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Les 35 ans des Nocturnes

A l'occasion des 35 ans des Nocturnes Georges Lang vous offre une play-list spéciale anniversaire avec iTunes.

Depuis le 22 mai 1973, date de création des Nocturnes, Georges Lang vous propose une programmation musicale anglo-saxonne choisie. A l'occasion de l'anniversaire de l'émission, découvrez la sélection de 35 titres reflétant l'ambiance des nuits sur RTL spécialement concoctée pour vous, par Georges Lang.


Si vous êtes l'un des gagnants de ces 35 titres, cliquez ici pour utiliser votre code sur iTunes (ou allez dans la rubrique "Raccourcis > utiliser un code" sur l'iTunes Store).
Une fois que vous avez validé votre code, cliquez sur les liens des morceaux ci-dessous pour les télécharger.

Les 35 titres sélectionnés par Georges Lang :


1- The load out (Jackson Browne)
2- Stay (Jackson Browne)
3- Boy from Boston (Robbin Thompson)
4- The last DJ (Tom Petty)
5- Woodstock (Joni Mitchell)
6- Riders on the storm (The Doors)
7- Moon Blue (Stevie Wonder)
8- Lowdown (Boz  Scaggs)
9- Hey nineteen (Steely Dan)
10- Traveller (Talvin Singh) (disponible seulement avec l'album)
11- Long road out of eden (Eagles) (disponible seulement avec l'album)
12- Her town too (James Taylor)
13- It keeps you running (The Doobie Brothers)
14- I heard it through the grapevine (Creedence C. Revival)
15- My own way to rock (Burton Cummings)
16- It's a long way there (Little River Band)
17- Tiny dancer (Elton John)
18- New York state of mind (Billy Joel)
19- Close your eyes (Aaron Neville & Linda Ronstadt)
20- Roll over Beethoven (Electric Light Orchestra)
21- St George and the Dragon (Toto)
22- Saturday in the park (Chicago)
23- You've got a friend (Carole King)
24- Helpless (Neil Young)
25- Hallelujah (Jeff Buckley)
26- Suite : Judy blue eyes (Crosby, Stills & Nash)
27- Blue jean blues (ZZ Top)
28- Sara (Fleetwood Mac)
29- I love you more than you'll ever know (Gary Moore) (disponible seulement avec l'album)
30-Wigwam (Bob Dylan)
31- Fool's overture (Supertramp) (disponible seulement avec l'album)
32-Tommy Overture / It's a boy (The Who)
33- Hotel California (West Coast all Stars)
34- Barcelona (F. Mercury & M. Caballe)
35- Motherland (Natalie Merchant)


L'histoire des Nocturnes de RTL est celle d'un jeune homme, séduit par la magie de la radio de nuit et par le mystère de la musique anglo-saxonne qu'il écoutait en cachette sous la couette dans les années 60.
Il a fini par réaliser son rêve : proposer à son tour une programmation musicale légèrement décalée, présentée sobrement à une heure où d'ordinaire on dort à poings fermés. Cette voix  chaleureuse dans la nuit annonçant des disques choisis est celle de Georges Lang qui a créé les Nocturnes de RTL en compagnie de Bernard Schu au début des années 70.

Le début des Nocturnes :
Cette radio, Bernard et moi en rêvions depuis longtemps. Nous étions persuadés qu'il manquait un rendez-vous pour les jeunes avides de rock music. Il y avait bien le hit-parade d'André Torrent sur RTL et puis le rendez-vous de Jean-Bernard Hebey en soirée. Mais nous pensions que nous pourrions offrir une émission musicale différente, plus personnelle où l'émotion serait omniprésente. Pink Floyd, David Bowie, les Who, Genesis nous offraient des bijoux d'albums. "The Dark Side Of The Moon", "Ziggy Stardust", "Tommy" symphonique, "Selling England By The Pound", étaient des pièces majeures pour nous.

