4 min de lecture Mort de Johnny Hallyday

Johnny Hallyday "mérite évidemment l'hommage qui lui sera rendu par tout le pays"

ÉDITO - Isabelle Morini-Bosc revient sur les programmes spéciaux des chaînes en l'honneur du chanteur et "l'hommage populaire" qui lui sera rendu samedi 9 décembre, à Paris.

Johnny Hallyday sur le plateau de "Champs-Élysées" en 1986
Crédit Image : Sipa

"C'est au vide qu'ils laissent dans nos vies que l'on reconnaît les grands hommes" Qui a dit cela ? Heu, excusez du peu mais c'est mon fils (dans son polar Rien qu'une ombre !) et si je le cite exceptionnellement (ce qui va le gêner !), c'est parce que, avec le départ de Johnny, cette remarque a aujourd'hui une résonance toute particulière pour des millions de Français. On peut ajouter que l'importance du "vide" se mesure également au nombre d'heures d'antenne qui sont consacrées au disparu sur le petit écran. Plus, justement, il laisse un grand vide, plus il fait le plein d'émissions, si on ose dire. 

Et c'est effectivement le cas de Johnny, à qui les chaînes ne cessent légitimement de rendre hommage depuis deux jours. Journaux télévisés, innombrables premières et deuxièmes parties de soirée. Oui, la réactivité des chaînes suffit à montrer (si vraiment il en fallait une preuve !) l'importance qu'il avait prise dans nos vies.

Un peu comme l'air qu'on respire sans en avoir conscience. Son décès a également permis de mesurer de façon précise la distance qu'il y a entre une vedette et une starentre une star et une légende. Certaines "stars" sont en effet "déifiées" de leur vivant, sans avoir toutefois accès à l'éternité. 

Les chaînes françaises prolongent leur hommage à Johnny Hallyday ce week-end

D'autres, en revanche, ne cessent de vivre que pour mieux survivre à tout. Surtout à la mort. Johnny est de celles-là, qui aide par son aura ceux qu'il laisse. Puisqu'il leur laisse justement en héritage tous les tubes qui ont accompagné leur quotidien, qui les ont même aidés à le supporter. Oui, sans l'avoir jamais cherché, et peut-être même sans l'avoir jamais voulu, Johnny a gagné son statut de légende. À jamais vivant. Et qu'il ait été ou non doué pour le bonheur, il a su le dispenser autour de lui. Touchant, on le répète, même ceux que ses chansons ne touchaient pas. C'est un peu comme si Johnny était désormais une sorte de Totem, dont chaque Français avait le droit de posséder un petit morceau. D'où la volonté des chaînes de prolonger les hommages, quelles que soient les audiences

On félicite d'ailleurs au passage France 3 et la production de Plus belle la vie, qui "cassent" l'épisode diffusé aujourd'hui (et bien évidemment déjà prêt) pour inclure dans l'intrigue du jour la disparition de Johnny. On imagine par exemple Roland, le patron du Mistral, pleurant avec ses clients la mort du "patron". C'est une belle preuve de respect pour le téléspectateur, et c'est franchement assez rare -mais oui- pour être souligné. 

Même tableau d'honneur pour TF1, qui va faire danser les demi-finalistes de Danse avec les stars, sur des chansons de l'idole, nos candidats auront donc le droit de "prendre de grands airs". Enfin ceux de Johnny, s'entend. On signale encore, pêle-mêle, Les Grands du rire, dimanche sur France 3, suivis d'un doc de Mireille Dumas (Hallyday, Mitchell, Dutronc, un trio de légende). 

C'est émouvant de "revisiter" le passé de Johnny Hallyday

Isabelle Morini-Bosc
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Mais si on s'en tient à l'ordre du jour, on note dès 21h15 ce soir sur C8, Au revoir Johnny Hallyday et sur France 2,  Johnny Hallyday, la France rock'n roll, un film inédit permettant au Johnny de 2017 de commenter le Johnny des 73 années précédentes. Et c'est évidemment émouvant de le voir "revisiter" avec honnêteté son passé et son passif, sans jamais perdre de temps à regretter ce qui fut. S'il y en a un qui assure et assume, c'est bien lui.

Oui, il assume ses fautes, sauf d'orthographe et de syntaxe. Ne lui en imputez pas : l'image de Johnny massacrant le français, c'est en effet une autre légende, urbaine celle-là. Ce que prouvent en effet ses premières interviews face à des journalistes goguenards, voire insultants, c'est la rigueur grammaticale qu'il avait déjà au sortir de l'adolescence. Le passage où il évoque ses parents biologiques (plus intéressés qu'intéressants) est ainsi un modèle de clarté et de concision. 

Or donc de Johnny on prend tout, et il mérite évidemment (malgré le bin's à prévoir) l'hommage qui lui sera rendu samedi par tout le pays, avec la descente du convoi funéraire des Champs-Élysées jusqu'à l'Église de la Madeleine en passant par la Concorde. Le seul regret que l'on puisse avoir, c'est que cette cérémonie évidemment commentée sur France 2 devrait avoir une incidence sur la retransmission des différentes manifestations du Téléthon. Seront-elles transférées sur France 3 et France 4 ?  Cruel casse-tête pour France Télévision, bien décidée à honorer, et notre héros national, et une cause qui, nationale, ne l'est pas moins. 

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