1 min de lecture Musique

La Saga de Lenny Kravitz


La première Saga de la nouvelle saison est consacrée à Lenny Kravitz, à l'occasion de la sortie de son neuvième album studio, "Black and white America", et avant sa tournée française de neuf dates qui se terminera le 29 novembre à Paris-Bercy. Fidèle au style qui a fait son succès depuis plus de vingt ans, le chanteur propose une musique toujours très riche, qui emprunte aussi bien au rock qu'à la soul, avec de nombreuses références aux années 60 et 70. Sincère et convaincant au micro de Saga, Lenny Kravitz, qui rêve toujours de paix et d'amour universels, explique la place essentielle que la musique occupe dans sa vie.

georges lang & lenny kravitz
georges lang & lenny kravitz


LA SAGA DE LENNY KRAVITZ DANS SON INTÉGRALITÉ

"Stand" (CD "Black and white America")

Sur son nouvel album, "BLACK AND WHITE AMERICA", Lenny Kravitz reste fidèle aux courants musicaux qu'il explore depuis le début de sa carrière et il rêve toujours de paix et d'amour universels. Il nous explique comment lui est venue l'idée de cet album où il évoque une Amérique noire et blanche.

"'Black and white America', c'est ma réaction à un documentaire que j'ai vu à la télévision à propos de cette catégorie d'Américains qui n'approuvent pas ce qu'est devenu notre pays. Ils ne sont pas contents qu'il y ait un président afro-américain, ils n'apprécient pas l'égalité raciale,  d'ailleurs ils n'aiment pas les minorités quelles qu'elles soient. Ils voudraient que l'Amérique redevienne ce qu'elle était il y a un siècle. C'est ma réponse à tous ces gens. C'est aussi un album qui dit qui je suis, comment j'ai été élevé et qui parle de mes parents, de leur histoire de couple racial mixte au début des années 60."

La pochette de l'album est très explicite. On y voit Lenny Kravitz enfant avec l'emblème pacifiste dessiné sur le front, et les deux mots "peace" et "love" écrits sur sa joue et son bras.

"Black and white America" (CD "Black and white America")

Leonard Albert Kravitz est né à Brooklyn le 26 mai 1964. Il est l'unique enfant d'un couple racial mixte. Son père, Sy Kravitz, un Blanc d'origine russe, était un célèbre producteur d'émissions d'actualités à la télévision. Sa mère, Roxie Roker, était une comédienne noire originaire des Bahamas. Tous deux se sont connus alors qu'ils travaillaient pour la chaîne de télévision NBC.Dès son plus jeune âge, Lenny montre un grand intérêt pour la musique et ses parents l'encouragent dans cette voie, surtout son père qui s'est investi dans la production d'artistes de jazz. Pour les cinq ans de Lenny, il lui fait d'ailleurs un cadeau exceptionnel en invitant une légende du jazz à venir lui souhaiter un bon anniversaire.

"C'était Duke Ellington, le grand Duke, à qui l'on doit tout de même quelques thèmes célèbres. J'étais assis sur ses genoux. Je me rappelle qu'il portait un costume blanc, il était très élégant. Il a joué 'Happy birthday' et son saxophoniste de l'époque, je crois que c'était Paul Gonsalves, a repris le thème. Je trouvais ça fabuleux, je me demandais ce qui se passait. Ce n'est que plus tard que j'ai appris qui il était et que je me suis rendu compte combien tout ça était exceptionnel."

A dix ans, le jeune Lenny a déjà vu sur scène Sarah Vaughan, James Brown et les Jackson 5.

"Mon père savait que j'adorais les Jackson 5, que j'avais tous leurs singles, "The love you save", "ABC", et tout ça. Et il m'a fait la surprise de m'emmener au concert et ça m'a sidéré. C'était incroyable. Michael avait le ton juste, il avait le sens de la mélodie, de la tonalité, de l'interprétation, tout ça était très étonnant. A l'époque, j'étais encore enfant, mais je le plaçais au même niveau qu'Aretha Franklin et James Brown. C'était un chanteur vraiment fabuleux. Tout le groupe était parfait. La chorégraphie, la musique, la production, tout était du plus haut niveau."

