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La Saga de George Harrison


George Harrison nous a quittés il y a tout juste dix ans, emporté par la maladie. Cet anniversaire est célébré par la sortie conjointe d'un livre et d'un film qui portent le même titre, "Living in the material world", en référence à l'album solo que George avait publié en 1973. A cette occasion, Saga retrace le parcours du plus discret des Beatles, une histoire illustrée de nombreuses interviews du chanteur guitariste qui s'exprimait librement sur tous les sujets, avec souvent une pointe d'humour très "british".

george harrison
george harrison


LA SAGA DE GEORGE HARRISON DANS SON INTÉGRALITÉ

"Living in the material world" (CD "Living in the material world")

Au sein des Beatles, George Harrison occupait une position difficile que le producteur George Martin résumait dans cette phrase : “Son grand talent aurait dû croître et exploser dans n’importe quel autre contexte. Là, il restait écrasé sous le poids de deux génies”. Pourtant, avec le groupe ou en solo, le guitariste discret et timide n’a jamais manqué de talent, et il suffit de réécouter “Taxman”, “Something” ou “My sweet Lord” pour en être persuadé.
George Harrison nous a quittés le 29 novembre 2001 à l'âge de cinquante-huit ans. C'était il y a dix ans. Aujourd'hui, sa mémoire est saluée par un long documentaire de Martin Scorsese : "LIVING IN THE MATERIAL WORLD". Il montre bien la double personnalité de George, tiraillé entre la spiritualité dont il recherchait la perfection et le monde matériel dans lequel il vivait.

"Living in the material world" (CD "Living in the material world")

George Harrison est né le 25 février 1943 à Liverpool, dans le quartier de Wavertree. Son père, Harold Harrison, est stewart sur un bateau de la compagnie White Star Line, un métier qu’il abandonnera bientôt pour devenir chauffeur de bus. Sa mère, Louise French, était vendeuse avant de se consacrer exclusivement à ses quatre enfants dont George est le cadet. A l’âge de treize ans, George achète sa première guitare et il joue dans le groupe de son frère, les Rebels. Il vient de découvrir un nouveau style de musique. Ecoutons George.

"Je devais avoir douze ou treize ans quand j'ai entendu 'I'm in love again' de Fats Domino. C'est la première fois que j'entendais un disque de rock."

En 1958, George rencontre Paul McCartney dans le bus qui les mène à l'école. Ils aiment la même musique, ils se lient d'amitié et Paul nous raconte comment il a présenté George à John Lennon.

"Il nous fallait un bon guitariste. John et moi, nous jouions un peu de guitare, mais pas en solo, parce qu'on n'était pas assez bons pour ça. Je lui ai dit : 'Je connais quelqu'un, il est peut-être un peu jeune, mais il est bon.' John était un peu mitigé. Il voulait voir. J'ai donc demandé à George s'il voulait nous rencontrer et il a accepté. Il avait apporté sa guitare. On était à l'étage d'un bus à impériale à Liverpool, près de chez John, à Woolton. Il n'y avait personne dans le bus. C'était tard le soir. Et John lui a demandé de nous montrer comment il jouait. Alors, je lui ai dit : 'Vas-y, prends ta guitare !' Il a sorti sa guitare et il nous a joué 'Raunchy'."

Le morceau dont vient de parler Paul McCartney, "Raunchy", était un classique des Ventures, un instrumental créé en 1957. Paul et George rejoignent alors John Lennon dans le skiffle-group The Quarrymen. Après les Quarrymen, il y aura les Moondogs, les Silver Beatles et, à partir d’août 62, les Beatles.
George Harrison est le plus jeune du groupe. Il tient sa place discrète de guitariste dans l’ombre du tandem Lennon-McCartney et loin derrière les pitreries de Ringo. Fin août 63, les Beatles donnent une série de concerts au Gaumont Theater de Bournemouth. C’est à ce moment que George franchit le pas et écrit sa première chanson, “Don’t bother me”.

"Don't bother me" (CD "With the Beatles")

"Don’t bother me” est un extrait de “WITH THE BEATLES”, le deuxième album du groupe qui paraît en novembre 1963. Avril 65 est une autre date importante dans la carrière de George Harrison. Pendant le tournage du film “Help !”, dans un restaurant indien, il entend pour la première fois le son du sitar. Bientôt, il rencontre Ravi Shankar qui devient son ami et qui lui enseigne les premiers rudiments de cet instrument. Mais cette rencontre va bien au-delà de la musique.

