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"Charlie Hebdo" : un an après les attentats, le journal se sent bien seul

Un an après les attaques terroristes perpétrées le 7 janvier dernier, les médias ont décidé de rendre hommage à l'hebdomadaire satirique.

Le numéro "des survivants" de "Charlie Hebdo" a été réalisé dans les locaux de "Libération"
Le numéro "des survivants" de "Charlie Hebdo" a été réalisé dans les locaux de "Libération" Crédit : AFP / Martin Bureau
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Le 7 janvier, le monde découvrait Charlie Hebdo, petit journal de dessins satiriques, pourfendeur insolent des institutions et des religions. Un mois avant l'attaque, son patron, le dessinateur Charb, avait lancé un appel pour sauver le titre de la faillite. Les ventes ne dépassaient pas les 30.000 exemplaires alors que son humour provocant, hérité des années 70, ne faisait plus recette. Le grand public ignorait même qu'il vivait sous étroite protection policière depuis la reproduction de caricatures de Mahomet en 2006, puis l'incendie criminel de ses locaux en 2011.

Un an plus tard, le constat est bien différent d'un point de vue financier. D'un point de vue éditorial cependant, la ligne reste la même. Malgré l'attentat qui a décimé la rédaction, Charlie Hebdo a réussi l'exploit de reparaître en restant fidèle à lui-même. Il publie à nouveau chaque mercredi ses seize pages de dessins grinçants, joyeusement blasphématoires ou salaces, pour dénoncer le racisme, l'intolérance et les travers du pouvoir.
Devenu malgré lui un symbole mondial de la liberté d'expression, le journal a vu affluer 4 millions d'euros de dons et 200.000 abonnements, mais il a aussi  été au centre de manifestations hostiles, parfois sanglantes dans certains pays musulmans. "Ce symbole, on est seuls à le porter, cela nous met en danger dans ce monde où s'exprimer librement peut mener à des actes de terrorisme", estime le journaliste Laurent Léger.

Un quotidien difficile pour les survivants

Mais le quotidien est dur à gérer pour les survivants alors que le numéro sorti le 14 janvier s'est vendu à 7,5 millions d'exemplaires. Riss prend la direction du journal et en devient propriétaire, avec les deux-tiers du capital. Mais l'équipe se déchire. "Je regrette que la refondation de Charlie n'ait pu avoir lieu : en la refusant, ses propriétaires ont raté une chance historique de recréer un journal participatif, doté d'un esprit d'équipe et accessible à tous", a confié Laurent Léger à l'AFP. Le dessinateur Luz, devenu un symbole du journal, quitte les lieux en septembre, imité quelques semaines plus tard par Patrick Pelloux.

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Si l'actualité nous amenait à redessiner Mahomet, on le ferait

Éric Portheault
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L'équipe d'une petite vingtaine de membres vient d'emménager dans de nouveaux locaux ultra-sécurisés, à l'adresse tenue secrète, surnommés "Fort Knox". Pas facile de plaisanter dans cette ambiance. "Les conditions de sécurité à Charlie, probablement nécessaires, restent insupportables", commente Laurent Léger. Surtout que les survivants veulent continuer à "rire de tout" . "Pas question d'autocensure, sinon cela signifierait qu'ils ont gagné. Si l'actualité nous amenait à redessiner Mahomet, on le ferait", proclame Eric Portheault, coactionnaire du journal avec Riss et directeur financier.

Une dizaine de documentaires en hommage

"Nous sommes lus maintenant par beaucoup plus de gens, qui ont découvert l'humour particulier de Charlie", ajoute-t-il, en visant des ventes qui se maintiendraient autour de 100.000 exemplaires même si certains dessins, à l'image de celui du petit Aylan l'enfant syrien mort noyé, continue de diviser. Mais la rédaction continue de tracer sa route alors qu'un numéro spécial sera dévoilé le 6 janvier et tiré à un million d'exemplaires.

Une semaine où Charlie Hebdo ne sera pas le seul média à célébrer ce triste anniversaire. Les documentaires vont se succéder sur les chaînes de télévision entre témoignages de victimes, deuil des familles, droit au blasphème, liberté d'expression mais aussi filières jihadistes et trafic d'armes. 

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Un an après les attaques terroristes perpétrées le 7 janvier dernier, les médias ont décidé de rendre hommage à l'hebdomadaire satirique.
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