1 min de lecture Musique

La Saga de Chris Rea


Il y a une dizaine d’années, Chris Rea avait vu sa carrière compromise par de graves ennuis de santé qu’il a heureusement réussi à surmonter. Depuis, il continue de tourner et d’enregistrer, tout en abordant d’autres formes artistiques comme le cinéma et la peinture. A l’occasion de la sortie de son album "Santo Spirito Blues", Chris Rea vient d’entamer une nouvelle tournée européenne qui fera étape à Paris, à l’Olympia, mercredi prochain, le 14 mars. Au micro de Saga, Chris Rea commente - avec beaucoup de lucidité et d'humour - les principaux épisodes de son étonnante carrière.

chris rea
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LA SAGA DE CHRIS REA DANS SON INTÉGRALITÉ

"Rock and roll tonight" (CD "Santo Spirito Blues")
                                            
En 2000, alors que son état de santé était plus que préoccupant, Chris Rea s'était promis, s'il s'en sortait, de revenir aux sources de sa musique, c'est-à-dire le blues. Il avait également décidé de s'affranchir des pressions du show business en créant son propre label. Depuis, Chris Rea continue dans cette voie et à son rythme. Il est actuellement en tournée pour présenter son dernier album, "SANTO SPIRITO BLUES". Le titre du disque fait référence à la célèbre cathédrale Santo Spirito de Florence, en Italie, et au quartier qui l'entoure.

"Dancing my blues away" (CD "Santo Spirito Blues")

Christopher Anton Rea est né le 4 mars 1951 à Middlesbrough, dans le nord-est de l’Angleterre. On sait peu de choses sur son enfance et son adolescence. Tout ce qu'il veut bien en dire, c’est qu’il a quatre sœurs et deux frères et que son père dirigeait une petite entreprise de crèmes glacées, Mr. Really Good Ices. Au départ, il n’a aucune ambition musicale particulière. Mais un jour, alors qu’il se destine à une carrière de journaliste, Chris entend le solo de guitare de Joe Walsh sur “Rocky mountain way”. C'est une révélation. Aujourd’hui encore, son admiration pour Joe Walsh est restée la même.

"A cette époque, Joe Walsh, c'était vraiment pour moi la référence. Son album 'The smoker you drink' était si subtil. Au départ, c'est le son de la slide qui m'a accroché et j'ai voulu savoir qui jouait. C'était Joe Walsh. Et puis j'ai demandé à un copain de quel type d'instrument il s'agissait et dès le lendemain, j'étais l'heureux propriétaire d'un bottleneck et d'une guitare."

C'est en 1973 que Chris Rea découvre la guitare de Joe Walsh. Il a donc déjà vingt-deux ans lorsqu’il envisage de se lancer dans une carrière artistique. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a rien d’un musicien précoce.

"C'est parce que je n'avais pas le désir de devenir une rock star. Tous mes amis, eux, n'avaient que cette idée en tête : entrer dans un groupe, réussir, faire la fête, gagner beaucoup d'argent, voyager. Moi, ça ne m'intéressait pas de devenir célèbre. Ce n'est que lorsque la musique s'est imposée à moi que j'ai commencé à y penser sérieusement. Et c'est la raison pour laquelle je ne l'ai pas fait avant."

"You can go your own way" (CD "The best of Chris Rea")

Son apprentissage musical, consacré principalement à la guitare, Chris Rea le fait d’abord dans le circuit des clubs avec un trio folk baptisé Cattermole, Rea & Taylor. En 1973, Chris devient le chanteur du groupe Magdalene, où il remplace David Coverdale qui vient de rejoindre Deep Purple. Il commence à écrire ses premières chansons et en 1974, il enregistre sous son nom un premier single, “So much love”, qui ne rencontre aucun succès.
Entre-temps, Magdalene est devenu The Beautiful Losers. En 1975, The Beautiful Losers se voient décerner le titre de “meilleur nouveau groupe” par le Melody Maker, mais ils ne parviennent pas à mettre à profit ce coup de projecteur et Chris Rea préfère s’en aller pour tenter une carrière solo. En 1977, il parvient à resigner avec Magnet Records, la maison de disques qui avait publié son premier single deux ans auparavant.

