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VIDÉO - Affaire Bygmalion : le retour sous tension d'"Envoyé Spécial"

ÉCLAIRAGE - Élise Lucet tape fort dès sa prise de fonction à "Envoyé Spécial" avec un reportage sur l'affaire Bygmalion.

Élise Lucet a présenté son dernier JT sur France 2 le 29 avril
Élise Lucet a présenté son dernier JT sur France 2 le 29 avril Crédit : MICHEL GANGNE / AFP
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Ludovic Galtier
Journaliste RTL

Après deux numéros de L'Émission politique et la programmation de Cash Investigation, l'information de France 2 version Michel Field poursuit sa rentrée. Ce jeudi 29 septembre, Élise Lucet prend les commandes de la nouvelle formule d'Envoyé Spécial, deux mois après le débarquement de Guilaine Chenu et Françoise Joly. Désormais incarnée par l'ex-présentatrice du Journal de13 Heures de France 2, l'émission est attendue à double titre. En effet, un des trois reportages de l'émission de ce jeudi est consacré à l'affaire Bygmalion, société choisie par l'UMP pour organiser les meetings de Nicolas Sarkozy en 2012, et un volet qui touche de près au financement de la campagne présidentielle de l'ancien chef de l'État.

L'auteur du reportage, Tristan Waleckx, diffusera l'interview exclusive de Franck Attal, ancien directeur événementiel de l'agence de communication organisatrice de 44 meetings de Nicolas Sarkozy, aujourd'hui mis en examen. Son témoignage est essentiel, puisque cet homme a permis aux enquêteurs de "remonter la piste du financement illégal présumé de la campagne de 2012", selon France 2. L'ancien chef de l'État, aujourd'hui candidat à la primaire de la droite, dit tout simplement ne pas le connaître. "On s'est croisés 45 fois dans les meetings, il m'a suivi 45 fois pour retrouver son pupitre", se défend Franck Attal dans un extrait du reportage diffusé le 8 septembre dernier dans le 20 Heures de David Pujadas sur France 2.

Je réalise que la demande est folle et grave. J'ai une sensation qui me dit : 'tu es piégé'

Franck Attal, ancien directeur événementiel de Bygmalion
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Mise en scène, décor, drapeaux... Franck Attal donne des éléments permettant d'expliquer pourquoi les dépenses de campagne se sont envolées. "On veut dans les images voir les gens crier un nom, lever un drapeau. Il faut que l'on voie l'effervescence que produit notre candidat. Ça, cela représente un coût."

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Dans le reportage, l'ancien directeur événementiel raconte sa rencontre avec un autre homme clé du dossier : Jérôme Lavrilleux. Selon lui, le directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy s'inquiétait d'un éventuel dépassement des frais de campagne (24 millions d'euros) à tel point qu'il aurait demandé à Franck Attal de "déplacer la facturation" du compte de campagne de Nicolas Sarkozy vers l'UMP (18 millions d'euros de fausses factures). Ce qui est interdit par la loi. "Je réalise que la demande est folle et grave. J'ai une sensation qui me dit : "tu es piégé". Je sens qu'il y a un problème grave qui va commencer." Une version des faits que Nicolas Sarkozy conteste jusque-là.

Un bras de fer entre Nicolas Sarkozy et France Télévisions

Pour l'ancien président de la République, le timing, dans lequel intervient la diffusion du reportage, est mauvais. Selon Le Canard enchaîné, son entourage l'aurait bien fait comprendre à Michel Field, directeur de l'information de France Télévisions. L'équipe d'Élise Lucet aurait ensuite reçu "un message d'en haut : plus question de diffuser le sujet Bygmalion avant la fin de la primaire de la droite". Alors que Michel Field n'avait pourtant rien trouvé à redire à l'enquête en amont. Objet du bras de fer à l'époque : la présence de Nicolas Sarkozy dans L'Émission politique le 15 septembre dernier.

Remontée, Élise Lucet n'entend pas en rester là, "hurle à la censure, accuse Field (déjà soupçonné d'avoir cédé aux demandes de François Hollande dans Dialogues citoyens, ndlr) d'avoir cédé aux pressions de Nicolas Sarkozy" et se mobilise pour que le reportage soit diffusé lors de la soirée de lancement de la nouvelle formule d'Envoyé Spécial ce 29 septembre. Du côté du camp de Nicolas Sarkozy, on dément toute pression, "tout en s'interrogeant sur l'opportunité des choix de France 2, en pleine campagne des primaires". D'après Le MondeDelphine Ernotte, présidente du groupe France Télévisions, a tranché en personne et décidé de maintenir la programmation du reportage.

Les tensions persistent entre Rachida Dati et Élise Lucet

À quelques heures de la diffusion du reportage toutefois, les partisans de Nicolas Sarkozy répliquent d'avance. Rachida Dati, déjà interpellé par Élise Lucet dans Cash Investigation, méprise publiquement la carrière de la journaliste. Sur France Info, elle accuse Élise Lucet de faire "des ménages, elle se faisait payer par des boîtes pour faire des ménages, pour animer." Une affirmation que la journaliste a démentie une heure plus tard sur les ondes de France Inter.

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