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La Saga de Supertramp


La première Saga de la nouvelle saison 2012/2013 est consacrée à Supertramp à l'occasion de la parution du DVD "Live in Paris '79". De "Dreamer" à "Breakfast in America", en passant par "Give a little bit" et "The logical song", les plus grands succès de Supertramp sont nés de l'association de Roger Hodgson et Rick Davies. Le départ de Roger en 1983 avait fait perdre au groupe un peu de sa magie, pourtant sa musique est toujours plébiscitée par un large public. Enregistré au Pavillon de Paris en décembre 1979, "Live in Paris '79" est un événement, car c'est la première fois qu'un concert de Supertramp dans sa composition légendaire est disponible en vidéo.

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LA SAGA DE SUPERTRAMP DANS SON INTÉGRALITÉ

"Breakfast in America" (CD "Paris")

Témoignage unique d'une époque exceptionnelle, "LIVE IN PARIS '79" est le premier DVD "live" de Supertramp. Il présente le groupe dans sa formation originale, c'est-à-dire avec Roger Hodgson, Richard Davies, Dougie Thomson, Bob Siebenberg et John Anthony Helliwell. Il a été réalisé à partir de deux des quatre concerts qui s'étaient déroulés au Pavillon de Paris fin novembre et début décembre 1979, et qui avaient donné le double album "PARIS", qui était paru en septembre 1980. Les bandes son et les images originales ont été retrouvées dans les archives du batteur Bob Siebenberg. Les images, qui avaient été tournées à l'époque en 16 mm, ont été numérisées. Le son original a été remixé par Peter Henderson et par l'ingénieur du son attitré de Supertramp, Russel Pope.

"Take the long way home" (CD "Paris")

L'histoire de Supertramp a commencé à Londres, au début de l'année 1970. C'est par une petite annonce passée dans le "Melody Maker" que Richard Davies, l'ancien chanteur et clavier du groupe The Joint, rencontre le multi-instrumentiste Roger Hodgson. Le nom du groupe leur a été inspiré par le titre du livre de W.H. Davies, "The autobiography of a supertramp", l'autobiographie d’un super-clochard.
Grâce au soutien d'un jeune milliardaire hollandais qui devient leur mécène, ils signent chez A&M. En juillet 1970, ils publient un premier album qui porte tout simplement leur nom : "SUPERTRAMP". Un an plus tard, ils proposent "INDELIBLY STAMPED", dont la pochette représente une poitrine féminine tatouée. Ces deux disques sont des échecs commerciaux, mais ils sont tout de même intéressants, car ils laissent deviner le potentiel créatif de Rick Davies et Roger Hodgson. Outre ces deux musiciens, le groupe comprend alors Frank Farrell à la basse, Dave Winthrop au saxophone et Kevin Currie à la batterie.

"Bloody well right" (CD "Crime of the century")

Après l'échec de ses deux premiers albums, Supertramp tente de survivre tant bien que mal. A Paris, leur premier concert n'attire que quatorze spectateurs payants ! Ils s’embarquent ensuite pour une tournée en Norvège, une tournée si catastrophique qu’elle débouche sur la séparation du groupe.
Leur mécène ayant fini par renoncer, Rick Davies et Roger Hodgson se retrouvent seuls. Ils décident alors de reformer Supertramp, cette fois sur des bases plus solides. Au cours de l'été 73, ils recrutent trois musiciens qui ont déjà une certaine expérience : le bassiste Dougie Thomson, le batteur californien Bob Siebenberg et le très talentueux et médiatique saxophoniste John Anthony Helliwell.
Le groupe se retire dans un cottage du Somerset pour répéter et mettre au point de nouvelles compositions. Après une longue période de préparation et  d’enregistrement, “CRIME OF THE CENTURY” consacre la renaissance de Supertramp. L’album paraît en septembre 1974 et connaît une réussite aussi immédiate qu’inattendue. En Angleterre, il se classe N°4, et le single “Dreamer” entre dans le Top 20.

"Dreamer" (CD "Crime of the century")

Dès le départ, Rick Davies et Roger Hodgson s'imposent comme le duo créatif de Supertramp, un peu comme Lennon-McCartney dans les Beatles ou Jagger-Richards dans les Rolling Stones. Et comme l'explique Roger Hodgson, il y a beaucoup de similitudes entre toutes ces associations d'auteurs-compositeurs.

"Je ne pense pas que je cherchais quelqu'un d'autre. Il se trouve que dans beaucoup de groupes, il faut deux forces. C'est souvent comme ça, parce que, lorsque l'on a deux forces, on a une dynamique, je dirais presque une situation de concurrence, de compétition l'un envers l'autre. On cherche toujours à faire ressortir des choses ce qu'il y a de mieux, et dans Supertramp, nous avions Rick et moi un peu la même dynamique que Lennon et McCartney. Lennon et McCartney composaient ensemble, et puis après, de manière séparée."

Supertramp tournent intensivement outre-Atlantique. Ils proposent alors ce que la critique appelle “le plus beau spectacle son et lumière du rock”. Pour plus de commodité, le groupe s’installe alors à Los Angeles où il met la dernière touche à son nouvel album, “CRISIS, WHAT CRISIS ?”, qui paraît en novembre 75. Tous les éléments caractéristiques de la réussite commerciale et artistique de Supertramp sont au point. Il leur manque toutefois un tube qui pourrait les mettre définitivement sur orbite.

"Lady" (CD "Crisis, what crisis?")

La réussite arrive finalement avec le titre "Give a little bit", qui permet à Supertramp d'accéder aux hit-parades du monde entier. "Give a little bit" est un extrait de l'album “EVEN IN THE QUIETEST MOMENTS”, qui paraît en avril 1977. Bien que co-signé par Rick Davies, c'est un titre que Roger Hodgson a écrit seul. Les deux auteurs-compositeurs avaient d'ailleurs adopté cette façon de faire depuis déjà quelque temps, comme l'explique Roger.

"Alors, en fait, Rick et moi, à partir de 'Indelibly stamped', on a commencé à travailler séparément, Rick et moi. Je faisais la partie arrangements. Ça, ça m'a collé à la peau. Donc je travaillais bien évidemment avec lui, mais je faisais la partie arrangements. Et lui avait des idées très intéressantes sur mes chansons à moi. Donc, voilà, c'était vraiment un travail à deux. Alors, on composait, on écrivait séparément. Mon travail d'écriture consistait à avoir une idée assez claire de ce que j'allais faire sur une cassette. C'est-à-dire que je préparais une version avant de la faire écouter au reste du groupe. J'avais les arrangements dans ma tête. Tout était là et donc je mettais ça sur une cassette avant de le faire écouter aux autres, avant de jouer, pour bien montrer ce que je voulais faire. C'est un peu comme un peintre qui va composer son tableau avant de le montrer au public."

"Give a little bit" (CD "Even in the quietest moments")

Au terme d'une lente ascension vers le succès, Supertramp touche enfin au but avec son cinquième album, "Even in the quietest moments". Roger Hodgson a pris un léger ascendant sur Rick Davies. C’est lui en effet qui a composé et qui chante les mélodies les plus accrocheuses de sa voix haut-perchée. C’est lui aussi que l'on entend sur "Fool's overture", le morceau de bravoure de l’album.
Pourtant, Roger Hodgson n’est pas Supertramp à lui tout seul. Le groupe est composé de cinq fortes personnalités musicales, un ensemble qu’on aurait tort de morceler, comme l’avenir le montrera. Hélas, John Helliwell le confirme, les germes de cette séparation sont apparus très tôt dans l'histoire du groupe.

"Il était essentiel pour sa survie que Supertramp possède de telles individualités,  car déjà à l’époque Roger voulait s’en aller. Au moment où nous répétions 'Crime of the century', il était décidé à partir aux Indes, comme ça, sans raison, et nous passions notre temps à le persuader de rester. Et ça a duré durant toutes les années 70, jusqu’en 83, où il l’a fait pour de bon. Au fond, c’est ce qu’il voulait depuis toujours et on avait beau lui dire 'Pourquoi partir ? Tu es dans un bon groupe', il était décidé."

Dès sa sortie en 1977, "Fool's overture" prend une place importante dans les concerts de Supertramp : c'est le dernier titre qu'ils interprètent avant les rappels. Roger Hodgson l'a conçu comme un collage pour illustrer les leçons que l'on doit tirer des grands événements historiques. Différents thèmes musicaux se succèdent, on y entend le fameux "We shall never surrender" ("Nous ne nous rendrons jamais") que Winston Churchill avait prononcé le 4 juin 1940. On y parle aussi de Jésus entre des explosions de bombes, des rumeurs de foule, des sons de cloches et des sirènes de police.

"Fool's overture" (CD "Even in the quietest moments")

Supertramp entame une longue tournée américaine, alors que “Crime of the century” et “Even in the quietest moments” sont certifiés disques d’or. Tout le monde retourne ensuite à Los Angeles pour tenter de faire encore mieux. Ce sera chose faite avec “BREAKFAST IN AMERICA”, en mars 1979. “Breakfast in America” est un concept-album qui puise son sujet dans l’aventure même de Supertramp, un groupe anglais qui s'est installé en Californie. Il se classe N°1 aux Etats-Unis, N°3 en Angleterre. Tous pays confondus, "Breakfast in America" se vend à seize millions d'exemplaires. “The logical song” est sur toutes les lèvres. Là encore, c'est un titre qui a été écrit par Roger Hodgson.

"J'ai composé la plupart des titres seul. D'ailleurs, beaucoup de titres ont été composés avant que je ne rencontre Rick : 'Dreamer', 'Take the long way home', 'The logical song', 'Babaji', 'Breakfast in America', tous ces titres, je les ai composés au domicile de ma mère, seul donc. Et en fait leur enregistrement s'est effectué de nombreuses années plus tard. Un titre, c'est 'School', sur lequel Rick et moi avons travaillé là cette fois-ci ensemble. Donc, de manière générale, nous travaillions de manière séparée. En ce qui me concerne, d'ailleurs je pense que pour lui c'était pareil, on avait besoin d'être seul, et moi j'avais besoin d'être seul pour être inspiré."

"The logical song" (CD "Breakfast in America")

La tournée qui accompagne la sortie de "Breakfast in America" est particulièrement spectaculaire. C'est une véritable débauche de technologie et d’effets spéciaux. Sur scène, c’est le saxophoniste John Helliwell qui mène le jeu. Dans son rôle de Monsieur Loyal, il fait un véritable triomphe au Pavillon de Paris, où Supertramp se produit quatre soirs de suite fin novembre et début décembre 79.
L’enregistrement de ces concerts donne le double album “PARIS”, qui sort en septembre 1980. Aujourd'hui, grâce à Eagle Vision, les images de deux de ces concerts sont enfin disponibles en DVD et en Blu-Ray sous le titre "LIVE IN PARIS, '79". On notera une différence entre les deux pochettes : celle de l'album est illustrée par une vue de l'Arc de Triomphe, alors que celle du DVD représente la Tour Eiffel. “Paris”, c’est un peu le couronnement de l’histoire d’amour qui unit Supertramp au public français, un public bien particulier pour John Helliwell.

"Chaque public est différent. Lorsque tu tournes aux Etats-Unis, tu es frappé par le fait que dans un pays aussi gigantesque, tous les publics se ressemblent, quelle que soit la ville, Côte Est ou Côte Ouest. En Europe, chaque public a son caractère propre. En Allemagne par exemple, les gens font tous la même chose au même moment, que ce soit taper dans les mains ou frapper du pied. Les Espagnols, comme les Italiens, chantent avec toi et sont très joyeux. Les Français leur ressemblent en partie mais ils sont un peu fous. C’est d’ailleurs pour ça qu’on doit leur plaire. Comment dis-tu ça en français ? Petits fous, c’est ça ? Ils sont un peu timbrés. Et ils sont difficiles à contenir. Tu sais, quand dans une théière l’eau commence à bouillir, quand la pression monte, tu essayes de maintenir le couvercle, mais il n’y a plus moyen. Les Français sont comme ça : avec eux, le couvercle a tendance à sauter. Et je les adore."