"Loving you" (CD "Chris Rea")

Le premier  album  de Chris Rea, “WHATEVER HAPPENED TO BENNY SANTINI”, paraît en avril 1978. Il a été réalisé par Gus Dudgeon, le producteur légendaire d’Elton John. Le titre peut intriguer : c’est vrai, qui peut bien être ce Benny Santini ? Eh bien, c’est tout simplement le pseudonyme sous lequel Magnet avait envisagé de lancer Chris Rea.

"Au départ, il y a simplement un commentaire sarcastique que j'avais fait lors d'une réunion avec ma maison de disques. Ce jour-là, tout les tracassait : mon image, mon état, mon nom, enfin tout. Et j'ai lancé cette blague : 'Il me faudrait un nom juif-italien, du genre Benjamin Santini'. C'était pour rire, mais à ma grande horreur, ils se sont mis à discuter très sérieusement du sujet. Et c'est pour cela que j'ai choisi ce titre."

L’album “Whatever happened to Benny Santini” contient la première grande réussite de Chris Rea, “Fool (if you think it’s over)”, une chanson qu’il a écrite en pensant à l’une de ses sœurs. C’est un petit succès en Angleterre, mais un véritable tube aux Etats-Unis, où il se classe N°12. Ce titre connaîtra une seconde carrière grâce à Elkie Brooks qui le reprendra au début de 1982.

"Fool (if you think it's over)" (CD "Whatever happened to Benny Santini?")

Aux Etats-Unis, grâce au succès de "Fool (if you think it's over)", Chris Rea est sélectionné pour le Grammy du “meilleur nouveau talent” de l’année 78, aux côtés d’artistes comme Elvis Costello, Toto et les Cars. Il tourne beaucoup et compose sa première musique de film pour “Black Joy”.
En février 79, il retrouve le producteur Gus Dudgeon pour son deuxième album, “DELTICS”. Mais cette fois, les choses se passent mal. Chris n'apprécie pas la direction musicale que lui impose sa maison de disques, trop "variétés" à son goût. Il a les mains liées et le disque traduit son désintérêt pour un projet qui n'est pas le sien.

"L'enregistrement s'est mal passé parce que Gus et moi, nous avions déjà décidé de ne plus travailler ensemble. Mais nous étions liés par contrat et donc nous l'avons fait, contraints et forcés. Pour ma part, je voulais travailler autrement, aller dans une direction différente, et ce fut une grande frustration. D'ailleurs l'album s'est mal vendu. J'en garde un mauvais souvenir."

Surmontant l'échec de "Deltics", Chris Rea est bien décidé à imposer sa musique. Profitant de l’expérience acquise, il produit lui-même son troisième album, “TENNIS”, qui sort en mars 1980. “Tennis” est un disque où Chris Rea prend des risques, mais il y manque un titre véritablement commercial qui aurait pu lui assurer un succès plus important.

"Dancing girls" (CD "Tennis")

Chris Rea passe l'essentiel des années 80 et 81 sur la route. Entre deux concerts, il trouve le temps de se marier : il épouse son amie de longue date, Joan Lesley. En février 1982, il publie son quatrième album, qui s'appelle tout simplement "CHRIS REA". Puis il franchit un nouveau palier en mai 1983 avec “WATER SIGN”. C'est un disque qu’il a co-produit avec Dave Richards et qu’il a enregistré pratiquement seul. Le single “I can hear your heart beat” est une nouvelle réussite. Une fois de plus, on se laisse prendre par cette voix rude et profonde que l'on croirait forgée par l'alcool et la cigarette.

"Mes chanteurs favoris étaient le bluesman Joe Williams et, tu me crois ou tu ne me crois pas, Gene Kelly. Je me suis vraiment acharné à développer et à travailler ma voix pour qu'elle ressemble à celle de Gene Kelly. Je vais t'en donner un petit exemple... La voix n'est rien de plus qu'un instrument. La mienne n'a rien à voir avec les cigarettes ou l'alcool."

"I can hear your heart beat" (CD "Water Sign")

Le sixième album de Chris Rea, “WIRED TO THE MOON”, paraît en avril 1984. C'est un échec qui fait réfléchir le chanteur. Plutôt que de continuer à faire tout lui-même (ou presque), il décide de s’entourer d’un vrai groupe, composé de professionnels aguerris, des talents exceptionnels mais discrets qui, à l’instar du clavier Max Middleton, n’ont jamais été attirés par le vedettariat.
Le résultat, c'est l'album “SHAMROCK DIARIES”, qui sort en mars 1985. C’est un gros succès, qui permet notamment à Chris de se réconcilier avec un public rock qui l’avait trop vite associé à la grande variété anglo-saxonne. Grâce au succès du titre “Stainsby girls”, l'album “Shamrock diaries” est disque d’or en Angleterre, en Hollande et en Belgique. Il est même disque de platine en Allemagne.