A l'époque, nous n'utilisions pas d'indicatif. A peine le flash de minuit terminé, nous enchaînions un premier disque sans intervenir. C'était une volonté de Claude Fischer, le Directeur des Programmes. Je l'entends encore nous dire : "Ils ont assez parlé avant vous, marquez votre différence en démarrant juste après les infos avec de la musique". Nous nous fîmes donc un devoir de bien choisir le premier disque? Trois décennies plus loin, j'y pense encore en mettant un soin particulier à sélectionner mon premier CD chaque nuit.

Bernard et moi vivions une époque de pionniers. Nous faisions l'aller-retour entre Paris et Luxembourg chacun notre tour. Nous conduisions la plupart du temps de nuit. Au début des années soixante-dix, l'autoroute A4 n'existait pas. Il fallait compter cinq heures pour rallier les deux villes. Mais notre présence à Paris était quasi-obligatoire. Nous devions nous approvisionner en disques chaque semaine et garder un contact permanent avec le métier. Nous ne voulions pas nous isoler à Luxembourg. Nous appartenions à la grande maison RTL.

Très vite, nous nous sommes aperçus que nous ne tiendrions pas le coup à cette cadence. Il nous fallut beaucoup insister auprès de la direction pour obtenir le budget réclamé qui nous permit d'engager des remplaçants. Bernard choisit Lionel Richebourg, un garçon tout bouclé originaire de la Marne et qui avait vécu un temps en Angleterre. Ils s'étaient rencontrés à Luxembourg et avaient très rapidement échangé leurs goûts musicaux, très proches de ce que nous souhaitions programmer dans les Nocturnes. Quant à moi, je me suis souvenu que Jean-François Johann, que j'avais déjà rencontré à diverses occasions en Lorraine, venait de terminer ses études de Sciences-Po et ne semblait pas vouloir se diriger vers une carrière administrative. Je connaissais Jean-François depuis quelques années et savais qu'il avait une grande connaissance de la musique rock. A l'issue d'un essai rapide, nous avons décidé de confier à Lionel et Jean-­François quelques remplacements pour la tranche de 3 heures à 5 heures.

Puis vint le moment de l'établissement de la fameuse play-list des Nocturnes. A l'époque, cette appellation n'était pas usitée. Nous nous sommes directement inspirés de la manière de travailler des stations de radios anglo-saxonnes pour faire paraître chaque semaine la liste des disques les plus programmés dans l'émission Aujourd'hui encore, nous établissons ce document qui est d'ailleurs consultable sur le site internet de RTL. La play-list répond à deux objectifs : faire savoir aux maisons de disques quels sont les albums qui ont retenu notre attention et aider les auditeurs à trouver les références des titres qu'ils entendent régulièrement dans l'émission.

Les débuts des Nocturnes ont également été marqués par une expérience assez audacieuse. Connaissant la proximité des DJ's de Radio-Luxembourg en langue anglaise, l'un des dirigeants de la rue Bayard eut l'idée de leur faire présenter les Nocturnes à notre place. Nos collègues anglais n'avaient pas très envie de nous remplacer. Mais lorsque leur direction à Londres les obligea à se présenter à notre micro, ils se prêtèrent au jeu, contraints et forcés. Bernard Schu et moi-même leur écrivions en phonétique les annonces et désannonces des disques que nous sélectionnions à leur intention. Nous faisions office de réalisateurs. Ce petit jeu dura quelques semaines jusqu'au jour où l'un des DJ's, vraisemblablement las de venir parler dans un charabia caractérisé au micro de RTL, adressa quelques insanités au pauvre journaliste chargé de présenter les infos depuis les studios de Paris. Ce qui devait arriver se produisit : on remercia les animateurs anglais et nous reprîmes notre place au micro des Nocturnes. Lorsqu'il m'arrive de rencontrer l'un de ces DJ's anglais, nous en rions encore ! Vouloir parler une langue sans la comprendre peut parfois faire du dégât !

Les Nocturnes continuèrent donc de plus belle. A cette époque, nous étions pratiquement les seuls à diffuser de la musique anglo-saxonne de qualité sur l'antenne. Max Meynier entamait sa grande carrière de routier sympa. Il finira par donner à son émission une dimension exceptionnelle en prenant l'antenne à 21 heures pour me la céder à minuit. Les Nocturnes prenaient leur envol. Nous étions sur un nuage. Nous programmions nous-mêmes nos disques, nous délectant d'enchainements qui faisaient le bonheur de nos auditeurs.