"Can't get you off my mind" (CD "Circus")

Musicien autodidacte, Lenny Kravitz apprendra seul à jouer de la batterie, de la guitare et du piano. En 1974, ses parents s'installent à Los Angeles, pour être plus proches des studios de télévision où sa mère doit travailler. Elle vient en effet d'obtenir le rôle de Helen Willis dans la série "The Jeffersons", diffusée sur CBS-TV. Lenny lui aussi fréquente les plateaux de télévision et il n'est pas rare qu'on lui confie de petits rôles. Il apparaît dans une émission spéciale consacrée à Bill Cosby et il tourne dans des publicités, notamment pour Burger King et pour la marque de jouets Johnny West.

"Mr. cab driver" (CD "Let love rule")

Poussé par ses parents, Lenny Kravitz entre comme chanteur dans une chorale, le prestigieux California Boys Choir où il restera trois ans, jusqu'à la mue de sa voix. C'est alors qu'il se prend de passion pour le rock anglais. C'est pour lui une première révélation.

"J'ai découvert Led Zeppelin. J'ai d'abord entendu 'Led Zeppelin IV', avant de revenir au premier. Et ça m'a sidéré. Je me rappelle, j'étais au lycée. On avait fait le mur pour aller fumer un joint dans une cour derrière l'église, et il y avait un élève qui avait un gros transistor. C'est là que j'ai entendu 'Black dog' et ça a tout changé pour moi."

En 1978, Lenny est admis dans la section musicale de la Beverly Hills High School où il côtoie Chynna Phillips (du groupe Wilson Phillips), Maria McKee (la chanteuse de Lone Justice) et Slash (le futur guitariste de Guns N' Roses). Une année plus tard, il décide de prendre sa vie en mains.

"J'ai quitté la maison à quinze ans. J'ai commencé à jouer, à chercher et à vivre ma vie. Je vivais dans la rue, je squattais chez les autres, je dormais par terre dans les studios et c'était formidable, c'était super. Mais les gens ne comprenaient pas vraiment ce que je faisais musicalement, ils ne comprenaient pas que je joue du rock 'n' roll. Ce qui est ridicule, puisque ce sont les Noirs qui ont inventé le rock 'n' roll. Il n'empêche que pour eux, c'était bizarre qu'un jeune Noir joue du rock."

Lenny découvre à ce moment la musique de Prince et il se rend compte que c'est exactement ce qu'il a envie de faire. Il prend alors le pseudonyme de Romeo Blue et il adopte une attitude plutôt excentrique, ce qui ne l'empêchera pas de décrocher son diplôme en 1982.

"Black velveteen" (CD "5")

Sy Kravitz accepte de financer les débuts musicaux de son fils. Mais l'argent ne fait pas tout. Toujours sous le nom de Romeo Blue, Lenny a choisi une orientation disco et les maisons de disques contactées reprochent à sa musique de n'être pas assez "noire". Mais lui ne veut rien changer, il ne veut pas toucher à ce qu'il considère comme son intégrité musicale. Pendant trois ans, il continue de rechercher un contrat. Ses parents divorcent en 1985. Il en est évidemment très affecté, et il en veut beaucoup à son père.

"Ce n'était pas seulement le divorce, mais sa façon de se comporter dans la vie. C'était un homme à femmes. Il était souvent absent de la maison, il allait voir ailleurs comme le font beaucoup d'hommes. Et c'est un trait de caractère qu'il m'a transmis. On a tous en nous des gènes de nos parents et il y en a parfois contre lesquels il faut se battre."

C'est à cette époque que Lenny Kravitz rencontre Lisa Bonet, une actrice du "Cosby Show" avec qui il s'installe à New York en 1986.

"Heaven help" (CD "Are you gonna go my way")

Lenny Kravitz et Lisa Bonet se marient à Las Vegas en novembre 1987. Leur fille, Zoë, naît un an plus tard. A New York, Lenny fait la connaissance d'un ingénieur du son, Henry Hirsch, qui apprécie sa créativité musicale. Ensemble, ils commencent la réalisation d'un premier album. C'est le début d'une longue collaboration qui durera jusqu'en 2008. Lenny finit par signer chez Virgin, un épisode qu'il n'a pas oublié.