"School" (CD "Paris")

DEUXIÈME PARTIE

"Goodbye stranger" (CD "Breakfast in America")

"Breakfast in America" vient de consacrer définitivement Supertramp. Auréolés de multiples disques d’or et de platine, les membres du groupe se retirent en Californie, chacun chez soi : Rick Davies et Bob Siebenberg dans la vallée de San Fernando, Doug Thomson sur son bateau ancré à Marina Del Rey, John Helliwell à Topanga Canyon et Roger Hodgson dans les collines de Californie du Nord.
Lorsqu’ils finissent par se retrouver pour la préparation d'un nouvel enregistrement, tout se complique, car ni Roger ni Rick ne veulent quitter leur propre studio. Finalement, on trouve un compromis : les répétitions ont  lieu chez Rick Davies à Los Angeles, et l’enregistrement chez Roger Hodgson, à Nevada City. Le désaccord entre les deux forces créatrices de Supertramp semble désormais irréversible. L’album qui paraît en octobre 1982, “FAMOUS LAST WORDS”, apparaît en ce sens comme une ultime tentative de collaboration.

"It's raining again" (CD "Famous last words")

Le divorce entre les deux piliers de Supertramp est définitivement consommé en mars 1983, lorsque Roger Hodgson annonce qu’il quittera le groupe dès la fin de la tournée de promotion de l'album “Famous last words”. Roger s’explique sur les raisons de son départ.

"A mon avis, Supertramp était allé aussi loin qu’il le pouvait. Nous avions atteint le sommet avec 'Breakfast in America' et je ne voyais pas comment évoluer dans le contexte limité du groupe. Le problème principal de Supertramp était que l’esprit même du groupe avait quelque peu disparu. Si Supertramp était resté vivant, créatif, vibrant, j’en ferais encore partie. Mais pour moi, c’était devenu trop banal. Plutôt que de rester et devenir riche et gros, j’ai préféré tenter quelque chose de neuf et d’excitant. Et j’ai choisi de partir. En fait, je pense que le dernier album de Supertramp ne valait pas grand chose. Il y avait de très bonnes chansons sur 'Famous last words', mais l’album en lui-même n’était pas particulièrement réussi. Je pense qu’il était sans inspiration. C’est tout ce que je peux dire."

Roger Hodgson a donné depuis une autre explication à son départ de Supertramp. Ce sont des raisons familiales et personnelles qui l'ont poussé à prendre cette décision.

"Avec du recul, je me rends compte qu'en 1983, je me suis retrouvé sur un grand carrefour, un grand carrefour de ma vie. En privé, je me suis retrouvé tout à coup avec une famille, une famille avec deux petits enfants. Et à ce moment-là, il a fallu que je fasse une décision. Mon cœur me disait : 'Tu dois choisir. Tu dois choisir. Il faut aller d'un côté ou de l'autre.' Il faut passer, se ranger quelque part et élever les enfants ou alors on continue la vie de Supertramp avec les concerts, la route, etcetera, avec le risque – si je prenais cette deuxième option – de passer à côté de mes enfants. Il a donc fallu que je prenne cette décision – c'était une décision très difficile. C'était la bonne décision avec le recul qui a consisté à quitter Los Angeles vers le nord de la Californie, un endroit très sain dans la montagne où j'ai élevé mes enfants, où je me suis occupé de ma famille et où j'ai fondé un foyer. Et j'ai, je crois qu'on peut le dire, j'ai quitté à ce moment-là l'industrie de la musique. Même si j'ai continué à enregistrer un certain nombre d'albums solo, chez moi, j'ai vraiment abandonné l'industrie pendant une quinzaine d'années."

"My kind of lady" (CD "Famous last words")

La force et  l'efficacité de Supertramp  reposaient sur  deux éléments essentiels : Roger Hodgson et Rick Davies. A partir du moment où ces deux talents ne se conjuguent plus, on peut légitimement se poser la question de l’avenir du groupe. Au milieu de cette période d’incertitude, le batteur Bob Siebenberg publie son album “GIANTS IN OUR OWN ROOM”. Mais c’est Roger Hodgson qui concentre toutes les attentions avec la sortie de son premier album solo, "IN THE EYE OF THE STORM", en octobre 1984. Pourtant très proche du style et de l’esprit de Supertramp, il ne dépasse pas la 70ème place des charts anglais.
Les regards se tournent alors vers Rick Davies qui travaille depuis deux ans sur l'album qui doit succéder à “Famous last words”. Son projet se concrétise en mai 85 avec la parution de “BROTHER WHERE YOU BOUND”, un album aux préoccupations plus sociales, plus politisées, bref un disque sérieux.

