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Daho, Stromae, Nirvana... Vous les connaissez grâce aux Trans Musicales de Rennes

INTERVIEW - Organisé en hiver à Rennes depuis près de 40 ans, le festival breton ne désemplit pas sans présenter de groupes célèbres. Son secret ? Faire découvrir les prochaines têtes d'affiche des festivals d'été.

Stromae est révélé sur scène au public français aux Trans Musicales de Rennes pour la première fois en 2010. Il y est retourné trois ans plus tard
Crédit Image : DAMIEN MEYER / AFP

On est au début du mois de décembre. La saison fleurie et colorée des festivals de l'été est enterrée depuis longtemps. Une dernière danse au Pitchfork en octobre, à la rigueur, puis on attend le printemps de Bourges pour l'ouverture de la prochaine saison. Pourtant, au début du mois de décembre, en plein hiver, un - pas si - petit festival fait de la résistance depuis près de quarante ans. 

Mercredi 6 décembre s'ouvre la première journée de la 39e édition des Trans Musicales de Rennes, jusqu'à dimanche 10. Un festival pas comme les autres. Celui-là ne désemplit pas d'année en année, mais ce n'est pas grâce à ses groupes populaires. Comme l'an dernier, 60.000 personnes sont attendues.

Non, celui-là il attire grâce aux nouveautés qu'il présente, c'est sa marque de fabrique. Aux Trans, on découvre. Rock, pop, hip-hop, électro, techno, chanson française... Tous les styles sont concernés.

100% de "coups de cœur"

C'est pour ce festival et une programmation très pointue que Jean-Louis Brossard, le directeur artistique de l'événement, déniche chaque année les talents de demain, les futures têtes d'affiche des festivals d'été. Son secret ? Il n'en a pas, assure-t-il à RTL.fr. Il passe simplement toute l'année à écouter et découvrir des musiciens du monde entier, français comme étrangers. S'il accroche, il le programme. "Il n'y a pas un groupe qui n'est pas un coup de cœur dans la programmation", promet-il.

Pour faire partie de ces artistes chanceux d'avoir été remarqués par l'oreille des Trans Musicales, il faut au minimum que Jean-Louis Brossard soit "fan à 60%". Le reste, dehors. Ce qui assure une programmation de qualité même pour des curieux non-initiés. Son flair a fait monter sur scène les plus grands d'aujourd'hui, qui n'étaient encore personne hier. 

Cette année, il confie à RTL.fr une liste de trois groupes sur lesquels il mise particulièrement : Nakhane en premier. Une formation sud-africaine qui se produira à L'Air Libre, un théâtre qui accueille les créations du festival de découvertes hors de la ville. Y sont déjà passés, Yann Tiersen, Gaëtan Roussel ou encore Fishback. Il croit aussi au succès du rappeur français Kiddy Smile (jeudi 7) et au "terrible" groupe australien Confidence Man (samedi 9).

Trois fiertés du directeur artistique

Dès la première édition en 1979, Étienne Daho se présente aux festivaliers rennais avec son groupe Entre les deux fils dénudés de la dynamo. L'année suivante, il est seul en scène. C'est le début de la gloire. Viennent ensuite l'enregistrement de premiers titres puis un contrat chez Virgin. Aujourd'hui, il est une figure incontournable de la scène française. Il vient d'ailleurs de sortir un nouvel album en novembre, Blitz.

Parmi les fiertés de Jean-Louis Brossard, même si "il y a tellement de choses", il cite d'abord Portishead. L'envoûtant et électrisant trip-hop porté par la voix sensuelle et mélodieuse de Beth Gibbons fait son entrée en France en 1994. 20 ans plus tard, ils bouleversent le public fan de Rock en Seine

Sur son podium, on trouve aussi Le couple aveugle du Mali, plus connu aujourd'hui sous le pseudo Amadou & Mariam. Ils viennent tout juste de sortir un album et ont laissé un souvenir impérissable aux festivaliers de We Love Green cette année. Plus récemment, le directeur artistique cite, en troisième place, le groupe Birth of JoyLe trio néerlandais reste peu connu en France mais est déjà un véritable groupe vedette aux Pays-Bas porté par un "Jim Morrison du XXIe siècle" ose le texte de présentation des Trans Musicales. 

Mais aussi...

Ce n'est pas les seuls noms qui résonnent aujourd'hui comme des références incontournables. Toutes les années ont été marquées par des futures vedettes. En 1986, les Français venus découvrir de nouveaux riffs se régalent des titres encore inconnus des Bérurier Noir et surtout de Noir Désir. Deux ans après, c'est la Mano Negra qui vient faire découvrir Manu Chao. En 1990, le désormais légendaire groupe de rap marseillais IAM pose les premiers flows du hip-hop français dans le froid rennais. Ils n'ont même pas encore d'album.

Le public des Trans Musicales n'est pas au bout de ses surprises. Celui de l'année 1991 peut se vanter aujourd'hui d'avoir secoué ses cheveux sur la voix déchirée de Kurt Cobain et son groupe Nirvana. Mais aussi d'avoir découvert Keziah Jones et MC Solaar. La liste est tellement longue. Suivent Jamiroquai, Ben Harper, Rita MitsoukoThe OffspringThe Prodigy, la majestueuse Björk (tête d'affiche de la prochaine édition de We Love Green), The Roots, Laurent Garnier, Yann TiersenDaft Punk... 

Plus récemment, Stromae a été la révélation de l'hiver 2003, avant de faire son retour en 2010. L'année suivante, Kasabian, Kraftwerk, Vitalic, puis encore après Justice, The Horrors, Calvin HarrisYuksekMetronomy, The Shoes, Django Django, Major Lazer, Benjamin Clementine, The Avener... Une liste sans fin qui n'est pas prête de s'arrêter cette année. 

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