"On m'avait accordé un entretien de cinq minutes avec une femme, Nancy Jeffreys, c'était à Los Angeles. Elle vivait à New York, mais elle travaillait à L.A. Elle devait prendre un avion pour rentrer à New York pour le week-end. Elle m'a dit : 'Vous avez cinq minutes, faites-moi entendre un titre.' J'ai mis 'Let love rule'. Elle a quitté la pièce et elle est revenue avec celui qui dirigeait le label à l'époque, Jeff Heroff, et elle m'a dit : 'Repassez ce titre.' Je l'ai repassé. Et elle a demandé si j'avais autre chose. J'en ai passé un autre. Ils ont commencé à griffonner sur des morceaux de papier qu'ils s'échangeaient en se regardant. Et puis ils m'ont proposé un contrat d'enregistrement. Ça s'est fait comme ça, en un quart d'heure, alors que je ramais depuis des années. Ça s'est passé comme ça."

Lenny abandonne son pseudonyme de Romeo Blue, et c'est donc sous son véritable nom que paraît son premier album, "LET LOVE RULE", en août 1989.

"Let love rule" (CD "Let love rule")

Lenny Kravitz se sent particulièrement à son aise lorsqu'il est en studio.

"J'adore enregistrer. C'est de loin mon activité préférée sur cette terre. Ce que j'aime, c'est de pouvoir arriver en studio un peu comme un peintre, avec une toile vierge. Je déballe mes pinceaux, c'est-à-dire mes instruments, et tout seul, je crée ce que je ressens. J'essaie de traduire en musique les images que je vois et j'éprouve beaucoup de plaisir à sentir que je progresse. Le son m'inspire, la direction que j'ai choisie m'inspire d'une certaine façon, et je me laisse entraîner."

Avec son premier album, "Let love rule", Lenny se présente comme l'héritier de Jimi Hendrix, de John Lennon et de Sly Stone. Ce qui ne plaît pas trop aux critiques, qui trouvent le disque trop rétro, trop inspiré par la culture des années 60, et qui le boudent. En revanche, un large public apprécie beaucoup ce style panaché de rock et de soul. Les Sixties constituent pour Lenny Kravitz une véritable obsession musicale qui ne le quittera jamais vraiment. Il souligne d'ailleurs cette nostalgie par son look moitié hippie, moitié rasta. Il porte des dreadlocks, des jeans pattes d'éléphant, des chemises à fleurs, des colliers, des bijoux en argent et il s'est fait faire plusieurs tatouages, notamment un chrysanthème dans le dos.

"Stand by my woman" (CD "Mama said")

Dès la sortie de son premier album, Lenny Kravitz est devenu une star, et cette image le dépasse.

"Pour être honnête, je n'ai jamais cherché à être une star. Je pensais faire partie d'un groupe. Je n'ai jamais pensé devenir chanteur. Je me voyais guitariste, bassiste ou batteur. Je pensais jouer dans des clubs, des bars ou devenir musicien de studio. Je n'ai jamais pensé devenir chanteur et enregistrer mon propre matériel, en tout cas pas avant 'Let love rule'. C'est arrivé tout naturellement, c'est sorti de moi."

Le succès de "Let love rule" entraîne Lenny dans les tourbillons d'une vie trépidante où pointent les premières rumeurs d'infidélité conjugale. On parle notamment d'une romance entre Lenny et Madonna, pour qui il vient d'écrire et de produire "Justify my love", un titre qui provoque par ailleurs une polémique. Cette chanson a été écrite avec Ingrid Chavez, une ancienne protégée de Prince, mais celle-ci ne retrouve pas son nom dans les crédits et elle décide d'intenter un procès à Lenny. Celui-ci paiera, mais il explique qu'il n'a pas voulu que leurs deux noms soient associés à ce moment précis, par respect pour sa femme, Lisa Bonet, dont il était en train de se séparer.

"I belong to you" (CD "5")

En mars 1991, Lenny Kravitz produit le Peace Choir, un collectif d'artistes qui reprennent l'hymne de John Lennon, "Give peace a chance", pour protester contre la Guerre du Golfe. En même temps, il publie son deuxième album, "MAMA SAID". Comme c'était le cas pour le précédent, il en a assuré la production et il y joue quasiment de tous les instruments. Lenny Kravitz nous explique comment il travaille.

