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"Le Johnny Hallyday qui est parti reste lié aux Français", dit Isabelle Morini-Bosc

ÉDITO - Isabelle Morini-Bosc revient sur la bataille juridique qui s'engage entre Laeticia Hallyday, David Hallyday et Laura Smet. Ces derniers contestent le testament de leur père, décédé le 5 décembre dernier.

Johnny Hallyday et Laeticia Hallyday en juillet 2016
Johnny Hallyday et Laeticia Hallyday en juillet 2016 Crédit : Sipa
Isabelle Morini-Bosc
Isabelle Morini-Bosc Journaliste RTL

"Tout cela aurait dû se régler en famille. Dignement. Secrètement. C'est si beau l'amour du public pour Johnny que que je trouve épouvantable que cela soit sali ainsi". "Je ne comprends pas ce déballage, ils devraient garder cela pour eux". "Johnny aurait été très triste de tout ce cirque". Voilà quelques témoignages de célébrités "piochés" parmi des dizaines d'autres.

Plutôt que de perdre du temps à tout resituer et à restituer à chacun ses propos, laissez-moi m'étonner que nous soyons justement tous étonnés. Je veux bien admettre en effet que l'heure soit à l'étonnement attristé, à l'indignation feutrée, à la candeur et à la naïveté, mais il faudrait également que l'heure soit à la logique.

Pourquoi ? Parce qu'elles sont précisément avant tout illogiques, ces remarques de personnalités issues du même sérail et s'essayant (difficilement) à la neutralité. Pour comprendre la situation et l'admettre, il suffit de remettre les événements dans leur contexte historique et hystérique. Johnny, qu'on le veuille ou non, qu'on l'adore ou qu'on le déplore, c'est déjà "de l'Histoire", la nôtre. Reprenons donc en amont avec votre aval. Comment les caméras pourraient-elles aujourd'hui délaisser Johnny et son testament, puisque Johnny s'est "fait" devant les caméras ? 

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Johnny a tout fait devant les caméras

Isabelle Morini-Bosc
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C'est nous qui lui avons constitué cet héritage : Johnny est effectivement né devant les Français, pour eux et par eux, le 18 avril 1960, ce jour où Line Renaud l'a "marrainé" sur un plateau de télévision. Les caméras étaient là, et ne l'ont plus quitté. Johnny a tout fait devant elles. C'était dit, c'était écrit, c'était admis.

Elles sont ainsi dans la caserne où il tient alors à faire son service militaire. Où il enregistre un 45 tours. Elles sont ensuite à son mariage, où son "objectif" est pourtant de le fuir. Une indiscrétion rend la chose impossible. Il s'unit donc devant les badauds et les journalistes à une Sylvie traumatisée par cette foule glapissante qui piétine sa grand-mère venue de Bulgarie. Ils ont compris : le pli est pris sans qu'ils l'aient voulu ni cherché.

C'est donc devant les caméras qu'ils s'adorent ensuite puis se déchirent. Devant les caméras que naît David, qu'il grandit, protégé par sa mère. Devant les caméras aussi que Johnny chante et "déchante", craque à répétitions. Devant les caméras encore que le couple affirme "avoir un problème".

Devant les caméras toujours qu'ils annoncent leur séparation et sur le plateau des Carpentier que notre rockeur finit par rencontrer Nathalie Baye. C'est enfin évidemment devant les caméras que, à la volée, il fait de sa fille Laura l'héroïne d'un tube, qu'il épouse deux fois Adeline, qu'il traverse les États-Unis entre potes, et qu'il se rapproche "sang pour sang" de David ou clame son amour pour Laeticia.

Les médias sont bien évidemment tout aussi présents, quand il affirme en 2008 découvrir les "joies de la paternité" avec Jade et Joy, en oubliant de citer ses aînés. Et pour finir, c'est forcément face à une Betacam qu'il rappelle en 2015 avoir toujours vécu devant des caméras. Elles sont ses témoins. "Je n'ai toujours connu que ça". Est-ce bien ? Est-ce mal ? Il le constate. C'est son quotidien. C'est donc normal. Où ça l'est devenu, bien au-delà de la mort. Ne lui a-t-on pas fait des obsèques nationales pour lui prouver notre attachement ? 

C'est terriblement injuste de réduire ce drame antique à une simple affaire de gros sous

Isabelle Morini-Bosc
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Voilà pourtant qu'"on" en appelle brusquement au respect de sa vie privée depuis qu'il est privé de vie ! Impossible. Impensable. Trop tard. Bien sûr qu'il faudrait à tous du repos et du répit pour y voir clair. C'est facile à dire "du dehors". Mais le Johnny qui est parti sans expliquer et surtout sans s'expliquer, reste lié aux Français aujourd'hui comme hier. C'est une famille de substitution. Les seniors ont vu naître David ou ont grandi avec lui. Les trentenaires attendris ont chanté Laura. Tous ont finalement accepté Laeticia.

Et on voudrait maintenant que tout cesse brusquement ? Qu'on en vienne au huis clos ? Que les vérités qu'on clame se calment, voire se classent ? Que les vrais soutiens ne soutiennent plus ? Que les proches taisent leurs appuis de tous ordres faisant désordre ? Comment, toutefois, faire taire des parents ou des parrains qui voient souffrir aujourd'hui ceux qu'ils ont vu sourire hier ? 

Et comment arrêter des médias qui s'indignent pour mieux en tirer logiquement parti et profit ? Qu'ils arrêtent simplement déjà d'évoquer "l'union sacrée à la Madeleine détruite par l'argent de l'héritage". Ce samedi-là, c'était juste le calme entre deux tempêtes. Cela se savait, se sentait. Et c'est terriblement injuste de réduire ce drame antique à une simple affaire de gros sous. Alors oui et qu'on se le dise, l'héritage de Johnny, il va en être hélas, question durant des jours, des semaines, des mois. Parce qu'il est tout simplement impossible qu'il en soit autrement.

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Edito Isabelle Morini-Bosc Mort de Johnny Hallyday
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2018-02-28 20:09:43
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