1 min de lecture Musique

La Saga de Paul McCartney


Cet automne encore, l'actualité autour des Beatles est très riche : il y a le double anniversaire de la naissance et de la mort de John Lennon, et la reparution des deux compilations des Beatles – la rouge et la bleue – avec RTL. Ce qui nous intéresse aujourd'hui, c'est la réédition de "Band on the run", l'album mythique de Paul McCartney & Wings, qui était paru fin 1973. C'est la première étape d'une opération qui verra la réédition de l'ensemble du catalogue de Paul grâce à un accord passé avec le label américain Concord Records. A cette occasion, Saga revient sur le parcours exceptionnel d'une des plus grandes icônes du rock, et Paul McCartney lui-même évoquera sa carrière, depuis les Beatles et le groupe Wings jusqu'à ses derniers albums.

band on the run
band on the run


LA SAGA DE PAUL McCARTNEY DANS SON INTÉGRALITÉ.


Paru au début du mois de décembre 1973, "BAND ON THE RUN" reste un élément essentiel de la discographie de Paul McCartney. Paul a toujours tenu à partager ce succès avec ceux qui ont contribué à sa réalisation : c'est-à-dire son épouse Linda et Denny Laine. Ecoutons d'abord Paul, puis Linda McCartney.

"Aujourd'hui encore, partout où je vais, c'est de 'Band on the run' dont on me parle. Je pense que je suis associé pour toujours à cet album, et d'ailleurs, c'est aussi mon préféré. Pour ma part, je mets la contribution des trois musiciens qui l'ont enregistré sur le même pied. Et à ce propos, je trouve que les gens ont été vraiment injustes vis-à-vis de Linda, musicalement parlant. Vraiment, elle avait un son bien à elle et elle a beaucoup apporté au groupe, que ce soit par ses idées, ses connaissances en photographie, sa détermination à mener le disque à son terme et bien d'autres choses.
- C'est vrai que j'étais très occupée à perfectionner mon jeu au piano et au synthé ; ça me prenait l'essentiel de mon temps. En ce sens, les critiques ne m'ont pas gênée dans la mesure où elles étaient largement justifiées. A l'époque, je n'étais qu'une apprentie, alors que les gens attendaient beaucoup plus d'un membre de Wings. C'est la raison pour laquelle ils ne m'ont pas ratée."

C'est à Lagos, au Nigéria, en septembre et en octobre 1973, que Paul McCartney et Wings ont réalisé la majeure partie des enregistrements de l'album "BAND ON THE RUN". Mais les sessions n'ont pas été de tout repos. En effet, Paul McCartney, Linda McCartney et Denny Laine se sont très vite aperçus que le studio n'était pas à la hauteur et ils ont dû faire face à de nombreux problèmes techniques. En plus de cela, Paul a été malade et l'environnement sur place n'était pas très amical. Un soir, en rentrant à leur hôtel, ils se sont fait détrousser dans la rue par des truands qui n'ont jamais été retrouvés. Et pour couronner le tout, le musicien nigérian Fela Kuti (le pionnier de l'afrobeat) les a accusés publiquement de venir "piller la musique locale", leur enjoignant de repartir très vite d'où ils venaient.
L'enregistrement s'est donc terminé en Angleterre. Un premier single, "Helen Wheels", paraît fin octobre 1973, mais il ne sera pas inclus dans la version originale anglaise de l'album "Band on the run". On peut le retrouver dans les bonus proposés dans l'édition "Spéciale" 2010 de cet album mythique.

L'histoire musicale de Paul McCartney, c'est une évidence, commence avec les Beatles. De 1962 à 1970, les quatre de Liverpool ont forgé une légende qui appartient aujourd'hui au patrimoine mondial. Pendant ces huit années, Paul McCartney et John Lennon ont formé une équipe d’auteurs-compositeurs d’exception. On sait qu'ils écrivaient chacun de leur côté, mais ils prenaient aussi plaisir à confronter leurs idées, surtout dans la première partie de la carrière des Beatles. Paul se souvient.

"Je me rappelle le plaisir que nous prenions à écrire, John et moi, à nos débuts. On agissait toujours de la même façon : on s'asseyait face à face avec nos guitares acoustiques et c'était parti. C'est plus simple si tu as quelqu'un devant toi. Et à l'évidence, c’est plus objectif. Tu regardes ce que l'autre fait et tu le suis ; ou vice versa. Et si tu trouves ça bien, tu lui dis. C'est mieux que d'être seul devant son miroir. J'ai toujours trouvé cette manière de travailler sympa et stimulante. On voit mieux les choses qui clochent. Qu'un texte soit bon ou nul, on le détecte mieux à deux que tout seul."

Tous les morceaux des Beatles écrits par Paul ou par John portaient invariablement les deux signatures Lennon / McCartney. Mais on sait exactement qui a fait quoi. On peut dire, en schématisant, que Paul a écrit les plus “belles” chansons du groupe, les plus “mélodiques”, notamment “The fool on the hill”, “Penny Lane”, “Hey Jude”, “Eleanor Rigby” et surtout “Yesterday”. Mais il était également à l’aise sur d’autres rythmes. On lui doit aussi “Back in the USSR”, “Helter Skelter”, “Get back” ou “Lady Madonna”. A ce propos, Paul explique que pour lui, écrire une chanson est tout sauf quelque chose de scientifique.

"Ecrire une chanson, c'est quelque chose de très magique, ça reste un mystère. Par exemple, pour 'Yesterday', je me suis réveillé un matin et je l'avais rêvée. Donc, je crois qu'il y a dans tout cela un processus un peu mystique, parce que je ne sais pas comment c'est arrivé. Je me suis réveillé et voilà … J'en ai parlé à beaucoup d'autres compositeurs et on pense tous à peu près la même chose. Tu te mets au piano et tu as l'impression que quelque chose entre en toi. C'est quelque chose d'un peu – pas vraiment spirituel – mais mystique qui te souffle des mots. Alors parfois tu les gardes, parfois tu les oublies ou tu les changes s'ils sont un peu trop stupides."

En 2000, dans un référendum organisé conjointement par le magazine américain Rolling Stone et par la chaîne de télévision MTV, "Yesterday" a été désignée comme la meilleure chanson pop de tous les temps.

Paul McCartney était l’élément stabilisateur des Beatles et c’est lui qui leur avait fait gagner toutes les tranches d'âge du public. Mais c'est lui également qui est à l'origine de leur rupture en 1970. Volontairement ou non, il avait publié son premier album solo deux semaines avant la sortie prévue de “Let it be”, ce qui avait fortement contrarié les trois autres. De plus, il avait voulu imposer son beau-père, Lee Eastman, comme conseiller financier du groupe à la place d’Allen Klein. Ce qui avait entraîné des disputes dont les Beatles ne se sont jamais relevés. Il n'empêche que c'est une période de sa vie que Paul ne pourra jamais oublier. D'ailleurs, il ne renie rien de toute cette époque, bien au contraire. Et lorsqu'on lui demande quel est son album préféré des Beatles, sa réponse est sans équivoque.

"Mon album préféré des Beatles ? Tous !"

James Paul McCartney est né à Liverpool le 18 juin 1942. En juin 56, il rejoint les Quarrymen et John Lennon, de deux ans son aîné. En 1960, le groupe devient les Silver Beatles, puis les Beatles en 62. Associé à Lennon, son apport à la musique populaire contemporaine est inestimable.
Paul McCartney propose son premier travail solo en pleine période Beatles : c’est la musique du film “The family way” en juin 67. Le 12 mars 69, il épouse la photographe des rock stars, l’américaine Linda Eastman, qui sera dès lors associée à sa carrière discographique. On l'a dit plus tôt : l’album “McCARTNEY” paraît en avril 70, quelques jours avant "Let it be". Paul l'a enregistré chez lui, dans son propre studio, et il y joue de tous les instruments. Et même si la critique de l'époque n'a pas été tendre avec ce premier album, il faut en retenir au moins le splendide “Maybe I’m amazed”.

Paul McCartney vient d'entamer sa carrière solo avec un premier album très mal accueilli par la critique, mais qui se classe en tête des hit-parades des deux côtés de l'Atlantique. En mai 71, Paul et Linda publient “RAM”. Ce deuxième album a été réalisé avec des musiciens de sessions new-yorkais et il donne à McCartney son premier N°1 américain : “Uncle Albert / Admiral Halsey”. En Angleterre, ce titre n'est pas classé, mais tout simplement parce qu'il n'est pas sorti en single.