"Ravi Shankar et le sitar, c'était une sorte de prétexte pour tenter de trouver un lien spirituel. J'ai lu des textes de saints hommes, de Swamis, de mystiques, et je suis allé à leur rencontre. Ravi et son frère m'ont donné de nombreux livres d'hommes sages, notamment d'un certain Swami Vivekananda qui a dit : 'S'il y a un Dieu, vous devez Le voir. S'il y a une âme, on doit la percevoir. Sinon, il vaut mieux ne pas croire. Mieux vaut être un athée sincère qu'un hypocrite.' Pendant toute mon enfance, on avait essayé de m'élever dans la foi catholique en me disant de croire à tout ce qu'on me disait sans en avoir l'expérience directe. Et entendre quelqu'un en Inde qui disait qu'on ne peut croire à quoi que ce soit sans en avoir une perception directe, j'ai trouvé ça vraiment fantastique. Voilà enfin quelqu'un qui a un discours qui tombe sous le sens. Et j'ai voulu creuser plus loin dans cette direction."

Dans la musique des Beatles, le sitar fait son apparition en décembre 65 dans “RUBBER SOUL”, plus précisément sur “Norwegian wood” qui est une composition de John Lennon. En 1966, George Harrison signe son premier morceau entièrement réalisé au sitar, “Love you too”. C'est un extrait de "REVOLVER".

"Love you too" (CD The Beatles : "Revolver")

C’est George Harrison qui présente les trois autres Beatles à son gourou, le Maharashi Mahesh Yogi. Par cette démarche, il devient le principal responsable de l’attrait que vont exercer l’Inde et sa culture sur toute une génération occidentale. En ce qui le concerne, cet intérêt ne s’est jamais vraiment démenti. A cette époque, George donne l'image d'un jeune homme calme et pondéré.

"C'est ce qu'on dit, mais parfois, je suis turbulent. J'ai eu aussi cette réputation d'être turbulent, en même temps que celle du type tranquille. Parfois, j'aimais bien sortir, faire la fête et me défouler. Tout cela pour dire que je ne suis pas aussi calme qu'on veut bien le dire. Ça, c'est dans les Rutles, le pastiche des Rutles, où on montre le type tranquille qui n'a pas dit un mot depuis quinze ans !"

Avec les Beatles, George Harrison a écrit vingtdeux chansons. Outre celles déjà évoquées, il faut citer “I need you” et “You like me too much” sur “HELP !” ; ainsi que “Think for yourself” et “If I needed someone” sur “RUBBER SOUL”.

"Je composais davantage et quelques titres finissaient sur les albums. C'était bien. Et ça collait bien avec le reste, ce n'était pas simplement pour me faire une petite place."

En août 66, son talent s’affirme sur “REVOLVER” avec ”I want to tell you” et surtout “Taxman”.

"Taxman" (CD The Beatles : "Revolver")

Les dernières années des Beatles sont les plus prolifiques pour George Harrison. Sur “MAGICAL MYSTERY TOUR”, il écrit “Blue jay way”, puis "The inner light", la face B du 45-tours “Lady Madonna”. Fin 68, il signe quatre titres sur le double album blanc "THE BEATLES”, notamment “While my guitar gently weeps”, qui fait jeu égal avec les meilleures compositions du tandem Lennon / McCartney. Pourtant, "While my guitar gently weeps" a eu beaucoup de mal à prendre forme, jusqu'à ce que George ait l'idée de faire appel à son ami Eric Clapton.

"C'était nul. On essayait de l'enregistrer, mais ça ne donnait rien. Ils ne la prenaient pas au sérieux. J'ai même l'impression qu'ils ne jouaient pas tous dessus. En rentrant le soir à la maison, je me suis dit que c'était une honte, car je savais que c'était une bonne chanson. Le lendemain, j'étais en voiture à Londres avec Eric Clapton et je lui ai demandé s'il voudrait venir au studio et jouer ce titre pour moi. Il m'a répondu : 'Non, je ne pense pas. Personne n'a jamais joué sur un de vos disques, ils risquent de ne pas apprécier.' Je lui ai dit : 'C'est ma chanson et je voudrais que tu joues dessus."

"While my guitar gently weeps"
(CD "The Beatles")


Quand on demandait à George Harrison quelle était sa chanson préférée des Beatles, voici ce qu'il répondait.