"Stainsby girls" (CD "Shamrock diaries")

En avril 1982, Chris Rea avait été l'invité surprise du troisième album solo de Bill Wyman. En mai 1985, il retrouve le bassiste des Rolling Stones pour le projet “WILLIE & THE POOR BOYS”, un disque réalisé au profit de la recherche sur la sclérose en plaques.

"Bill Wyman est l'une des nombreuses personnes qui m'ont aidé. Pourtant il ne l'a fait ni consciemment, ni par charité. Après mon premier album et à cause de la production de Gus Dudgeon, beaucoup se posaient des questions sur ma musique. Est-ce que ce n'est pas un peu mou ? Est-ce que ce n'est pas trop impersonnel ? Et puis il y a eu tous ces gens qui venaient à mes concerts et qui semblaient les apprécier : il y avait des membres de Queen, des Pretenders, des Rolling Stones. Et leur présence a été comme une bénédiction : elle signifiait que le véritable Chris Rea était fréquentable. C'est pour cette raison que je dois beaucoup à tous ces musiciens."

Sur l'album "Willie & The Poor Boys", c'est Chris Rea qui interprète “Baby please don’t go”, la reprise du standard de Big Joe Williams qui fut un succès pour Them.

"Baby please don't go" (CD "Willie & The Poor Boys")

En avril 1986, le nouveau groupe de Chris Rea donne sa pleine mesure sur le très jazzy “ON THE BEACH”. Pourtant, cet album ne connaîtra pas le succès qu'il mérite, sauf en Europe continentale où le titre générique est un énorme tube, avant de s'imposer dans le monde entier. Et comme l'explique Chris, ce disque reste un incroyable paradoxe.

"On se dit : 'On the beach', c'est très fort. Eh bien non. Ça ne s'est pas vendu. C'est un des albums que j'ai le moins vendus. Et puis tout le monde est persuadé du contraire. C'est d'ailleurs le meilleur exemple possible pour celui qui voudrait faire un documentaire sur le phénomène des tubes, un cas d'école. Voilà une chanson connue dans le monde entier, 'On the beach' de Chris Rea, et c'est l'une de celles que son auteur a le moins vendues."

"On the beach" (CD "On the beach")

Tout le monde s'accorde à reconnaître que Chris Rea a du talent, mais il est toujours à la recherche d’un grand succès chez lui, en Angleterre, un succès qui lui permettrait de s’affirmer et de s’imposer définitivement. Ce n'est pas pour tout de suite. Au cours de l'été 1987, il décroche bien un nouveau tube avec une version réenregistrée de "Josephine", mais uniquement en France, le pays pour lequel ce single a été spécialement conçu. "Josephine", dont la version originale figure sur l'album "Shamrock diaries", est dédiée à la fille aînée de Chris, qui porte ce prénom et qui est née le 16 septembre 1983.

"Josephine" (CD "Shamrock diaries")

En septembre 1987, Chris Rea revient à un rock plus carré sur “DANCING WITH STRANGERS”. En Angleterre, c'est l’album de la reconnaissance définitive. Il se classe N°2 des ventes, juste derrière l'intouchable  “Bad” de Michael Jackson. Pour Chris, être N°1 ou N°2, cela n'a guère d'importance, car il fait partie de ceux qui donnent la priorité à la musique et non à la réussite commerciale.

"Pour moi, le monde de la musique a toujours été partagé en deux catégories. Il y a ceux qui parlent guitare, qui étudient le style, qui comparent les façons de jouer, bref dont la préoccupation essentielle est la musique. Et seulement la musique. Et puis il y a les autres, ceux qui veulent devenir riches et célèbres, et pour qui la musique n'est que le moyen d'y parvenir. Je ne suis pas de ceux-là. J'appartiens à la première catégorie. Je ne sais pas ce qu'il faut faire pour être riche et célèbre. Je crois que c'est un art en soi, qui n'a rien à voir avec la musique. Madonna, par exemple, j'aime beaucoup le personnage, mais je ne crois pas qu'elle fasse le même métier que moi."