C’est à cette époque que Paul McCartney décide de s’entourer d'un vrai groupe, aussi bien pour enregistrer que pour tourner. Il garde Linda à ses côtés, et il embauche le batteur Denny Seiwell, ainsi que Denny Laine, l’ancien guitariste et chanteur des Moody Blues.
Le 3 décembre 71, Linda donne naissance à leur premier enfant, une fille prénommée Mary. Dans la salle d'attente de la maternité, Paul improvise une prière et les mots "anges", puis "ailes" lui viennent spontanément à l'esprit. Il trouve ainsi le nom de son groupe, les Ailes. En anglais : Wings.
Paru en novembre 71, “WILD LIFE” est le premier album crédité à Wings. C’est un travail qui laisse le public sur sa faim. On n’y trouve même pas un tube. Paul comprend alors qu'il a besoin d'aguerrir son groupe, de le roder. Il recrute le guitariste Henry McCullough et il emmène Wings sur la route pour une série de concerts surprises dans les universités anglaises. Paul revient sur la naissance de Wings et sur cette fameuse tournée.

"Me voilà donc avec un nouveau groupe, le premier après les Beatles, et parce que j'aimerais bien que les choses prennent un bon départ, je me mets à réfléchir à la question : de quoi ai-je vraiment envie, qu'est-ce que j'ai raté avec les Beatles, qu'est-ce qu'il serait temps de faire maintenant ? Et je pense à un petit truc, très stupide, c'est que les Beatles gagnaient des sommes considérables, mais qu'ils ne voyaient jamais la couleur de cet argent. Tout passait par des comptes en banque, ce genre de choses. J'ai donc décidé que pour notre première tournée, nous emporterions un sac pour y mettre nos gains en liquide. Tout le monde serait 'physiquement' payé. Pour moi, c'était la seule façon de réussir avec Wings : redémarrer modestement là où les Beatles avaient commencé. Et donc nous avons fixé le prix d'entrée des concerts à la somme modique de cinquante Pence, comme un jeune groupe l'aurait fait, et à la fin de chaque soirée, nous partagions pièces et billets : une Livre pour toi, une Livre pour moi... C'était une manière très saine de nous remémorer l'époque où nous devions gagner notre pain pour subsister."

Parallèlement à ses albums, Paul McCartney publie une série de singles inédits dont le premier, "Another day", est N°2 en Angleterre en février 71. Cette politique inaugurée à l’époque des Beatles, il va la poursuivre tout au long des années 70 et 80. Après “Another day”, c'est “Give Ireland back to the Irish”, "Hi hi hi" et “Mary had a little lamb”. Ecoutons Paul évoquer ces trois derniers singles et ses chansons en général.

"'Give Ireland back to the Irish' était une chanson politique ; ils l'ont interdite. 'Hi hi hi' parlait soi-disant de drogue et de sexe ; ils l'ont interdite. Alors, quand j'ai sorti 'Mary had a little lamb', beaucoup de gens ont pensé que c'était  ma façon de provoquer les autorités, du genre : 'Essayez donc d'interdire celle-là !' Mais non, je l'avais vraiment composée pour mes enfants. Ils étaient alors très jeunes et j'avais constaté que les chansons que je chantais n'avaient aucun sens pour eux. Je voulais en écrire une qui soit à leur portée. Ensuite je me suis dit qu'il y avait des tas d'autres enfants sur cette planète, pas seulement des adultes, et que ça serait bien de sortir le disque. Bien sûr, celle-ci n'était pas géniale... Vous savez, en quarante ans, j'ai écrit de très bonnes chansons, d'autres qui étaient moins bonnes, d'autres franchement détestables, mais je crois que le bilan est dans l'ensemble positif et que je peux me regarder sans honte dans une glace."

Mai 73 marque la sortie de “RED ROSE SPEEDWAY”. L'album ne semble pas être beaucoup plus inspiré que le précédent, mais il apporte à Paul McCartney un nouveau N°1 américain, “My love”, une ballade sentimentale qu'il a écrite pour Linda. L'album suivant, ce sera "Band on the run", que beaucoup salueront comme un véritable chef-d'œuvre.