"Je ne peux pas dire que j'ai une chanson préférée. Il y en a beaucoup que j'aime bien. Par exemple, j'aime beaucoup I am the walrus, un titre qui a été écrit par John Lennon, ainsi que Strawberry fields forever, une autre bonne chanson de John. Je crois que ma chanson préférée écrite par Paul McCartney, c'est She's leaving home."

En janvier 69, George Harrison compose deux titres pour la bande originale du  dessin  animé “YELLOW SUBMARINE” : ”It’s all too much” et “Only a northern song”. Il est aussi l’auteur de “Old brown shoe”, la face B du 45-tours “The ballad of John & Yoko” ; de “I, me, mine” et “For you blue” sur l’album “LET IT BE” ; et enfin, de “Here comes the sun” et “Something” sur “ABBEY ROAD”. “Something” est le seul 45-tours des Beatles signé George Harrison et il est temps, puisque “Abbey Road” est aussi le dernier album enregistré par les Fab Four. C’est également une grande réussite commerciale, “Something” étant la chanson la plus diffusée dans le monde au cours de l’année 1971.
   
 "Something" (CD The Beatles : "Abbey Road")
   
Avec la fin des Beatles, chacun s’engage dans une carrière solo, carrière que pour sa part George Harrison a déjà bien entamée. George revient sur la séparation du groupe.
   
"Il est évident qu'être dans les Beatles, ça nous a donné les moyens de faire beaucoup de choses quand nous étions plus jeunes, mais ça a fini par nous étouffer. Il y avait  beaucoup trop de contraintes, tout ça devait s'autodétruire. Moi, ça ne me dérangeait pas que l'un de nous veuille partir. Moi-même, je me voyais vivre beaucoup mieux en quittant le groupe."
   
En novembre 1968, à Bombay, en Inde, George enregistre “WONDERWALL MUSIC”, la bande originale de “Wonderwall”, un film de Joe Mussot. C’est le premier album qui sort sur le tout nouveau label Apple. En mai 69, il réalise “ELECTRONIC SOUND”, un travail expérimental qui paraît sur un label tout aussi expérimental, Zapple. Mais le premier véritable album solo de George date de novembre 70 : c’est le triple “ALL THINGS MUST PASS”. Il a été coproduit par le légendaire Phil Spector qui évoque un aspect de la personnalité de George Harrison.
   
"C'était un perfectionniste. Pour 'My sweet Lord', il a fallu douze heures rien que pour les overdubs du solo de guitare. Il travaillait sur neuf harmonies en même temps. Et il devait avoir ça en trois exemplaires ; des harmonies en six parties, avant d'opter finalement pour une harmonie en deux parties. Il était perfectionniste. En fait, non, ce n'est pas le bon mot. Tout le monde peut être perfectionniste. Lui, il était bien au-delà de tout ça. Il voulait que ce soit parfait et il multipliait les essais. Il expérimentait, à l'infini".
   
Enregistré avec la participation de Dave Mason, Billy Preston et Eric Clapton, “All things must pass” est un best-seller instantané. On y dénombre au moins trois tubes : “What is life”, “Isn’t it a pity”, et surtout “My sweet Lord”.
    
"My sweet Lord" (CD "All things must pass")
   
"My sweet Lord" est N°1 aux Etats-Unis en décembre 1970, avant de connaître le même succès en Angleterre un mois plus tard. C'est le producteur Phil Spector qui avait insisté pour qu'il paraisse en 45-tours.
   
"L'album a nécessité six mois de travail. George avait tout son temps. D'ailleurs, il ne savait pas trop s'il avait vraiment envie que le disque sorte. En fait, plus on prenait de temps, plus il était content. J'ai choisi 'My sweet Lord' parmi tous les titres car je pensais que ce serait un tube.  J'ai dû me battre, car les autres la trouvaient trop religieuse. Mais pour moi, ça n'avait pas d'importance, c'était la chanson la plus commerciale. George était inquiet. Il craignait que le public ne soit pas prêt à entendre 'Hare Krishna' ou 'My sweet Lord'. Mais pour moi, c'était un tube."
   
