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La Saga de Bob Marley

"I shot the sheriff", "Could you be loved", "No woman, no cry", "Get up, stand up", tous ces grands classiques du reggae portent la marque indélébile du talent de Bob Marley. Depuis sa disparition, le 11 mai 1981, Bob reste une source d'inspiration et une référence pour beaucoup. Sa musique n'a rien perdu de sa force, de sa richesse et de sa magie. A l'occasion du 30ème anniversaire de la mort de Bob Marley, Saga rend hommage à cette personnalité hors norme, celui que l'on avait surnommé le "Prince du Reggae", le "Roi des Rastas" ou encore la "Première Star du Tiers-Monde".

bob marley
bob marley


LA SAGA DE BOB MARLEY DANS SON INTÉGRALITÉ

"Roots, rock, reggae" (CD "Rastaman vibration")

Tout d'abord, voici un extrait de la biographie de Bob Marley que le journaliste américain Stephen Davis avait publiée en 1991. C'est une excellente introduction à la Saga de ce soir.
“Depuis sa disparition, le 11 mai 1981, l'image de Bob Marley n'a cessé de grandir. Sorti des ghettos de la Jamaïque, parmi les plus durs du monde, le Lion rasta a inspiré, et inspire toujours, des millions de jeunes. Showman flamboyant, prophète moderne, Bob Marley est un personnage complexe et mutant qui domine de toute sa carrure la musique reggae et ses chants de rédemption”.
Bob Marley avait donné son ultime concert à Pittsburgh, en Pennsylvanie, le 23 septembre 1980. On peut en retrouver l'ambiance sur le double CD "LIVE FOREVER", qui est paru il y a quelques semaines. Il avait été enregistré lors de la tournée qui accompagnait la sortie de l'album "Uprising".

"Coming in from the cold" (CD "Live forever")
                           
Sur la côte nord de l’île de la Jamaïque, Rhoden Hall est un hameau appartenant à la commune de Nine Mile, située dans la baie de Saint-Ann. C’est là qu’est né, le 6 février 1945, Robert Nesta Marley. Sa mère est une Noire jamaïquaine et son père un Blanc d'origine écossaise, un major de l’armée à la retraite. A quatorze ans, Bob quitte son village pour Trenchtown, un des bidonvilles de Kingston où il apprend le métier de soudeur sur le même chantier que Desmond Dekker.
Recommandé par ce dernier à Jimmy Cliff, Bob Marley a tout juste seize ans quand il enregistre un premier titre, “Judge not”, en 1961. C’est un échec, comme le seront également les deux 45-tours suivants, “Terror” et “One cup of coffee”, un titre que Bob a emprunté au répertoire de Brook Benton après l’avoir vu sur scène.

"One cup of coffee" (CD "Songs of freedom")

Fin 1964, Bob Marley forme les Wailing Wailers, un groupe dont le chanteur soliste est Junior Braithwaite et la chanteuse, Beverley Kelso. A ses côtés, il y a également Neville O'Riley Livingston, qui prendra bientôt le pseudonyme de Bunny Wailer, et Winston Hubert McIntosh, plus connu sous le nom de Peter Tosh. Ils signent avec "Studio One", le label de Coxsone Dodd qui produit leur premier 45-tours, “Simmer down”, en 1964. C’est un énorme succès en Jamaïque où il se vend à plus de quatre-vingt mille exemplaires.

"Simmer down" (CD "Songs of freedom")

Accompagnés par des musiciens de studio, les fameux Skatalites, les Wailing Wailers interprètent successivement du ska et du rock-steady, avant de jeter les premières bases du reggae. Tous leurs 45-tours sont des succès en Jamaïque, notamment “The ten commandments of love”, “Lonesome feeling”, “It hurts to be alone”, "Love and affection", et "Put it on". Malheureusement pour eux, les Wailing Wailers ne sont payés que pour les enregistrements et ils ne touchent aucun droit d’auteur. Ils en retirent une grande amertume et leur côté rebelle devient carrément révolutionnaire. C'est à cette époque qu’ils adoptent les idées du mouvement Rastafari.

"Put it on" (CD "Songs of freedom")

Fondé sur les thèses développées par le leader noir Marcus Garvey, le mouvement Rastafari est né en 1930. Il prône la libération des Noirs par le retour en Afrique et il considère l’empereur d’Ethiopie Hailé Sélassié comme le Messie. Voici comment Bob définissait l'esprit rasta.

"Je suis un homme et mon univers, c’est la musique. Tu vois, la musique est une chose sacrée. Je voudrais que tous les hommes soient bons, qu’ils soient positifs. A chaque fois qu’une querelle s’engage entre deux hommes, le diable se frotte les mains. Moi, je refuse le diable, je lui oppose ma musique. La musique est un cadeau de Dieu. Il m’a fait bon, au milieu des miens, dans mon pays. Les gens y sont braves. Je vis chez les rastas. Je suis un rasta depuis le premier jour de ma vie."

"Rastaman chant" (CD "Songs of freedom")

Deux albums parus en 1977 témoignent de cette première période des Wailing Wailers : "REALLY MUSIC" et “THE BIRTH OF A LEGEND”. Déçus par le showbiz jamaïcain et sans argent, les Wailing Wailers se séparent en 1966. Quelque temps plus tard, après avoir épousé Rita Anderson, Bob Marley rejoint sa mère qui a émigré aux Etats-Unis dans le Delaware. Il travaille de nuit chez Chrysler tout en continuant d’écrire et de composer. Lorsqu’il est licencié, au lieu de l’aide publique qu’il a demandée, il reçoit un avis de mobilisation pour le Vietnam, ce qui l’incite à retourner aussitôt en Jamaïque.

"Nice time" (CD "Songs of freedom")

De retour à Kingston, Bob Marley retrouve Bunny Livingston et Peter Tosh. A trois, ils ressuscitent les Wailing Wailers. Ils fondent alors leur propre label, Wailing Soul, qu’ils inaugurent avec le titre “This man’s back”. Il est suivi de nombreux succès comme “Bend down low”, “Stir it up” et “Nice time”, qui ne leur rapportent toutefois pas plus d’argent que par le passé. C’est à cette époque que Bunny est condamné à un an de prison pour avoir vendu de la ganja, et le groupe éclate pour la seconde fois. Voici la version originale de "Stir it up", qui avait été enregistrée en 1966.

"Stir it up" (CD "Songs of freedom")

Désemparé après la deuxième séparation de son groupe, Bob Marley rentre à Saint-Ann pour cultiver la terre. C’est là que Johnny Nash vient le rechercher et lui propose un contrat de compositeur. Johnny Nash emmène Bob en Europe pour lui faire enregistrer un album et une musique de film, mais rien n'aboutit. Johnny Nash interprètera tout de même plusieurs compositions de Bob Marley sur son album "I can see clearly now", qui sera un succès mondial en 1971. De retour d'Europe, Bob retrouve une nouvelle fois Peter et Bunny. L'histoire peut redémarrer. Ecoutons Bob Marley évoquer cette époque.

"La formation originale des Wailers comprenait Junior Braithwaite, Cherry, Beverley, Peter, Bunny et moi. Puis Junior a quitté le groupe, suivi par les deux choristes, Cherry et Beverley. Il ne reste donc plus que Peter, Bunny et moi. Et ça marche très bien ainsi. Je n’ai jamais rencontré de grosses difficultés après le départ des autres. Par exemple, nous nous considérons toujours comme les Wailers. C’est aussi simple que ça. Nous travaillons à trois depuis longtemps, nous nous sommes battus pour arriver là où nous sommes aujourd’hui. Nous avons enregistré des morceaux qui ont plu à des gens. Des Anglais ont voulu que nous enregistrions là-bas, mais nous on préfère rester en Jamaïque."

"Soul shakedown party" (CD "Songs of freedom")

Après s’être appelés quelque temps les Wailing Rude Boys, les Wailing Wailers deviennent tout simplement les Wailers. Ils abandonnent leur label Wailing Soul en difficulté pour travailler avec le producteur Lee “Scratch” Perry.
Avec la réputation de "meilleur trio vocal de reggae", ils alignent une nouvelle série de tubes locaux : “Soul rebel”, “400 years”, “Mr. Brown” ou encore “Small axe”. On retrouve ces titres sur trois albums : “IN THE BEGINNING”, paru en 1968, “AFRICAN HERBSMAN” en 1970 et “SOUL REVOLUTION” en 1972. Il existe d’autres albums concernant la même période, comme par exemple "RASTA REVOLUTION" ou "SOUL REBELS", mais dans l'ensemble, ils sont moins complets que les premiers cités. 

"Soul rebel" (CD "Songs of freedom")

Bob Marley s'aperçoit bientôt que Lee Perry est à ranger, lui aussi, dans la catégorie des escrocs qui exploitent son talent. En 1970, les Wailers fondent le label Tuff Gong : c’est un tournant dans leur carrière. Grâce à leur expérience, ils empochent pour la première fois les bénéfices générés par leur succès.
C’est l’époque de “Trenchtown rock”. C’est aussi l’époque où ils sont rejoints par les deux frères Carlton et Aston Barrett. Carlton le batteur et Aston le bassiste constituent alors la meilleure section rythmique de l’île. En Jamaïque et dans les Caraïbes, les Wailers ont acquis une solide réputation. Sur la scène internationale, en revanche, ils sont encore des inconnus.

"Trenchtown rock" (CD "Songs of freedom")

En 1972, un film attire l’attention du monde sur le reggae. Il s'appelle “The harder they come” (en français, “Tout, tout de suite”), et Jimmy Cliff en est la vedette. La sortie du film coïncide avec la signature des Wailers sur Island Records, le label créé par Chris Blackwell. Issu d’une famille aisée, qui est actionnaire notamment de la firme alimentaire Crosse & Blackwell,  Chris a grandi en Jamaïque et il produit du reggae depuis 1959, surtout à destination du marché anglais.
Alors que les producteurs habituels de reggae exploitent les musiciens sans vergogne, Chris Blackwell semble plus honnête : il fait d’eux ses partenaires. Il avance aux Wailers l’argent nécessaire à la réalisation de l’album “CATCH A FIRE”.  Avec des moyens financiers et techniques supérieurs, Bob Marley recrée alors la plupart des choses sublimes qu’il avait déjà enregistrées avec Lee Perry. "Catch a fire" paraît finalement en avril 73. C'est un disque très engagé, qui apparaît comme une mise en accusation sincère et brutale de l’esclavage et du colonialisme.

"Concrete jungle" (CD "Catch a fire")

En octobre 1973, augmentés du clavier Wire Lindo, les Wailers proposent l'album “BURNIN’”. Quelque temps après, Eric Clapton en reprend un titre, “I shot the sheriff”, et en fait un N°1 quasi-planétaire. Grâce à ce coup de pouce, les messages contenus dans les sombres prophéties de Bob Marley commencent à se faire entendre. Ecoutons Bob Marley.

"On peut m’envier pour ce que je reçois de mon public. Il y a des grands-mères qui dansent sur ma musique, qui remuent tout le poids de leur corps pour moi. Une d’entre elles est venue me trouver après un concert pour me dire : 'Dieu te bénisse mon fils'. Rien n’égale de telles paroles. Personne ne pourra jamais me voler ces instants sacrés. La musique m’a donné beaucoup d’amis, et rien ne compte plus que les amis. Pourtant j’ai vécu longtemps sans ami. Cela ne signifie pas que je n’ai pas d’ennemis. A la vérité, j’en ai beaucoup. Il y a beaucoup de gens qui veulent m’affronter, et affronter mes idées. Quand on vient me voir pour me dire des choses désagréables, je ne réponds pas. Je préfère m’asseoir et méditer. 'Pourquoi ce type m’affronte-t-il ?' Je m’inspire de ces moments-là pour mes chansons. C’est comme ça que j’ai écrit 'I shot the sheriff'. Comme dit la chanson, je crois qu’on devrait descendre tous les shérifs de la planète."

"I shot the sheriff" (CD "Burnin'")

Island fait un gros travail de promotion pour les Wailers. Le groupe tourne dans le circuit des clubs en Angleterre, puis aux Etats-Unis avec Sly & The Family Stone. Fin 74, alors que Bob Marley est en train de devenir une star, Bunny Livingston quitte le groupe, bientôt imité par Peter Tosh.
Bob reprend la route avec des musiciens engagés à  l’occasion et  surtout avec  un trio vocal féminin,  les I-Threes. Il est composé de Judy Mowatt et Marcia Griffiths, ainsi que de Rita Marley, que Bob avait épousée en février 1966. Les I-Threes participent à “NATTY DREAD” en mars 75 et donnent à ce style de musique une nouvelle dimension vocale. "Natty dread" est le premier album crédité à Bob Marley & The Wailers.

"Lively up yourself" (CD "Natty dread")

DEUXIÈME PARTIE :

"One love / People get ready" (CD "Exodus")

Le succès des tournées aux Etats-Unis et surtout en Angleterre fait de Bob Marley une nouvelle idole et des Wailers un des groupes les plus excitants du monde. Le “LIVE” enregistré le 18 juillet 1975 au Lyceum de Londres consolide cette réputation. Un extrait de cet album, “No woman no cry” devient un succès phénoménal et confirme définitivement Bob Marley et les Wailers comme une des bases de la scène musicale internationale. Le magazine américain "Rolling Stone" les désigne comme le meilleur groupe de l’année 1975.

"No woman, no cry" (CD "Live")

Le succès fulgurant de "No woman no cry" a fait de Bob Marley une star. Mais la médaille a son revers. “RASTAMAN VIBRATION” paraît en avril 76. Le 6 décembre, deux jours avant la date prévue pour un concert de soutien au Premier Ministre travailliste Michael Manley, Bob est victime d’une tentative d’assassinat, une illustration tragique de sa position importante en Jamaïque. Le concert a tout de même lieu, mais tout de suite après, Bob Marley part se reposer aux Bahamas, chez Chris Blackwell. Il s’exile ensuite à Londres où il restera près de deux ans.

"War" (CD "Rastaman vibration")

En mai 1977, Bob Marley entreprend sa tournée désormais annuelle en Europe, cette fois pour la promotion de l’album “EXODUS”. “Exodus” raconte la marche du peuple de Dieu, un peuple qui sait d'où il vient et où il va, un peuple qui quitte Babylone pour retrouver le pays de ses ancêtres. Ecoutons Bob Marley.

"Les messages contenus dans mes chansons s’adressent à tous. Je parle à tous les enfants du monde, je chante pour tous ceux qui vivent sur cette terre. Ma famille ne vit que pour la musique, je le vois dans leurs yeux, je vois la vérité musicale dans les yeux des gens. Au premier regard, je devine toujours si un musicien est sincère ou s’il se comporte en prostitué. Je le sais d’instinct."

En 1998, le magazine américain "Time" désignera "Exodus" comme le "meilleur album du vingtième siècle". C'est un disque qui caractérise parfaitement l'œuvre de Bob Marley.

"Exodus" (CD "Exodus")

L'album “KAYA” paraît en mars 78. Il montre les Wailers stabilisés dans leur composition. Outre Bob Marley et les I-Threes, on y retrouve Aston Barrett à la basse et son frère Carlton à la batterie. Tyrone Downie est aux claviers, Seaco Patterson aux percussions et Junior Murvin à la guitare. Si on y ajoute le retour de Earl Lindo aux claviers et Al Anderson à la guitare, on a la formation complète et définitive du plus grand groupe de reggae de la planète.

"Is this love" (CD "Kaya")

En novembre 1978, le double album “BABYLON BY BUS” est certainement un des plus beaux témoignages de la chaleur du reggae. Tous les grands thèmes chers aux Wailers y sont présents, enrichis par de superbes  solos de guitares et par les voix des I-Threes, soutenus par la pulsation énorme des frères Barrett. Dans le vocabulaire rasta, Babylone représente la puissance coloniale, c’est-à-dire l’Angleterre, et par extension, l’Europe et les Blancs.
A part trois titres, "Babylon by bus" a été enregistré au Pavillon de Paris, à la porte de Pantin, les 25, 26 et 27 juin 78, dans le cadre de la tournée "Kaya". Les trois derniers titres ont été enregistrés à Londres, Copenhague et Amsterdam. Bob adorait les concerts en Europe. D'ailleurs, son album "LIVE" de 75 avait déjà été enregistré à Londres.

"Punky reggae party" (CD "Babylon by bus")

“Tout peuple ignorant de son histoire, de ses origines, de sa culture, n’est qu’un arbre sans racine”. Cette phrase de Marcus Garvey, le héros national jamaïcain, Bob Marley l'a mise en exergue sur l'album "SURVIVAL", en octobre 79. C’est peut-être l’album le plus engagé de Bob, qui renoue avec la terre ancestrale. La fièvre politique le fait parler du système blanc oppresseur et des luttes politiques en Afrique, notamment au Zimbabwe.

"Zimbabwe" (CD "Survival")

En juillet 80, un ultime album, "UPRISING", sort du studio de Bob Marley, le Tuff Gong Studio de Kingston. Sur des titres comme “Could you be loved”, il va encore plus loin dans sa démarche musicale à partir du rythme du reggae. D'un autre côté, il retrouve un style plus dépouillé, presque austère, sur "Redemption song", l’hymne définitif de son combat politique et religieux. En France, Bob Marley connaît la consécration sur scène le 3 juillet 1980 devant 45 mille personnes réunies au Bourget.

"Could you be loved" (CD "Uprising")

En juillet 1977, après avoir été blessé à un orteil en jouant au football, Bob Marley avait subi des examens qui avaient révélé qu'il était atteint d'un mélanome, un cancer de la peau. Pour respecter ses croyances religieuses, il refusait toute intervention chirurgicale. Le lundi 11 mai 1981, de retour d'Allemagne où il se faisait soigner, Bob décède dans un hôpital de Miami en Floride, des suites d’un cancer généralisé. Il avait 36 ans.
“Nous, les rastas”, disait-il, “on ne s’occupe pas de la mort. Toute la signification du rasta est dans la vie”. Le 21 mai, il a droit à des funérailles nationales. Il est enterré avec sa guitare, une Gibson rouge, à Nine Mile, tout près de son village natal de Rhoden Hall. Depuis, une série de timbres à son effigie a été émise à sa mémoire, une allée de Londres porte son nom, et il existe un "Bob Marley Boulevard" à Brooklyn.

"Redemption song" (CD "Uprising")

Un mois avant sa disparition, Bob Marley avait reçu l’Ordre du Mérite jamaïcain, pour son éminente contribution à la culture de son pays. Bob était une star. Depuis 1981, il est entré dans la légende, une légende aux couleurs du rouge, de l’or et du vert. 
Bob n'avait pas fait de testament, respectant ainsi les croyances Rastafari. Il laisse une veuve et onze enfants qu’il avait eus de huit femmes différentes. Tous, ainsi que certains de ses collaborateurs, réclament leur part de l'important héritage qu'il a laissé : ses deux studios de Kingston, le "Bob Marley Museum" et surtout les droits de toutes les chansons qu'il a écrites.
Cette succession provoque de nombreuses vagues. Certains vont même jusqu'à y rattacher des morts violentes. En avril 87, le batteur des Wailers, Carlton Barrett, est abattu de trois balles dans la tête : on parle de tueurs à gages recrutés par sa femme qui voulait hériter et refaire sa vie ailleurs. En septembre 87, c'est Peter Tosh qui est tué, officiellement par des cambrioleurs.

"Get up, stand up" (CD "Burnin'")

Après de multiples péripéties, la succession de Bob est réglée en décembre 1991, lorsqu'un accord est enfin trouvé entre Chris Blackwell et la famille Marley. Ils créent aussitôt la "Fondation Bob Marley" et relancent le label Tuff Gong qui publie le coffret "SONGS OF FREEDOM" en septembre 92. C'est une rétrospective en quatre CDs des dix-huit années de carrière de Bob Marley, qui résumait sa philosophie en ces quelques mots.

"Si on veut travailler avec moi, on doit me suivre. A l’autre bout de la terre, en studio, un Wailer doit être avec moi partout. C’est comme ça que je conçois ma musique, dans une ambiance détendue, mais studieuse. Je ne suis pas dans ce business pour souffrir. J’ai appris en Jamaïque la sincérité, la vérité. Dieu a dit qu’il fallait toujours dire la vérité, que la liberté passait par la vérité. Et c’est la même chose en musique. Il y a des types qui l’aiment vraiment et sont heureux, et il y a ceux qui mentent. Aimer la musique signifie qu’on se donne à elle totalement. C’est le seul moyen de faire passer des émotions en public."

"Iron Zion lion" (CD "Songs of freedom")

Bob Marley est devenu un mythe. Le 11 mai 2001, à l'occasion du vingtième anniversaire de sa mort, on publie la compilation "ONE LOVE – THE VERY BEST OF BOB MARLEY & THE WAILERS". La même année, on lui décerne un Grammy Award spécial pour l'ensemble de sa carrière. Depuis, sa discographie n'a jamais cessé de s'enrichir. On peut citer le double "AFRICA UNITE (THE SINGLES COLLECTION)", en 2005, et le triple CD "THE 50 GREATEST SONGS", qui était paru deux ans plus tard.
Le nom de Bob Marley est aussi associé à plusieurs projets cinématographiques qui ont du mal à aboutir. Un documentaire, qui aurait dû être réalisé par Martin Scorsese en 2008, avait été repris par Jonathan Demme, avant d'être abandonné. On avait également annoncé une biographie filmée de Bob à partir du livre de Rita, "No woman, no cry : my life with Bob Marley", mais pour l'instant, rien n'a été fait.
Heureusement, il reste la musique de Bob Marley. A l'occasion du trentième anniversaire de sa mort, on vient de publier le double CD "LIVE FOREVER". C'est un document qui permet de retrouver l'ultime concert donné par Bob Marley & The Wailers. C'était le 23 septembre 1980 au Stanley Theatre de Pittsburgh, en Pennsylvanie.

"Positive vibration" (CD "Live forever")

DISCOGRAPHIE :

-    "AFRICAN HERBSMAN" (compilation – 1970)
-    "SOUL REBELS" (compilation – 1970)
-    "SOUL REVOLUTION" (compilation – 1972)
-    "CATCH A FIRE" (album – 1973)
-    "BURNIN'" (album – 1973)
-    "RASTA REVOLUTION" (compilation – 1974)
-    "NATTY DREAD" (album – 1975)
-    "LIVE" (live album – 1975)
-    "RASTAMAN VIBRATION" (album – 1976)
-    "EXODUS" (album – 1977)
-    "THE BIRTH OF A LEGEND" (compilation – 1977)
-    "EARLY MUSIC" (compilation – 1977)
-    "KAYA" ( album – 1978)
-    "BABYLON BY BUS" (live album – 1978)
-    "SURVIVAL" (album – 1979)
-    "IN THE BEGINNING" (compilation – 1979)
-    "UPRISING" (album – 1980)
-    "COUNTRYMAN" (BO – 1982)
-    "CONFRONTATION" (compilation – 1983)
-    "LEGEND" (compilation – 1984)
-    "REBEL MUSIC" (compilation – 1986)
-    "TALKIN' BLUES" (compilation – 1991)
-    "ROOTS" (coffret – 1991)
-    "SONGS OF FREEDOM" (coffret – 1992)
-    "SOUL ALMIGHTY" (compilation – 1995)
-    "NATURAL MYSTIC" (compilation – 1995)
-    "KING OF REGGAE" (compilation – 1996)
-    "DESTINY : RARE SKA SIDES FROM STUDIO ONE" (compilation – 1999)
-    "CATCH A FIRE" (deluxe edition)(album – 2001)
-    "ONE LOVE : THE VERY BEST OF BOB MARLEY & THE WAILERS" (compilation – 2001)
-    "LIVE AT THE ROXY" (live album – 2003)
-    "MAN TO MAN" (coffret – 2005)
-    "ANOTHER DANCE : RARITIES FROM STUDIO ONE" (compilation – 2007)
-    "THE 50 GREATEST SONGS" (compilation – 2007)
-    "LES DERNIÈRES HEURES DE SA VIE" (compilation – 2008)
-    "AFRICA UNITE (THE SINGLES COLLECTION)" (compilation – 2008)
-    "LIVE FOREVER" (live album – 2011)








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