Mais un beau jour, Bernard Schu se lassa de faire l'aller-retour entre Paris et Luxembourg. La vie au Grand Duché ne lui convenait plus et il décida de quitter le bateau des Nocturnes pour rejoindre définitivement Paris où il continua d'animer des émissions avant minuit depuis les studios de la rue Bayard.

Je fis face à ce départ inattendu en motivant mes deux camarades Lionel et Jean-­François. Dès lors, je pris les rênes de l'émission et décidai que rien ne changerait pour nos auditeurs. J'installai dans la foulée le fameux power-play qui, pour ses débuts dans les Nocturnes. commençait chaque heure après les infos. Le jingle me fut aimablement donné par les DJ's anglais qui l'utilisaient aussi sur leur antenne. Je demandais à Véronique Bourrée, une jolie speakerine blonde de RTL-Paris, de me prêter sa voix pour annoncer très sobrement le titre de l'émission suivi de première, deuxième, troisième heure sur un montage musicale très aérien. Je démarrai le cycle des fameuses Nostalgias qui permettaient d'entendre une fois par heure quatre titres enchaînés de groupes ou artistes connus comme Creedence Clearwater Revival, les Eagles, Crosby, Stills, Nash & Young ou Stevie Wonder.

Dès 1977, la direction technique de RTL nous demanda de nous passer du technicien pour assurer les Nocturnes. Inutile de dire si nous étions heureux de travailler comme les DJ's anglais à bord de leurs bateaux-radios pirates, mais la vue était différente. Les grandes fenêtres de notre studio donnaient sur le parc de la Villa Louvigny et les branches des arbres entraient presque dans la pièce. Les jours d'orage, nous branchions un micro vers l'extérieur pour capter le son de la pluie et du tonnerre, et nous mixions en direct ces bruits avec 'Riders On The Storm" des Doors. C'était magique 1

Quelques années plus tard, l'arrivée de la FM et de la stéréo donna au son des Nocturnes un confort d'écoute que nous attendions depuis longtemps. Toutes les subtilités des disques que nous programmions étaient enfin disponibles à l'oreille de nos auditeurs. Nous leur devions bien cela.

Luxembourg 208, l'influence Anglaise :

Le service anglais de RTL a toujours été une source d'inspiration pour moi. La plupart des DJ's qui le composaient venait des stations de radio pirates qui ont écrit l'histoire de la radio anglaise et européenne. Paul Burnett, David "Kid" Jensen, Mark Wesley, Tony Prince, Dave Christian, Barry Alldis, Bob Stewart étaient les vedettes de l'antenne lorsque je suis arrivé à Luxembourg. Leur façon de travailler m'impressionnait terriblement. Ils produisaient une énergie folle à partir d'un matériel somme toute sommaire. Leurs jingles me faisaient rêver, ils les produisaient eux-mêmes.
Leur recette ? Une voix, un rythme, des fonds sonores choisis, un sens de la formule et du raccourci comme "Power-Play" (pour le disque du jour), "208" (leur fréquence A.M. prononcée "Two O Eight") ou "Big L" (en référence à Luxembourg). Très vite, je me suis rapproché de cette équipe pour me nourrir de leur talent. Ces garçons, éloignés de leur pays, étaient de grosses vedettes en Angleterre et ils souffraient de ne pouvoir partager leur notoriété avec leurs auditeurs anglo­-saxons Nous nous retrouvions très souvent ensemble la nuit dans de petits restaurants ouverts clandestinement au-delà de 3 heures du matin. Et là, ils me racontaient leurs aventures à bord des bateaux qui accueillaient les studios et les émetteurs de Radio-Caroline, Radio-Veronica, Radio Nordzee International, Radio London.
Je me délectais de leurs récits, ne ratant aucun détail. Plus tard, Stuart Henry, Peter Powell. Peter Anthony, Chris Carey, Rob Jones, Mike Reed, Mike Knight. Mike Hollis, Emperor Rosko (que l'on appelait le Président Rosko en France lorsqu'il travailla sur RTL à Paris) renforcèrent la dream team du 208. Mais mes deux DJ's préférés furent Benny Brown, un Américain du Middle-West qui avait travaillé auparavant pour les radios des bases militaires en Allemagne, et surtout Bob Stewart qui est devenu un ami. Tous deux avaient une façon de faire de la radio qui m'éblouissait. Benny avait un rien d'agressivité dans le ton, ce qui donnait une énergie extraordinaire à ses interventions. Son grain de voix était particulier, son phrasé rapide et ses enchaînements dévastateurs.