Premier N°1 pour un ex-Beatle en solo, “My sweet Lord” vaut à George Harrison de nombreux déboires. On l’accuse en effet d’avoir plagié un titre enregistré en 1963 par les Chiffons, “He’s so fine”. Ce n’est qu’après un procès qui va s’étaler sur plus de dix ans qu’il sera définitivement blanchi.
Le 1er août 1971, à la demande de Ravi Shankar, George Harrison accepte d’organiser au Madison Square Garden de New York deux concerts de charité pour venir en aide aux victimes de la famine qui sévit alors au Bangladesh. George parvient à obtenir les participations prestigieuses de Ringo Starr, Billy Preston, Leon Russell et surtout, il réussit à décider Eric Clapton et Bob Dylan qu’on n'a pas vus sur  scène depuis un bon moment.
Ces deux concerts donnent naissance à un film et à un triple album, “THE CONCERT FOR BANGLA DESH”, qui paraît le 16 décembre 1971. L’opération est un succès commercial et musical, mais du point de vue humanitaire, c'est un échec. Les concerts, le film et le disque ont réuni des sommes considérables (on parle de plus de quinze millions de dollars), mais seule une petite partie atteindra sa destination première. Le reste se perdra en cours de route, mais certainement pas pour tout le monde.
   
"Bangla Desh" (CD "The concert for Bangla Desh")
   
En 1972, le triple album “The concert for Bangla Desh” obtient le Grammy Award du "meilleur album de l’année". Après avoir participé au film “Raga” de Ravi Shankar, George Harrison achève son deuxième album solo en mai 1973, “LIVING IN THE MATERIAL WORLD”, où l’on remarque la présence de Ringo Starr. Malgré l’énorme succès du 45-tours “Give me love (give me peace on earth)” qui est N°1 aux Etats-Unis, l’album est décrié par la critique qui lui reproche son manque d’inspiration. Ce qui est sûr, c'est que George ne fait aucune concession. Sa musique reste délibérément hors modes.
   
"Oui, c'est vrai, c'est exact. Les modes, elles vont, elles viennent. Les Beatles en ont créé plusieurs, que ce soit pour l'habillement, pour le look, ou pour les sons qui font maintenant partie de notre musique. Mais en même temps, je veux rester comme je suis, et faire ce qui me correspond. Je ne veux pas faire de la musique à la mode pour qu'elle corresponde au goût du jour. Je préfère qu'elle soit suffisamment bonne pour plaire aujourd'hui et rester attractive l'année prochaine."
   
"Give me love (give me peace on earth)" (CD "Living in the material world") 

En novembre 1973, George Harrison participe à “RINGO”, le troisième album solo de l'ancien batteur des Beatles. Il co-signe le titre “Photograph”, qui est n°1 aux Etats-Unis. Puis il crée son propre label, Dark Horse Records, sur lequel il signe notamment son vieil ami Ravi Shankar.
En octobre 74, il se sépare de Patti Boyd qu’il avait épousée le 21 janvier 66. Il entame alors une tournée nord-américaine qui se solde par un échec. Non seulement George est en butte à des problèmes de voix, mais toutes ses prestations pâtissent d'une sonorisation épouvantable. Cette expérience lui laisse un si mauvais souvenir qu’il mettra dix-sept ans avant de remonter sur scène ! Et comme il l'avoue lui-même, George n'est pas à proprement parler un chanteur.
   
"Je suis chanteur par nécessité. J'écris des chansons, je chante et je joue de la guitare, mais très modestement. Je ne me considère pas vraiment comme un chanteur. Je me considère comme quelqu'un qui écrit des chansons et qui les enregistre en essayant que ça tienne debout. Et quand c'est terminé, on mixe, et là, c'est bon. Mais si on prend uniquement le chant, la guitare, la batterie ou un autre élément, c'est moins évident. En fait, on ne peut pas dire que je sois un grand chanteur ou un bon instrumentiste."
   
L'album “DARK HORSE” paraît le 6 décembre 74, toujours avec Ringo à la batterie. On y trouve une version remaniée de “Bye bye love” des Everly Brothers. C’est un dernier adieu à Patti Boyd qui, quelque temps après leur divorce, est devenue la compagne d’Eric Clapton. Mais ce nouveau disque ne parvient pas à redorer le blason terni de George Harrison. Le single "Ding Dong Ding Dong" est N°38 en Angleterre, N°36 aux Etats-Unis.
   
"Ding Dong Ding Dong" (CD "Dark horse")
   
C'est en septembre 1975 que George Harrison produit l'album “EXTRA TEXTURE (Read all about it)”. Le titre “You” grimpe jusqu’à la vingtième place dans les hit-parades, suivi par “This guitar (can’t keep from crying)”, un remake inutile de “While my guitar gently weeps”. On pourrait croire qu'il a alors du mal à se défaire de son image d'ancien Beatle.
   
"Je ne pense pas à ce statut d’ancien Beatle. Sauf lorsqu’on me pose des questions à ce sujet ou qu'on vient m'interviewer pour la télévision ou ce genre de choses. Le reste du temps, je suis simplement moi-même. Je ne pense pas constamment aux Beatles."

En janvier 1976, George Harrison, qui était toujours sous contrat avec Apple, se signe sur son propre label, Dark Horse Records. Le septième album de sa carrière solo paraît en novembre 1976. Il s'appelle  “THIRTY-THREE AND A THIRD”. Son titre fait référence à la vitesse de rotation du disque, trente-trois tours un tiers, mais aussi à l’âge de George au moment de sa sortie, trente-trois ans et quatre mois. On y remarque “This song”, où il raconte ses démêlés avec la justice dans l’affaire “He’s so fine” / “My sweet Lord”. Au même moment, Apple publie “THE BEST OF GEORGE HARRISON”, une compilation de treize titres : sept de la période “Beatles” et six provenant de sa carrière solo.
   
"You" (CD "Extra texture (read all about it)")
   
DEUXIÈME PARTIE
   
"Cloud nine" (CD "Cloud nine")
   
George Harrison a publié son septième album solo, "Thirty-three and a third" en novembre 1976. En mars 78, on peut  le voir interpréter un petit rôle dans une parodie des Beatles, “All you need is cash”, réalisée par Eric Idle, un membre des Monty Python. Le 2 septembre 1978, George épouse Olivia Arias. Ils ont un fils, Dhani, qui est né un mois plus tôt, le 1er août.
En février 79, il revient à la musique avec un nouvel album qui porte simplement son nom, “GEORGE HARRISON”. On en extrait le 45-tours “Blow away” qui entre dans le Top Twenty. C'est un titre souligné par ce son de guitare qui est devenu la signature de George.
   
"Je joue de la slide guitar, mais je joue aussi avec mes doigts sur certains titres. Mais je joue de la slide guitar depuis la fin des années 60 et c'est devenu une signature que beaucoup considèrent comme mon style. Ce n'est pas moi qui le dit, mais beaucoup de gens. La slide guitar a un son particulier et je pense que cette sonorité de guitare, beaucoup m'identifient à elle."
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George Harrison participe au financement du film des Monty Python, “La vie de Brian”, qui sort en septembre 79. C’est une expérience qu’il renouvellera deux ans plus tard avec “Time bandits”, écrit et réalisé par Terry Gilliam avec la même équipe. Associé à l'homme d'affaires américain Dennis O'Brien, George a d’ailleurs monté une maison de production : "Handmade Films".
   
"Blow away" (CD "George Harrison")
   
En août 1980, George Harrison publie son autobiographie, “I, me, mine”, reprenant le titre d'une de ses compositions qui figure sur l’album “Let it be” des Beatles. Il s'y explique sur la direction qu'il a voulu donner à sa vie.
   
"On dit que je suis l'ancien Beatles qui a le plus changé, mais pour moi, la vie c'est le changement. A moins d'être croyant, il faut changer, sinon, on perd son temps. Tout est tellement limité, on se sent vraiment inutile quand on pense à nos limites sur terre. Il faut changer, essayer de toujours s'améliorer. Dans le monde matériel, il faut changer."
   
Sur le plan musical, George obtient un gros succès avec une chanson écrite à la mémoire de John Lennon, “All those years ago”, qui est N°2 aux Etats-Unis en mai 1981. Ce titre a été enregistré avec Ringo Starr, Paul et Linda McCartney, et on le retrouve sur l'album de George Harrison qui sort au même moment : “SOMEWHERE IN ENGLAND”.
   
"All those years ago" (CD "Somewhere in England")
   
Après l'album “GONE TROPPO” et le single "Wake up my love", fin 1982, George Harrison partage son temps entre loisirs et vie familiale, une vie bien différente de celle qu'il avait connue avec les Beatles.
   
"A l'époque des Beatles, il se passait beaucoup de choses. Partout où on allait, il y a avait du monde. On n'était jamais tranquilles et on faisait vraiment beaucoup de choses. Quand j'y repense, il nous arrivait de publier trois singles, deux albums, de tourner en Amérique, à Hong Kong, en Europe et en Angleterre, tout cela en une seule année. Aujourd'hui, rien que pour enregistrer un disque et faire sa promotion, j'ai l'impression que ça prend une année. Les Beatles n'arrêtaient pas, mais on était jeunes à l'époque."
   
George vit tranquillement avec sa seconde femme, Olivia, et leur fils Dhani. Il prend le temps de  se consacrer à ses trois passions en dehors de la musique : le jardinage, la course automobile et la production cinématographique. C'est en 1985, après trois années de silence, qu'il renoue avec la musique. En mars, il interprète une chanson de Bob Dylan, “I don’t want to do it”, sur la bande originale du film "Porky's Revenge". En juin, on le retrouve sur une autre bande originale, celle du film “Water”, où il chante une de ses compositions, un inédit intitulé “Focus of attention”. Mais il faudra attendre encore deux années pour que George Harrison revienne avec un nouvel album.
   
"Wake up my love" (CD "Gone troppo")
   
En novembre 1987, “CLOUD NINE” s’impose comme une grande réussite dès sa parution. Et presque naturellement, George Harrison se retrouve N°1 des hit-parades américains avec “Got my mind set on you”, la reprise d'un titre créé par James Ray en 1962.
   
"C'est une chanson que nous avions enregistrée en vue de l'album et qui rendait bien. C'est un vieux titre que j'avais en tête depuis de nombreuses années et la façon dont on l'a arrangé lui a donné un son très actuel. C'est un bon vieux rock 'n' roll et on l'a gardé. La maison de disques, ou plutôt le département promotion, a écouté l'album et ils l'ont choisi pour être le premier single."
   
Ringo est toujours là, fidèle au poste, entouré d’amis comme Ray Cooper, Elton John, Jim Keltner, Gary Wright et Eric Clapton. Ensemble, ils ont réalisé un album attrayant de simplicité et de qualité. D’inspiration plus "Beatles" que jamais, parce qu’il a parfaitement assimilé la quintessence de toute une époque, George Harrison évoque avec humour un passé plein de souvenirs forts, très loin de toute nostalgie larmoyante.
   
"Got my mind set on you" (CD "Cloud nine")
   
Pour George Harrison, l'album "Cloud Nine" doit une bonne part de sa réussite à son producteur.
   
"L'album a été produit par Jeff Lynne, que l'on connaît à travers l'Electric Light Orchestra. J'aimais ELO et Jeff Lynne aimait beaucoup les Beatles, mais quand j'ai envisagé de travailler avec lui, je ne le connaissais pas. Je ne l'avais encore jamais rencontré. Je me suis arrangé pour qu'on prenne contact. On a mangé ensemble et on a parlé de tas de choses. J'ai appris à le connaître peu à peu. Ça a duré un an et puis je lui ai dit : 'J'ai l'intention d'enregistrer un album, est-ce que ça t'intéresserait de m'aider ?' Et il m'a dit : 'Bien sûr, j'aimerais te donner un coup de main.'"
   
George Harrison choisit alors de s’investir dans les Traveling Wilburys, qui ressuscitent avec bonheur le concept un peu oublié du supergroupe. C'est un projet qu'il partage avec Jeff Lynne, mais aussi avec Tom Petty, Bob Dylan et Roy Orbison. Le “VOLUME 1” de leurs aventures paraît en octobre 88 et le titre “Handle with care” se classe dans le Top 5 aux Etats-Unis.
   
"Handle with care" (CD "Traveling Wilburys, Vol. 1")
   
En octobre 1989, la compilation “BEST OF DARK HORSE 1976 - 1989” propose deux inédits, “Poor little girl” et “Cockamamie business”, ainsi qu’un titre que George Harrison a écrit pour la bande originale du film “L”arme fatale 2”, “Cheer down”. A ce moment de sa carrière, George essaye d'expliquer pourquoi ses chansons ont du succès auprès du grand public.
   
"Je me suis toujours senti très proche du public et de l'endroit où j'ai grandi. C'est pour cette raison, je pense, que j'ai toujours écrit des chansons sur des choses que tout le monde peut ressentir. Absolument tout le monde."
   
Et lorsqu'on lui demande quelle est sa composition préférée dans son répertoire, il garde sa réserve légendaire.
   
"Je ne sais pas. J'ai écrit des chansons que personne ne connaît parce qu'elles ne sont pas commerciales, des titres comme Save the world. J'ai aussi écrit une belle chanson qui s'appelle Life itself, sur l'album Somewhere in England. Je l'aime beaucoup. Il y en a quelques-unes comme ça que j'aime bien."
   
"Life itself" (CD "Somewhere in England")
   
George Harrison retrouve les Traveling Wilburys pour un deuxième album intitulé bizarrement “VOLUME 3” et qui paraît fin 1990. En novembre 1991, il est au Bray Studio de Windsor, en Angleterre, avec Eric Clapton et  son groupe. C’est là qu’il a choisi de préparer son grand retour sur scène, où il n'est plus remonté depuis sa tournée malheureuse de 1974. Pas très sûr de lui, mais encouragé par Clapton, George Harrison choisit de roder son show au Japon, dans un souci de discrétion. Et si tout se passe bien, il pourra se produire ensuite aux Etats-Unis et en Europe, devant un public qu'il avoue mal connaître.
   
"Je n'ai aucune idée de mon public. Je sais que parmi ceux qui achetaient les disques des Beatles et mes albums solo dans les années 70, il y en aura certainement qui achèteront mon nouvel album, mais je crois que mon public est constitué de tous ceux qui aiment mes disques. Je ne sais pas quel genre de personnes ils sont, mais je pense que tous ceux qui aiment ce que je fais maintenant constituent mon public."
   
En décembre 1991, Harrison et Clapton donnent une douzaine de shows à Osaka et Tokyo, largement couverts par la presse mondiale. Mais les résultats ne sont pas concluants et la tournée ne va pas plus loin, si l'on excepte un concert de charité au Royal Albert Hall de Londres le 6 avril 92. Les admirateurs européens et américains se consoleront avec le double CD “LIVE IN JAPAN” qui paraît en juillet 1992. A la fin de l'année, George Harrison est honoré par le magazine américain Billboard qui lui décerne son premier "Century Award".
   
"Here comes the sun" (CD "Live in Japan")
   
L'actualité de George Harrison rejoint alors celle des Beatles ; d'abord à l'occasion de la sortie du double CD "LIVE AT THE BBC". Malgré un intérêt plutôt archéologique qui semble le réserver aux inconditionnels, ce disque rencontre un succès populaire phénoménal. Dès lors, la petite phrase que George avait prononcée en 89, "les Beatles ne se reformeront pas tant que John sera mort", pourrait être remise en question, mais il se montre plutôt sceptique.
   
"Je ne sais pas. Ça aurait peut-être pu se faire en fonction de l'humeur de chacun. Mais il ne faut pas oublier les raisons pour lesquelles les Beatles se sont séparés et certaines des raisons qui ont entraîné l'éclatement du groupe existent toujours. Tu vois ce que je veux dire."
   
On connaît la suite : la parution de la série de trois doubles CD's "THE BEATLES ANTHOLOGY", à partir de novembre 95  ; la reparution, trente ans après, de "YELLOW SUBMARINE" à l'automne 99, et enfin, un an plus tard, les sorties du livre "The Beatles Anthology" et de la compilation "ONE" qui réunit leurs vingt-sept N°1 anglais et américains.

"For you blue" (Coffret "The Beatles Anthology")

Atteint d'un cancer de la gorge, George Harrison parvient à  enrayer la maladie après avoir suivi un traitement par irradiation en 1998. Toujours discret, George vit depuis une vingtaine d'années avec son épouse Olivia et leur fils Dhani à Friar Park, un luxueux manoir de cent vingt pièces à Henley-on-Thames, une localité située à 40 kilomètres à l'ouest de Londres. C'est dans cette propriété, tellement bien protégée que les voisins l'ont surnommée Fort Knox, que George et Olivia se sont pourtant fait agresser, en décembre 99. George doit être hospitalisé après avoir reçu plusieurs coups de couteau. Cet épisode le marque profondément et coïncide avec le début d'un certain renoncement face à la maladie.

"J'ai vécu ce genre d'expérience qui accélère tout ce qu'on imagine de la vie. S'il vous arrive quelque chose physiquement, si vous allez à l'hôpital, ou si vous avez un problème, un choc ou quelque chose d'autre, et si vous vous dites que vous pouvez mourir dans l'instant, si je meurs maintenant, à quoi devrais-je penser ? Qu'est-ce qui va me manquer ? Si je dois quitter mon corps dans l'heure, qu'est-ce que je vais rater ? Et puis on se dit : j'ai un fils, mon fils a besoin d'un père, je dois essayer de rester avec lui le plus longtemps possible, mais à part ça, je ne vois pas d'autre raison de rester ici."

"ALL THINGS MUST PAST", le triple album mythique sorti le 27 novembre 1970, reparaît en octobre 2000 sous la forme d'un double CD. Pour cette édition du trentième anniversaire, tous les titres ont été remasterisés en respectant toutefois l'esprit de la production originelle, signée par le légendaire Phil Spector.

"What is life" (CD "All things must pass")

En mai 2001, George Harrison est opéré d'une tumeur au poumon. Le 29 novembre, on apprend qu'il a définitivement perdu son combat contre le cancer. Il décède à l'âge de cinquante-huit ans dans sa villa de Hollywood Hills, à Los Angeles. Sa dépouille est incinérée et ses cendres sont dispersées par sa famille dans le Gange, selon la tradition hindoue.
A l'occasion du premier anniversaire de sa disparition, ses amis lui rendent hommage en organisant un concert au Royal Albert Hall de Londres. Ils ont tous répondu présent : Eric Clapton, Paul McCartney, Ringo Starr, Jeff Lynne, Tom Petty et Billy Preston. Cette soirée est immortalisée sur un double DVD, "CONCERT FOR GEORGE", qui sortira en novembre 2003. Voici la version de "While my guitar gently weeps", interprétée ce soir-là par Eric Clapton et Paul McCartney.

"While my guitar gently weeps" (DVD "Concert for George")

Un album posthume et inachevé de George Harrison est publié en novembre 2002. Il s'appelle "BRAINWASHED". Il a été complété et coproduit par son fils Dhani et par Jeff Lynne. C'est en février 2004 que paraît le coffret "THE DARK HORSE YEARS 1976 – 1992". Il regroupe les six albums que le chanteur a publiés sur son label pendant cette période.
A l'occasion du dixième anniversaire de la mort de George Harrison, le cinéaste Martin Scorsese vient de réaliser "LIVING IN THE MATERIAL WORLD". C'est un long film qui retrace la vie du chanteur à travers de nombreux documents inédits et des témoignages de ses proches, par exemple sa femme Olivia, son fils Dhani, mais aussi Paul McCartney, Ringo Starr, Yoko Ono, Eric Clapton, Phil Spector et Tom Petty.
Pour terminer cette Saga, voici George Harrison lors de sa dernière séance en studio. C'était pour l'album de Jools Holland, "SMALL WORLD, BIG BAND". George chante "Horse to the water", un titre qu'il avait écrit avec son fils Dhani. Il l'avait enregistré le 2 octobre 2001, moins de deux mois avant sa mort.

"Horse to the water" (CD Jools Holland : "Small world, big band")

    DISCOGRAPHIE :
   
-    "WONDERWALL MUSIC" (album – 1968)
-    "ELECTRONIC SOUND" (album – 1969)
-    "ALL THINGS MUST PAST" (album – 1970)
-    "LIVING IN THE MATERIAL WORLD" (album – 1073)
-    "DARK HORSE" (album – 1074)
-    "EXTRA TEXTURE (READ ALL ABOUT IT)" (album – 1975)
-    "THE BEST OF GEORGE HARRISON" (compilation – 1976)
-    "33 1/3" (album – 1976)
-    "GEORGE HARRISON" (album – 1979)
-    "SOMEWHERE IN ENGLAND" (album – 1981)
-    "GONE TROPPO" (album – 1982)
-    "CLOUD NINE" (album – 1987)
-    "BEST OF DARK HORSE 1976-1989" (compilation – 1989)
-    "LIVE IN JAPAN" (live album – 1992)
-    "ALL THINGS MUST PAST" (remastered) (album – 2001)
-    "BRAINWASHED" (album – 2002)
-    "THE DARK HORSE YEARS 1976 – 1992" (coffret – 2004)
-     "LIVING IN THE MATERIAL WORLD" (DVD – 2011)
   
    PARTICIPATIONS (liste sélective) :
   
-     "THE CONCERT FOR BANGLA DESH" (live album – 1971)
-    "PORKY'S REVENGE" (BO – 1985)
-    "WATER" (BO – 1985)
-    "TRAVELING WILBURYS, VOL. 1" (album – 1988)
-    "LETHAL WEAPON 2" (BO – 1989)
-    "NOBODY'S CHILD" (compilation – 1990)
-    "TRAVELING WILBURYS, VOL. 3" (album – 1990)
-    JOOLS HOLLAND & FRIENDS : "SMALL WORLD, BIG BAND" (album – 2001)

        Et, bien évidemment, la discographie complète des BEATLES.






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Musique Saga
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