1 min de lecture Musique

La Saga de Bonnie Raitt


Le son d'une slide guitar, une voix faite pour le blues et une chevelure rousse flamboyante : voilà trois éléments pour brosser un portrait succinct de Bonnie Raitt. Depuis plus de quarante ans, Bonnie Raitt promène son blues-rock sur les routes avec le même talent et la même simplicité, un talent largement reconnu et salué aux Etats-Unis depuis longtemps, mais qui a un peu de mal à s'exporter. A l'occasion de la sortie de son seizième album studio, "Slipstream", Bonnie Raitt est au micro de Saga pour rappeler quelques épisodes de son parcours de musicienne et de femme engagée.

bonnie raitt
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LA SAGA DE BONNIE RAITT DANS SON INTÉGRALITÉ

"Love sneakin' up on you" (CD "Longing in their hearts")

Avec Joni Mitchell, Bonnie Raitt est la seule femme qui figure dans le plus récent classement des "100 meilleurs guitaristes" établi par le magazine Rolling Stone. Bonnie Raitt vient de publier son seizième album studio, "SLIPSTREAM". Il est paru sur le label qu'elle vient de créer, Redwing Records. Elle l'a produit elle-même, avec l'aide de Joe Henry pour quatre titres. Le premier single qui en a été extrait est une reprise d'une composition de Gerry Rafferty, "Right down the line", une chanson à laquelle elle a choisi de donner une coloration reggae.

"Right down the line" (CD "Slipstream")

Bonnie Raitt est née le 8 novembre 1949 en Californie, à Burbank, une ville derrière les collines de Hollywood, la "Capitale mondiale des médias". Elle grandit dans une famille d’artistes. Sa mère, Marjorie, était une très bonne pianiste et chanteuse.  Quant à son père, John Raitt, il était un acteur et un chanteur très populaire, surtout à Broadway où il a triomphé dans des comédies musicales comme “Oklahoma”, “Carousel” et “Kiss me Kate”. 
Bonnie a moins de dix ans lorsqu’elle commence à jouer ses premières mélodies folk à la guitare. Quand les années 60 arriveront, son intérêt se portera tout naturellement sur Bob Dylan et Joan Baez qui restera l’une de ses influences majeures.

"Love has no pride" (CD "Give it up")

En 1963, grâce à la compilation “Blues at Newport”, Bonnie Raitt découvre la guitare bottleneck à travers plusieurs bluesmen comme Mississippi John Hurt, John Hammond et John Lee Hooker. C’est une révélation. A aucun moment, l'idée d'être la seule femme guitariste dans le milieu très masculin du blues ne viendra remettre en cause sa vocation.

"Les instruments de musique n'ont pas de sexe et ce n'est pas parce qu'il y a peu de femmes guitaristes que l'on peut affirmer que c'est un instrument masculin. De même, on ne peut pas dire que le métier de président de la République soit réservé aux hommes. Il n'y a pas eu encore de femme, c'est tout ! Au fur et à mesure que notre société devient moins sexiste, les hommes ont de plus en plus de mal à trouver des motifs pour nous tenir écartées des groupes de rock. D'ici quelques années, lorsqu'elles auront compris qu'il n'y a rien de frustre ou de dégradant à jouer de la batterie ou de la guitare, que ce n'est que de la manipulation masculine, je suis persuadée qu'on verra un bon nombre de femmes se multiplier dans ces groupes."

"Walking blues" (CD "Bonnie Raitt")

En 1967, Bonnie Raitt quitte la Californie pour le Massachusetts. A Cambridge, elle entreprend des études de sociologie et de civilisation africaine. Mais sa passion pour le blues et le country-blues ne l'a pas lâchée. S’entraînant sans relâche, elle développe un jeu de guitare plus personnel et affirme une belle voix de soprano.
Très vite, elle se fait un nom dans le circuit des clubs folk. Sa réputation grandissante parvient aux oreilles du fameux manager de blues Dick Waterman qui la persuade d’abandonner ses études pour se consacrer exclusivement à sa carrière musicale. Bonnie Raitt obtient ses premiers succès dans les clubs de Boston et de Philadelphie. Ils lui ouvrent les portes du légendaire “Gaslite” de New York et lui permettent de se frotter à des grands noms du blues comme Arthur Crudup, Mississippi Fred McDowell, Junior Wells et Buddy Guy.

"Love me like a man" (CD "Give it up")

En même temps qu’elle voit grandir son public, Bonnie Raitt éveille l’intérêt des maisons de disques et c’est finalement Warner Brothers qui la signe. Un premier album, simplement intitulé “BONNIE RAITT”, paraît en octobre 1971. Il a été enregistré au fin fond du Minnesota, dans un camp de vacances abandonné situé au bord d’un lac. Dans cet environnement plutôt inhabituel, Bonnie est accompagnée par l’harmoniciste Junior Wells, le saxophoniste A.C. Reed, et par Freebo qui sera son fidèle bassiste pour les huit années à venir. Quant au répertoire, il est principalement constitué de blues, une musique que Bonnie Raitt qualifie d'universelle.

"Le blues concerne tout le monde : les hommes et les femmes, et les autres. Car tout individu doté d'un cœur a le blues. D'ailleurs, dans la première partie du siècle, toutes les grandes stars du blues étaient des femmes. Peu jouaient d'un instrument bien sûr et la grande majorité étaient chanteuses. Tout ça pour dire que les deux sexes sont égaux devant le blues. Tant qu'il y aura des hommes, les femmes auront le blues ; tant qu'il y aura des femmes, les hommes auront le blues. Le blues n'est pas sectaire."

"Finest lovin' man" (CD "Bonnie Raitt")

Le deuxième album de Bonnie Raitt, "GIVE IT UP", paraît en septembre 1972. A côté de plusieurs reprises, on trouve des titres originaux signés par Bonnie elle-même ou par de jeunes auteurs encore relativement peu connus, comme Jackson Browne par exemple.
En octobre 1973, elle retourne à Los Angeles pour enregistrer "TAKIN' MY TIME", sous la direction de John Hall du groupe Orleans. Une année plus tard, elle publie son quatrième album, “STREETLIGHTS”, où elle chante James Taylor et Joni Mitchell, mais aussi Allen Toussaint et John Prine. Ce dernier lui offre le très beau “Angel from Montgomery”, dont elle fait une de ses réussites majeures.

"Angel from Montgomery" (CD "Streetlights")

La reconnaissance du public qu’elle a tant de mal à gagner, Bonnie Raitt l’a obtenue de ses pairs depuis bien longtemps. Chanteuse et guitariste de sessions très recherchée, elle apparaît sur une trentaine d’albums parus tout au long des années 1970. Leur point commun est qu'ils ont été réalisés par des artistes qui font tous partie de ses amis : Jackson Browne, Lowell George et Little Feat, John Prine, Leon Russell, James Taylor, John Hall, Allen Toussaint et Warren Zevon.
De retour une nouvelle fois à Los Angeles, Bonnie Raitt fait équipe avec Paul Rothchild, le producteur des Doors, pour ses deux albums suivants : “HOME PLATE” en septembre 1975, puis "SWEET FORGIVENESS" en mars 1977. “Sweet forgiveness” monte jusqu’à la vingt-cinquième place du hit-parade américain. C'est la première fois en six albums que Bonnie Raitt obtient un aussi bon résultat.

"About to make me leave home" (CD "Sweet forgiveness")

Bonnie Raitt a été élevée dans le respect de la doctrine Quaker. Ce mouvement d’origine chrétienne, - qui prône la fraternité humaine, l’intégrité, la non-violence, la réconciliation, la paix, - s’efforce de mettre ces principes en pratique au travers d’actions d'aide et de secours.
Bonnie participe régulièrement à des concerts de charité en faveur de diverses causes féminines, politiques et écologiques. Opposée au nucléaire, elle a participé à la fondation de l’association M.U.S.E., c'est-à-dire Musicians United for Safe Energy. Cette association regroupe des musiciens qui militent pour le développement des énergies renouvelables et qui ont organisé les fameux concerts "NO NUKES", à New York, en septembre 1979.

"C'était l'époque pré-MTV, l'époque où les musiciens donnaient encore volontiers des concerts. Ce qui nous a permis de rassembler à la même affiche les plus grands noms du rock comme Tom Petty, les Doobie Brothers, James Taylor, Bruce Springsteen et Jackson Browne. Toutes ces stars, plus une trentaine d'autres groupes et artistes, ont joué à guichets fermés durant cinq nuits au Madison Square Garden, avec à la clé un double album et un film des concerts. 'No Nukes', ce fut le mariage réussi de l'art, de la politique et du marketing. Les gens venaient écouter de la musique, on les informait du problème nucléaire et ils sortaient de là dans un nouvel état d'esprit et avec la volonté d'agir."

Sur le double album qui rend compte des concerts "No Nukes", Bonnie Raitt interprète “Angel from Montgomery” et "Runaway", sa reprise du succès de Del Shannon qui lui avait valu une première incursion dans les hit-parades en 1977.

"Runaway" (CD "No Nukes")

En même temps qu’elle participe à “No Nukes”, Bonnie Raitt publie son septième album, “THE GLOW”. Enregistré avec les musiciens qui accompagnent habituellement James Taylor, il a été réalisé dans des conditions proches du direct. “The glow” vaut à Bonnie une première nomination aux Grammy Awards, dans la catégorie “meilleure performance vocale féminine”. Elle obtiendra la même nomination avec "GREEN LIGHT", son album de février 1982.
A la fin de l'année, Bonnie Raitt fait une brève apparition sur l’album de Bob Seger, “The distance”. Confrontée à de graves problèmes liés à la drogue et à l’alcool, elle entame alors une longue période de semi retraite dont elle sortira finalement gagnante. Mais pendant quatre années, elle va mettre sa carrière personnelle totalement entre parenthèses.

"The glow" (CD "The glow")

Bonnie Raitt effectue son grand retour en septembre 1986 avec "NINE LIVES". C'est un disque hétéroclite où l'on trouve cinq compositions récentes à côté de titres enregistrés en 1983 pour un album intitulé "Tongue & groove", qui avait été abandonné à l'époque pour raisons de santé. “No way to treat a lady”, une chanson signée Bryan Adams et Jim Vallance, vaut à Bonnie sa troisième nomination aux Grammies, mais toujours sans succès. L’album “Nine lives” marque aussi la fin de sa collaboration avec Warner Brothers.

"No way to treat a lady" (CD "Nine lives")

Bonnie Raitt reprend alors la route. Habituée de la scène, elle donne régulièrement plus de cent concerts par an, en faisant bien la distinction entre les prestations acoustiques - qu'elle propose seule ou à deux - et les spectacles qu'elle donne  avec son groupe. Ces derniers sont plus axés sur le rhythm & blues et le rock, et Bonnie s'y abandonne à un humour que certains jugent un peu tapageur, mais dont le public est très friand.
Son répertoire est essentiellement puisé dans le vaste répertoire de la chanson populaire américaine, ou écrit spécialement pour elle par les meilleurs auteurs compositeurs du moment. Mais à mesure que le succès va la libérer de certaines contraintes, sa participation à l'écriture et à la composition de ses albums va augmenter.

"Pendant longtemps, j'ai été obligée de tourner et de donner des concerts pour gagner ma vie parce que mes albums ne me rapportaient pas d'argent. Je n'ai jamais eu de tube. Et lorsque tu arpentes le pays dix mois sur douze dans un bus avec six mecs, tu n'as pas le temps d'écrire des chansons. De plus, tu as des gens qui ont un don pour l'écriture. Moi, il a fallu que je travaille, et je n'ai pu le faire que lorsque j'ai moins tourné. Ce qui m'a poussé aussi, c'est qu'après dix albums, j'ai ressenti le besoin de dire des choses plus personnelles. Et puis enfin, il y avait la difficulté à trouver du bon matériel à l'extérieur. Jackson Browne, John Hiatt, John Prine, tous ces auteurs fabuleux ont fait carrière : ils enregistrent leurs propres albums et gardent leurs meilleures chansons pour eux. Mais bon, trouver du matériel de premier plan a toujours été la difficulté majeure de ce métier."