Quant à Bob, il parlait d'une voix à faire pâlir n'importe qui. C'était une voix qui arrivait à vos oreilles par vibration, profonde, chaude. Emmylou Harris le surnommait "the Golden Voice". Ce garçon un peu enveloppé était originaire de Liverpool. Lui aussi avait fait ses premières armes sur un bateau. Il cachait une grande timidité derrière un aspect bourru. Il lui arrivait même de donner du poing en fin de nuit lorsqu'un client éméché l'énervait dans une discothèque de Luxembourg. Mais derrière le personnage se cachait un grand cœur. Nous travaillions sensiblement aux mêmes heures dans les années 70 et Bob venait de temps à autre dans mon studio pour discuter avec moi. Je le faisais parfois parler au micro des Nocturnes. De sa voix légendaire, il me saluait toujours d'un "Hi! Georges Lang" qui faisait vibrer les membranes des baffles. J'ai donc eu l'idée de lui demander de prêter sa divine voix pour toute une série de jingles spécifiques aux Nocturnes. C'est ainsi qu'est né cet habillage si particulier de l'émission, ajouté aux harmonies vocales d'autres jingles réalisés par Mark Wesley. Les Nocturnes pouvaient se vanter de détenir le look d'antenne le plus anglo-saxon des stations de radio en France. Et je n'en étais pas peu fier. Bob Stewart habite désormais au Texas avec femme et enfant. Je dois beaucoup à Bob. Sa voix est l'une des plus belles cartes de visite de mes émissions. Avant son départ de Luxembourg, je lui ai fait prononcer une centaine de titres d'émission, de formules, de gimmicks. De son puissant organe, il a donné une dimension considérable aux 'Power-Play", "Nocturnes", "Saga", "Take it easy", "W-Country", "Ride on cowboys', "Classic-Rock" et autres "Live from Memphis" que je lui ai fait enregistrer.
Lorsque je disais à Bob que la langue anglaise était un formidable outil pour l'art de pratiquer la radio rock, il me répondait : 'Don't worry, Georges. Nous avons tous le même matériel, les mêmes disques. C'est le talent qui fait la différence, le ton, le charisme. Pas la langue".
Dans les années qui ont suivi les premiers jingles "made by the english DJ's", j'ai commencé à imaginer la réalisation d'un indicatif qui serait une sorte de patchwork musical, avec des extraits musicaux, des jingles de radios américaines diffusées à New York, Los Angeles et Nashville, ainsi que des éléments personnalisant les Nocturnes. C'est Bernard Meneguzzi, l'un des technico-réalisateurs de RTL, qui a procédé à cet assemblage. Le fameux indicatif des Nocturnes est diffusé juste après le flash de minuit depuis près de vingt-cinq ans. J'ai souvent songé à le remplacer et à chaque fois que j'en ai émis l'idée, un tollé général m'a rapidement fait changer d'avis. Ce qui prouve que les émissions de radio appartiennent véritablement aux auditeurs qui les écoutent. A plusieurs reprises, j'ai produit de nouveaux jingles pour dynamiser l'antenne, faisant appel à la force créatrice d'une société américaine basée à Dallas et au talent de leur filiale hollandaise pour les vocaux.

Et comme dirait Georges Lang : "A ce soir minuit, all through the night, taking care of you"


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2009-01-14 14:44:00