"Je compose avec des instruments acoustiques ou alors dans ma tête. J'écris au piano ou à la guitare acoustique. Ou bien, j'entends toute la chanson dans ma tête avant de l'enregistrer. Quand j'entre en studio, je commence par la partie de batterie qui va déterminer le rythme du morceau. Et puis j'y ajoute de la guitare ou du piano pour lui donner du corps. Ensuite, j'y ajoute encore une autre partie de guitare, la basse et enfin les vocaux. A partir de là, j'imagine des arrangements de cordes et d'une façon plus générale, j'y intègre tout ce que je pense nécessaire. Mais tout au long des sessions, je n'arrête pas de construire, encore et encore."

Sur "Mama said", Lenny Kravitz bénéficie tout de même de quelques participations. Sean Lennon joue du piano et Slash, son ancien copain de classe, tient la guitare sur deux titres, "Fields of joy" et "Always on the run". C'est à ce moment que Lenny rencontre Craig Ross, l'ancien guitariste du groupe californien Broken Homes, à qui il demande de venir le seconder pour le "Mama Said Tour". Depuis cette tournée, Craig Ross est devenu un de ses collaborateurs les plus proches.

"Always on the run" (CD "Mama said")

Grâce aux succès conjugués de "Always on the run", "It ain't over 'til it's over" et "Stand by my woman", l'album "Mama said" est très vite certifié multi-platine. Lenny Kravitz persiste et signe : il reste accroché aux mêmes influences et cite les mêmes références tout au long de ses chansons dont plusieurs évoquent ouvertement l'échec de son mariage. L'amour est d'ailleurs une composante quasi constante de son répertoire.

"C'est un élément que l'on retrouve souvent dans les chansons, la recherche de l'âme sœur, de la personne idéale. Mais là, je me suis rendu compte que je faisais fausse route. On ne peut pas trouver cette personne idéale, ça doit se faire tout seul. Dans ce sens, je dois avouer que je me sens coupable d'avoir essayé de provoquer le destin, d'avoir voulu obtenir à tout prix ce dont j'avais envie. Ça m'a servi de leçon et j'ai décidé de me calmer de ce côté-là."

"It ain't over 'til it's over" (CD "Mama said")

DEUXIÈME PARTIE

"Stillness of heart" (CD "Lenny")

Lenny Kravitz et Lisa Bonet viennent de divorcer. Le chanteur, qui vit mal cette séparation, reporte toute son énergie dans la musique. Le 30 mai 1991, sa tournée européenne fait étape au Zénith de Paris. Il se rappellera au bon souvenir du public français en écrivant et produisant "Vanessa", un album entièrement en anglais pour Vanessa Paradis. Comme les productions personnelles de Lenny, c'est un disque très marqué par les sonorités des années 60 et 70. Il paraît en octobre 92.
Lenny Kravitz multiplie les collaborations. Il chante sur scène avec Prince, il participe à "Wandering Spirit", l'album solo de Mick Jagger, et il travaille avec Aerosmith sur le titre "Line up", un extrait de leur album "Get a grip". Quant au nouveau single qu'il vient tout juste de publier, "Are you gonna go my way", il est difficile de ne pas y voir un nouveau témoignage de son admiration pour Jimi Hendrix.

"Are you gonna go my way" (CD "Are you gonna go my way")

"ARE YOU GONNA GO MY WAY" est aussi le titre générique du troisième album de Lenny Kravitz. Il sort en mars 1993. Le magazine "Rolling Stone" le décrit comme "une mosaïque de sons qui renvoient des échos de psychédélisme, de philly sound, de reggae et de rhythm & blues hard-core." "Are you gonna go my way", qui rapporte à Lenny un "MTV Video Music Award", est N°89 dans le classement MTV des "100 meilleures vidéos musicales de tous les temps". Deux autres extraits de l'album, "Heaven help" et "Believe", sont également des succès sur les radios alternatives et les chaînes vidéos américaines.