"Give it up or let me go" (CD "Give it up")

DEUXIÈME PARTIE

"Sugar mama" (CD "Home plate")

Après quinze années passées chez Warner Brothers, où elle a publié les neuf premiers albums de sa discographie, Bonnie Raitt vient de changer de maison de disques. C'est sur Capitol que paraît “NICK OF TIME”, en avril 1989. Produit par Don Was, "Nick of time" grimpe jusqu’à la quinzième place des charts américains, ce qui constitue à ce moment le meilleur résultat jamais obtenu par la chanteuse. Mais cela ne bouscule en rien ses habitudes et elle continue de chanter et de jouer sur les disques de ses amis : David Crosby, Emmylou Harris, Little Feat, Jackson Browne et Ivan Neville, pour n'en citer que quelques-uns.

"Nick of time" (CD "Nick of time")

Début 1990, à la surprise générale, Bonnie Raitt obtient enfin cette reconnaissance qui semblait la fuir depuis si longtemps. Elle décroche trois Grammy Awards directement liés à "Nick of time" : “meilleure interprète féminine rock”, “meilleure interprète féminine pop” et “album de l’année”.
Cet événement - très médiatisé aux Etats-Unis - la propulse sur le devant de la scène, et le grand public se met à acheter massivement “Nick of time”. Il s'en vendra finalement  quatre millions d’exemplaires.

"Le fait d'avoir trouvé un label qui désirait vraiment s'occuper de moi a beaucoup compté. Mais pas que ça. Les radios aussi avaient changé. Crois-moi, si 'Nick of time' était sorti en 82, aucune ne l'aurait joué. Ce n'est pas moi qui avais changé de style, ce sont elles qui avaient infléchi leur programmation. Et puis, il y a le fait que ce disque était meilleur que les précédents. Je crois que la réussite de 'Nick of time' tient à l'addition de ces différents éléments. Tu en retires un seul et rien ne serait arrivé."

"Thing called love" (CD "Nick of time")

Au cours de la cérémonie des Grammy Awards qui a vu sa consécration, Bonnie Raitt a obtenu une quatrième récompense, celle du “meilleur enregistrement de blues traditionnel”. Ce Grammy, elle le partage avec John Lee Hooker pour leur interprétation commune  de “I’m in the mood”. Ce duo figure sur "The Healer", l’album qui marque alors le retour au premier plan du grand bluesman.

"John Lee Hooker est un bluesman extraordinaire. Et très érotique. Tout ce qu'il fait est très chaud. Je l'ai connu quand j'avais dix-huit ans et j'ai souvent été à la même affiche que lui. J'ai donc été ravie qu'on fasse appel à moi pour ce projet. Quant à 'I'm in the mood', c'est ma chanson favorite de John Lee. Imagine qu'il en a vendu deux millions de copies en 1951 ! Et tu peux me croire, on a travaillé dans une ambiance torride."

"I'm in the mood" (CD John Lee Hooker : "The Healer")

Depuis plusieurs années déjà, Bonnie Raitt est vice-présidente de la "Rhythm & Blues Foundation", une organisation destinée à faire reconnaître cette musique et à recueillir des fonds pour ses créateurs et interprètes dans le besoin.

"J'avais été scandalisée d'apprendre qu'avant 1970, la majorité des artistes, qu'ils soient blancs ou noirs et quel que soit leur domaine musical, ne touchaient qu'un pour cent de royalties, dont ils devaient encore déduire les frais de studio qui étaient tout entiers à leur charge. Les maisons de disques ont fait des millions de dollars avec ces chansons, mais ceux qui les chantent n'ont jamais vu le moindre penny. Pire, ils remboursent encore les studios, quarante ans après. La 'Rhythm & Blues Foundation' fait pression pour qu'on réforme ce système et qu'on fixe des règles plus équitables. Elle demande aussi au public de ne pas acheter de disques pirates et procure une assistance médicale aux artistes dans le besoin, ces artistes sans lesquels le rock & roll, la soul music et l'industrie du disque n'existeraient pas."

