli que 15% d'avis positif sur le très sérieux Rotten Tomatoes, qui note tous les films et engrangé 12 millions de dollars lors de son premier week-end d'exploitation. C'es très loin des recettes des précédents films de Guillermo del Toro lors de leurs sorties : 23 et 25 millions de dollars.

Mais, que vaut vraiment ce 3e film consacré au personnage des bandes dessinées, né sous la plume de Mike Mignola ? Attention, la suite du texte contient quelques spoilers sur l'intrigue.

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HELLBOY (David Harbour, Milla Jovovich) - Bande-annonce VOST

Beaucoup trop de gore et de sang

C'est le premier constat pendant le visionnage d'Hellboy. Il y a des hectolitres de sang, comme dans les films de Quentin Tarantino, des sorcières et des monstres à vous donner la chair de poule. Surtout Baba Yaga, qui se déplace comme en "araignée", exactement comme la maléfique Regan dans L'Exorciste. Vous le comprendrez, Hellboy n'est pas un film pour le jeune public. Les têtes sont tranchées, les corps empalés, les sorcières ont les membres démembrés... Du gore à tire-larigot qui ne sert pas vraiment à l'intrigue. C'est un carnage du début à la fin. 

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Certains et certaines peu friands de ce genre de films seront d'ailleurs tentés de fermer les yeux devant quelques scènes, voire une grosse moitié d'Hellboy. On reconnaît là la patte de Neil Marshall, qui a réalisé The Descent, l'histoire d'une expédition spéléologique qui vire au cauchemar. Les héroïnes sont en effet prisonnières sous terre, dévorées l'une après l'autre par des créatures vampiriques. Monstre que l'on retrouve d'ailleurs dès le début du film lorsque le Ruiz montre son vrai visage à Hellboy : celui d'un vampire aux ailes de démon. 

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The Descent (2005) Official Trailer #1 - Horror Movie HD

Mais, des effets spéciaux qui tiennent la route

Ce n'est ici que l'avis de votre dévouée qui a enduré des scènes d'un gore intense, mais les effets spéciaux et la CGI utilisés dans Hellboy ne piquent pas les yeux. On est très loin des monstres tout droit sortis d'un jeu vidéo comme dans Shazam !, par exemple. La sorcière Baba Yaga est flippante à souhait, la transformation de Daimio en guépard (oui vous avez bien lu) réussie. Malheureusement, la caméra s'attarde toujours trop sur les moments gores de ces créatures démoniaques. Le défi des monstres est quand même réussi par le réalisateur qui en n'est pas à son premier film horrifique. Il a de la bouteille et les moyens techniques des années 2018-2019 pour servir les spectateurs et les spectatrices.

Pour le reste des effets du film, les cornes et la couronne de feu d'Hellboy sont réussies, tout comme son arrivée sur un dragon dans notre monde rongé par l'apocalypse. On ne peut pas en dire autant du corps démembré de la Blood Queen (Milla Jovovich) ou de son bras-droit "phacochère". Tout n'est pas parfait, mais cela se regarde.

Une histoire complètement "wtf"

Mi-homme, mi-démon, Hellboy a été adopté à sa naissance par le Professeur Broom, agent qualifié du BPRD (Bureau de recherche et de défense sur le paranormal). Hellboy fait comme papounet et traque les bêtes des ténèbres qui cherchent à dévorer les humains et semer le chaos dans notre monde. Entre-temps vous aurez aussi une chasse à courre dans la campagne britannique avec des Lords déguisés, contre des géants... 

Une partie de l'intrigue est liée aux événements de la Seconde Guerre mondiale, l'autre à Légende du Roi d'Arthur (hello Merlin l'Enchanteur et Excalibur) et encore une autre à notre époque. Le tout donne un film d'1h54 sans temps morts, mais avec beaucoup trop d'informations, de sang et de monstres dans tous les sens. L'une des ombres au tableau (et cela nous peine de l'écrire) : Milla Jovovich. L'actrice est très peu crédible dans le rôle de la sorcière Nimue qui veut se venger du roi Arthur et répandre son fléau dans le monde. 

Mais, David Harbour tient le film. Il n'a pas de lourdeurs à incarner le mi-homme, mi-démon, traité de "monstre" par les nôtres et rejeté par les ténèbres pour travailler aux côtés des hommes. Les blagues qu'il dégaine sont presque toute présente dans les bandes-annonces, mais fonctionnent quand même bien dans le film. Un peu de légèreté entre deux têtes coupées, cela ne fait pas de mal

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