C'est au Nigéria, en partie dans le studio de Ginger Baker, l'ancien batteur de Cream, que Wings décident d'enregistrer leur nouvel album, "BAND ON THE RUN". En juillet 1973, alors que les cinq musiciens s'apprêtent à s'envoler pour Lagos, le batteur Denny Seiwell et le guitariste Henry McCullough abandonnent brutalement le groupe, laissant Paul McCartney dans une situation pour le moins délicate.

"Je me suis retrouvé planté là, à la dernière minute. Il restait exactement une heure avant que l'avion ne décolle pour l'Afrique. Nous sommes donc partis pour Lagos à trois et une fois sur place, par nécessité, j'ai dû faire beaucoup de choses moi-même : la batterie, pas mal de guitare avec Denny et beaucoup de vocaux. Cet album, je m'y suis beaucoup investi. C'est quasiment un album solo."

Lorsque “Band on the run” paraît en décembre 73, la critique est à la fois élogieuse et unanime : elle y voit le premier grand disque de Paul depuis les Beatles, un avis partagé par le public qui le classe N°1 des deux côtés de l’Atlantique.

"Band on the run" est paru en décembre 1973 et s'est imposé partout dans le monde. Avec le temps, cet album est devenu un classique, un véritable joyau de l'âge d'or de la pop-music. Il vient de reparaître sous plusieurs formes. L'édition "Standard" est simplement le disque original remixé. Quant aux versions "Spéciale" et "Deluxe", elles proposent de nombreux inédits, aussi bien audio que vidéo.
La pochette, soigneusement élaborée au départ, est la même. A côté des trois musiciens, on peut voir les acteurs Kenny Lynch, James Coburn et Christopher Lee, le journaliste Michael Parkinson, le futur politicien Clement Freud, ainsi que John Conteh, un boxeur de Liverpool qui deviendra champion du monde en octobre 1974.
Deux singles parachèvent le triomphe de l'album : "Jet" et “Band on the run”, un titre auquel Paul McCartney est toujours resté très attaché.

"Cette chanson, 'Band on the run', je l'ai écrite à l'époque où je venais d'assembler Wings. L'expression m'est venue spontanément : 'Band on the run', le groupe en cavale. Et je me suis dit que si un jour on enregistrait la chanson, ça ferait un excellent titre d'album, et que si nous faisions une tournée, nous pourrions être ce fameux 'Band on the run', mais pas dans le sens policier du mot, 'en cavale', mais plutôt dans le sens 'en liberté'."

"Band on the run" reste un des points culminants de l'aventure de Wings. Après ce monument enregistré à trois, le groupe se renforce en mai 74 avec deux nouveaux musiciens : le batteur Geoff Britton, bientôt remplacé par Joe English, et le guitariste Jimmy McCulloch. C'est à Nashville qu'ils enregistrent l'album “VENUS AND MARS ARE ALRIGHT TONIGHT". On y trouve ”Listen to what the man said”, un nouveau N°1 américain pour Paul.

De l’automne 75 à l’été 76, les cinq musiciens réalisent leur première tournée mondiale, au moment où paraît l'album “WINGS AT THE SPEED OF SOUND”. C'est aux Etats-Unis, à la fin de cette tournée, qu’ils enregistrent “WINGS OVER AMERICA”, un triple album public et un film qui sortent en décembre 76.
L'année suivante, Wings et Paul McCartney ne publieront qu’un seul single, “Mull of Kintyre”, une chanson qui vante les charmes d’une région d’Ecosse où Paul possède une propriété. Avec “Mull of Kintyre”, McCartney décroche son premier N°1 en Angleterre. A cette occasion, il établit un nouveau record pour un single avec plus de deux millions et demi d'exemplaires vendus. Ce record tiendra jusqu'en 1984 où il sera battu par le Band Aid.

En mars 78, “LONDON TOWN” marque le retour de Wings. Ce disque apporte à Paul McCartney un sixième N°1 aux Etats-Unis : “With a little luck”. C’est le dernier album de Wings auquel participent Jimmy McCulloch et Joe English qui seront remplacés pour la suite par des musiciens de studio. En juin 79,  Wings proposent “BACK TO THE EGG”, un album nettement plus rock que les précédents, mais dont les ventes sont relativement décevantes. Ecoutons Paul McCartney.