Lors de sa tournée triomphale de 1990, Bonnie Raitt est d'ailleurs accompagnée par le légendaire chanteur et pianiste Charles Brown, une manière de sortir de l'oubli celui qui avait tant influencé Fats Domino et Ray Charles.

"Never make your move too soon" (CD "Road tested")

Le succès de son ancienne artiste pousse le label Warner à publier “THE BONNIE RAITT COLLECTION” en août 1990, une compilation où l'on retrouve le meilleur des quinze premières années de sa carrière.
Aux Etats-Unis, Bonnie est désormais une star et la sortie de son nouvel album est attendue comme un événement. "LUCK OF THE DRAW" paraît en juillet 1991. Il se classe N°2 dans les hit-parades et se vend rapidement à plus de cinq millions d'exemplaires. Parmi les auteurs compositeurs qui ont participé au disque, on peut citer Paul Brady, John Hiatt et Womack & Womack. Dans les crédits, on remarque aussi  l’acteur Michael O’Keefe, que Bonnie a épousé le 28 avril 1991 et qui signe les paroles de “One part be my lover”. Avec “Luck of the draw”, Bonnie Raitt rafle trois nouveaux Grammies, notamment celui de “meilleure interprète féminine pop” pour “Something to talk about”, le tube de l’album.

"Something to talk about" (CD "Luck of the draw")

L’album “LONGING IN THEIR HEARTS” paraît en avril 1994. Il est N°1 deux semaines plus tard. Bonnie Raitt en a composé cinq titres et comme d'habitude, elle a confié le reste du disque aux meilleurs auteurs du moment : Richard Thompson, Paul Brady et Tom Snow. Avec ce cocktail gagnant, Bonnie empoche deux Grammies supplémentaires.
En février 1995, elle est une des douze interprètes féminines réunies sur la bande originale du film “Boys on the side”. Elle obtient un nouveau succès avec sa reprise du classique de Roy Orbison,  “You got it”.

"You got it" (CD "Boys on the side")

En octobre 1995, Bonnie Raitt participe à la version CD du “Faust” de Randy Newman. Mais l’événement de cette fin d’année, c’est “ROAD TESTED”, son premier album "live" en vingt-cinq années de carrière. C’est un assemblage d'extraits de six concerts enregistrés à Portland, dans l’Oregon, et à Oakland, en Californie, avec des invités prestigieux, comme Jackson Browne, Bruce Hornsby et Bryan Adams. Tous les aspects de son talent sont représentés, aussi bien le blues et le folk de ses débuts que le rock plus léché de ses derniers albums à succès. Dans sa version originale, "Road tested" est un double CD où l'on trouve vingt-deux titres qui montrent toutes les facettes du talent de Bonnie Raitt.

"My opening farewell" (CD "Road tested")

En novembre 1997, Bonnie Raitt est au générique de l'album "Deuces Wild" de B.B. King avec qui elle interprète en duo "Baby I love you". Pour la suite de sa carrière, elle décide alors de collaborer avec le  producteur Mitchell Froom dont elle apprécie le goût pour l'expérimentation calculée. Cela donne l'album "FUNDAMENTAL", en avril 1998. On y retrouve la recette de base de tous les albums de Bonnie Raitt, c'est-à-dire des reprises, des originaux écrits spécialement pour elle et des compositions personnelles. Mais ce qui différencie ce disque des précédents, c'est le traitement sonore qui donne une musique à la fois dépouillée, directe et sophistiquée. Bonnie Raitt justifie le choix du titre de l'album, "Fundamental".

