1. Accueil
  2. Culture
  3. Médias et people
  4. Isabelle Morini-Bosc : "Je vais voir 'À bras ouverts' les yeux fermés"
3 min de lecture

Isabelle Morini-Bosc : "Je vais voir 'À bras ouverts' les yeux fermés"

ÉDITO - La journaliste revient sur les très mauvaises critiques qu'a essuyé la comédie de Philippe de Chauveron où un bobo de gauche s'engage à accueillir chez lui tous les "roms" qui le souhaitent.

Christian Clavier et Ary Abittan dans "À bras ouverts"
Christian Clavier et Ary Abittan dans "À bras ouverts"
Crédit : SND
Isabelle Morini-Bosc

Il y a peu de chance que cette chronique soit accueillie à bras ouverts. Mais il faut tout de même revenir sur le sujet et donc sur le film. Quel film ? À bras ouverts précisément, cette comédie de Philippe de Chauveron où un bobo de gauche s'engage, au cours d'une interview "imprudente" au journal télévisé, à recueillir chez lui tous les migrants qui le souhaitent. D'où une arrivée massive dans sa propriété de "roms" qui rotent, pètent et tempêtent, justement sans tambour ni trompettes ! 

Affirmer que le film a été globalement mal accueilli par les médias, c'est un peu comme suggérer que Nabilla n'est pas très douée en grammaire. L'article critique - Ô combien - du Parisien n'a-t-il pas été titré "Beurk", le jour même de la sortie de cette comédie en salle ? C'est d'ailleurs ce terme qui a incité notre camarade Philippe Robuchon à proposer un débat sur le thème "Le critique peut-il tout dire ou tout écrire ?" dans son émission Les Dessous de l'écran dimanche 9 avril sur RTL. Il était en compagnie du spécialiste-cinéma du Parisien, Pierre Vavasseur, et du patron du Service Culture de RTL, Anthony Martin, qui a exprimé de façon nuancée la gêne légitime qu'il avait ressenti à plusieurs reprises durant le visionnage. Pierre Vavasseur, lui, a cautionné ce "beurk" vomitif, condamnant selon lui un film "poisseux et raciste"

"Bienvenue chez les Ch'tis", "La Vérité si je mens", "Rabbi Jacob"...

N'ayant pas vu ce film, j'ai écouté attentivement et je me suis alors également souvenue du billet de notre camarade Pascal Praud, entendu à l'antenne le 5 avril, dans lequel il dénonçait les "nouveaux systématismes". Et Pascal Praud de rappeler notamment que, dans sa comédie précédente, Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu, Philippe de Chauveron s'était moqué avec talent des cathos "garanti grand teint", déclenchant le fou-rire de ce même "milieu médiatique" trouvant "bien vue" une telle vision "pas très catholique" des chrétiens de France.

La fine fleur de la critique avait loué à l'époque la "finesse d'analyse" d'un cinéaste "sachant faire rire avec des sujets casse-gueule". Conclusion de Pascal Praud : "Les cathos oui, les roms, non". La suite le prouve avec cette accusation de racisme primaire : "C'est un film nauséabond, dangereux, à l'heure où la communauté rom souffre tant". Cette communauté est-elle plus violemment stigmatisée que le Nord dans Bienvenue chez les Ch'tis, la communauté juive dans La Vérité si je mens ou dans Rabbi Jacob

Je me méfie du "nouveau politiquement correct".

Isabelle Morini-Bosc

Cette comédie représente-t-elle un vrai danger d'"antiromisme" involontaire mais réel ? Je l'ignore et c'est très exactement pour cette raison, et parce que je me méfie du "nouveau politiquement correct", que je vais aller voir À bras ouverts les yeux fermés, si j'ose dire ! D'autant plus intriguée que l'une de mes amies "intellectuelle-de-gauche-et-le-revendiquant" a, elle, beaucoup aimé ! Avouez que cela peut contribuer à décontenancer, d'autant qu'il s'est tout de même passé au "tout début de l'aventure" un incident caractéristique de cet état d'esprit qu'a dénoncé Pascal Praud.

À écouter aussi

Un vent de colère avait en effet soufflé avant même le tournage de la première image : les médias, à l'annonce du projet, avaient justement "mis un vent" à toute l'équipe en dénonçant "par principe" un "scénario indigne". Il y avait pourtant parmi eux des inconditionnels du film Borat, lequel avait pour héros un dégénéré "ouzbeck" raciste, sexiste, antisémite et homophobe, faisant passer tous les (vrais) villageois de Roumanie (où c'était tourné) pour des dégénérés alcoolos, incestueux et consanguins. Cherchez l'erreur. 

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/