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Isabelle Morini-Bosc : "Alain de Greef, l'esprit leste et le regard lourd"

ÉDITO - Impossible de laisser partir Alain de Greef, l'un des pionniers de Canal + sans lui rendre hommage.

Alain de Greef en 2007
Alain de Greef en 2007
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Isabelle Morini-Bosc

Impossible de laisser "partir" Alain de Greef sans le saluer. Lui "rendre hommage". Je ne suis d'ailleurs pas certaine qu'il aurait aimé cette expression même s'il m'avait dit un jour, "on est toujours plus cabot qu'on le croit". Les médias vont ajouter pompeusement qu'il est parti trop tôt, et c'est vrai. C'est tout aussi vrai qu'il avait usé son corps en ne le ménageant guère. Comment définir Alain de Greef ?

Il avait l'esprit leste et le regard parfois lourd. De sous-entendus... Il regardait en fait certains interlocuteurs de ce même regard qu'avait John Wayne dans certains westerns, quand il regardait l'emmerdeur de service "sans rien dire mais sans en penser moins"! Quand il voulait en revanche vous montrer le fonds de sa pensée, l'ancien directeur des programmes de Canal + vous prouvait rapidement que seul le temps perdu ne se rattrape pas. Lui, il vous rattrapait toujours ! Et quand il aimait bien, il taquinait beaucoup. Oui, il faisait si j'ose dire le taquin. Avec bienveillance. Et intérêt.

Le panache plus savoureux que le panaché

Je me souviens de sa dernière grande apparition médiatique. C'était lors de la soirée des "Gérards de la télévision", cette cérémonie retransmise sur Paris Première qui "honore" chaque année le "pire du pire de la télé". il m'avait alors affirmé : "J'aurais développé ce programme sur Canal +". Avant d'ajouter avec "l'oeil qui frise dans l'espoir que ça me défrise": "Et bien évidemment, je t'en aurais décerné plusieurs". Pourquoi d'ailleurs n'aurait-il pas fait aux autres ce qu'il se "servait à lui-même, encourageant par exemple les Guignols à le montrer comme un type au discours "pas con mais abscons".

Les idées, elles, étaient claires. C'est forcément le cas quand on crée "les Enfants du rock" sur Antenne 2 puis, sur Canal + (avec Pierre Lescure) Nulle-part ailleurs, Grosland, les Nuls, ou Les Guignols de l'info. Sans parler de ses découvertes, de Moustic à Poolevoerde via Antoine de Caunes, Lafesse, Karl Zéro, Benoit Delepine et les autres. Poussé vers la sortie en 2001, il s'était offert le luxe de boycotter la fête des 30 ans de Canal +. Ce qui m'a rappelé l'une de ses boutades: "Le panache, c'est parfois plus savoureux que le panaché". 

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