"Pour une majorité de groupes, les ventes de l'album auraient été considérées comme excellentes ; mais pas pour Wings. En fait, qui peut prévoir si un album va marcher ? En tout cas pas moi : je suis très mauvais juge pour tout ce qui me concerne. Par exemple, je n'aimais pas 'Venus & Mars' à sa sortie et il m'a fallu vraiment très longtemps pour en discerner toutes les qualités. 'Wild life' non plus, je ne l'aimais pas. Et puis un jour sur Sunset Strip, un campeur s'arrête près de moi. Il jouait la cassette de 'Wild life' et il me dit : 'Je vais passer quelques jours dans la montagne et j'ai pris votre album. C'est vraiment le meilleur que vous ayez fait'. C'est comme ça avec chacun de mes disques : je dois prendre énormément de recul avant de savoir si je l'aime ou non."

Début 1980, le groupe Wings est en tournée au Japon. Le 16 janvier, à l'aéroport de Tokyo, les douaniers découvrent 200 grammes de marijuana dans les bagages de Paul McCartney : il passe dix jours en prison avant d'être expulsé. Les concerts doivent être annulés, ce qui précipite la dissolution de Wings, qui ne sera officialisée qu'un an plus tard, en avril 81. Parue à cette époque, la compilation “WINGS GREATEST” rassemble tous les tubes de McCartney depuis 71, qu’ils soient extraits d'albums ou parus sous forme de 45-tours isolés.
Lorsque l'aventure de Wings se termine, Paul McCartney a trente-huit ans et, à l’évidence, il n'a plus rien à prouver. Mais il n'est pas du style à se reposer sur ses lauriers et plutôt qu'une retraite bien méritée, il va continuer sa carrière de musicien. Celle-ci passera par une dizaine d'albums solo dont "FLAMING PIE", qui a figuré en tête des hits-parades des deux côtés de l'Atlantique en 1997. La même année, Paul est anobli par la Reine d'Angleterre et il devient Sir Paul McCartney.

Un survol rapide de la carrière de Paul McCartney permet de constater la richesse de son talent. Il aborde tous les domaines, que ce soit le rock & roll sur "BACK IN THE USSR" ou encore les musiques de films comme "GIVE MY REGARDS TO BROAD STREET" ou "SPIES LIKE US". Il s'est également tourné vers le classique en publiant le "Liverpool Oratorio" et la symphonie "Standing Stone". Paul McCartney s'est aussi intéressé à la musique d'ambiance sous le pseudonyme de "THE FIREMAN" et il a toujours répondu favorablement aux sollicitations dont il a fait l'objet. C'est ainsi qu'Elvis Costello se souvient de l'avoir eu comme bassiste sur deux titres de son album "SPIKE" en 1989.

"Le bassiste que j'avais pressenti pour mon album s'est trouvé indisponible. Et Paul s'est proposé. C'était sûrement pour plaisanter, mais il l'avait fait. J'ai répondu : 'O.K., tu l'as dit. Tu l'as bien dit et tu vas tenir ta promesse !'"

De son côté, Paul se rappelle comment il avait été amené à écrire une chanson pour une de ses idoles, Johnny Cash.

"J'étais en vacances à la Jamaïque avec ma famille et Johnny Cash était là aussi. Il y possède une maison. Il m'a invité à dîner et j'ai pensé qu'il serait bien que j'apporte ma guitare. Car je connais Johnny, il aime chanter après le repas. On boit un petit verre, on s'assied et on chante. Et ça s'est passé comme ça. Nous avons mangé et puis j'ai été chercher ma guitare dans la voiture et c'est Tom T. Hall, je crois, qui a lancé : 'Allez, écrivons une chanson !' Qu'est-ce que je pouvais répondre ? Non ? J'ai répondu : 'D'accord, bonne idée.' On a donc écrit cette petite chanson ensemble et Johnny l'a mise sur son disque. On a fait l'enregistrement chez moi, en Angleterre."

On se souvient également des collaborations de Paul avec Stevie Wonder, Michael Jackson, les Everly Brothers, et surtout avec George Harrison et Ringo Starr pour les fameuses "Anthologies Beatles" et les deux inédits qui en ont été extraits. D'un point de vue plus personnel, les décennies 80 et 90 ont été encadrées par deux tragédies qui ont frappé Paul McCartney : l'assassinat de John Lennon le 8 décembre 1980 et la mort de Linda, décédée le 17 avril 98 des suites d'un cancer du sein. Il y a là, sèchement résumée en quelques minutes, matière à bien d'autres Sagas.

