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Isabelle Morini-Bosc : "'Le Ciel attendra' et 'Ne m'abandonne pas' sont deux créations différentes"

ÉDITO - Le 3 février 2016, France 2 diffusait "Ne m'abandonne pas", consacré à la radicalisation des adolescents.

Noémie Merlant dans "Le ciel attendra"
Noémie Merlant dans "Le ciel attendra"
Crédit : Guy Ferrandis
Isabelle Morini-Bosc

Imaginez des familles unies où l'on échange, où on discute et se dispute, comme dans toute famille unie qui se respecte. Pardon, où l'on se respecte. De ces familles où on fait avec les différends puisqu'on admet les différences. Vu de l'extérieur, on pourrait les appeler des "familles témoins" comme il y a des "appartements témoins". Loin d'être parfaites mais parfaites de loin. Et c'est précisément dans deux de ces familles que des parents découvrent un jour l'impensable : la radicalisation islamiste de leur petite fille chérie. La "prunelle de leurs yeux", si choyée et si prometteuse, est en route pour faire le jihad.

Cela ne vous rappelle rien cette histoire ? Exact, c'est le scénario du film Le Ciel attendra, une histoire forte pour un long-métrage réussi, avec d'ailleurs dans l'un des rôles "d'endoctrinées" assuré par Noémie Merlant, la comédienne de talent qui crevait l'écran dans La loi de Christophe hier sur France 3, en "coupable trop évidente". Oui, un beau film vraiment, et qui mérite le bon démarrage qu'il connait commercialement. Non, vraiment, rien à dire ni à redire sur ce plan. Ce qui m'a en revanche fortement agacée, c'est de lire et d'entendre régulièrement la petite phrase suivante: "C'est la première fois en France qu'un long-métrage traite de la radicalisation d'une adolescente française". Or là je mets le holà, car faites excuse mais c'est faux. Donc agaçant. 

"Ne m'abandonne pas" a d'abord parlé de la radicalisation des adolescentes

Il ne faut en effet pas remonter loin pour trouver une autre fiction de qualité sur le même thème. Il suffit en fait d'"en revenir" au 3 février 2016, à 20h55 sur le service public...Que programme en effet ce soir-là France 2 ? Ne m'abandonne pas, un téléfilm racontant le combat d'une mère pour sauver sa fille "embobinée" par Daesh. Y étaient là aussi admirablement décrits la stupeur des parents et leur refus de voir l'évidence: l'endoctrinement de leur fille si parfaite. Comment croire à la dérive d'une élève brillante venant de réussir le concours d'entrée à Sciences-Po, et dont aucun proche n'a remarqué, à part les copines dans la confidence, qu'elle ne mange plus de porc, et qu'elle ne fait plus jamais la fête ? C'est ça, elle fait moins la fête que la tête.

Et c'est un beau matin qu'elle porte à son père et à sa mère réunis le coup fatal sans coup physique, en déclarant au moment où ils la poussent dans ses retranchements et ses mensonges rassurants : "Je ne supporte plus vos gueules de mécréants". La messe est dite, si on ose s'exprimer ainsi. La presse salue à l'époque la qualité de ce téléfilm signé Xavier Durringer avec Samia Sassi, Sami Bouajila mais aussi Marc Lavoine en père désespéré par le départ de son fils pour la Syrie, ce fils qui a précisément épousé par Internet la brillante diplômée, pour mieux la faire venir. Mieux la téléguider en quelque sorte.

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Oui, Le ciel attendra et Ne m'abandonne pas sont deux créations différentes sur un même thème rejetant l'anathème : on voudrait seulement qu'au nom d'une belle oeuvre sur grand écran, on n'oublie pas qu'une tout aussi belle l'avait précédée sur le petit. Les choses vont bien sans le dire mais encore mieux en le disant, pas vrai ? 

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