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Isabelle Morini-Bosc : "Les chaînes ordonnent des déprogrammations opportunistes"

Isabelle Morini-Bosc réagit aux nombreuses déprogrammations d'émissions de télévision, en lien notamment avec la mort de Liliane Bettencourt et aux ravages dans les Antilles.

La redevance TV pourrait être élargie aux nouveaux écrans
La redevance TV pourrait être élargie aux nouveaux écrans
Crédit : AFP
Isabelle Morini-Bosc

Quel programme ! Oui, c'est effectivement tout un programme de se pencher sur ceux de notre télévision, sur ces émissions qui ont une espérance de vie de plus en plus, comment dire, incertaine. Dans son magazine-médias du dimanche soir sur RTL, Les dessous de l'écran, Philippe Robuchon consacrait ainsi un dossier très intéressant aux déprogrammations, à ces changements de plus en plus nombreux sur toutes les chaines, qu'elles soient historiques ou sur la TNT. Oui, que ces bouleversements s'imposent aux directions ou que les directions se les imposent, le résultat est là : elles les imposent en retour au public-télé. 

L'équipe de Philippe Robuchon citait ainsi un reportage magnifique sur les îles, avec leur ciel bleu comme un regard d'Ophélie Meunier, leurs eaux violettes façon pub OBAO, leurs plages à la page, leurs rivages sans dommage. Mais ça, c'était avant. Vu le contexte, ce reportage fut logiquement momentanément gommé. S'il ne l'avait pas été, serait-il passé inaperçu ? Aurait-il choqué ? Peu importe puisque, vu l'activisme ambiant sur les réseaux sociaux, le risque ne pouvait pas être pris. 

Les polémiques naissent de rien et profitent de tout pour se développer

Isabelle Morini-Bosc

Ah, cette nouvelle culture du "clic", du signalement instantané qui permet de tout soumettre, tout le temps, au regard de tous. W9 a ainsi dû déprogrammer un téléfilm-catastrophe dont le scénario n'avait en fait aucun rapport avec la tempête ayant ravagé les Antilles et la Martinique. C'était le prix à payer, le principe de précaution à respecter pour éviter toute comparaison possible et tout possible reproche. Oui, c'est cela. L'important était de ne pas présenter le flanc : on le sait, pas vrai, que les polémiques naissent de rien et profitent de tout pour se développer, car il faut bien que tous les sites vivent. 

Une image me vient en fait dès lors à l'esprit. Celle des pirates que rencontrent Astérix et Obélix au cours de leurs aventures. Que font-ils, ces forbans ? Par peur de prendre des baffes et de voir leur navire détruit par nos irréductibles amateurs de sangliers, ils se sabotent et se sabordent eux-même dès qu'ils aperçoivent les casques ailés de de nos zélés Gaulois. Comment, dans un tel environnement médiatique de surconsommation d'informations, reprocher dès lors aux chaines leur prudence ? Des chaines qui savent toutefois être malignes en ordonnant des déprogrammations opportunes pour elles, donc opportunistes.

Des déprogrammations après la mort de Liliane Bettencourt et les ouragans

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Prenons la plus récente, vendredi 22 septembre sur France 3 : le remplacement brutal de la spéciale Mireille Dumas (consacrée au trio Birkin-Sanson-Hardy), par le film de Gérard Miller racontant la Fortune et infortunes des Bettencourt. Le titre était excellent, l'émission aussi (et je ne suis pas suspecte de tendresse envers le psychologue de service, public évidemment). On a en revanche le droit de noter la vitesse de prise de décision de France 3, nettement plus lente quand il s'était agi de rendre naguère hommage au délicieux Claude Rich. Il est certes inutile de revenir cent fois sur les sujets qui fâchent ou ont fâché, mais qu'il nous soit permis de ne pas oublier. 

Encore n'est-ce pas l’événement le plus étonnant. Car enfin et en conclusion, comment se fait-il que ceux qui s'indignent de tout et (surtout) de rien, n'aient pas vu le joli tour de passe-passe récemment réussi par France 2. C'était à l'occasion du concert magistralement organisé par la chaîne pour aider les Antilles et la Martinique. Il était, on s'en souvient, diffusé en direct jusqu'à 23h20 environ. Rien à dire ni à redire sur le spectacle : France 2 l'avait fait et bien fait, c'était parfait. C'est le dommage collatéral que l'on peut discuter de façon très disputée. 

Une déception pour "Qui sera le prochain grand pâtissier ?"

Car, quelle émission avait dû s'effacer ? La finale de Qui sera le prochain grand pâtissier. Elle était cette fois encore assurée et assumée par Jean Imbert, remplaçant de Virginie Guilhaume (sans d'ailleurs faire mieux qu'elle). Osons le dire, cette quatrième édition du concours culinaire était en fait paradoxalement une patate chaude pour France 2, déçue par des scores en constante baisse.

Le soufflé, si j'ose dire, n'a pas arrêté de retomber. Il était donc tentant d'y aller au flan, de profiter de l'occasion pour bazarder, brader, bousiller la fin du Prochain Grand Pâtissier à 1h40 du matin, au lieu de reporter ce dernier volet pour l'offrir un autre mardi à 20h50 comme c'était initialement prévu. D'où une amère victoire pour le gagnant Léandre Vivier, un Sarthois de 22 ans, qui a fêté sa réussite devant moins de 540.000 insomniaques. C'est peu de dire -pardon, Léandre- qu'il en est resté baba. Et là aussi ce n'est pas du flan.

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