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La Saga des Doobie Brothers


Les Doobie Brothers ont fait partie des groupes américains les plus populaires des années 70. Grâce à leurs deux leaders successifs, Tom Johnston et Michael McDonald, ils ont multiplié les succès comme "Long train runnin'", "Listen to the music", "What a fool believes" ou "Minute by minute". Séparés en 1982, reformés en 1989, les Doobies continuent d'enregistrer et de tourner. Leur carrière est racontée dans un film qui vient de paraître en DVD et en Blu-Ray, "Let the music play – The story of the Doobie Brothers". A cette occasion, Tom Johnston, Pat Simmons, Michael McDonald et John McFee évoquent au micro de Saga quelques pages de l'histoire musicale qu'ils ont écrite ensemble.

the doobie brothers
the doobie brothers


LA SAGA DES DOOBIE BROTHERS DANS SON INTÉGRALITÉ

"Eyes of silver" (CD "What were once vices are now habits")

Paru en DVD et en Blu-Ray il y a tout juste un mois, "LET THE MUSIC  PLAY – THE STORY OF THE DOOBIE BROTHERS" est un film qui raconte plus de quatre décennies de création musicale. C'est l'histoire officielle des Doobies, racontée depuis leurs débuts en Californie en 1970 et à travers toutes les péripéties qu'ils ont connues. Le tout est illustré par des interviews de ceux qui ont participé à l'aventure : les musiciens Tom Johnston, Pat Simmons, Jeff Baxter, John McFee, Michael McDonald, ainsi que leur manager Bruce Cohn et leur producteur Ted Templeman. En bonus, "Let the music play" propose neuf titres "live", parmi lesquels "Rainy day crossroad blues".

"Rainy day crossroad blues" (CD "Live at Wolf Trap")

L'histoire des Doobie Brothers commence en 1970 lorsque le batteur John Hartman débarque à San José, près de San Francisco, pour participer à la reformation du groupe psychédélique Moby Grape. Le projet échoue mais Skip Spence, le batteur de Moby Grape, présente Hartman au guitariste et compositeur Tom Johnston. Avec le bassiste Greg Murphy, ils forment le trio de hard-rock Pud. Très vite, Murphy est remplacé par Dave Shogren. Fin 1970, les trois musiciens font la connaissance de Patrick Simmons, un guitariste-chanteur spécialiste de folk et de bluegrass. Ecoutons Tom Johnston.

"John Hartman et moi, on avait joué avec Skip Spence et avec celui qui allait devenir le bassiste des Doobies, Dave Shogren, à Campbell, en Californie, au Gaslighter Theatre. Pat Simmons était à la même affiche et il jouait avec un musicien qui s'appelait je crois Peter Grant. Je ne sais plus qui a joué en premier. Je crois que c'est eux. Quoi qu'il en soit, on a finit par discuter et puis on s'est retrouvés pour jammer ensemble quelque part dans la 12ème Rue à San José, qui était l'endroit où se rencontraient tous les musiciens à l'époque."

A son tour, Pat Simmons évoque cette rencontre qui allait amener la formation des Doobie Brothers.

"J'ai rencontré Tom Johnston par hasard, dans un club à San José où on jouait tous les deux. Plus tard, il m'avait donné son adresse et je suis allé chez lui. J'avais apporté ma guitare acoustique. Tom avait la sienne. Nous nous sommes installés dans la cour, assis sur des chaises et on a commencé à jouer quelques accords. On a chanté, John Hartman jouait des congas qu'il venait d'acheter. C'est comme ça que nous avons commencé, en jammant dans l'arrière-cour."

"Pursuit on 53rd Street" (CD "What were once vices are now habits")

Tom Johnston, John Hartman, Dave Shogren et Pat Simmons constituent la première formation des Doobie Brothers. "Doobie" est un mort d'argot californien qui désigne une cigarette de marijuana. Pat Simmons nous raconte comment le groupe a choisi son nom.

"C'est un des colocataires de Tom Johnston qui nous a dit un jour : 'Vous fumez tellement de marijuana, que vous devriez vous appeler les Doobie Brothers, les frères Pétard.' On a pensé que c'était idiot.  Mais pour le concert qui a suivi, on se demandait quel nom on pourrait bien prendre, les Doobie Brothers ? Quelle importance. On n'avait pas de nom bien défini, alors on a pris Doobie Brothers."

Début 1971, les Doobie Brothers signent chez Warner. En avril, ils publient leur premier album. Il s'appelle tout simplement "THE DOOBIE BROTHERS" et il a été co-produit par Ted Templeman. Ted est un jeune producteur maison qui a fait partie du groupe vocal Harper’s Bizarre. Il réalisera tous les albums des Doobies jusqu’à leur séparation en 1982. Ce premier disque a peu de succès, tout comme les concerts qui suivent. Déçu, le bassiste Dave Shogren s’en va pendant l’enregistrement du deuxième album, et il est remplacé par un ami de Pat Simmons, Tiran Porter.

"Slippery St. Paul" (CD "The Doobie Brothers")

“TOULOUSE STREET” paraît en juillet 1972. Pour ce deuxième album, les Doobie Brothers se sont renforcés avec un second batteur, Michael Hossack. Leur son commence à prendre forme. L’équilibre est parfait entre les compositions “rock” de Tom Johnston et celles, plus “folk” de Pat Simmons, avec de très belles parties vocales proches du gospel. “Listen to the music” est N°11 aux Etats-Unis et l’album se vend à plus de cinq cent mille exemplaires.

"Listen to the music" (CD "Toulouse Street")

“Toulouse Street” donne un second succès aux Doobie Brothers, la reprise du traditionnel “Jesus is just alright”, déjà remis au goût du jour par les Byrds. Sur ce titre, les deux guitares de Tom Johnston et de Pat Simmons, soutenues par la lourde rythmique de la double batterie, font immédiatement penser aux Allman Brothers. Mais les Doobies sont plus éclectiques, leur musique est plus variée, en tous cas moins marquée par le blues.

"Jesus is just alright" (CD "Toulouse Street")

En mars 1973, les Doobie Brothers publient “THE CAPTAIN AND ME”, dont le titre fait référence au musicien psychédélique Captain Beefheart. C’est leur premier disque de platine, grâce au succès du single “Long train runnin”, une composition de Tom Johnston qui va s'imposer comme un des grands classiques des années 70.

"Long train runnin'" (CD "The Captain and me)

Les Doobie Brothers sont devenus une véritable machine de scène, et si la critique reste partagée à leur égard, les spectateurs sont enthousiastes. En tournée en Angleterre, le groupe se présente avec un nouveau batteur, Keith Knudsen. Il remplace Michael Hossack, qui est parti former le groupe Bonaroo.
L'album "WHAT WERE ONCE VICES ARE NOW HABITS" paraît en février 1974. On y retrouve le même assortiment de rocks originaux, de ballades country-folk, et de morceaux d’inspiration “soul” teintés de cuivres. Mais on y remarque aussi une certaine évolution de leur musique. L’album se classe N°4 aux Etats-Unis, malgré l’absence d'un véritable titre phare de l'envergure de "Long train runnin'".

"Another park, another sunday" (CD "What were once vices are now habits")

“Another park, another sunday” parvient à se classer dans le Top 40 américain, mais il se contente d'une modeste trente-deuxième place. Trois autres singles seront extraits de l'album "What were once vices are now habits". Le dernier, “Black water”, est une composition de Pat Simmons qui figurait à l’origine en face B de “Another park, another sunday”. C’est un titre difficile qu’on publie sans trop y croire. Le début de la chanson est acoustique, la batterie n’arrive qu’au bout d'une bonne minute, et la fin est chantée a capella. En somme, c’est un bon morceau d’album qui n’a rien pour faire un tube. Pourtant, déjouant tous les pronostics, “Black water” est N°1 aux Etats-Unis le 15 mars 1975.

"Black water" (CD "What were once vices are now habits")

En 1973, les Doobie Brothers avaient tourné avec Steely Dan et ils avaient sympathisé avec leur guitariste, Jeff Baxter. Ils l'avaient d'ailleurs invité à participer à plusieurs séances d'enregistrement. En avril 1975, lorsque paraît l'album “STAMPEDE”, Jeff Baxter est définitivement intégré au groupe qui compte désormais trois guitaristes. L’album se classe N°4 aux Etats-Unis et leur apporte deux nouveaux succès, “Sweet Maxine” et “Take me in your arms”, la reprise d'un classique du répertoire Tamla Motown qui avait été créé par Kim Weston en 1965.

"Take me in your arms (rock me)" (CD "Stampede")

Pendant la tournée de promotion de l'album "Stampede", Tom Johnston tombe brusquement malade. Ecoutons Bruce Cohn, le manager des Doobies, puis Pat Simmons.

"Tom n'avait pas pu jouer. Il était tellement malade qu'il n'avait pas pu monter sur scène. Il avait déjà eu des problèmes avant, mais jamais au point de ne pas pouvoir jouer.
- Quand Tom Johnston a quitté le groupe, début 1976, et avant que Michael McDonald ne nous rejoigne, on a tous vécu un moment difficile. On se demandait où on allait et on ne savait pas du tout ce qu'allait devenir notre carrière, ni si on pourrait relever le défi."

"Wheels of fortune" (CD "Takin' it to the streets")

La tournée de promotion de l'album "Stampede" doit se poursuivre. Sur les conseils de Jeff Baxter, les Doobie Brothers font alors appel au clavier et chanteur Michael McDonald, un autre membre de Steely Dan menacé de chômage après la décision prise par Walter Becker et Donald Fagen d’arrêter les concerts. Après quarante-huit heures de répétitions intensives, Michael McDonald prend la place de Tom Johnston. Malgré son manque de préparation, il parvient à faire oublier l’absence du leader effectif des Doobies, et la tournée ira jusqu'à son terme sans aucun problème. Ecoutons Michael McDonald, puis Bruce Cohn, le manager des Doobies.

"Un jour, Jeff Baxter m'a appelé pour me dire que Tom Johnston avait quitté les Doobie Brothers, qu'ils étaient en pleine tournée et qu'ils cherchaient un musicien en renfort, non pas quelqu'un pour remplacer Tom, mais quelqu'un qui pourrait faire les chœurs, car c'est Pat Simmons qui assurait les parties chantées.
- On a donc continué comme ça. Pat était le lead-singer, Michael faisait les chœurs, et on a fini la tournée comme ça."

Tom Johnston tardant à revenir, Michael McDonald reste avec les Doobie Brothers, où il impose sa marque dès le premier album auquel il participe, “TAKIN’ IT TO THE STREETS”, en mars 1976. Michael McDonald signe les deux singles qui en sont extraits, “It keeps you runnin” et “Takin’ it to the streets”. Et il les chante de sa voix chaude, spectaculaire, dont le registre paraît illimité, une des plus belles voix du rock. Même Tom Johnston salue son talent.

"Michael s'est installé, avec cette voix extraordinaire et ses compositions complètement différentes, et c'est là que le groupe a changé de direction."

"Takin' it to the streets" (CD "Takin' it to the streets")

Michael McDonald vient d'apposer sa marque sur la musique des Doobie Brothers. Les harmonies vocales sont toujours là, mais la couleur est différente. Les chansons sont plus sophistiquées, plus jazzy, et les claviers prennent une place beaucoup plus importante, au détriment des guitares jusque-là omniprésentes. Pour les nostalgiques des débuts du groupe, il reste un “BEST OF DOOBIES" paru en novembre 76, mais cette époque est révolue et Tom Johnston le sait.
Sur “Takin’ it to the streets”, il avait encore signé un morceau. Sur l'album suivant, “LIVIN’ ON THE FAULT LINE”, qui paraît en août 77, sa participation est réduite à une simple photo sur la pochette intérieure. Se sentant inutile, il a quitté le groupe quelques mois auparavant. Avec “Livin’ on the fault line”, les Doobie Brothers marquent le pas. L’album ne contient aucun succès marquant et le seul titre qui perce timidement dans le hit-parade n’est pas une composition originale, mais une reprise de Marvin Gaye, “Little darling (I need you)”.

"Little darling (I need you)" (CD "Livin' on the fault line")

DEUXIÈME PARTIE

"Rockin' down the highway" (CD "Toulouse Street")

Nous sommes en 1978 et les Doobie Brothers ont désormais un nouveau leader, Michael McDonald. Ecarté pour raisons de santé, Tom Johnston a préféré quitter le groupe et entamer une carrière solo qui commencera en septembre 79 avec  "EVERYTHING YOU'VE HEARD IS TRUE", un album tout à fait caractéristique de son style.
De leur côté, les Doobie Brothers continuent leur chemin. En décembre 1978, l'album “MINUTE BY MINUTE” leur apporte leur plus important succès commercial. Le 14 avril 1979, “What a fool believes”, atteint le sommet des charts aux Etats-Unis. C'est un titre qui a été cosigné par Michael McDonald et Kenny Loggins.

"What a fool believes" (CD "Minute by minute")

Dans la foulée de "What a fool believes", l’album "Minute by minute" est à son tour N°1. Michael McDonald est désormais une superstar et l’on ne voit plus que lui. Les autres musiciens des Doobies se sentent injustement éclipsés, car ils continuent à jouer un rôle très important dans le groupe. C'est le cas notamment de Pat Simmons, qui est auteur, co-auteur et chanteur de la moitié des titres de l’album.
C’est peut-être dans cette frustration qu’il faut chercher une explication aux départs conjugués de Jeff Baxter et de John Hartman en mars 1979. John s'occupera d'un élevage de chevaux avant de revenir brièvement dans le groupe à la fin des années 80. Le cas de Jeff Baxter est plus étonnant. Tout en continuant un travail de musicien de studio, le guitariste à l'épaisse moustache est aujourd'hui un expert reconnu en défense antimissile et à ce titre, il est devenu consultant auprès du ministère de la Défense et du Congrès américains.

"Minute by minute" (CD "Minute by minute")
 
Lors de la cérémonie des Grammy Awards en 1979, les Doobie Brothers sont récompensés quatre fois : “chanson de l’année” et “meilleur arrangement vocal” pour “What a fool believes” ; “meilleure performance vocale pop” pour “Minute by minute” ; l'album étant désigné "disque de l'année".
Les Doobies continuent leur route avec trois nouveaux musiciens : le batteur de sessions Chet McCracken, le saxophoniste Cornelius Bumpus et le guitariste John McFee, un ancien partenaire de Huey Lewis au sein de Clover. Ecoutons John McFee.

"Ma rencontre avec les Doobies s'est faite par une voie un peu détournée. Comme je jouais beaucoup dans la baie de San Francisco, je connaissais depuis longtemps le batteur Keith Knudsen. Il a souvent joué avec mon groupe, Clover. C'est donc Keith que j'ai connu en premier. Quand je suis arrivé dans les Doobies, ils étaient en plein succès avec "Minute by minute". C'était quelque chose d'incroyable. Le disque grimpait dans les charts et il a été N°1. C'est là que je les ai rejoints."

Si on fait le compte, les Doobie Brothers sont désormais sept, et même huit avec leur ami, le roadie et percussionniste Bobby LaKind qui les accompagne discrètement sur disque et sur scène depuis 1976.

"Here to love you" (CD "Minute by minute")

Les Doobie Brothers nouvelle formule font leur première apparition sur “NO NUKES” en septembre 1979, puis sur le disque de charité “IN HARMONY” l'année suivante. Un nouvel album, “ONE STEP CLOSER”, paraît en octobre 1980. C'est un disque très démocratique où presque tous les morceaux sont le résultat de collaborations entre les différents musiciens. Pour sa part, Michael McDonald n’a signé individuellement qu’un seul titre, peut-être pour faire taire ceux qui l'accusent de s'être accaparé le groupe. Quoi qu’il en soit, les Doobie Brothers semblent s'essouffler, leur créativité stagne et des rumeurs de séparation commencent à circuler. Malgré tout, le single "Real love" se classe N°5 aux Etats-Unis.