Après la mort de Linda, Paul McCartney prend un peu de recul. Il revient finalement en 1999 avec "RUN DEVIL RUN", une relecture insouciante de classiques du rock 'n' roll. Et malgré la difficulté à surmonter la perte d'un être cher, Paul reprend petit à petit goût à la vie. En 2000, il révèle les sentiments qui l'unissent à Heather Mills, un ancien mannequin rencontré lors de ses activités pour la défense des animaux.
Paul McCartney décide alors de reprendre le chemin des studios pour enregistrer l'album "DRIVING RAIN", qui paraît en novembre 2001. Mais ce qui aurait dû être une fête est assombri par la mort de George Harrison, qui représentait pour Paul bien plus qu'un ami, un véritable "petit frère", comme il l'a répété, bouleversé et sincère. Dans un premier temps, Paul McCartney avait enregistré 15 nouveaux titres. Au dernier moment, il a décidé d'en rajouter un seizième, "Freedom", écrit immédiatement après les attentats du 11 septembre 2001. C'est un titre qu'il avait créé au Madison Square Garden lors de la soirée "THE CONCERT FOR NEW YORK CITY", qu'il avait organisée en hommage aux victimes et à leurs familles.

2003 est une année importante pour Paul McCartney. En juin, il épouse Heather Mills. Leur fille, Beatrice Milly, naîtra le 29 octobre. Après Stella, James et Mary, les trois enfants qu'il avait eus avec Linda, Paul est donc papa pour la quatrième fois.
Côté musique, il y a d'abord les sorties des deux doubles CD live "BACK IN THE U.S." et "BACK IN THE WORLD", puis celle de "LET IT BE … NAKED" des Beatles. On rencontre également Paul McCartney sur l'album "CONCERT FOR GEORGE", enregistré le 29 novembre 2002, en hommage à George Harrison, mort un an auparavant.
Au moment où sortent tous ces disques, Paul est en studio. Deux années de travail entre Londres et Los Angeles aboutissent à l'album "CHAOS AND CREATION IN THE BACKYARD", un retour à la simplicité fortement teinté de mélancolie. On y retrouve le style qui avait marqué les débuts de McCartney en solo, ainsi que plusieurs titres qui évoquent ouvertement son glorieux passé avec les Beatles.

"Certaines des chansons que j'ai écrites rappellent un peu les Beatles. 'English Tea', par exemple, aurait pu être une chanson des Beatles … la descente harmonique et tout ça. Mais j'en suis arrivé à me dire que c'est bien parce que c'est mon style. C'est un style que j'ai créé avec les Beatles ou c'est un style qui s'est imposé avec les Beatles. Et il y a beaucoup de gens qui y reviennent. Alors, pourquoi pas moi ? Donc, je me suis dit qu'il n'y avait aucune raison d'avoir honte de ses racines, et c'est bien. J'ai écrit une chanson dans le style de 'Blackbird', car c'est un style que j'aime beaucoup, la partie de guitare. J'ai donc décidé de faire une nouvelle chanson dans ce style, mais quelque chose de complètement différent. J'ai donc écrit 'Jenny Wren', qui rappelle un peu 'Blackbird'. Mais c'est un retour à des racines que j'aime. D'une certaine façon, c'est bien de faire ça. Et je le fais de plus en plus sur scène actuellement. Je chante beaucoup plus de chansons des Beatles qu'à l'époque de Wings. C'est agréable de ne pas se poser de question quand on chante, tant qu'on aime ça et qu'il s'agit de bonnes chansons."

Petite touche de nostalgie : la pochette du CD représente Paul avec sa guitare à l'âge de vingt ans, photographié par son frère Mike dans le jardin familial.

Paul McCartney se moque du temps qui passe et il accepte avec beaucoup d'humour qu'on puisse le considérer comme un monument de la rock music.