"Cannonball" (CD "Brother where you bound")

Extrait de "Brother where you bound”, le titre que l'on vient d'entendre, “Cannonball”, a été  enregistré avec la participation du guitariste de Pink Floyd, David Gilmour. L'album se classe N°20 en Angleterre et N°21 aux Etats-Unis : on est bien loin des phénoménales réussites du passé. La sortie du disque est accompagnée par une longue tournée de promotion qui passe par l’Europe, début 1986. Lors de ces concerts, Supertramp n’interprète aucune chanson de Roger Hodgson !
Un an après la parution de la compilation "THE AUTOBIOGRAPHY OF SUPERTRAMP", le mois d'octobre 87 ramène à la fois le groupe et Roger Hodgson, mais chacun de son côté. Est-ce un hasard ou une coïncidence orchestrée par leur maison de disques commune, on ne le sait pas. Chronologiquement, c’est d'abord Roger Hodgson qui publie “HAI HAI”, son deuxième album solo. Puis, deux semaines plus tard, c'est la sortie de “FREE AS A BIRD”, le nouveau Supertramp.

"Free as a bird" (CD "Free as a bird")

Entamé début 1988, le "World Migration Tour” est immortalisé sur l'album "LIVE '88". Les chansons de Roger Hodgson figurent à nouveau au programme et sont interprétées par le clavier et guitariste Mark Hart. Il faut bien avouer qu’elles constituent une partie essentielle du répertoire de Supertramp.
Poursuivant des destins parallèles, Supertramp et Roger Hodgson s'éloignent alors de la scène musicale. Pendant plusieurs années, ils se feront très discrets. C’est finalement en 1995 que Rick Davies décide de reformer le groupe, encouragé par les ventes spectaculaires des deux compilations “THE VERY BEST OF SUPERTRAMP 1 & 2". Il reprend alors contact avec plusieurs de ses anciens compagnons, à commencer par John Helliwell, qui avait repris des études universitaires en Angleterre. John Helliwell raconte.

"Je ne voyais plus beaucoup Rick. Je lui téléphonais juste une fois par an pour lui souhaiter son anniversaire. C’est à cette occasion, en 95,  qu'il m’a appris qu’il songeait à remettre Supertramp sur pied. Il m’a demandé si j’étais partant, mais à l’époque j’avais repris des études à l’université et je préparais un examen. Plus tard, il m’a relancé et j’ai fini par dire oui. C’était si bon de se retrouver même si pour cela, je devais interrompre mon année scolaire. Ensuite, Rick a eu la bonne idée de recontacter Bob Siebenberg, puis il a cherché à savoir ce que devenait Mark, Mark Hart qui miraculeusement se retrouvait libre après la séparation de Crowded House. Tout s’emboîtait à merveille. Quant à Cliff le bassiste et Carl le guitariste, Rick avait enregistré quelques maquettes avec eux l’année précédente, et je les connaissais aussi. Et puis Rick a eu cette idée d’embaucher un cuivre et il a choisi Lee Thomburg qui jouait déjà de la trompette sur l’album 'Free as a bird'. Et enfin Tom Walsh est venu compléter le groupe aux percussions. Tout cela s’est magnifiquement agencé et il ne restait plus qu’à relancer Supertramp."

Signé par EMI France, Supertramp entre en studio à Los Angeles et enregistre douze chansons en moins de trois mois, reprenant le matériel que Rick Davies avait accumulé pour son premier album solo. Ce nouveau Supertramp, “SOME THINGS NEVER CHANGE”, paraît en mars 97.

"You win, I lose" (CD "Some things never change")

A l’image du single “You win, I lose”, on retrouve sur "Some things never change" tout ce qui faisait le charme de “Breakfast in America” ou de “Crime of the century” : la magie des claviers, la légèreté de la clarinette, la beauté des orchestrations et des mélodies, et bien sûr la voix de Rick Davies. Ecoutons justement Rick Davies nous parler de "Some things never change".

"Tu sais, faire un album, c'est toujours un défi. Nous n'avons pas eu de difficultés à réaliser celui-ci, car les musiciens et l'entourage étaient excellents. Grâce à cela, nous avons pu travailler très directement. Nous nous sommes réunis pour de brèves répétitions, puis nous avons filé au studio où nous avons enregistré tous ensemble, en groupe. C'était très sympathique. Cela m'a rappelé le bon vieux temps. Avec des musiciens de cette classe, ce fut vraiment une partie de plaisir. On a réussi à tout mettre en boîte très rapidement."

Nouvelle coïncidence : en avril 1997, un mois après "Some things never change", Roger Hodgson publie un album "live" : "RITES OF PASSAGE". Mais il semble bien qu'entre lui et son ancien groupe, les choses soient claires. Interviewé à l'époque, John Helliwell ne laissait planer aucun doute sur le sujet.

"Il faut se rappeler que Roger a quitté Supertramp il y a quatorze ans. Il est parti pour suivre son propre chemin, réaliser ses propres disques. Pour tout t’avouer, je joue sur le nouvel album qu’il a enregistré l’été dernier. C’était avant que je rejoigne Supertramp. C’est un album live qu’il a enregistré avec son fils Andrew qui joue de la batterie. Il s’appelle 'Rites of Passage'. Roger est vraiment heureux de faire ce qu’il fait et je crois qu’il se sent très bien comme il est, loin de Supertramp. Hodgson et Supertramp sont deux entités séparées."

Enregistré lors de la tournée "Some things never change", "IT WAS THE BEST OF TIMES" paraît en avril 99. Ce nouveau double album "live" témoigne de la qualité des concerts qui se sont presque tous donnés à guichets fermés.

"From now on" (CD "It was the best of times")

En 2000, Roger Hodgson publie son quatrième album solo, "OPEN THE DOOR". Un an plus tard, il tourne avec le All Starr Band de Ringo Starr. Fin 2001, on le retrouve au sein de Supertramp sur "IS EVERYBODY LISTENING?", un album "live" resté inédit jusqu'alors. Il avait été enregistré en 1976 à Cleveland, dans l'Ohio, au cours de la tournée qui avait accompagné l'album "Crisis, what crisis?"
Un nouveau Supertramp original paraît en avril 2002. Il s'appelle "SLOW MOTION". C'est le onzième album studio du groupe qui est toujours dirigé par Rick Davies, entouré des musiciens déjà présents sur "Some things never change". Il faut signaler que Rick Davies est le seul à pouvoir utiliser le nom de Supertramp, un nom qui lui appartient à travers sa société "Rick Davies Productions".

"Over you" (CD "Slow motion")

Le 30 novembre 2005, après l'échec d'une nouvelle tentative de reformation de Supertramp avec ses deux leaders, Roger Hodgson est à Londres, où il n'a pas chanté depuis vingt ans. Il a décidé de renouer avec la musique et il tourne de façon intensive, d'abord seul, puis accompagné par un jeune musicien canadien, Aaron McDonnald. En septembre 2007, Roger Hodgson propose le DVD "TAKE THE LONG WAY HOME – LIVE IN MONTREAL". De retour sur scène, il est particulièrement heureux de faire revivre tous ces titres qu'il avait créés pour Supertramp.

"Absolument, absolument. Supertramp, vous savez, c'était un peu mon bébé. C'était ma passion. J'ai vécu exclusivement pour Supertramp pendant quatorze années. C'est une grande partie de ma vie, une partie importante de ma vie. Supertramp fait partie de mon histoire et lorsque les gens écoutent ma musique, les gens souvent considèrent que ce sont des titres 'Supertramp' et je trouve ça très bien. Ce sont mes chansons et je suis très heureux que les gens continuent à aimer ma musique après toutes ces années."

Roger Hodgson donnera prochainement deux concerts en France : il sera le 7 septembre au Festival "Face et Si" à Mouilleron-le-Captif, en Vendée, et le 5 octobre à Paris, à l'Olympia, mais c'est déjà complet. Voici une version de "Breakfast in America" que Roger Hodgson avait enregistrée seul, spécialement pour les Nocturnes du 1er avril 2009 dont il était l'invité.

"Breakfast in America" (Roger Hodgson : "Enregistrement RTL")

Dans les années 70 et au début des années 80, Rick Davies et Roger Hodgson ont construit ensemble la réussite de Supertramp. Et lorsque Roger a décidé de s'en aller, beaucoup de la magie est partie avec lui.  Pourtant, cette musique est toujours plébiscitée par un vaste public qui n'attend qu'une chose, la reformation de Supertramp. La dernière fois que nous l'avions interrogé à ce sujet, voici ce qu'avait répondu Roger Hodgson.

"Comme vous l'imaginez, c'est une question qu'on me pose de temps en temps. Je crois que la vraie question, c'est : est-ce que Rick et moi on saura se retrouver un moment donné. Je crois que c'est là la vraie question, puisque nous sommes un peu le cœur de Supertramp. Et ce que je peux vous dire aujourd'hui, c'est que nous en avons parlé. Il est encore très tôt, très tôt. Nous n'avons pas de plan établi, mais nous avons discuté."

Pour l'instant, la discussion n'a rien donné et chacun continue de son côté. Heureusement, les archives permettent de retrouver le groupe dans toute sa splendeur. Eagle Vision vient de publier, à la fois en DVD et en Blu-Ray, "LIVE IN PARIS, '79". C'est la toute première vidéo "live" de Supertramp que l'on retrouve dans sa formation légendaire, autour de Rick Davies et Roger Hodgson. Les images avaient été tournées lors des concerts que Supertramp avait donnés au Pavillon de Paris, fin novembre – début décembre 79, ces mêmes concerts qui avaient déjà donné le double album "Paris", paru en septembre 1980.

"A soapbox opera" (CD "Paris")


DISCOGRAPHIE :

-    "SUPERTRAMP" (album – 1970)
-    "INDELIBLY STAMPED" (album – 1971)
-    "CRIME OF THE CENTURY" (album – 1974)
-    "CRISIS, WHAT CRISIS ?" (album – 1975)
-    "EVEN IN THE QUIETEST MOMENTS" (album – 1977)
-    "BREAKFAST IN AMERICA" (album – 1979)
-    "PARIS" (live album – 1980)
-    "FAMOUS LAST WORDS" (album – 1982)
-    "BROTHER WHERE YOU BOUND" (album – 1985)
-    "THE AUTOBIOGRAPHY OF SUPERTRAMP" (compilation – 1986)
-    "FREE AS A BIRD" (album – 1987)
-    "LIVE '88" (live album – 1988)
-    "THE VERY BEST OF SUPERTRAMP" (compilation – 1989)
-    "THE VERY BEST OF SUPERTRAMP 2" (compilation – 1992)
-    "SOME THINGS NEVER CHANGE" (album – 1997)
-    "IT WAS THE BEST OF TIMES" (live album – 1999)
-    "IS EVERYBODY LISTENING?" (live album – 2001)
-    "SLOW MOTION" (album – 2002)
-    "RETROSPECTACLE – THE SUPERTRAMP ANTHOLOGY" (compilation – 2005)
-    "70-10 TOUR" (live albums – 2010)
-    "LIVE IN PARIS, '79" (DVD – 2012)
   
 ROGER HODGSON :

-    "IN THE EYE OF THE STORM" (album – 1984)
-    "HAI HAI" (album – 1987)
-    "RITES OF PASSAGE" (live album – 1997)
-    "OPEN THE DOOR" (album –2000)
-    "TAKE THE LONG WAY HOME – LIVE IN MONTREAL" (DVD – 2007)
-    "CLASSICS LIVE" (live album – 2010)

 BOB SIEBENBERG :

-    "GIANTS IN OUR OWN TOWN" (album – 1985)
-    "THE LONG SHOT" (album – 1989)   


   




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2012-08-31 08:01:00
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