"Real love" (CD "One step closer")

Le “BEST OF DOOBIES, VOLUME 2” paraît fin 1981 et précède de peu l’annonce de la séparation du groupe. C'est une séparation sans surprise mais surtout sans rancœur, puisqu’une tournée d’adieux en Californie est même programmée pour l’été, comme le rappelle Pat Simmons.

"Nous avons discuté et nous avons décidé que, puisque nous arrêtions, il fallait que nous organisions une tournée pour en informer le public et pour partir en beauté."

La dernière tournée des Doobies donnera le double album souvenir “FAREWELL TOUR”, qui paraît en juin 1983. Michael McDonald fait le bilan de son aventure avec le groupe. 

"On m'avait appelé pour remplacer Tom Johnston momentanément, et je suis resté à peu près huit ans avec le groupe. Mais on a toujours interprété les chansons de Tom et lui-même est revenu dans le groupe par la suite. C'est un talent prodigieux et une véritable présence. Quand il n'était pas là, il y avait un vrai manque. Mais on a toujours joué ses compositions et le public a toujours adoré 'Long train runnin'', 'Listen to the music', tous les titres de Tom que l'on jouait. Y apporter du nouveau matériel a été intéressant, parce que ça nous a amené un nouveau public. Tout a été très positif pendant longtemps. Jusqu'au moment où le groupe a commencé à se désagréger. Nous ne savions plus trop où nous allions. On se sentait un peu perdus. Je crois que ça arrive à beaucoup de groupes. On atteint un point où on n'est plus aussi productif qu'on le voudrait. Quand Pat Simmons est parti, il était quasiment le dernier du groupe original. On s'est alors dit que ça n'avait plus de sens de continuer en tant que Doobie Brothers, parce qu'à ce moment-là, nous n'étions plus les Doobie Brothers. Notre évolution n'avait plus rien à voir avec l'idée de départ du groupe. Et on trouvait que c'était devenu un petit peu bizarre de se présenter devant le public en faisant semblant d'être les Doobie Brothers. Alors, on s'est séparés et c'était mieux que chacun puisse aller dans sa propre direction."

Keith Knudsen et John McFee forment alors le groupe de country rock Southern Pacific. Pat Simmons réalise “ARCADE”, un album cent pour cent californien d’où émerge le single “So wrong”, qui rencontre un joli succès. Quant à Michael McDonald, il poursuit depuis cette époque un parcours quasi sans faute ponctué de nombreux disques de platine.

"It keeps you running" (CD "Takin' it to the streets")

Depuis 1975, les Doobie Brothers ont pris l'habitude de donner chaque année un concert de charité en faveur de l’hôpital pour enfants de l’université de Stanford, à Palo Alto, pas très loin de la ville de San José où leur aventure avait débuté. Cette tradition se perpétue après la séparation du groupe, si bien que les musiciens ne se perdent pas de vue. Finalement, en 1987, sous l’impulsion de Keith Knudsen, les anciens Doobies décident de reformer provisoirement le groupe pour une tournée de onze villes. Malheureusement, l'emploi du temps de Michael McDonald ne lui permet pas d'y participer. Le succès populaire de cette tournée est déterminant pour la suite de l'histoire, comme le rappelle le manager des Doobies, Bruce Cohn.

"C'est cette tournée de 1987 qui a marqué le début de la reformation du groupe, qui allait recommencer à enregistrer et à tourner."

Dans un premier temps, les Doobie Brothers décident de retourner en studio. Ils signent chez Capitol qui publie leur nouvel album, “CYCLES”, en juillet 1989. Ce retour est salué par une 17ème place au hit-parade américain, alors que le single “The doctor” se classe N°9. Pour cet album, le groupe est articulé autour de trois de ses membres fondateurs : Tom Johnston, Pat Simmons et John Hartman. C’est donc les Doobie Brothers première manière que l’on entend ici, mais Michael McDonald n’est pas très loin, puisqu’il a co-signé un titre avec le percussionniste Bobby LaKind.

"The doctor" (CD "Cycles")

Un nouvel album, “BROTHERHOOD”, paraît en avril 1991, mais il ne rencontre guère de succès. Il faut dire que les Doobies se sont peu investis dans le disque, du moins en ce qui concerne les compositions. A partir de cette époque, le groupe cesse d’enregistrer, mais il tourne chaque année, principalement pour soutenir de bonnes causes. En octobre 1992, ce sont tous les membres des Doobie Brothers, présents ou passés, qui se réunissent pour deux concerts destinés à recueillir des fonds pour les enfants de leur percussionniste et ami Bobby LaKind, qui est atteint d’un cancer en phase terminale. Il mourra la veille de Noël.
En mai 1993, “LISTEN TO THE MUSIC - THE VERY BEST OF THE DOOBIE BROTHERS”, est une compilation qui regroupe la quasi-totalité des deux “Best of” parus précédemment. On y trouve dix-huit titres, rien que des tubes.

"You belong to me" (CD "Livin' on the fault line")

Le 27 mars 1995, les Doobie Brothers sont au Zénith, à Paris, où on ne les avait pas vus depuis vingt ans. Quelques semaines plus tard, Tom Johnston, Pat Simmons et Michael McDonald se retrouvent et partagent les vocaux lors d’une tournée américaine exceptionnelle avec Steve Miller. En 1996, les Doobie Brothers fêtent leurs vingt-cinq années d’existence par une série de concerts de charité en faveur d’une organisation de protection de la nature et de l’environnement, la Wildlife Conservation Society. Ce vingt-cinquième anniversaire trouve son prolongement dans le double album “live” “ROCKIN’ DOWN THE HIGHWAY - THE WILDLIFE CONCERT”, qui paraît en septembre 1996.
Après la sortie du coffret  de quatre CDs "LONG TRAIN RUNNIN'", en septembre 1999, les Doobies réapparaissent en octobre 2000 avec un nouvel album studio, "SIBLING RIVALRY". C'est le premier depuis "Brotherhood" en 1991. Le groupe est alors composé de Tom Johnston, Pat Simmons, Keith Knudsen, Mike Hossack et John McFee.

"Ordinary man" (CD "Sibling Rivalry")

En octobre 2004, les Doobie Brothers proposent leur troisième album public, "LIVE AT WOLF TRAP". Il a été enregistré en Virginie, dans le cadre du Wolf Trap National Park for the Performing Arts. On y retrouve tous les succès des débuts du groupe, ainsi que plusieurs extraits de leurs derniers albums, mais toute l'époque Michael McDonald a été volontairement occultée. "Live at Wolf Trap" est le dernier album auquel aura participé le batteur Keith Knudsen. Il mourra le 8 février 2005, des suites d'une pneumonie chronique.

"China grove" (CD "Live at Wolf Trap")

"WORLD GONE CRAZY" paraît en septembre 2010. C'est le premier album studio des Doobie Brothers depuis "Sibling rivalry", qui était sorti dix ans plus tôt. Pour l'occasion, ils ont retrouvé le producteur Ted Templeman, celui qui avait réalisé leurs neuf premiers albums et avec qui ils n'avaient plus travaillé depuis trente ans. C'est lui qui les a aidés à mettre de l'ordre dans leurs idées, comme l'explique le guitariste John McFee.

"Pour la réalisation de notre dernier album, 'World gone crazy', tout s'est mis en place avec l'arrivée du producteur Ted Templeman. Lorsque Ted a été là, il nous a aidés à trouver et à choisir les chansons. C'est lui qui nous a poussés vers l'avant, c'est lui qui a donné le mouvement à ce projet. Et ce que j'ai surtout apprécié, c'est les moments de liberté qu'il nous a donnés, comme par exemple, là je crois que c'était dans mon studio, avec l'ingénieur du son Ross Hogarth, on a discuté avec Pat de cette chanson qui ne faisait pas encore partie du projet et qu'il avait écrite avec Willie Nelson."

La chanson écrite par Willie Nelson et Pat Simmons s'appelle "I know we won". Pat évoque le message et l'importance de ce titre qui a d'ailleurs été enregistré avec la participation du grand chanteur country.

"Dans la chanson, on dit : 'Si la vie n'était qu'un jeu, je sais qu'on a gagné.' Ça reflète la philosophie de la vie de Willie Nelson et la mienne aussi. La vie est un cadeau : si on le garde précieusement et si on en prend soin, il prend toute sa valeur."

"World gone crazy" marque une sorte de nouveau départ pour les Doobie Brothers, puisque Ted Templeman leur a demandé de réenregistrer leur premier single, "Nobody", qui était paru en avril 1971. Ted Templeman, qui était déjà leur producteur à cette époque, n'était pas satisfait de la première version où la section rythmique n'était pas mise en valeur. Il a également ajouté une intro qui n'existait pas sur l'original.

"Nobody" ("World gone crazy")

Le 12 mars 2012, on apprend la mort du batteur Mike Hossack. C'est le cinquième musicien des Doobie Brothers qui disparaît, après le percussionniste Bobby LaKind en 1992, le bassiste Dave Shogren en 1999, le saxophoniste Cornelius Bumpus en 2004 et le batteur Keith Knudsen l'année suivante.
Tous ces personnages, on les retrouve dans "LET THE MUSIC PLAY – THE STORY OF THE DOOBIE BROTHERS", un documentaire qui est paru en DVD et en Blu-Ray le 13 novembre dernier. C'est la biographie filmée officielle du groupe, commentée par les principaux protagonistes de cette longue histoire et illustrée de neuf titres enregistrés en public.
Les Doobie Brothers sont actuellement en tournée en Amérique du Nord jusqu'en mai prochain. Les trois membres historiques - Tom Johnston, Pat Simmons et John McFee - sont épaulés par le clavier Guy Allison, le bassiste John Cowan, le saxophoniste Marc Russo et les deux batteurs Ed Toth et Tony Pia.

"Without you" (CD "The Captain and me")

DISCOGRAPHIE :

-    "THE DOOBIE BROTHERS" (album – 1971)
-    "TOULOUSE STREET" (album – 1972)
-    "THE CAPTAIN AND ME" (album – 1973)
-    "WHAT WERE ONCE VICES ARE NOW HABITS" (album – 1974)
-    "STAMPEDE" (album – 1975)
-    "TAKIN' IT TO THE STREETS" (album – 1976
-    "BEST OF THE DOOBIES, VOLUME 1" (compilation –  1976)
-    "LIVIN' ON THE FAULT LINE" (album – 1977)
-    "MINUTE BY MINUTE" (album – 1978)
-    "ONE STEP CLOSER" (album – 1980)
-    "BEST OF THE DOOBIES, VOLUME 2" (compilation – 1981)
-    "FAREWELL TOUR" (live album – 1983)
-    "CYCLES" (album – 1989)
-    "BROTHERHOOD" (album – 1991)
-    "LISTEN TO THE MUSIC – THE VERY BEST OF THE DOOBIE BROTHERS" (compilation – 1993)
-    "ROCKIN' DOWN THE HIGHWAY / THE WILDLIFE CONCERT" (live album – 1996)
-    "LONG TRAIN RUNNIN'" (coffret – 1999)
-    "SIBLING RIVALRY" (album – 2000)
-    "LIVE AT WOLF TRAP" (live album – 2004)
-    "WORLD GONE CRAZY" (album – 2010)
-    "LIVE AT THE GREEK THEATRE, 1982" (live album - 2011)
-    "LET THE MUSIC PLAY – THE STORY OF THE DOOBIE BROTHERS" (DVD – 2012)









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Les Doobie Brothers ont fait partie des groupes américains les plus populaires des années 70. Grâce à leurs deux leaders successifs, Tom Johnston et Michael McDonald, ils ont multiplié les succès comme "Long train runnin'", "Listen to the music", "What a fool believes" ou "Minute by minute". Séparés en 1982, reformés en 1989, les Doobies continuent d'enregistrer et de tourner. Leur carrière est racontée dans un film qui vient de paraître en DVD et en Blu-Ray, "Let the music play – The story of the Doobie Brothers". A cette occasion, Tom Johnston, Pat Simmons, Michael McDonald et John McFee évoquent au micro de Saga quelques pages de l'histoire musicale qu'ils ont écrite ensemble.
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2012-12-28 08:01:00
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