2 min de lecture Bolivie

Comment le jeu "Ghost Recon Wildlands" a créé un incident diplomatique avec la France

La Bolivie a convoqué l'ambassadeur de France pour exprimer son malaise concernant un jeu vidéo de l'éditeur français Ubisoft, présentant le pays comme étant sous l'emprise du narcotrafic.

>
Ghost Recon Wildlands - Trailer de gameplay - E3 2016
Julien Absalon
Julien Absalon
Journaliste RTL

Quand un jeu vidéo crée un incident diplomatique. Outre la sortie de la Nintendo Switch accompagnée de Zelda: Breath of the Wild, l'actualité du secteur est partagée par le lancement de Ghost Recon Wildlands, dévoilé mardi 7 mars. Il s'agit d'un titre sur lequel l'éditeur français Ubisoft mise beaucoup pour lancer son année 2017. Mais avant même son arrivée entre les mais des joueurs, il a déclenché une vive polémique en Bolivie, théâtre des opérations de ce jeu de tir tactique à la troisième personne. L'ampleur du ramdam est tel que l'ambassadeur français du pays sud-américain a été convoqué par le gouvernement bolivien.

Les autorités boliviennes se disent mécontentes par la représentation dans le jeu de leur pays, dépeint comme étant le plus grand producteur de cocaïne au monde et en proie à un très puissant cartel de drogue. "La Bolivie représentée dans Ghost Recon Wildlands est sous la férule d'un gouvernement corrompu qui a recruté les forces de l'Unidad pour contrôler la population et mater tout signe de révolte", explique Ubisoft sur le site internet consacré à son nouveau jeu

Deux ministres, des Affaires étrangères et de l'Intérieur, ont ainsi remis à l'ambassadeur Denys Wibaux une lettre destinée à Ubisoft. Elle vise à faire "intervenir" le gouvernement français. "Nous nous réservons le droit de faire usage de toutes les actions légales", a déclaré Carlos Romero, le ministre de l'Intérieur, à l'issue de cet entretien.

L'incident survient deux jours après l'approbation par le Parlement d'une loi augmentant la surface consacrée à la culture légale de la feuille de coca, produit de base de la cocaïne, de 12.000 à 22.000 hectares. La mesure a été critiquée par l'opposition comme une légalisation de champs alimentant la production de drogue. "Il serait paradoxal qu'une entreprise française remette précisément en cause notre action en matière de lutte contre le narcotrafic, en sachant que c'est justement avec la technologie française que nous combattons le trafic de drogue", s'indigne le gouvernement de Bolivie, pays considéré selon l'ONU comme étant le troisième producteur mondial de feuilles de coca, après la Colombie et le Pérou.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Bolivie Jeux vidéo Diplomatie
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants