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La Saga d'Eric Clapton


Dans la liste des "100 meilleurs guitaristes de tous les temps" établie en 2011 par le magazine Rolling Stone, Eric Clapton figure en 2ème position, juste derrière Jimi Hendrix, mais devant Jimmy Page, Keith Richards et Jeff Beck. Véritable légende vivante, Eric Clapton célèbre les 35 ans de son album le plus marquant des années 70, "Slowhand", qui reparaît à cette occasion sous différentes formes et augmenté d'inédits. Au micro de Saga, Eric Clapton parle en toute franchise des hauts et des bas de sa carrière, de ses combats contre l'alcool et la drogue, de ses amours, de sa famille et de sa passion jamais démentie pour le blues.

eric clapton
eric clapton



LA SAGA D'ERIC CLAPTON DANS SON INTÉGRALITÉ

"Lay down Sally" (CD "Slowhand")
 
C'est en novembre 1977 qu'Eric Clapton avait publié "SLOWHAND", son cinquième album solo. Enregistré à Londres, aux Studios Olympic, il avait été produit par Glyn Johns et il avait donné trois tubes : "Lay down Sally", "Wonderful tonight" et "Cocaine". Aujourd'hui, trente-cinq ans plus tard, "Slowhand" a été remasterisé et il reparaît en quatre versions : Standard, Deluxe, Super Deluxe et vinyle. Les éditions Deluxe proposent en bonus quatre titres studio qui avaient été écartés de l'album  original. On y trouve aussi - pour la première fois dans son intégralité -  le "Live at Hammersmith Odeon", qui avait été enregistré le 27 avril 1977, une semaine avant le début des sessions de l'album.
"Slowhand" est un des surnoms d'Eric Clapton. Il lui avait été donné par son producteur Giorgio Gomelsky. Eric cassait souvent des cordes de guitare et pendant qu’il les changeait sur scène, le public avait pris l'habitude d'attendre en frappant très lentement des mains, ce que l'on appelle en anglais "a slow handclap". C'est en jouant sur ces mots que Giorgio Gomelsky a inventé "Slowhand".

"Greyhound bus" (CD "Slowhand 2012")

Eric Clapton est né le 30 mars 1945 à Ripley, une petite ville du Surrey située à 45 kilomètres de Londres. Enfant illégitime, il est élevé par ses grands-parents. Pendant longtemps, on lui fera croire que sa mère - qui n'avait que seize ans à sa naissance -  est sa grande sœur. Il apprendra plus tard que son père était un militaire canadien stationné en Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale et qu'il était reparti dans son pays avant sa naissance.
Pour son treizième anniversaire, on lui offre une guitare. C'est un modèle bon marché dont il aura beaucoup de mal à jouer. En 1961, Eric suit les cours du Kingston College of Art d'où il est renvoyé au bout d'un an pour manque d'assiduité. Il a tout juste seize ans. Il est plus attiré par la guitare, par Londres et la vie de bohème. Il vient de découvrir le blues de Muddy Waters, de Big Bill Broonzy et surtout de Robert Johnson pour qui il se prend de passion. Eric Clapton joue d'abord avec les Roosters, puis avec Casey Jones & The Engineers. C'est en octobre 1963 qu'il rejoint les Yardbirds, dont il sera le guitariste pendant dix-sept mois. Il enregistre avec eux deux albums publics, un 45-tours quatre titres et trois singles, dont le fameux “For your love”.

"For your love" (CD "The very best of the Yardbirds")

“For your love” marque un tournant dans l’histoire des Yardbirds. Avec ce titre, ils ont choisi d'abandonner le blues traditionnel pour un pop-rock plus commercial. Eric Clapton le vit comme une trahison et il quitte le groupe en mars 65, avant même la sortie du disque. Voulant rester fidèle à ses racines, il rejoint alors John Mayall et ses Bluesbreakers, avec lesquels il s'affirme comme un maître incontesté de la guitare. Dans les clubs londoniens, ses concerts avec John Mayall sont torrides, et Clapton devient le nouveau “guitar hero”. C'est à cette époque qu'apparaît dans une station du métro londonien un graffiti qui va lancer sa légende : “Clapton is God”, Clapton est Dieu. La formule est flatteuse, mais Eric la trouve ambigüe.

"Ça ne me faisait ni chaud ni froid. J'y voyais bien sûr un compliment mais je trouvais la chose débile. Je ne comprenais pas comment les gens pouvaient prendre cela au sérieux. C'était très sympathique et en même temps ridicule."

Eric passe quinze mois dans le groupe de John Mayall, une courte période au cours de laquelle il enregistre l'album qui paraît en juillet 66 : “BLUESBREAKERS WITH ERIC CLAPTON". C'est sur le titre “Ramblin' on my mind”, une reprise de Robert Johnson, qu'il fait ses débuts officiels de chanteur.

"Ramblin' on my mind" (CD John Mayall & The Bluesbreakers : "Bluesbreakers with Eric Clapton")

Après son départ des Bluesbreakers, Eric Clapton forme Cream avec Ginger Baker et Jack Bruce dont il avait fait la connaissance chez John Mayall. Jack Bruce est pour Clapton une rencontre déterminante : il réussit à le sortir du carcan du blues et il lui montre des horizons nouveaux synonymes de liberté musicale. Premier supergroupe de l'histoire du rock, Cream fait ses débuts en juillet 1966 au festival de Windsor. Un premier album, “FRESH CREAM”, paraît dans la foulée. 
Cream est le premier groupe qui s'adresse non seulement aux adolescents, mais aussi aux adultes, en proposant une musique que l’on peut analyser avec le même sérieux que le blues ou le jazz. Leur deuxième album, “DISRAELI GEARS”, paraît en novembre 1967. Il s'impose comme un véritable classique grâce à des titres comme “Tales of brave Ulysses”, “Strange brew” et “Sunshine of your love”.

"Sunshine of your love" (CD Cream : "Disraeli gears")

En août 1968, Cream publie le double album “WHEELS OF FIRE” et se sépare après un ultime concert au Royal Albert Hall, le 26 novembre suivant. Un dernier album, “GOODBYE”, sortira en mars 1969. Pour tous les admirateurs du groupe, cette séparation est une catastrophe. En revanche, elle semble n’avoir laissé que peu de regrets à Eric Clapton.

"Cream pour moi est un groupe qui n’a jamais donné le meilleur de lui-même. On s’est lancé dans l’aventure comme ça. On a donné notre premier concert sans avoir vraiment répété. On avait toujours autre chose en tête, on nous forçait à faire des choses sans qu’on soit fin prêt, mais c’était assez excitant. C’était aussi toujours la pagaille, on s’étouffait mutuellement, nous n’étions jamais relax. C’était assez dur à vivre."

"Badge" (CD Cream : "Goodbye")

Après son superbe solo sur "While my guitar gently weeps" des Beatles, Eric Clapton retrouve Steve Winwood avec qui il avait déjà enregistré deux ans plus tôt au sein du groupe The Powerhouse. C'est la naissance d'un nouveau supergroupe, Blind Faith, complété par le batteur Ginger Baker et par Rick Grech, l’ancien bassiste de Family. Formé début 69, Blind Faith fait ses débuts en juin devant cent mille personnes réunies pour un concert gratuit à Hyde Park.
Simplement intitulé "BLIND FAITH", l'unique album du groupe paraît en août 1969. Eric Clapton y signe sa première véritable chanson, "Presence of the Lord”, dont il laisse les vocaux à Steve Winwood.

"Presence of the Lord" (CD "Blind Faith")

En l'espace de six années, Eric Clapton est passé des Yardbirds à John Mayall, puis de Cream à Blind Faith. Mais cette dernière aventure est encore plus brève que les précédentes. Sa tournée américaine terminée, Blind Faith se sépare après seulement onze mois d'existence. En septembre 1969, Eric Clapton est à Toronto où il joue avec le Plastic Ono Band de John Lennon. C'est un concert unique où les musiciens se retrouvent autour de quelques vieux classiques du rock comme “Blue suede shoes” et “Dizzy Miss Lizzy”. Eric en garde des souvenirs très précis.

"Ça a été vraiment génial, mais aussi très rapide. Tout s'est déroulé en moins de vingt-quatre heures. Le matin, John m'a appelé pour me demander si j'avais quelque chose de prévu ce jour-là. J'ai dit non et il a ajouté : 'Rejoins-nous à l'aéroport. On va au Canada. Tu nous accompagnes ?' Et nous voilà tous dans l'avion. On a répété un petit peu dans le compartiment des premières classes, on a débarqué à Toronto et on est monté sur scène dans la foulée."

"Dizzy Miss Lizzy" (CD Plastic Ono Band : "Live peace in Toronto")

Au moment où sort l'album “LIVE PEACE IN TORONTO”, qui témoigne de sa rencontre avec John Lennon, Eric Clapton est déjà ailleurs : en l'occurrence  avec Delaney & Bonnie. On retrouve l'ambiance de leur tournée commune sur l’album “DELANEY & BONNIE & FRIENDS (ON TOUR WITH ERIC CLAPTON)” en avril 1970. Le rôle de Delaney Bramlett ne s’arrête pas là. En effet, c’est lui qui incite Eric à se lancer dans une carrière solo et qui produit l’album “ERIC CLAPTON”, en juillet 70. Pour la première fois, Clapton n’est plus seulement guitariste mais bien maître d’œuvre à 100 %. Il co-signe huit des onze titres de l’album, il chante, et il reprend une première composition de J.J. Cale : “After midnight”.

"After midnight" (CD "Eric Clapton")

Eric Clapton a maintenant envie de monter son propre groupe. Mais comme il a toujours du mal à assumer son statut de rock star, il évite d’utiliser son nom. Il se produit pour un premier concert de charité à Londres sous le pseudonyme de Derek & The Dominos. Puis il s’envole pour Miami. Avec la participation de Duane Allman à la slide-guitar, il enregistre “LAYLA & OTHER ASSORTED LOVE SONGS”, qui paraît en novembre 1970. Cet album entre dans la légende grâce au titre “Layla”, l’histoire vécue d'un amour impossible dont Eric, bien des années plus tard, parle toujours à mots couverts.

"C'est une chanson d'amour. Je l'ai écrite pour une femme dont j'étais amoureux mais qui était mariée à un autre. C'est pour cette raison que je l'ai baptisée d'un faux nom, Layla, afin qu'on ne la reconnaisse pas. La longue partie qui clôt la chanson est l'œuvre de notre batteur, Jim Gordon. Nous aimions bien cet instrumental qu'il avait écrit et nous l'avons mis là, juste à titre expérimental."

En fait, Layla, et ce n'est plus un secret pour personne, c'est Pattie Boyd, la femme de son meilleur ami, George Harrison.

"Layla" (CD Derek & The Dominos : "Layla and other assorted love songs")

L'épisode Derek & The Dominos prend fin en avril 71. Perturbé par ses histoires de cœur, par la disparition tragique de Duane Allman le 29 octobre 71, et surtout par de graves problèmes liés à la drogue, Eric Clapton est au plus bas. Mais il a décidé de se soigner. Au bout de trois ans et avec l’aide de ses amis, il réussit à échapper à l'enfer de la drogue après un traitement par électro-acupuncture. C'est une période de sa vie qu'il évoque avec lucidité.

"Bien sûr, je regrette tout ce temps perdu à boire et à me droguer, mais je suppose que sans cela, je ne serais pas où j'en suis aujourd'hui. Vous savez, les drogues ont énormément d'impact et beaucoup de gens doivent d'abord en prendre avant de se rendre compte que ce n'est pas une bonne idée. Quant à dire que j'en avais besoin pour être créatif, c'est faux, bien que je l'aie cru à l'époque. C'est ça le piège ou l'illusion de la drogue : te faire croire que tu ne peux créer sans elle, ce qui est bidon. Je suis quelqu'un de très créatif, avec ou sans drogue."

"Wonderful tonight" "CD "Slowhand")

Eric Clapton a tiré un trait sur Derek & The Dominos et il a réussi à surmonter, au moins momentanément, certains de ses problèmes. Il a retrouvé une meilleure santé et ses activités musicales redémarrent. Le 13 janvier 1973, c'est Pete Townshend qui organise le concert qui marque son grand retour au Rainbow Theatre, à Londres.
Au printemps 1974, Eric est en studio à Miami, où il enregistre l'album “461 OCEAN BOULEVARD”. On y trouve sa version de “I shot the sheriff”, qui est N°1 aux Etats-Unis en septembre 74. C’est un tube mondial, qui apportera à Bob Marley en particulier et au reggae en général une reconnaissance universelle.

"I shot the sheriff" (CD "461 Ocean Boulevard")

DEUXIÈME PARTIE

"Knockin' on heaven's door" (CD "Time pieces : The best of Eric Clapton")       

Le blues, mais aussi le folk, le rock, la pop, la country et le reggae ont trouvé leur place dans la musique d'Eric Clapton. Ce mélange des genres, on peut le constater sur les albums qu'il publie au milieu des années 70. Mais il se montre tellement discret sur ces disques, qu'on a l'impression qu'il est plus un invité que le véritable maître d’ouvrage. Il faut y voir le reflet d'une santé encore chancelante, liée à des problèmes qu'il n'arrive toujours pas à surmonter.
En novembre 1977, sur l'album "SLOWHAND", Eric Clapton s'affirme comme un découvreur de talents et un vulgarisateur. En reprenant "Cocaine", il va populariser le style "laid-back" de J.J. Cale, comme il l'avait fait pour le reggae de Bob Marley.

"J'aimais bien la mélodie de 'Cocaine', j'aimais bien le riff qui me rappelait un peu celui de 'Sunshine of your love'. Bref, j'adorais la musique. Quant aux paroles, j'avoue que je ne m'y étais guère intéressé. C'était l'époque où je prenais encore beaucoup de drogues, alors.... Ce n'est que bien plus tard que je me suis rendu compte que c'était une chanson antidrogue. Je la joue encore de temps en temps sur scène afin de faire passer le message : ne prenez pas de drogue."

"Cocaine" (CD "Slowhand")

Au printemps 1979, Eric Clapton épouse enfin Pattie Boyd, qui vient de divorcer de George Harrison. Après "BACKLESS", et après le double live "JUST ONE NIGHT", il publie "ANOTHER TICKET" en mars 1981. A ce moment, et contrairement à ses envies, Eric Clapton ne fait plus partie d'un groupe. Mais c'est une situation qu'il accepte volontiers.

"Je crois que c’est Dieu qui l’a voulu ainsi. Si tu es dans un groupe, si tu le quittes, c’est toi qui prends le risque. Je pourrais être encore dans les Yardbirds, ou avec Cream, ou Derek & The Dominos, mais Dieu en a décidé autrement et il a fait en sorte que ces groupes ne durent qu’un temps. Je crois qu’il était écrit que je ferais carrière solo et que, malgré mon désir de vouloir faire partie d’un groupe, ce n’était plus du tout possible."

Les albums se succèdent : “MONEY & CIGARETTES” en 1983, “BEHIND THE SUN” en 85, puis “AUGUST” en 86. Pendant toutes ces années, Eric Clapton collabore aussi à plusieurs bandes originales de films, en particulier “LA COULEUR DE L'ARGENT”, “RETOUR VERS LE FUTUR" et “L’ARME FATALE”.
Sur un plan plus personnel, 1987 marque la fin de la longue et tumultueuse histoire qui unissait Eric et Pattie Boyd. Le petit Conor vient de naître, fruit des amours illégitimes d'Eric et de l'actrice italienne Lori Del Santo. Pattie obtient le divorce début 88, au moment où le guitariste célèbre ses vingt-cinq ans de carrière. C'est à cette occasion que paraît “CROSSROADS”, un coffret de quatre CDs qui retrace l'essentiel de son parcours jusqu’ici. "Crossroads", qui donne son titre au coffret, c'est le classique de Robert Johnson, un des blues préférés d'Eric Clapton. Voici la version qu'il avait enregistrée en public avec Cream pour l'album "Wheels of fire" en 1968.

"Crossroads" (CD Cream : "Wheels of fire")
                      
En 1989, Eric Clapton signe la bande originale du film “HOMEBOY”, avant de publier "JOURNEYMAN". Il propose ensuite le double live “24 NIGHTS", qui rappelle les vingt-quatre concerts qu'il a donnés à Londres au Royal Albert Hall en 1990.
Le 20 mars 1991, Conor, le fils d’Eric Clapton, trouve une mort tragique en tombant du 53ème étage d’un building new-yorkais. Il avait quatre ans et demi.
Soutenu par ses amis, notamment George Harrison, Eric se remet au travail avec l’idée de rendre hommage à son fils disparu. Les chansons inspirées par Conor Clapton figurent sur la bande originale du film “RUSH”, dont Eric a signé la musique. La plus connue, “Tears in heaven”, est une ballade pleine d'émotion et d'espoir, qui est N°2 aux Etats-Unis en mars 92.

"En écrivant 'Tears in Heaven', ma pensée était : 'Est-ce que je te reverrai un jour ?' Ce n'était pas : 'Je n'en peux plus, je me sens dévasté' et d'ailleurs, il n'y a pas ces mots dans la chanson. Il n'y a pas un mot qui évoque la tristesse. Je pose la question : 'Est-ce que je te reverrai un jour ?' Je pense que c'est le genre de question qui traverse l'esprit de tous ceux qui ont perdu un être cher. Elle traduit l'angoisse que j'avais de ne jamais revoir mon fils. Mais il n'y a pas de tristesse parce que, j'en suis sûr, je sais que je le reverrai un jour."

"Tears in heaven" (CD "Rush")

Même s’il a un goût amer, le succès de “Tears in heaven” relance de manière inattendue la carrière d'Eric Clapton. En septembre 1992, il publie “UNPLUGGED”, le reflet fidèle de sa participation à l’émission vedette de MTV. Ce disque est essentiellement mis sur le marché pour stopper la prolifération des copies pirates réalisées à partir du show télévisé. Malgré une promotion minimale, l’album s’installe immédiatement dans le Top 10. A la hâte, on en extrait un single, une version totalement remaniée de “Layla”.
En mars 93, Eric Clapton triomphe aux Grammy Awards dont il repart avec six récompenses. Cette avalanche d’honneurs se répercute instantanément sur les ventes. Après vingt-sept semaines dans les charts, “Unplugged” est enfin N°1 le 13 mars 93. C’est la plus grosse réussite d'Eric Clapton avec dix-sept millions d’albums vendus dans le monde.

"Layla" (CD "Unplugged")

En septembre 94, Eric Clapton propose “FROM THE CRADLE”, où il renoue avec les sources de sa musique, c'est-à-dire le blues. “From the cradle” est N°1 des ventes des deux côtés de l’Atlantique, une première pour un enregistrement de blues traditionnel. Au printemps 1996, Eric Clapton participe à la bande originale du film "PHENOMENON". Avec le titre "Change the world", il atteint la deuxième place des charts aux Etats-Unis et il enrichit son palmarès de trois nouveaux Grammy awards.

"Change the world" (CD "Phenomenon")

En mars 1998, Eric Clapton fait appel à Simon Climie pour coproduire "PILGRIM", son premier album de matériel original depuis une décennie. En quatorze titres, il dévoile son univers intime et fait partager ses doutes, ses malheurs et ses amours, mais aussi sa joie de pouvoir continuer à faire ce qui lui plaît par-dessus tout : jouer de la musique. Le premier single qui en est extrait, "My father's eyes", évoque le père qu'il n'a jamais connu. Il a été enregistré en même temps que "Tears in Heaven", c'est-à-dire en 1991. Eric nous explique pourquoi ce titre n'a vu le jour que sept ans plus tard.

"'My father's eyes' nous a donné beaucoup de mal. Le plus difficile a été de la laisser mûrir, de la laisser se développer. Nous n'y étions pas arrivés à l'époque d''Unplugged' et on avait laissé tomber. Pour 'Pilgrim', on s'y est repris à six fois. C'est la chanson par laquelle nous avons commencé l'album et c'est aussi celle qui nous manquait pour le finir. Elle n'a pas cessé de changer."

"My father's eyes" (CD "Pilgrim")

En juin 1999, Eric Clapton participe à l'album "Supernatural" de Santana. En juillet, il publie "BLUES", une compilation qui rassemble des titres enregistrés dans les années 70 et 80. Ce disque doit surtout servir à récolter des fonds pour le "Crossroads Centre", une association et une maison de soins basée à Antigua que le guitariste a fondées pour venir en aide aux alcooliques et aux drogués. En juin 2000, Eric Clapton renoue avec le blues sur "RIDING WITH THE KING", une nouvelle collaboration avec le grand B.B. King, qui sera récompensée par le Grammy Award du "meilleur album de blues traditionnel".