"Il y a deux raisons à cela. La première, c'est que mes albums portent toujours le titre d'une des chansons qui le composent. En général, il n'y en a qu'une qui fait l'affaire. La deuxième, c'est que 'Fundamental things' est une bonne chanson, au son très dépouillé, très basique, et en cela, elle résume parfaitement la nature de cet album."

"The fundamental things" (CD "Fundamental")

En novembre 1999, Bonnie Raitt se sépare de l'acteur Michael O'Keefe, qu'elle avait épousé huit ans plus tôt. Après "Fundamental", elle rappelle la même équipe, c'est-à-dire Mitchell Froom et Tchad Blake, pour produire l'album "SILVER LINING", qui paraît en avril 2002. Elle a tenu à le réaliser avec le groupe qui l'accompagne habituellement sur scène : le guitariste George Marinelli, le bassiste James Hutchinson, le batteur Ricky Fataar et le dernier arrivé, le clavier originaire de La Nouvelle-Orléans Jon Cleary.

"I can't help you now" (CD "Silver lining")

Une nouvelle compilation, "THE BEST OF BONNIE RAITT ON CAPITOL 1989 – 2003", paraît en septembre 2003. Au même moment, Bonnie participe à la série "The blues" produite par Martin Scorsese : elle chante notamment dans l'épisode réalisé par Wim Wenders, "THE SOUL OF A MAN". En 2004, on la retrouve sur l'album "TRUE LOVE" de Toots & The Maytals, puis sur l'ultime enregistrement réalisé par Ray Charles, "GENIUS LOVES COMPANY". En septembre 2005, Bonnie Raitt propose "SOULS ALIKE", le premier de ses albums où elle a un rôle déterminant de productrice. Elle n'y a signé aucun titre, mais le disque porte malgré tout sa marque particulière.

"I will not be broken" (CD "Souls alike")

Bonnie Raitt décide alors de faire une longue pause pour des raisons très personnelles. Après la mort de sa mère en 2004, et dans un laps de temps assez court, elle aura la douleur de perdre successivement son père, son frère aîné et un ami très proche. Mais les disques continuent de paraître, notamment "BONNIE RAITT AND FRIENDS", en août 2006. C'est un CD / DVD qui avait été enregistré en concert à Atlantic City avec les participations de Ben Harper, Alison Krauss, Keb' Mo' et Norah Jones.

"I don't want anything to change" (CD "Bonnie Raitt and Friends")

Récompensée par neuf Grammy Awards, intronisée au Rock and Roll Hall of Fame en 2000, Bonnie Raitt a depuis 2002 son étoile sur le Hollywood Walk of Fame. Entre sa famille, ses amis, sa musique et les multiples activités dans lesquelles elle s'est investie, Bonnie est une artiste et une femme heureuse, tout simplement.

"J'aime mon travail, j'aime ma famille et ma vie de famille, j'aime voyager. Que demander d'autre ? Une meilleure santé, plus d'aventure, plus de découvertes, plus d'ouverture, de la bonne musique, du sexe, des concerts. Vous savez, j'ai une vie formidable, tant sur le plan professionnel que personnel. Alors un peu plus de ce que j'ai déjà et ce serait parfait."

Après une tournée avec Taj Mahal en 2009 et une apparition triomphale aux concerts pour le vingt-cinquième anniversaire du Rock & Roll Hall of Fame, Bonnie Raitt était sur la scène des Grammy Awards en février dernier, où elle a rendu hommage à Etta James en interprétant "Sunday kind of love" avec Alicia Keys.
Elle vient de publier "SLIPSTREAM", un album tout à fait représentatif de son style. Elle l'a réalisé avec son groupe et celui de Joe Henry, qui a produit quatre titres, dont deux reprises de Bob Dylan. Bonnie Raitt a déjà repris la route. Elle vient d'entamer une longue tournée nord-américaine qui se terminera le 28 octobre à Nashville, au Ryman Auditorium.

"Used to rule the world" (CD "Slipstream")

DISCOGRAPHIE :

-    "BONNIE RAITT" (album – 1971)
-    "GIVE IT UP" (album – 1972)
-    "TAKIN' MY TIME" (album – 1973)
-    "STREETLIGHTS" (album – 1974)
-    "HOME PLATE" (album – 1975)
-    "SWEET FORGIVENESS" (album – 1977)
-    "THE GLOW" (album – 1979)
-    "GREEN LIGHT" (album – 1982)
-    "NINE LIVES" (album – 1986)
-    "NICK OF TIME" (album – 1989)
-    "THE BONNIE RAITT COLLECTION" (compilation – 1990)
-    "LUCK OF THE DRAW" (album – 1991)
-    "LONGING IN THE HEARTS" (album – 1994)
-    "ROAD TESTED" (live album – 1995)
-    "FUNDAMENTAL" (album – 1998)
-    "SILVER LINING" (album – 2002)
-    "THE BEST OF BONNIE RAITT ON CAPITOL 1989 – 2003" (compilation – 2003)
-    "SOULS ALIKE" (album – 2005)
-    "BONNIE RAITT AND FRIENDS" (live     album – 2006)
-    "THE LOST BROADCAST – PHILADELPHIA 1972" (live album – 2011)
-    "SLIPSTREAM" (album – 2012)

QUELQUES PARTICIPATIONS :

-    "ANN HARBOUR BLUES & JAZZ FESTIVAL" (compilation live – 1973)
-    "NO NUKES" (live album – 1979)
-    "URBAN COWBOY" (BO – 1980)
-    "SUN CITY" (compilation – 1985)
-    "STAY AWAKE" (compilation – 1988)
-    "ROY ORBISON & FRIENDS : A BLACK AND WHITE NIGHT" (live album – 1989)
-    JOHN LEE HOOKER "THE HEALER" (album – 1989)
-    "AIR AMERICA" (BO – 1989)
-    "ROCK GUITAR LEGENDS" (compilation – 1990)
-    "A VERY SPECIAL CHRISTMAS, Vol. 2" (compilation – 1992)
-    ELTON JOHN :  "DUETS" (album – 1992)
-    WILLIE NELSON :  "ACROSS THE BORDERLINE" (album – 1993)
-    ARETHA FRANKLIN : "GREATEST HITS 1980-1994" (compilation – 1994)
-    "BEAT THE RETREAT (RICHARD THOMPSON TRIBUTE)" (compilation – 1994)
-    "EARTHRISE / THE RAINFOREST ALBUM" (compilation – 1994)
-    "BOYS ON THE SIDE" ("Avec ou sans hommes) (BO – 1995)
-    RANDY NEWMAN :  "FAUST" (album – 1995)
-    JOHN RAITT :  "THE BROADWAY LEGEND" (album – 1995)
-    "A TRIBUTE TO STEVIE RAY VAUGHAN" (compilation – 1996)
-    "THE BRIDGE SCHOOL CONCERTS, Vol. 1" (live album – 1997)
-    "MICHAEL" (BO – 1997)
-    "ROCK AND ROLL DOCTOR : A TRIBUTE TO LOWELL GEORGE" (album – 1997)
-    TONY BENNETT : "PLAYIN' WITH MY FRIENDS : BENNETT SINGS THE BLUES" (album – 2001)
-    "THE COUNTRY BEARS" (BO – 2002)
-    "THE SOUL OF A MAN" (BO – 2003)
-    TOOTS & THE MAYTALS : "TRUE LOVE" (album – 2004)
-    "GRAMMY'S GREATEST MOMENTS, VOLUME 1" (live album – 2004)
-    "GRAMMY'S GREATEST MOMENTS, VOLUME 2" (live album – 2004)
-    RAY CHARLES : "GENIUS LOVES COMPANY" (album – 2004)
-    "GOIN' HOME : A TRIBUTE TO FATS DOMINO" (album – 2007)
-    "HOME ON THE RANGE" ("La ferme se rebelle") (BO – 2009)
-    "THE 25th ANNIVERSARY ROCK & ROLL HALL OF FAME CONCERTS" (coffret live – 2010)










 



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