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Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier avaient été retenus en otage 547 jours en Afghanistan

En 2009, les deux journalistes s'étaient rendus en Afghanistan pour réaliser un reportage pour l'émission de France 3, "Pièces à conviction".

Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, le 30 juin 2011.
Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, le 30 juin 2011.
Crédit : Philippe Dupeyrat / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste

Le grand reporter Hervé Ghesquière est décédé mardi 13 juin, à l'âge de 54 ans. La direction de France Télévisions a expliqué qu'il souffrait d'une longue maladie. Le rédacteur en chef de Pièces à conviction, émission de France 3 pour laquelle le journaliste travaillait, a confié : "Il aimait être là où se passent les fracas des guerres mais à sa façon, avec des pas de côté et des colères. Les journaux et surtout les magazines de France Télévisions lui doivent beaucoup". 

Hervé Ghesquière avait été retenu en otage en Afghanistan, avec le journaliste Stéphane Taponier, durant 547 jours, du 30 décembre 2009 au 29 juin 2011. L'instant où tout a basculé pour ces deux journalistes pourrait être résumé dans la phrase prononcée par leur traducteur Reza, quelques minutes avant leur captivité : "Big, big problem". Dans un récit très détaillé, Le Monde était revenu en juillet 2011 sur leur captivité. 

De longs mois plongés dans la solitude

Le journal raconte avec justesse "chaque détail" dont se souvenaient Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier. Les deux journalistes sont en reportage en Afghanistan pour France 3, afin de réaliser une enquête sur la "construction d'une route vitale, à quelques kilomètres de Kaboul", se remémore Le Monde. Ils se trouvent exactement à 60 kilomètres de Kaboul, "dans la province de Kapisa, région dont sont chargées les troupes françaises dans le cadre de la coalition", ajoute Libération. L'ambiance est plus que tendue. "Ils craignent d'abord les accrochages avec les talibans, les bombes placées sur le chemin, activées à distance par des téléphones portables, les tirs qui partent soudain, de derrière un rocher", écrit Le Monde, à qui Hervé Ghesquière confie que "les militaires français, censés contrôler cette vallée de la Kapisa dans le cadre de leur mission de l'OTAN, ne contrôlent en fait pas grand-chose". 

Le 30 décembre 2009 est le dernier jour de leur reportage. L'enlèvement sera très rapide. Dans toute cette confusion, Hervé Ghesquière réussit cependant à cacher un téléphone dans son slip, "avec ses 700 dollars". Mais impossible d'obtenir du réseau et de passer un appel. Tout rebascule à nouveau le 8 avril. Les otages qui étaient maintenus ensemble vont désormais être séparés. À partir de cet instant, Hervé Ghésquière est seul. Pas question de se laisser abattre par la solitude, ou du moins de le montrer. "Je peux tenir encore un an", se répète le journaliste. En tout, il passera huit mois, seul et malade. Il finira ensuite par retrouver Stéphane Taponier. 

C'est bon. C'est terminé

Le général en chef des forces armées
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"Le 29 juin 2011, au matin, on nous a fait prendre une douche et remis des habits afghans blancs, la couleur des talibans. Un bon signe. Les ravisseurs nous avaient toujours affirmé qu'ils nous rendraient à leur couleur", raconte le journaliste. Ensuite, ils marcheront pendant sept heures dans la montage, dans la nuit. Les deux journalistes seront ensuite accueillis par le général en chef des forces armées. "Il a ouvert une bouteille de champagne en nous disant ces mots tant attendus : 'Bienvenue ! C'est bon. C'est terminé'".

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