"Riding with the King" (CD BB King & Eric Clapton : "Riding with the King")

Après la sortie de l'album "REPTILE" en mars 2001, Eric Clapton entame une tournée américaine qui donnera le double CD "ONE MORE CAR, ONE MORE RIDER", en novembre 2002.
Dans l'intervalle, le 1er janvier 2002, Eric Clapton a épousé sa compagne américaine de 25 ans, Melia McEnery. Melia est la mère de trois de ses filles : Julie Rose, qui était née en juin 2001, Ella Mae, qui naîtra en janvier 2003, et Sophie, en février 2005. Eric avait déjà une fille, Ruth, née en 1986. Sa mère, Yvonne Kelly, était alors la directrice des Studios Air, à Montserrat.
Eric Clapton retrouve ensuite Simon Climie pour enregistrer un nouvel album. Et lorsque l'inspiration fait défaut, il s'amuse à reprendre des titres de Robert Johnson. Finalement, il se retrouve avec suffisamment de matériel pour produire deux CDs en hommage au grand bluesman : "ME AND MR. JOHNSON" qui paraît en mars 2004, puis "SESSIONS FOR ROBERT J." en novembre.

"If I had possession over judgement day" (CD "Me and Mr. Johnson")

En mai 2005, Eric Clapton, Ginger Baker et Jack Bruce reforment Cream pour quatre soirées exceptionnelles au Royal Albert Hall, à Londres, là même où ils avaient donné leur dernier concert en novembre 68. Un double CD commémoratif paraîtra en octobre 2005. Deux mois plus tôt, Eric Clapton avait publié "BACK HOME", un nouvel album original dédié à la mémoire de Syreeta Wright et de Ray Charles. En novembre 2006, il revient avec "THE ROAD TO ESCONDIDO". C'est un disque qu'il a enregistré en duo avec J.J. Cale et qui sera récompensé par le Grammy Award du "meilleur album de blues contemporain".

"Ride the river" (CD JJ Cale & Eric Clapton : "The road to Escondido")

En octobre 2007, Eric Clapton décide de faire le point. Il publie simultanément la double compilation "COMPLETE CLAPTON", et son autobiographie, "CLAPTON PAR ERIC CLAPTON". Il reporte alors toute son énergie sur la scène, où il multiplie les collaborations. En février 2008, il retrouve Steve Winwood, pour une série de concerts dont témoigne le double CD "LIVE FROM MADISON SQUARE GARDEN". Et de nouveau, il se tourne vers le blues. D'abord sur l'album "CLAPTON" en septembre 2010, puis un an plus tard, sur "PLAY THE BLUES LIVE FROM JAZZ AT LINCOLN CENTER", enregistré avec Wynton Marsalis. En février 2012,  on le retrouvera sur l'album de Paul McCartney, "Kisses on the bottom".

"Autumn leaves" (CD "Clapton")

Paru en novembre 1977, "SLOWHAND" a été l'album phare d'Eric Clapton dans les années 70. Produit par Glyn Johns, il était grimpé jusqu'à la deuxième place dans les charts du Billboard où il était resté classé soixante-quatorze semaines. A l'occasion de son trente-cinquième anniversaire, "Slowhand" ressort sous différentes formes. Les deux éditions Deluxe et Super Deluxe proposent en bonus quatre titres enregistrés lors des sessions de l'album, ainsi que l'intégralité du concert donné à l'Hammersmith Odeon, à Londres, le 27 avril 1977.
Après le quatrième "Crossroads Guitar Festival" qui aura lieu les 12 et 13 avril 2013 à New York, au Madison Square Garden, Eric Clapton tournera en Europe pour célébrer ses cinquante années de carrière professionnelle. Au mois de mai, il sera à Londres au Royal Albert Hall pour une série de sept concerts.

"Stars, strays and ashtrays" (CD "Slowhand 2012")



       DISCOGRAPHIE :

-    "ERIC CLAPTON" (album – 1970)
-    "THE HISTORY OF ERIC CLAPTON" (compilation – 1972)
-    "ERIC CLAPTON AT HIS BEST" (compilation – 1972)
-    "ERIC CLAPTON'S  RAINBOW CONCERT" (album live – 1973)
-    "461 OCEAN BOULEVARD" (album – 1974)
-    "THERE'S ONE IN EVERY CROWD" (album – 1975)
-    "E.C. WAS HERE" (album live – 1975)
-    "NO REASON TO CRY" (album – 1976)
-    "SLOWHAND" (album – 1977)
-    "BACKLESS" (album – 1978)
-    "JUST ONE NIGHT" (album live – 1980)
-    "ANOTHER TICKET" (album – 1981)
-    "TIME PIECES : THE BEST OF ERIC CLAPTON" (compilation – 1982)
-    "MONEY AND CIGARETTES" (album – 1983)
-    "TIME PIECES, VOL. 2 : LIVE IN THE SEVENTIES" (live compilation – 1983)
-    "BEHIND THE SUN" (album – 1985)
-    "AUGUST" (album – 1986)
-    "THE CREAM OF ERIC CLAPTON" (compilation – 1987)
-    "CROSSROADS" (coffret – 1988)
-    "JOURNEYMAN" (album – 1989)
-    "24 NIGHTS" (album live – 1991)
-    "THE BEST OF ERIC CLAPTON" (compilation – 1991)
-    "RUSH" (OST – 1992)
-    "UNPLUGGED" (album live – 1992)
-    "FROM THE CRADLE" (album – 1994)
-    "CROSSROADS II : LIVE IN THE SEVENTIES" (coffret live – 1996)
-    "PILGRIM" (album – 1998)
-    "BLUES" (album – 1999)
-    "CLAPTON CHRONICLES – THE VERY BEST OF ERIC CLAPTON" (compilation – 1999)
-    "RIDING WITH THE KING" (album avec B.B. King – 2000)
-    "REPTILE" (album – 2001)
-    "ONE MORE CAR, ONE MORE RIDER" (live album – 2002)
-    "ME AND MR. JOHNSON" (album – 2004)
-    "20th CENTURY MASTERS : THE MILLENNIUM COLLECTION" (compilation – 2004)
-    "SESSIONS FOR ROBERT J." (album – 2004)
-    "BACK HOME" (album – 2005)
-    "THE ROAD TO ESCONDIDO" (album avec J.J. Cale – 2006)
-    "COMPLETE CLAPTON" (compilation – 2007)
-    "LIVE FROM MADISON SQUARE GARDEN" (live album avec Steve Winwood – 2009)
-    "CLAPTON" (album – 2010)
-    "PLAY THE BLUES LIVE FROM JAZZ AT LINCOLN CENTER" (live album avec Wynton Marsalis – 2011)
-    "ICON" (compilation – 2011)

Avec les YARDBIRDS

-    "FIVE LIVE YARDBIRDS" (album live – 1965)
-    "SONNY BOY WILLIAMSON & THE YEARBIRDS" (album live – 1966)
-    "THE YARDBIRDS COLLECTION" (compilation – 1987)

Avec John MAYALL

-    "BLUESBREAKERS WITH ERIC CLAPTON" (album – 1966)
-    "LONDON BLUES 1964-1969" (compilation – 1993)

Avec CREAM

-    "FRESH CREAM" (album – 1966)
-    "DISRAELI GEARS" (album – 1967)
-    "WHEELS OF FIRE" (album – 1968)
-    "GOODBYE" (album – 1969)
-    "LIVE CREAM" (album live – 1970)
-    "LIVE CREAM, Vol. 2" (album live – 1972)
-    "STRANGE BREW – THE VERY BEST OF CREAM" (compilation – 1983)
-    "THOSE WERE THE DAYS" (coffret – 1997)
-    "ROYAL ALBERT HALL, LONDON, MAY 2-3-5-6 2005" (live album – 2005)

Avec BLIND FAITH

-    "BLIND FAITH" (album – 1969)

Avec le PLASTIC ONO BAND

-    "LIVE PEACE IN TORONTO" (album live – 1969)

Avec DELANEY & BONNIE

-    "DELANEY & BONNIE & FRIENDS (ON TOUR WITH ERIC CLAPTON)" (album live – 1970)

Avec DEREK & THE DOMINOS

-    "LAYLA & OTHER ASSORTED LOVE SONGS" (album – 1970)
-    "IN CONCERT" (album live – 1973)

Avec TDF

-    "RETAIL THERAPY" (album – 1997)




              
                    






















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