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Isabelle Morini-Bosc dénonce "le manque d'intérêt du service public" pour le handball

ÉDITO - Face aux belles audiences du Mondial de handball, la journaliste revient sur les mauvais traitements dont souffre ce sport, souvent boudé par la télévision.

L'équipe française de handball l'a emporté contre la Suède en quart de finale le 24 janvier
L'équipe française de handball l'a emporté contre la Suède en quart de finale le 24 janvier Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Isabelle Morini-Bosc
Isabelle Morini-Bosc Journaliste RTL

Règle d'or numéro 1 : ne jamais avoir raison trop tôt. Règle d'or numéro 2 : ne jamais faire valoir qu'on a eu raison, surtout dans le cas où, justement, on a eu raison très en amont ! C'est ce que je me suis dit à propos du handball et de l'absence répétée de retransmissions dans les grandes longueurs sur petit écran. Les hautes instances de ce sport et nous-mêmes ayant eu beau nous étonner, voire nous indigner, du constant manque d'intérêt du service public pour cette discipline populaire, rien n'y a fait. Dommage que France 2 n'ait pas aussi bien renvoyé la balle que les joueurs. 

Une attitude d'autant plus surprenante qu'en 1999, la finale féminine du championnat du monde opposant la France à la Norvège à Lillehammer avait été suivie sur la chaîne par sept millions de téléspectateurs subjugués... avec un pic à 12 lors des prolongations. La beauté des passes (si on ose dire) et celle des filles, avait fait merveille : ces magnifiques créatures en 3D avaient tout de même aussi - il faut bien le dire - des courbes susceptibles de faire grimper celles de l'audience... 

Un sport boudé par les grandes chaînes

Elles avaient aussi une "détente" exceptionnelle qui assura celle des groupies. C'était du beau, du bon, du bon art. Que dis-je ? Du grand art ! Malgré cet accueil enthousiaste, le service public continua à snober globalement ce sport. Le hand, c'était - si on ose dire - "petits bras" à côté du football rassemblant (à l'époque) des millions de fanas à la moindre rencontre ! Le hand, c'était pas le pied, n'est-ce pas ? "Ça n'intéresse le public qu'en de rares occasions ; en diffuser régulièrement serait suicidaire", disait alors le patron des sports Daniel Bilalian, que j'aimais beaucoup au demeurant. J'étais dès lors comme une mouche coincée entre deux cymbales...

'Les Experts' ont forgé leur légende

Isabelle Morini-Bosc
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Je devais en effet d'un côté écouter les chaînes m'expliquer que le succès d'audience d'une finale, c'était économiquement aussi utile qu'un crachat dans un lac, et d'un autre côté donner raison aux supporters ulcérés en appelant au limogeage du patron des sports. "C'est un gros naze", me martelait ainsi mon mari avec son habituel sens du raccourci... qui en dit long ! Il refusait même de regarder les magazines sportifs de France 2 puisqu'il ne pouvait - si j'ose dire - plus les voir... Et bien planqués derrière cette indifférence, "Les Experts" ont forgé leur légende ! Et fini par éveiller l'intérêt du groupe TF1 qui, en 2015, a sorti ses commentateurs et son carnet de chèque...en retransmettant sa "première" demi-finale, allant droit au but. Les joueurs aussi. 

Toujours un succès d'audiences

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Résultat : 3,3 millions de fanas devant le France-Espagne sur TMC, et 9,1 millions pour la finale gagnée contre le Qatar... Cette fois sur TF1. Vu le succès, TF1, plus téméraire qu'on le dit, vient d'oser en 2017 le quart de finale, avec le même succès: 4,4 millions d'inconditionnels le 24 janvier, presque tous ensuite passés sur TMC pour voir la fin de ce match très disputé. Et tant mieux si les amateurs d'infos se sont, eux, repliés sur le brillant David Pujadas à 20 heures sur France 2, permettant au JT d'être pour la deuxième fois en quelques jours en tête des audiences

C'est dire si on attend la co-couverture du mondial féminin en fin d'année par le premier groupe télé d'Europe, dès les quarts de finale si les Françaises vont jusque-là. Et à propos de "couvertures", c'est sûr qu'elles en auront, et pas seulement à la Une de L'Équipe. Morale de l'histoire : le privé ayant fait ce que le public aurait dû faire, c'est donc le public qui va en être privé ! Juste retour des choses.  

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