"Believe" (CD "Are you gonna go my way")

On retrouve alors Lenny Kravitz au cinéma. D'abord sur la bande originale du film "Génération 90", où il propose un titre inédit : "Spinning around over you". Puis il écrit, arrange et produit "Where are you now" pour la chanteuse Brandy. C'est un extrait de la musique du film "Batman forever". Lenny revient ensuite à sa propre carrière avec son quatrième album, "CIRCUS", en septembre 1995. Pour lui, le processus de création est toujours le même.

"Quand j'écris une chanson, certaines choses sont évidentes, mais parfois j'essaye de rechercher autre chose. Je ne sais pas exactement de quoi il s'agit, mais je sais que tant que je ne l'aurai pas trouvé, la chanson ne sera pas terminée. Et parfois, je veux simplement savoir ce que je recherche. Alors je commence, puis je fais des ajouts ou des retouches, un peu comme on le fait en peinture. Et je continue, souvent longtemps avant d'arriver à un résultat. Et parfois, ça débouche sur quelque chose d'inattendu."

Lenny Kravitz connaît un nouveau succès avec "Rock and roll is dead" et le magazine "Rolling Stone" lui consacre une de ses couvertures. Mais l'année 1995 se termine pour lui dans la douleur : sa mère, Roxie Roker, qui était atteinte d'un cancer, meurt  le 2 décembre à l'âge de soixante-six ans.

"Rock and roll is dead" (CD "Circus")

Après le décès de sa mère, Lenny Kravitz éprouve le besoin de faire le point. Avec sa grand-mère et sa fille, il se retire aux Bahamas, dans la maison qu'il s'est fait construire sur l'île d'Eleuthera, et il réfléchit à la suite à donner à sa carrière. Il veut commencer une nouvelle vie. Dans un premier temps, il décide de changer de look et de couper ses dreadlocks. "Il était temps de m'en séparer, dit-il, elles retenaient trop de vibrations et elles avaient connu toutes mes expériences. Il fallait que je m'en débarrasse". En même temps qu'il change d'image, Lenny Kravitz propose une musique différente. C'est ce que l'on constate en mai 98, lorsque paraît l'album "5", son album le plus personnel depuis le début de sa carrière.

"Depuis mon premier contrat, j'ai toujours eu le contrôle complet sur mes productions et ça continuera. Je n'ai jamais suivi de mode ou de chemin tout tracé. J'ai toujours fait ma musique, celle que je ressens, et c'est une expérience très passionnante. Chaque disque est différent. Qu'il se vende ou pas, il est ce qu'il est et rien que son existence est déjà un succès. Hier soir, après une séance de studio, je me suis fait cette réflexion qu'il n'existe pas de plus belle récompense que le fait d'enregistrer un disque, qu'il ait du succès ou pas, qu'on l'aime ou pas. La récompense est déjà là. La récompense, c'est que Dieu m'ait permis de le faire et de réaliser ainsi un rêve."

En novembre 1998, "Fly away", le premier single extrait de l'album "5", est N°1 pendant trois semaines consécutives dans les classements rock du Billboard.

"Fly away" (CD "5")

En décembre 1998, Lenny Kravitz se fait remarquer lors des trophées de la mode organisés par VH1 et le magazine Vogue : il est distingué comme "l'artiste le plus élégant". Plus sérieusement, en février 99, il remporte un premier Grammy Award : celui du "meilleur chanteur rock" pour le titre "Fly away". Il écrit, arrange et produit alors l'album "Street Faerie" pour sa protégée, Cree Summer, une actrice qui jouait dans la série "A different world" aux côtés de Lisa Bonet, sa première femme. Au même moment, on peut l'entendre dans la version de "Aïda" réalisée par Elton John et Tim Rice. On le retrouve aussi dans la bande originale du film "Austin Powers : the spy who shagged me", où il reprend "American woman", le grand succès du groupe canadien The Guess Who.

"American woman" (CD "Austin Powers : the spy who shagged me")

En février 2000, "American woman" vaut à Lenny Kravitz un deuxième Grammy Award, toujours dans la catégorie "meilleur chanteur rock". En octobre, il propose une première compilation tout simplement titrée "GREATEST HITS". On y trouve quatorze tubes et un  inédit, "Again", qui lui vaut dans la foulée son troisième Grammy Award. Les quinze titres qui composent ce "Greatest Hits" portent la même marque, celle d'un travail artisanal et personnel, au milieu d'une équipe fidèle qui l'accompagne depuis ses débuts ou presque, notamment l'ingénieur du son Henry Hirsch et le guitariste Craig Ross.

