4 min de lecture Charlie Hebdo

Deux ans après l'attentat, "Charlie Hebdo" se souvient

L'hebdomadaire satirique publie un numéro spécial et règle ses comptes avec ceux qui ne l'ont pas soutenu.

BEGOT 245300 La Revue de Presse Amandine Begot
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Deux ans après l'attentat, "Charlie Hebdo" se souvient Crédit Image : Eric Feferberg / AFP | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

Il paraît que cela va faire deux ans... Le temps a-t-il passé lentement ? A-t-il filé ? S'il s'était figé, aucune ride nouvelle ne serait apparue sur les visages de ceux qui ont dû vivre. Ni ces cheveux blancs sur leur tête qu'ils devraient cacher quand ils soutiennent qu'ils sont restés les mêmes. Deux ans à vivre donc, et à écrire ces lignes comme le fait ce matin Sigolène Vinson dans Charlie Hebdo qui publie un numéro spécial. Spécial quoi ? Ce n'est pas écrit. En une, un dessin de Foolz avec un barbu l'oeil rivé à sa kalachnikov, "2017 enfin le bout du tunnel". "Deux ans, deux ans après, écrit Riss dans son édito, comment parler du 7 janvier 2015 ?" Ou plutôt comment parler encore du 7 janvier ? D'autres attentats ont eu lieu, qui ont peu à peu noyé cette journée de janvier 2015 dans une longue liste de crimes terroristes. "Mais, poursuit Riss, le 7 janvier n'est pas un attentat comme les autres. C'est un crime politique qui avait pour objectif de supprimer des idées et ceux qui les proclamaient".

Dans ce numéro spécial de Charlie, il y a en fait surtout de la colère. La colère de Riss donc, contre les "clébards haineux et les connards prétentieux qui aboient à son passage". La colère de Fabrice Nicolino aussi qui sur trois pages s'en prend aux "dégoûtants vomisseurs des grands penseurs de gauche" qui n'ont pas été Charlie... En vrac, le directeur du Monde Diplomatique Ignacio Ramonet, Alain Badiou, Frédéric Lordon, Edwy Plenel, Régis Debray. "Deux ans, écrit-il, qu'il nous faut supporter leurs leçons politiques et moralesCharlie serait allé trop loin, Charlie l'aurait peut-être bien cherché". "Merde, écrit Nicolino, merde à vous et honte sur vous, nous ne sommes pas du même monde, nous du côté de la liberté avec ses faiblesses et ses ridicules, vous toujours près des maîtres et des tribunaux de l'esprit". Numéro spécial de Charlie Hebdo en kiosque ce matin.

Les analyses de Hollande en Irak

Dans la presse aussi ce matin, la primaire de la gauche. Ils sont sept candidats en lice, mais ils ne sont que quatre en une de Libération : Valls, Hamon, Peillon et Montebourg. "C'est quoi ta gauche ?", demande Libé en une, qui a passé au crible les programmes des favoris. "PS, le flou saison 2", titre de l'édito du Figaro avec la charge assez lourde de Paul-Henri du Limbert. "Que retenir de ces programmes que les candidats à la primaire PS nous dévoilent, si ce n'est qu'ils semblent marqués au mieux par la précipitation, au pire par la vacuité ?" "Le cas le plus édifiant, poursuit-il, est celui de Manuel Valls qui prend une spectaculaire distance avec l'homme qu'il était encore il y a moins d'un mois. Vive les 35h et sus au 49.3 ! Comprenne qui pourra."

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Le Canard Enchaîné, lui, ironise sur cette primaire de toutes les batailles et rapporte les propos tenus par François Hollande juste avant de partir en Irak : "Valls a l'avantage de l'expérience mais aucun candidat à la primaire n'est vraiment prêt sur le plan des idées." Sous-entendu, lui s'était préparé et avait des idées. Le Canard qui s'amuse de cette phrase lancée un peu plus tard par le chef de l'État à Bagdad, l'air grave et les jumelles embuées en main : "Quand le soleil se couchera nous verrons mieux". Il parlait de Mossoul bien sûr.

La "bande de vieux" qui voulait vivre ensemble

En tout cas, toujours aucun sondage sur cette primaire à gauche ce matin. Et ne comptez pas sur Le Parisien-Aujourd'hui en France, le journal a décidé de suspendre les sondages politiques pendant la campagne présidentielle et s'en explique ce matin. "L'expérience est inédite pour un quotidien ces dernières années. Plus que les études en elles-mêmes, c'est l'utilisation qui en est faite qui nous interroge aujourd'hui, et à travers cette utilisation, l'impact sur notre pratique journalistique. Nous souhaitons éviter le côté courses de petits chevaux, nous voulons placer le reportage, le terrain et l'humain au coeur de notre démarche éditoriale. Nous ne nous interdirons pas pour autant d'évoquer des sondages réalisés par les autres médias." Au passage le journal va ainsi économiser quelques dizaines de milliers d'euros.

Aide-toi, le ciel t'aidera, ça c'est à lire dans La Croix. Avec un formidable reportage à Vaulx-en-Velin où des retraités se sont rassemblés en association pour développer un projet d'immeuble coopératif et écologique, une façon pour eux de vieillir ensemble loin des maisons de retraite coûteuses et surchargées, loin de la solitude du maintien à domicile. L'idée a germé lors d'une randonnée au cours de laquelle la "bande de vieux" -comme ils se surnomment eux-mêmes - évoque le grand âge de leur propre parent, la dépendance de la vieillesse. "Nous, on veut pas être une charge pour nos enfants, et si on vivait tous ensemble ?" C'était en 2009, depuis ils ont réussi à trouver un terrain et ont fait construire un immeuble de quatre étages, 16 appartements et le rêve un peu dingue que l'habitat doit être un bien commun. C'est pas de la politique, c'est la réalité et c'est beau.

Le temps gâché du papier-toilette plié

On termine avec du papier. Oui, et la toujours savoureuse chronique "improbabologie de Pierre Barthélémy" dans les pages sciences du Monde qui nous révèle qu'une étude très sérieuse vient d'être menée sur le pliage du papier-toilette dans les w.c. des chambres d'hôtel. Vous avez sans doute remarqué que la feuille disponible du rouleau de papier-toilette était toujours pliée de manière plus ou moins sophistiquée ou esthétique, signe discret pour dire aux clients que le ménage a bien été fait. Et bien un chercheur suédois s'est mis en tête de calculer le temps consacré chaque année au pliage du papier hygiénique dans le monde entier. En sachant qu'un employé met six secondes à chaque fois, il est arrivé au chiffre de 10 millions d'heures passées chaque année à plier du papier-toilette. Soit l'équivalent de 5.000 emplois à temps plein. Le chercheur voulait ainsi montrer la contre-productivité de certaines tâches dont on pourrait décharger les employés d'hôtel qui font déjà un travail pénible. Dites non au papier plié à l'hôtel.

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