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Elizabeth II : les scandales qui ont éclaboussé son règne

RECORD D'ELIZABETH II (4/4) - La reine d'Angleterre a battu le record de longévité au pouvoir de son aïeule Victoria. En plus de 63 ans sur le trône, Elizabeth II a connu un règne mouvementé.

Mathilde Cesbron
Mathilde Cesbron

Doyenne des têtes couronnées d'Europe, la reine Elizabeth II a battu le 9 septembre le record de longévité au pouvoir de 63 ans, 7 mois et 2 jours détenu jusqu'à présent par la reine Victoria. Depuis son accession au trône, le 6 février 1952, la monarque de 89 ans a traversé la Seconde Guerre mondiale, vu la dissolution de l'Empire britannique et connu 12 premiers ministres, dont Winston Churchill. Elle a aussi essuyé bon nombre de revers et de scandales.

L'affaire Philby

La plus grande polémique du règne d'Elizabeth II n'est pas personnelle mais un scandale d'État que l'on retient sous le nom d'"affaire Philby". Une véritable épreuve pour la famille royale. Kim Philby est un espion anglais entré dans les services secrets au début de la guerre. Très proche de la couronne, il a livré au KGB soviétique les informations les plus sensibles et secrètes du Royaume-Uni. Aidé par quatre autres complices (on les appelait les Cinq de Cambridge), il a été démasqué 10 ans plus tard. "Cela a été le grand scandale du règne d'Elizabeth", résume Stéphane Bern, journaliste et écrivain spécialiste des têtes couronnées.

L'un des espions des Cinq, Anthony Blunt, était particulièrement proche de la famille royale. Il avait effectué plusieurs missions secrètes pour George VI pendant la guerre. Ce fut une véritable trahison. Son titre de Lord lui a été retiré lorsque son identité d'espion double a été révélée par Margaret Thatcher en 1979. La Reine ne s'est jamais exprimée sur cette affaire. "J'avais soudainement compris que ce n'était pas un sujet dont nous pouvions discuter", raconte un ministre travailliste Richard Crossman dont les propos sont rapportés dans le livre Queen Elizabeth II : Her Life in Our Times

1992, "l'annus horribilis" de la famille royale

1992 est ce que la Reine a elle-même appelé "l'annus horibilis" de la famille royale. Les Windsor ont enchaîné les polémiques, les coups du sort et les faux-pas. Cette année-là, Charles et Diana se sont séparés, ainsi qu'Andrew (son autre fils) et Sarah Ferguson. La princesse Anne (sa fille) et Mark Philips ont suivi le même chemin. Les sujets se sont sentis extrêmement lassés par ces feux de l'amour. À la même époque, une photo de Sarah Ferguson se faisant lécher l'orteil par son amant a également fait la une des tabloïds. Toute la famille royale était à Balmoral lorsque le cliché est apparu dans la presse people.

Sarah Ferguson se fait lécher l'orteil en une du "Sun"
Sarah Ferguson se fait lécher l'orteil en une du "Sun"
Crédit : The Sun
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Les Anglais se demandent alors pourquoi ils devraient entretenir des figures royales qui s'exposent et se déchirent en une des tabloïds. Surtout qu'en 1992, le château de Windsor, qui a donné son nom à la famille royale, est en partie détruit par un incendie. Qui va devoir payer ? Les contribuables ont vivement protesté et une campagne médiatique incitait les Windsor à rendre leur château public et à faire payer les visites. La polémique aura une autre conséquence : la Reine a dû se résoudre à payer des impôts cette année-là.

Diana, l'épine dans le pied de la Reine

La mort de Diana est davantage "une crise de confiance de la monarchie plutôt qu'un scandale car il y avait une hystérie collective autour de Diana", explique Stéphane Bern. La Reine la trouvait formidable. Je crois qu'Elizabeth II a commencé à être fâchée quand elle est allée à la télévision et qu'elle a émis des doutes quant aux capacités de son mari à devenir roi".

Une fois séparés, en 1992, le prince Charles et la princesse Diana n'ont jamais cessé de s'affronter par médias interposés. Le summum a été l'interview de 1995 à la BBC dans laquelle elle a révélé toutes les tensions de son mariage, sa dépression et son infidélité. Cette interview "a plongé la monarchie dans la plus grande crise depuis l'abdication (d'Édouard VIII)", écrivait à l'époque The Daily Mail.
À la mort de Diana, tous les drapeaux de toutes les institutions ont été mis en berne. Toutes sauf une : Buckingham Palace. La Reine résidait alors à Balmoral, en Écosse. La tradition voulait que le drapeau suive la Reine dans ses déplacements. Elizabeth II a refusé de mettre son étendard à Buckingham et de rentrer à Londres, comme le demandait le peuple. L'opinion a perçu cette décision comme un manque de respect et d'affliction de la part de la famille royale  Beaucoup ont décrié la "froideur" de la Reine. Sa popularité est descendue au plus bas. 53 % des Britanniques auraient voulu la voir abdiquer sur le champ.

Elizabeth II devant les fleurs en mémoire de Diana
Elizabeth II devant les fleurs en mémoire de Diana
Crédit : WTN / AFP

"Je crois que ce qu'elle n'a pas bien compris toute la polémique sur le fait que les gens demandent que la Reine se montre à la foule, que tout d'un coup elle aille pleurer en public la mort de Diana, explique Stéphane Bern. Elle s'est montrée au lendemain de la mort. On l'a vu avec ses enfants recueillir les fleurs en Écosse. Mais je ne sais pas pourquoi tout le monde voulait qu'elle soit à Londres, qu'il y ait les drapeaux. Cela l'a mortifiée, d'être incomprise."

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