"Let's dance" (CD "Dancing with strangers")

DEUXIÈME PARTIE

"Working on it" (CD "New light through old windows")

Cela fait maintenant plus de dix ans et neuf albums que Chris Rea se consacre entièrement à la musique. En octobre 1988, il propose “NEW LIGHT THROUGH OLD WINDOWS". C'est une compilation où l'on  trouve onze titres importants de sa carrière qui ont été réenregistrés, ainsi que deux inédits.
En octobre 89, l'album “THE ROAD TO HELL” montre Chris Rea bien installé dans ses habitudes. Il continue d'enregistrer au studio Miraval, dans le sud de la France, avec le producteur Jon Kelly et avec son groupe habituel qu’il a baptisé The Fireflies. Le single “The road to hell (part 2)” grimpe jusqu’à la neuvième place du hit-parade britannique. Quant à l’album, il est N°1, avec des ventes qui dépassent le million d’exemplaires.

"The road to hell" (part 2)" (CD "The road to hell")

Sur le même modèle que "The Road to Hell", Chris Rea publie “AUBERGE” en février 1991. Et pour la deuxième fois consécutive, il se retrouve  en tête des hit-parades de son pays. Avec beaucoup de philosophie, Chris Rea savoure cette réussite. Il sait qu'il ne pourra pas toujours se maintenir au sommet et que le plus important, c'est de durer.

"Tu sais, une carrière est faite de succès et de ratés. Toutes mes idoles ont connu ça : Joe Walsh n'a eu qu'un seul tube. Joni Mitchell, Van Morrison, Eric Clapton, Mark Knopfler, la chance va et vient mais ils sont toujours là. Mon idée, c'est qu'il faut continuer à faire ce que tu as à faire, et c'est tout. Que tu aies un hit ou non indique simplement le degré d'efficacité de ta maison de disques. Je l'ai toujours dit : si tu obtiens un hit, c'est grâce à ta maison de disques. Il n'y a aucun doute pour moi. Tu peux faire une mauvaise chanson et une bonne maison de disques en fera un tube. Tu peux faire une bonne chanson et une mauvaise maison de disques s'arrangera pour que personne ne l'entende."

"Auberge" (CD "Auberge")

En octobre 1992, sur “GOD’S GREAT BANANA SKIN”, la guitare indolente de Chris Rea continue à évoquer ses maîtres américains : J.J.Cale, Ry Cooder, Lowell George et Joe Walsh. Parallèlement, il continue à travailler pour le cinéma. Il signe la musique du film “Soft top, hard shoulder”, dont le titre générique vient conclure son dernier disque.
En novembre 93, Chris Rea est au générique de l’album “DUETS” d’Elton John, avec qui il chante "If you were me". Toujours très prolifique, il continue à publier un album par an, en plus des nombreux inédits qui parsèment ses maxi CDs. En octobre 1993, il propose “ESPRESSO LOGIC”. L'album avait été annoncé par le single “Julia”, une chanson dédiée à sa seconde fille, Julia Christina, née le 18 mars 1989.

"Julia" (CD "Espresso logic")

Une nouvelle compilation de seize titres, "THE BEST OF CHRIS REA”, paraît fin 1994. Chris est alors très occupé par l'écriture et la réalisation de son premier film, "LA PASSIONE". Il sort en novembre 1996, en même temps que l'album qui porte le même titre. Pour illustrer ce film en partie autobiographique, Chris a choisi de recréer l’ambiance musicale de cette époque où les crooners régnaient sur le hit-parade britannique. Avec une débauche de violons, des orchestrations chargées et la participation de la diva Shirley Bassey, on est loin du rock et de la pop. Les fidèles du chanteur sont déroutés et ils boudent à la fois l'album et le film. Mais Chris Rea prend tout cela avec beaucoup de philosophie.

"It's life, c'est la vie. Parfois ça marche, parfois ça ne marche pas. Mais cet échec m'a été très bénéfique. C'était la première fois que je me lançais dans l'aventure du cinéma et cela m'a donné l'occasion de découvrir les embûches liées à ce métier. Maintenant je sais comment cela fonctionne et je vais donc continuer à écrire pour le cinéma en tirant le maximum de profit de cette expérience. Plus de connaissances égale moins de déboires en perspective."

"Girl in a sports car" (CD "La passione")

Chris Rea n'est pas du genre à se laisser rebuter par un échec. Dès le mois d'août 1997, il retrouve les plateaux de tournage, mais cette fois comme acteur. Dans le film de Michael Winner, "Parting shots", il tient le rôle principal, celui d'un photographe atteint d'une maladie incurable qui décide de se débarrasser de ses ennemis en utilisant la manière forte. En janvier 98, c'est Chris Rea le musicien qui fait à nouveau l'actualité avec la parution de son nouvel album, "THE BLUE CAFÉ". Mais là encore, le cinéma n'est pas très loin.

"'The Blue Café' est au départ le titre d'une série que j'ai écrite pour la télé. Dans le script, chaque semaine, un type différent entre au 'Blue Café' et raconte une histoire, ou son histoire, au barman. C'est de là que sont nées les chansons qui composent l'album. C'est donc chaque fois une personne différente qui parle et qui évoque, l'une la perte d'un être cher, l'autre son désaccord avec un tiers, comme dans 'Square Peg, round hole'. Ou bien ce sont deux personnes qui tentent de se réconcilier après une dispute. 'The Blue Café', ça m'a semblé un bon titre."

"Square Peg, round hole" (CD "The Blue Café")

Auteur-compositeur très en verve, Chris Rea parvient à réaliser un disque chaque année, ou presque. Après "The Blue Café", il publie "THE ROAD TO HELL, PART 2" en novembre 1999. C'est la suite de la chanson mythique qui lui avait valu son premier N°1 dix ans plus tôt. Chris nous explique pourquoi et comment il a choisi de revisiter le thème de sa "Route vers l'Enfer".

"En fait, l'histoire se passe dix ans plus tard et à chaque chanson correspond une chanson de l'album 'The Road to Hell, Part 1'. La grande différence, c'est que dans cette suite, le personnage principal est heureux dans sa voiture. Il n'est plus inquiet, il aime sa voiture, il aime les embouteillages, il aime être assis dans l'intimité de sa voiture au milieu des embouteillages à écouter la radio. L'idée de 'Road to Hell, Part 2' m'est venue d'un ami. Il m'a raconté qu'un jour, il était arrivé à la maison avec vingt minutes d'avance sur son horaire habituel et qu'il était resté assis dans sa voiture devant chez lui pour écouter la fin de l'émission de radio qu'il avait l'habitude de suivre durant son trajet. Sa famille le voyait par la fenêtre et avait pensé qu'il était devenu fou. A écouter cette histoire, je me suis dit que le monde avait changé : la voiture, ce n'était plus la GTI des années 80. C'était devenu un cocon intime et douillet où les gens aimaient de plus en plus s'abriter. Et c'est de là qu'est parti le disque."

"The way you look tonight" (CD "The road to hell, part 2")

En octobre 2000, Chris Rea publie "KING OF THE BEACH", mais la tournée prévue pour la promotion de ce nouvel album doit être annulée, car Chris est gravement malade. Opéré en urgence, il aborde ensuite une longue période de convalescence. C'est alors qu'il se rend compte qu'il n'a pas encore enregistré son ultime album, celui sur lequel on pourrait vraiment le juger, et c'est ce qui va l'aider à surmonter cette épreuve.

"C'est une histoire plutôt drôle, mise à part bien sûr la tragédie de la maladie. Quand ils m'ont fait la piqûre pour m'anesthésier, j'ai commencé tout doucement à sombrer dans l'inconscience, et une des dernières choses que j'ai entendues, c'est une infirmière qui disait : 'C'est lui qui a écrit cette chanson, 'On the beach'. Et là, j'ai pensé : 'Non, non, non, non, ce n'est pas le souvenir que je veux laisser'. Je n'ai rien contre 'On the beach', mais cette fille ne sait rien de la slide guitar, du blues, de mon amour profond pour le blues. Alors je me suis dit : 'Je vais m'en sortir, il faut que je m'en sorte, parce qu'il me reste encore quelque chose à faire'. Et c'est ce disque".
       
En novembre 2001, on publie la compilation "THE VERY BEST OF CHRIS REA". On y retrouve "Saudade", un titre que Chris, qui est passionné de course automobile, avait écrit en 1994 en hommage au pilote brésilien Ayrton Senna. Chris est alors en convalescence et il prépare un nouveau disque. Il s'appelle "DANCING DOWN THE STONY ROAD" et paraît en septembre 2002. C'est un album essentiellement autobiographique, qui revient aux sources du blues et du gospel.

"C'est effectivement autobiographique. Tout vient de cette terrible maladie qui m'a frappé il y a un an et demi. J'ai dû subir une opération qui a duré quinze heures, et on ne m'avait donné qu'une chance sur trois de m'en sortir. Pendant la période de dix-huit semaines qui a suivi, à l'hôpital et en maison de convalescence, j'ai eu le temps de gamberger. Et quand j'ai commencé à aller mieux, ce que j'ai voulu, c'est faire ce que j'aime, pas me bagarrer avec des maisons de disques, des producteurs et des remixeurs. Faire simplement ce que j'ai toujours aimé. C'est le gospel et le blues qui m'ont amené à faire ce métier. Ceux qui m'aiment le savent, ils me connaissent comme un chanteur-guitariste qui joue du jazz, du gospel et du blues. C'est la couleur que j'ai voulu donner à ce disque."

"Dancing the blues away" (CD "Dancing down the stony road")

Pour Chris Rea, "Dancing down the stony road" est plus une mise au point qu'un testament.

"Ce que je souhaiterais, même maintenant que je suis tiré d'affaires, c'est que les gens se disent : 'Je connais Chris Rea, c'est un guitariste qui joue du jazz, du blues et du gospel'. Parce que la plupart continuent de penser, à cause de ma longue carrière, que j'ai eu de gros succès avec des tas de remixes et choses du genre. Ce qui est important pour moi, c'est de ne pas être incompris. Je veux montrer que, quelque part entre B.B. King et tous ces bluesmen, il y a Chris Rea, dans la même catégorie."

Enregistré dans le sud de la France, aux studios Miraval, où Chris Rea a souvent travaillé dans le passé, "Dancing down the stony road" paraît sur le label que le chanteur vient de créer, Jazzee Blue. Plus que jamais, Chris entend bien mener sa carrière comme il l'entend. En juillet 2003, il publie simultanément deux albums : "BLUE STREET (FIVE GUITARS)" et "HOFNER BLUE NOTES". Chris semble avoir bien récupéré après ses graves ennuis de santé. Plus actif que jamais, il propose "THE BLUE JUKE-BOX" dès le mois de mars 2004.

"Baby don't cry" (CD "The blue juke-box")

Le blues et la guitare sont deux éléments-clés dans la carrière de Chris Rea. Il faut désormais y ajouter la peinture, mais une peinture directement inspirée par la musique. L'addition de ces trois éléments donne "BLUE GUITARS", un pari insensé de Chris Rea. "Blue Guitars" paraît en octobre 2005. C'est un objet étonnant qui ressemble à un beau livre qui contient onze CDs et un DVD. En le feuilletant, on découvre les reproductions de cinquante toiles peintes par Chris, toutes inspirées par la guitare et par la musique. "Blue Guitars" propose cent trente-sept nouvelles chansons dédiées au blues sous toutes ses formes. Une version condensée de vingt-deux titres paraîtra en juin 2007 sous la forme d'un double CD intitulé "(BLUE GUITARS) A COLLECTION OF SONGS".

"She's a whole heap of trouble" (CD "Blue Guitars")

La tournée européenne qui accompagne la sortie de "Blue Guitars" donnera le CD et le DVD "THE ROAD TO HELL AND BACK" en octobre 2006. Chris Rea travaille déjà à un nouveau projet intitulé "THE RETURN OF THE FABULOUS HOFNER BLUENOTES". Il raconte l'histoire d'un groupe instrumental des années 50, The Delmonts, qui évolue avec l'arrivée des années 60 et se transforme en groupe de blues, The Hofner Bluenotes. Ce nom fait bien sûr référence aux guitares Höfner, une marque très populaire au début des années 60, notamment grâce à Paul McCartney qui jouait sur une basse de ce fabricant allemand.

"Because it's you" (CD "The return of the Fabulous Hofner Bluenotes")

En octobre 2009, Rhino publie une nouvelle compilation, un double CD intitulé "STILL SO FAR TO GO – THE BEST OF CHRIS REA". C'est le plus gros succès du chanteur depuis quinze ans. Le 3 février dernier, Chris a entamé une nouvelle tournée européenne de quarante-sept dates. Il se produira notamment le mardi 13 mars à Anvers, en Belgique, et le lendemain, le 14 mars, à Paris à l'Olympia.
Cette tournée accompagne la sortie du dernier album de Chris Rea, "SANTO SPIRITO BLUES", qui est proposé en plusieurs versions. L'édition Deluxe propose en bonus deux DVDs et deux CDs, où l'on peut retrouver deux films et leur bande originale, le tout réalisé par Chris Rea. Le premier film, "Bull Fighting", est consacré à la tauromachie et le second, "Santo Spirito", à la célèbre cathédrale de Florence qui porte le même nom et qui a inspiré le titre de l'album.

"Think like a woman" (CD "Santo Spirito Blues")


DISCOGRAPHIE :


-    "So much love" / "Born to lose" (single – 1974)
-    "WHATEVER HAPPENED TO BENNY SANTINI ?" (album – 1978)
-    "DELTICS" (album – 1979)
-    "TENNIS" (album – 1980)
-    "CHRIS REA" (album – 1982)
-    "WATER SIGN" (album – 1983)
-    "WIRED TO THE MOON" (album – 1984)
-    "SHAMROCK DIARIES" (album – 1985)
-    "ON THE BEACH" (album – 1986)
-    "Driving home for Christmas" (single – 1986)
-    "DANCING WITH STRANGERS" (album – 1987)
-    "Josephine" (version française)(single – 1987)
-    "NEW LIGHT THROUGH OLD WINDOWS" (compilation – 1988)
-    "THE ROAD TO HELL" (album – 1989)
-    "AUBERGE" (album – 1991)
-    "Winter song" (single – 1991)
-    "GOD'S GREAT BANANA SKIN" (album – 1992)
-    "ESPRESSO LOGIC" (album – 1993)
-    "THE BEST OF CHRIS REA" (compilation – 1994)
-    "LA PASSIONE" (BO – 1996)
-    "THE BLUE CAFÉ" (album – 1998)
-    "THE BEST OF CHRIS REA" (compilation + inédit "Lies becomes the truth" – 1998)
-    "THE ROAD TO HELL, PART 2" (album – 1999)
-    "KING OF THE BEACH" (album – 2000)
-    "THE VERY BEST OF CHRIS REA" (compilation – 2001)
-    "DANCING DOWN THE STONY ROAD" (album – 2002)
-    "BLUE STREET (FIVE GUITARS)" (album – 2003)
-    "HOFNER BLUE NOTES" (album – 2003)
-    "THE BLUE JUKE-BOX" (album – 2004)
-    "BLUE GUITARS" (livre-album – 2005)
-    "HEARTBEATS – GREATEST HITS" (compilation – 2005)
-    "THE ROAD TO HELL & BACK" (live album – 2006)
-    "THE FAREWELL TOUR" (DVD – 2006)
-    "BLUE GUITARS – A COLLECTION OF SONGS" (album – 2007)
-    "THE WORKS – A 3 CD RETROSPECTIVE" (compilation – 2007)
-    "STILL SO FAR TO GO – THE BEST OF CHRIS REA" (compilation – 2009)
-    "SANTO SPIRITO BLUES" (album – 2011)

PARTICIPATIONS IMPORTANTES :

-    "WILLIE AND THE POOR BOYS" (album – 1985)
-    ELTON JOHN : "DUETS" (album – 1993)













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La Saga de Chris Rea
Il y a une dizaine d’années, Chris Rea avait vu sa carrière compromise par de graves ennuis de santé qu’il a heureusement réussi à surmonter. Depuis, il continue de tourner et d’enregistrer, tout en abordant d’autres formes artistiques comme le cinéma et la peinture. A l’occasion de la sortie de son album "Santo Spirito Blues", Chris Rea vient d’entamer une nouvelle tournée européenne qui fera étape à Paris, à l’Olympia, mercredi prochain, le 14 mars. Au micro de Saga, Chris Rea commente - avec beaucoup de lucidité et d'humour - les principaux épisodes de son étonnante carrière.
https://www.rtl.fr/culture/musique/saga-la-saga-de-chris-rea-7771238295
2012-03-09 08:01:00
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