"Au cours d'une interview, on m'a demandé comment je me sentais au milieu de tous ces jeunes. C'était à Glastonbury, l'an dernier, où le New Musical Express m'avait décerné une récompense. Les autres lauréats étaient de jeunes groupes comme les Kaiser Chiefs, Franz Ferdinand, les Killers et d'autres. Et pendant l'interview, on m'a donc demandé comment je me sentais au milieu de ces jeunes groupes, si je ne me voyais pas comme le plus vieux notable du rock. J'ai dit : 'Oui, je me sens comme un ex-président.' C'est vrai que je suis bien plus âgé qu'eux et je vois bien la différence. Mais ce qui me fait grand plaisir, c'est de constater que tous ces jeunes admirent ce que je fais et ce que j'ai fait. C'est comme une bouffée d'air frais pour moi, c'est très réconfortant et ça me fait très plaisir de constater qu'ils sont toujours intéressés par ce style de musique que nous avons créé dans les années 60. C'est le cas de beaucoup de groupes comme Oasis, par exemple. Ils écrivent de vraies chansons, ils les jouent sur scène et ils trouvent leur inspiration dans les années 60. C'est pour cela que j'ai fini par dire que je me sentais comme un ex-président. Mais pas Nixon !"

En juillet 2006, on apprend que Paul McCartney a décidé de se séparer de Heather Mills et qu'il demande le divorce. La presse en fait aussitôt ses choux gras, mais cette agitation médiatique n'empêche pas le musicien de poursuivre son œuvre. En juin 2007, sur le tout nouveau label Hear Music, il publie un nouvel album studio, "MEMORY ALMOST FULL". Trois semaines plus tard, il propose "THE McCARTNEY YEARS", un triple DVD qui retrace l'ensemble de sa carrière solo de 1970 à 2005.

Le 27 juin 2007, Paul McCartney donne un concert surprise dans un des trois magasins de disques Amoeba, celui de Hollywood, sur Sunset Boulevard. On peut retrouver quatre titres enregistrés à cette occasion sur le mini album "AMOEBA'S SECRET", qui paraît dans un premier temps uniquement en vinyle.

En novembre 2008, Paul McCartney propose "ELECTRIC ARGUMENTS", le troisième album crédité à The Fireman. Puis il retrouve la scène en juillet 2009. C'est à cette occasion qu'il inaugure le nouveau Citi Field, le stade qui remplace le légendaire Shea Stadium où il s'était produit avec les Beatles quarante-quatre ans plus tôt. Ce spectacle, qui fait la part belle aux chansons des Beatles, on le retrouve intégralement sur "GOOD EVENING NEW YORK CITY", un double CD et un DVD qui paraissent en novembre 2009. Quelques jours plus tard, le 10 décembre, Paul est à Paris-Bercy pour un concert exceptionnel avec RTL.
Le 2 juin 2010, Paul McCartney reçoit des mains de Barack Obama le "Gershwin Prize" pour sa contribution à la musique populaire. C'est le point d'orgue à une carrière que l'on va pouvoir redécouvrir grâce au label californien Concord Records qui va republier tout le catalogue de Paul.
Cette opération vient de commencer avec la réédition de "BAND ON THE RUN", l'album mythique que Wings avait enregistré en 1973. Pour terminer cette Saga, voici une version de "Let me roll it" qui avait été enregistrée en août 1974 pour un documentaire télévisé intitulé "One hand clapping". On peut la retrouver sur les éditions "Spéciale" et "Deluxe" de la nouvelle version de "Band on the run".

TITRES DIFFUSÉS (dans l'ordre de leur passage à l'antenne) :


-    "Bluebird" (CD "Band on the run")
-    "Jet" (CD "Band on the run")
-    "Helen wheels" (CD "Band on the run 2010")
-    "Penny Lane" (CD The Beatles : "Magical mystery tour")
-    "Yesterday" (CD The Beatles : "Help !")
-    "Let it be" (CD The Beatles : "Let it be")
-    "Maybe I'm amazed" (CD "McCartney")
-    "Uncle Albert / Admiral Halsey" (CD "Ram")
-    "Another day" (CD "All the best!")
-    "Hi hi hi" (CD "All the best!")
-    "My love" (CD "Red rose speedway")
-    "1985" (CD "Band on the run")
-    "Mrs. Vandebilt" (CD "Band on the run")
-    "Band on the run" (CD "Band on the run")
-    "Listen to what the man said" (CD "Venus and Mars (are alright tonight)")
-    "Mull of Kintyre" (CD "All the best!")
-    "With a little luck" (CD "London town")
-    "The world tonight" (CD "Flaming pie")
-    "Say, say, say" (CD "Pipes of peace")
-    "Freedom" (CD "The concert for New York City")
-    "Jenny Wren" (CD "Chaos and creation in the backyard")
-    "Dance tonight" (CD "Memory almost full")
-    "I saw her standing there" (CD "Amoeba's secret")
-    "Let me roll it" (CD "Band on the run 2010")

