3 min de lecture Télévision

Eurovision 2017 : Salvador Sobral est "un homme qui chantait une histoire"

ÉDITO - Isabelle Morini-Bosc revient sur l'édition 2017 de Eurovision. La journaliste a particulièrement apprécié la prestation du Portugais et des deux Roumains.

Le chanteur Salvador Sobral qui représente le Portugal à l'Eurovision 2017
Le chanteur Salvador Sobral qui représente le Portugal à l'Eurovision 2017 Crédit : Efrem Lukatsky/AP/SIPA
Isabelle Morini-Bosc
Isabelle Morini-Bosc Journaliste RTL

L'Eurovision, on s'en reparle ? Avant de s'occuper et de se préoccuper du "mercato-télé" qui se précise, que diriez-vous d'en finir avec l'Eurovision 2017 ? De faire un solde de tout compte après la fermeture du centre d'exposition international de Kiev, où s'est déroulé samedi dernier le 62ème Concours de la chanson ?

Rappelons qu'il a été retransmis jusqu'au bout de la nuit - et parfois de l'ennui - sur France 2, qui proposait ensuite une passionnante histoire de l'Eurovision, devenue pour cause d'horaire tardif la première émission du dimanche. C'est également dimanche qu'ont été publiés les votes des différents pays, donc également de la France. Et qu'est-ce que cela m'a prouvé? Que j'ai définitivement les goûts du grand public. C'est-à-dire du public de base.

Prenons le cas d'Alma, notre représentante 2017. Certains ont jugé le choix de chanson discutable, d'où un vote peu discuté : 45 points seulement de la part des jurys nationaux. Et si elle en a finalement obtenu 135 au total, c'est uniquement parce que les téléspectateurs lui en ont offert 90. Soit le double, le tout sur un plateau, télé forcément. 

À lire aussi
Games of Thrones : "La conquête du Roi de la nuit" Game of Thrones
VIDÉO - "Game of Thrones", saison 8 : le parcours de l'armée du Roi de la Nuit

Salvador Sobral chante de tout son cœur.

Isabelle Morini-Bosc
Partager la citation

Je ne suis habituellement pas très sensible aux rythmes orientaux ; même si ce Requiem était un peu trop conçu pour plaire au plus grand nombre, il avait tout de même "un truc en plus" hypnotique et lancinant. Sans oublier, donc, de véritables qualités "eurovisionnesques" clairement apparentes après revisionnage de cette sélection 2017. L'"uniformité vocale et artistique" suintait en fait de ce cru, malgré les incontournables zinzins aux costumes de Power Rangers. 

Mais avec, tout de même, cette énorme surprise dont il faudra tirer des enseignements. Une surprise offerte par le jeune Portugais Salvador Sobral. La surprise, c'était lui. Ou plutôt sa mélodie... "Composée" de tout ce que l'on déconseille actuellement fortement aux candidats. Façon "écoute cet air et fait tout le contraire". Que disent donc les conseillers qui ne sont pas les payeurs ? Qu'il est casse-gueule de choisir un air et des paroles intimistes, et plus encore de vouloir s'exprimer dans sa langue maternelle. Tout ce que Salvador a fait !

Les stratèges avaient simplement oublié la capacité qu'a un auditoire de s'émouvoir devant quelqu'un qui refuse tout artifice scénique (ça repose bigrement) et qui chante "de tout son cœur". Un cœur qui, justement là, lui faisait "faux bond" médicalement. Il ne faut pas chercher plus loin le double engouement du jury pour un homme qui chantait une histoire et en vivait une autre plus douloureuse encore, avec l'attente d'une greffe du cœur. Le public international a d'ailleurs lui aussi donné le maximum de points au jeune lisboète. 

Un coup de cœur pour la Roumanie

Oserai-je le dire, si j'ai également apprécié cette complainte comme on aime l'âme d'un peuple imbibé de fado, je n'étais toutefois pas assez déprimée pour la placer en tête de gondole et de classement. Il me fallait à moi du peps original et, qui l'eût cru, ce sont les jeunes Roumains qui me l'ont fourni. J'ai le goût du public, vous dis-je ! Là où le jury a voté pour l'Italie 2ème, puis la Suède, les téléspectateurs ont comme moi craqué pour les jeunes Roumains Alex et Ilinca, que les officiels avaient placés en dix-septième position seulement.

Lui, rappeur, elle "yoddleuse", mais pas que ! Dotée d'un vrai sens de la mélodie et d'un très joli timbre de voix, elle évoluait dans une mini tenue rouge sobrement sexy lui conférant un petit air de fée Clochette déguisée en Barbie. Sa façon souriante de virevolter autour de son partenaire très viril donnait à l'ensemble un vrai "coup de fraîcheur".

Unir le chant tyrolien au rap des cités, il fallait oser sans, précisément "déraper", ce qui fut fait. Certains ont dit que ça déconnait. Ça détonnait tout au plus, mais harmonieusement. Le public les a placés deuxième, moi aussi. Devant la jeune belge Blanche, et notre Alma, qui va enfin pouvoir faire le pont.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Télévision Médias Eurovision
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7788567497
Eurovision 2017 : Salvador Sobral est "un homme qui chantait une histoire"
Eurovision 2017 : Salvador Sobral est "un homme qui chantait une histoire"
ÉDITO - Isabelle Morini-Bosc revient sur l'édition 2017 de Eurovision. La journaliste a particulièrement apprécié la prestation du Portugais et des deux Roumains.
https://www.rtl.fr/culture/medias-people/eurovision-2017-salvador-sobral-est-un-homme-qui-chantait-une-histoire-7788567497
2017-05-16 20:04:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/XOsQAvzCrOTgPjhl6YoBFQ/330v220-2/online/image/2017/0514/7788527437_le-chanteur-salvador-sobral-qui-represente-le-portugal-a-l-eurovision-2017.jpg