"Again" (CD "Greatest hits")

Alors que le single "Dig in" entre dans le Top 40 américain, Lenny Kravitz publie son sixième album studio, "LENNY", en octobre 2001. Au même moment, il cosigne et produit le titre "God gave me everything" pour le nouvel album solo de Mick Jagger, "Goddess in the doorway". En janvier 2002, il remporte l'American Music Award du "meilleur artiste pop-rock" et un quatrième Grammy consécutif dans la catégorie "meilleur chanteur rock". Puis c'est Sheryl Crow qui l'invite à chanter sur "You're an original", un extrait de son album "C'mon, c'mon". Pour Lenny Kravitz, toutes ces activités répondent à un besoin vital, car c'est la musique qui lui a véritablement permis de s'affirmer, de se réaliser.

"J'ai trouvé mon accomplissement d'abord à travers la vie. Le plus drôle, c'est que c'est la rock music qui m'a donné les moyens de m'exprimer. Quand je repense à mes disques, ce sont tous des moments, des instantanés de ma vie. Et si je n'avais pas eu la musique, je n'aurais sans doute pas pu exprimer toutes ces choses. Mais c'est vrai, on peut dire que le rock 'n' roll m'a été d'une aide précieuse."

"Dig in" (CD "Lenny")

Lenny Kravitz reprend alors la route pour sa première grande tournée mondiale depuis trois ans. On en retrouve des extraits dans le DVD "LENNY LIVE", qui paraît en novembre 2002. En mars 2003, alors que les troupes américaines envahissent l'Irak, Lenny publie le titre "We want peace", qu'il a enregistré avec des musiciens irakiens, palestiniens et libanais. Dans son studio de Miami, il prépare ensuite un nouvel album qui doit être entièrement funk. Mais après un séjour à New York où il est pris par la nostalgie de ses débuts, il change d'avis. Il reprend sa guitare et compose de nouvelles chansons, comme pour revenir aux sources de sa musique. Cela donne "BAPTISM", l'album qui paraît en mai 2004. Le premier single qui en est extrait, "Where are we runnin'", fait directement référence aux questions que Lenny s'est posées à un certain moment sur sa vie de star, et sur la vie en général.

"Cette chanson montre qu'une vie comme celle que j'ai menée, avec tous ses excès, est une vie sans âme, où tout est éphémère. Le personnage que je décris en fin de compte, certains peuvent l'envier, penser qu'il mène une vie extraordinaire. Mais il est en train de se détruire. Il n'a pas de substance, il n'a pas d'âme. Il ne fait que traverser la vie, il est presque mort. Tout va trop vite pour lui. Ce n'est qu'une succession de voyages en avion, des drogues dès le matin, et puis les fêtes, l'alcool, les femmes. On l'invite à des soirées où il ne fait que passer, on le prend en photo, et puis il doit repartir pour assurer son show. C'est carrément la folie. Et c'est là qu'il se dit : "Mais qu'est-ce que je suis en train de faire ?"

"Where are we runnin'?" (CD "Baptism")

Pour l'essentiel, Lenny Kravitz a réalisé "BAPTISM" entièrement seul, de l'écriture à la production en passant par l'interprétation. Le résultat, d'une pureté et d'une sobriété retrouvées, correspond parfaitement au personnage qu'il est devenu.

"Je n'ai pas vraiment de problème avec ce qu'est devenue ma vie. Ça correspond à ce que je fais. J'aime faire de la musique. J'aime partager cette musique avec les gens. J'ai du succès, donc tout est lié. Ça ne me pose aucun problème. Mais il m'arrive parfois de me réveiller et de regretter ma vie d'avant, quand je pouvais sortir de chez moi, me promener en ville, aller dans un café ou tout simplement regarder les gens. Me balader tranquillement, ça me manque. Ce qui me manque, c'est cette liberté."

"Lady", le deuxième single extrait de "Baptism", évoque les quelques mois pendant lesquels Lenny Kravitz a partagé la vie de Nicole Kidman, à la fin de l'année 2003.

"Lady" (CD "Baptism")

Lenny Kravitz considère "Baptism" comme un retour aux sources, un retour à la simplicité. Et c'est dans cette simplicité qu'il trouve la plus grande satisfaction.

"Les chansons les plus fortes sont celles qui arrivent rapidement. Sur mon dernier album, il y a un titre qui s'appelle 'Calling all angels'. Il a été écrit et enregistré en quelques minutes à peine. Les vocaux n'étaient au départ qu'une ébauche, un peu comme quand on se met au micro et qu'on fredonne la mélodie pour avoir une idée de son développement. Mais là, les mots se sont imposés d'eux-mêmes et c'était très intense. C'était quelque chose de très pur, d'une grande pureté. C'est sans doute une des meilleures chansons que j'aie écrites."

"Calling all angels" (CD "Baptism")

La simplicité, le retour aux sources constatés sur "Baptism", on les retrouve en février 2008 sur le huitième album studio de Lenny Kravitz, "IT IS TIME FOR A LOVE REVOLUTION". Contrairement à un passé récent, il a souhaité un son plus brut, débarrassé notamment des synthétiseurs. Quant au message, il n'a pas varié : la révolution de l'amour reste à faire et le chanteur y apporte une contribution sincère et optimiste. Ecoutons Lenny évoquer le contenu de cet album.

"Ça parle de ce qui se passe aujourd'hui dans notre monde. Il y a beaucoup de choses négatives, des choses que nous avons mal faites et il est temps pour ceux d'entre nous qui croient à l'amour de se lever et de se faire entendre. Il faut que nous utilisions nos pouvoirs parce que nous sommes la révolution, elle nous concerne. Nous devons changer les choses, chacun de nous personnellement. A nous de décider comment nous allons faire et ce que nous voulons faire pour notre monde. Il faut davantage d'amour. Il n'y en a pas assez et c'est ça la question."

S’il n’avait pas été musicien, Lenny Kravitz aurait aimé être designer. C’est sans doute ce qui l’a poussé à fonder Kravitz Design, une société spécialisée dans l’architecture intérieure, la création de meubles et d’objets de décoration. Kravitz Design a notamment créé un chandelier baptisé "Casino Royale" pour la marque de cristal Swarovski.

"I'll be waiting" (CD "It is time for a love revolution")

Lenny Kravtiz est un musicien, un designer. Lenny Kravitz est aussi un acteur. En janvier 2009, on a pu le voir dans le film "Precious", où il joue le rôle d'un infirmier. On le retrouvera l'an prochain dans "Selma", qui évoque le début de la révolte pour les droits civiques aux Etats-Unis, puis dans "Hunger games", l'adaptation au cinéma du roman de science-fiction de Suzanne Collins.
Mais pour l'instant, c'est la musique que Lenny a choisi de privilégier. Après avoir donné quatre concerts en première partie de U2 sur la Côte Ouest des Etats-Unis en juin dernier, il vient de publier son nouvel album, "BLACK AND WHITE AMERICA", qui paraît sur un nouveau label, Roadrunner Records. Il l'a réalisé aux Bahamas et à Paris avec son fidèle complice Craig Ross, et avec la participation de plusieurs de ses amis comme Jay-Z, Drake et Trombone Shorty.
Lenny Kravitz donnera très bientôt neuf concerts en France. Il sera le 15 octobre à Amiens, le 18 à Strasbourg, le 20 à Montpellier, le 21 à Toulouse, le 23 à Nantes, le 24 à Lille, le 29 à Rouen, puis le 28 novembre à Lyon et le 29 à Paris-Bercy. Dans l'intervalle, il se produira le 30 octobre en Belgique à Anvers et le 1er novembre à Luxembourg.

"Life ain't ever been better than it is now" (CD "Black and white America")

    DISCOGRAPHIE :
   
-    "LET LOVE RULE" (album – 1989)
-    "MAMA SAID" (album – 1991)
-    "ARE YOU GONNA GO MY WAY" (album – 1993)
-    "CIRCUS" (album – 1995)
-    "5" (album – 1998)
-    "GREATEST HITS" (compilation – 2000)
-    "LENNY" (album – 2001)
-    "LENNY LIVE" (DVD – 2002)
-    "BAPTISM" (album – 2004)
-    "LIVE AT BUDOKAN, TOKYO 1995" (DVD – 2007)
-    “IT IS TIME FOR A LOVE REVOLUTION” (album – 2008)
-    "ONE NIGHT IN TOKYO" (DVD – 2010)
-    "BLACK AND WHITE AMERICA" (album – 2011)
   
    PARTICIPATIONS :
   
-    MADONNA : "JUSTIFY MY LOVE" (single – 1990)
-    "PEACE CHOIR" (maxi CD – 1991)
-    "LENNON : A TRIBUTE" (compilation – 1991)
-    "EARTHRISE : THE RAINFOREST ALBUM" (album – 1992)
-    VANESSA PARADIS : "VANESSA" (album – 1992)
-    MICK JAGGER : "WANDERING SPIRIT" (album – 1993)
-    AEROMSITH : "GET A GRIP" (album – 1993)
-    BAHA MEN : "KALIK" (album – 1994)
-    "A TRIBUTE TO CURTIS MAYFIELD" (compilation – 1994)
-    "KISS MY ASS (CLASSIC KISS REGROOVED)" (compilation – 1994)
-    "REALITY BITES" (BO – 1994)
-    "BATMAN FOREVER" (BO – 1994)
-    COLIN JAMES : "BAD HABITS" (album – 1995)
-    "X-GAMES, Vol. 1 : MUSIC FROM THE EDGE" (compilation – 1996)
-    "LIVE ON LETTERMAN" (live album – 1997)
-    INQBATOR : "HATCHED" (album – 1997)
-    STEVE WINWOOD : "JUNCTION SEVEN" (album – 1997)
-    PRAS : "GHETTO SUPERSTAR" (album – 1998)
-    "THE WATERBOY" (BO - 1998)
-    CREE SUMMER : "STREET FAERIE" (album – 1999)
-    ELTON JOHN – TIM RICE : "AÏDA" (album – 1999)
-    "AUSTIN POWERS : THE SPY WHO SHAGGED ME" (BO – 1999)
-    ANGIE STONE : "BLACK DIAMOND" (album 1999)
-    BUSTA RHYMES : "ANARCHY" (album – 2000)
-    ULTRA NATÉ : "STRANGER THAN FICTION" (album – 2001)
-    MICK JAGGER : "GODDESS IN THE DOORWAY" (album – 2001)
-    BAHA MEN : "MOVE IT LIKE THIS" (album – 2002)
-    MARY J. BLIGE : "NO MORE DRAMA" (album – 2002)
-    SHERYL CROW : "C'MON, C'MON" (album – 2002)
-    JAY-Z : "THE BLUEPRINT 2 : THE GIFT AND THE CURSE" (album – 2002)
-    "BAD BOYS 2" (BO – 2003)
-    "UNITY – 2004 ATHENS OLYMPICS" (compilation – 2004)
-    “MAKE SOME NOISE – SAVE DARFUR” (compilation – 2007)
-    “GOIN’ HOME – A TRIBUTE TO FATS DOMINO” (compilation – 2007)
-    "CHANGE IS NOW : RENEWING AMERICA'S PROMISE" (compilation – 2009)


Lire la suite
Musique
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7771238242
La Saga de Lenny Kravitz
La Saga de Lenny Kravitz
La première Saga de la nouvelle saison est consacrée à Lenny Kravitz, à l'occasion de la sortie de son neuvième album studio, "Black and white America", et avant sa tournée française de neuf dates qui se terminera le 29 novembre à Paris-Bercy. Fidèle au style qui a fait son succès depuis plus de vingt ans, le chanteur propose une musique toujours très riche, qui emprunte aussi bien au rock qu'à la soul, avec de nombreuses références aux années 60 et 70. Sincère et convaincant au micro de Saga, Lenny Kravitz, qui rêve toujours de paix et d'amour universels, explique la place essentielle que la musique occupe dans sa vie.
https://www.rtl.fr/culture/musique/saga-la-saga-de-lenny-kravitz-7771238242
2011-08-26 08:01:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/leDlfSfCJ-s7iQNzwsMX1g/330v220-2/online/image/2011/0823/7712725708_georges-lang-lenny-kravitz.jpg