DISCOGRAPHIE : (au-delà des BEATLES)

-    "THE FAMILY WAY" (BO - 1967)
-    "McCARTNEY" (album – 1970)
-    "RAM" (album – 1971)
-    "WILD LIFE" (album – 1971)
-    "RED ROSE SPEEDWAY" (album – 1973)
-    "BAND ON THE RUN" (album – 1973)
-    "VENUS AND MARS (ARE ALRIGHT TONIGHT)" (album – 1975)
-    "WINGS AT THE SPEED OF SOUND" (album – 1976)
-    "WINGS OVER AMERICA" (live album – 1976)
-    PERCY "THRILLS" THRILLINGTON : "THRILLINGTON" (album – 1977)
-    "LONDON TOWN" (album – 1978)
-    "WINGS GREATEST" (compilation – 1978)
-    "BACK TO THE EGG" (album – 1979)
-    "McCARTNEY II" (album – 1980)
-    "ROCKSHOWS" (vidéo – 1980)
-    "TUG OF WAR" (album – 1982)
-    "PIPES OF PEACE" (album – 1983)
-    "GIVE MY REGARDS TO BROAD STREET" (BO – 1984)
-    "PRESS TO PLAY" (album – 1986)
-    "ALL THE BEST!" (compilation – 1987)
-    "CHOBA B CCCP" (live album – 1988)
-    "FLOWERS IN THE DIRT" (album – 1989)
-    "TRIPPING THE LIVE FANTASTIC" (live album – 1990)
-    "UNPLUGGED – THE OFFICIAL BOOTLEG" (live album – 1991)
-    "LIVERPOOL ORATORIO" (album – 1991)
-    "OFF THE GROUND" (album – 1993)
-    "PAUL IS LIVE!" (live album – 1993)
-    "STRAWBERRIES, OCEANS, SHIPS, FOREST" (album – 1993)
-    "FLAMING PIE" (album – 1997)
-    "STANDING STONE" (album – 1997)
-    "IN THE WORLD TONIGHT" (DVD – 1998)
-    THE FIREMAN : "RUSHES" (album – 1998)
-    "RUN DEVIL RUN" (album – 1999)
-    "WORKING CLASSICAL" (album – 1999)
-    "LIVERPOOL SOUND COLLAGE" (remix album – 2000)
-    "A GARLAND FOR LINDA" (album – 2000)
-    "WINGSPAN (HITS & HISTORY)" (compilation – 2001)
-    "DRIVING RAIN" (album – 2001)
-    "LIVE AT THE CAVERN CLUB" (DVD – 2001)
-    "BACK IN THE U.S. – LIVE 2002" (live album + DVD  – 2003)
-    "BACK IN THE WORLD – LIVE 2002" (live album – 2003)
-    "PUT IT THERE" (DVD – 2004)
-    "THE ANIMATION COLLECTION" (DVD – 2004)
-    "GET BACK WORLD TOUR" (DVD – 2005)
-    "IN RED SQUARE" (DVD – 2005)
-    "TWIN FREAKS" (remix album, avec Freelance Hellraiser – 2005)
-    "CHAOS AND CREATION IN THE BACKYARD" (album – 2005)
-    "ECCE COR MEUM" (album – 2006)
-    "THE SPACE WITHIN US" (VD – 2006)
-    "MEMORY ALMOST FULL" (album – 2007)
-    "THE McCARTNEY YEARS" (DVD – 2007)
-    "AMOEBA'S SECRET" (live EP – 2007)
-    THE FIREMAN "ELECTRIC ARGUMENTS" (album – 2008)
-    "GOOD EVENING NEW YORK CITY" (live album + DVD – 2009)
-    "BAND ON THE RUN 2010" (album – 2010)

 


Lire la suite
Musique Saga
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants