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Isabelle Morini-Bosc : "Qu'y puis-je si bon nombre de productions de M6 me séduisent ?"

ÉDITO - Isabelle Morini-Bosc se défend d'aimer les programmes de M6, qui fête ses 30 ans ce soir.

Le logo M6 (illustration)
Le logo M6 (illustration)
Crédit : AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE
Isabelle Morini-Bosc

Vivre en groupe, voilà qui paraît génial à tous. La vie en communauté façon retour à la terre, l'héritage de mai 68, tout ça, tout ça...Vivre dans un groupe semble professionnellement plus difficile. Dans un grand groupe, veux-je dire ! Notamment télévisuel. Car, dès lors que vous appréciez plusieurs émissions de l'une ou l'autre des chaînes de l'entreprise, comme c'est mon cas avec M6, vous voilà suspect. Soupçonné dans le meilleur des cas d'être un fayot ou un benêt beni-oui-oui, dans le pire, un vendu se laissant donc forcément acheter. 

Psychologiquement, s'entend. Est-ce très grave ? Non, mais tout de même parfois agaçant, voire énervant, voire gênant. Surtout quand vous soulignez régulièrement par ailleurs l'intérêt d'autres programmes "privés comme publics : Les grands reportages de TF1, Planète animale ou Cherif sur France 2, les dauphins de Thalassa ou Morse (pas l'animal, le flic) sur France 3, et on en laisse qu'on ne délaisse pas !

A contrario, groupe M6 ou pas, j'ai trouvé pesante sur le long terme la réalisation de la série Glacé proposée sur la chaîne. Et plus encore sa bande musicale, sorte de bruit de fond sans relief. Or, qu'une fiction se déroulant en haute montagne manque de relief, c'est farce ! Cela étant entendu qu'y puis-je, moi, si bon nombre de productions de M6 me séduisent, au point que je veuille profiter de son trentième anniversaire pour le souligner !  

Une chaîne aux émissions cultes

Je suis née professionnellement peu de temps avant sa création en mars 1987 et dès 1992, son existence m'a consolée du trou noir provoqué par la mort de France 5 le 12 avril. Ce "canal" était en effet infiniment plus intéressant qu'on ne l'a dit, avec le débat Face à France, le jeu Que le meilleur gagne, la série L'Enfer du devoir, et même la daube hypnotique Voisins voisines, qu'on regardait comme on va prendre le thé chez un cousin vaguement ennuyeux ! 

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Oui, j'ai donc ensuite de plus en pleus aimé cette "numéro 6" qui excitait la hargne des concurrents exaspérés qu'elle ait "tout d'une grande". C'était selon eux la fameuse "chaîne de trop". Elle offrait de fait d'excellents programmes, de Culture pub à Zone Interdite en passant par Capital, Charlie et Lulu, et on en passe qui sont pas dépassés, comme Turbo ou E=M6 ! Sans parler des divertissements (Ah, cette Nouvelle Star faisant déchanter les variétés rivales).Sans oublier également alors les fictions, par exemple Lambert Wilson en curé dans Le Divin enfant, l'exceptionnel feuilleton Les Bleus, les pastilles d'humour Kaamelott ou Camera Café, des formats courts qui en disaient long ! 

Une chaîne qui a aussi connu des échecs

On attend aujourd'hui avec impatience Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux, un projet avec Lorànt Deutsch, mené et bien amené par Anne Giafferi (Fais pas ci fais pas ça). Des échecs récents, façon Rising star (pas si nul !) ont naguère convaincu les médias que M6 était dans une mauvaise passe menant à l'impasse. "M6 est finie", lisait-on en "accroche de une". En anicroches de une, devrait-on plutôt dire: Vieux formats trop formatés, mauvais choix... À en croire les observateurs, redresser les audiences et les finances, était plus compliqué que de vider la Méditerranée à la fourchette. 

Alors oui, le contexte est compliqué, qui oblige à être particulièrement visionnaire. Mais est-ce franchement le genre de la maison de céder à l'affolement puis à la précipitation ? Au fait, est-ce que j'aime toute la grille ? Evidemment, non mais déjà, rien que pour Le Pensionnat de Chavagnes, À l'état sauvage, Oui, chef, NCIS, The islandGarde à vous, Scènes de ménage etc, je lui dis merci, à M6. Non parce que nous appartenons au même groupe mais "bien que nous lui appartenions" ! Et parce que je remercie toujours quand on me fait du bien. Enfin, elle me fait rire, cette formule du patron du groupe de Nicolas de Tavernost (avec Thomas Valentin) selon laquelle "Diriger un groupe, c'est comme faire du vélo, si on n'avance pas, on tombe". D'autant que sur les vélos comme dans les groupes, il y a des chaînes! 

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