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"Charlie Hebdo" : on a lu le numéro du mercredi 14 janvier

Quelques-uns des trois millions d'exemplaires ont été envoyés dès mardi aux rédactions de France, avant parution mercredi. Le contenu du numéro des "survivants" est un véritable ascenseur émotionnel, entre rire et peine.

La une de Charlie Hebdo du mercredi 14 janvier
La une de Charlie Hebdo du mercredi 14 janvier
Mathilde Cesbron
Mathilde Cesbron

Seule la une du "numéro des survivants" a été révélée dès lundi. Fidèle à l'esprit de Charlie Hebdo, elle représente une caricature de Mahomet drôle, efficace et corrosive. Le contenu, lui, est resté secret jusqu'à sa parution ce mercredi 14 janvier. Quelques-uns des trois millions d'exemplaires ont été envoyés en dès mardi aux rédactions françaises. Que réserve le numéro historique de Charlie Hebdo ?

La une passée, le journal s'ouvre sur un premier hommage aux 4 dessinateurs assassinés. 11 caricatures inédites remplissent la double page. À gauche, Charb, Tignous et Cabu se moquent une dernière fois de la religion. Sur la page de droite, le catholicisme en prend pour son grade, caricaturé par les 4 génies du crayon."On a convoqué tout le monde pour ce numéro, tous les talents", a indiqué le dessinateur Luz lors de la conférence de presse qui a eu lieu mardi. 

Au milieu des dessins, "L'apéro" de Gérard Biard apporte une touche de sérieux. Il rappelle l'importance de la laïcité et cite d'une traite les victimes de l'attentat au siège de Charlie Hebdo, de la fusillade de Montrouge et de la prise d'otages de la Porte de Vincennes.

Pourquoi c'est ma première chronique écrite en larmes

Patrick Pelloux

Sur les pages suivantes, les "survivants" de Charlie dénoncent l'instrumentalisation de ces attentats, pointant du doigt la théorie du complot "judéo-américano-occidental "évoqué dès le lendemain du drame par Thierry Meyssan et son Réseau Voltaire. Suit une enquête sur les failles de l'arsenal anti-terrorisme. Et puis un dessin de Cabu - une pointe de légèreté au milieu des articles- qui compare les jeunes partis pour le Jihad à l'Erasmus. Impossible de ne pas rire.

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Après le rire avec les dessins, l'émotion avec un billet de Patrick Pelloux. Ce numéro de Charlie est un véritable ascenseur émotionnel. Dans sa chronique, l'urgentiste essaye de joindre désespérément ses amis Charb, Cabu, Tignous, Honoré et Elsa mais ils ne répondent pas. "Il est si tard et je ne comprends pas pourquoi c'est ma première chronique écrite en larmes. Le son de leur voix ressemble au silence. J'ai froid. J'ai envie de vomir. Il doit y avoir une fête quelques part où ils ont tous allés", écrit-il. 

La manifestation de dimanche croquée en anglais et en français

À la moitié du journal, le croquis de Coco "J'écris ton nom : Liberté" côtoie la dernière chronique éco de l'oncle Bernard alias Bernard Maris, tué dans la fusillade, et le coup de gueule plein d'humour de Bruno Madénian. "Hollande est Charlie, Valls est Charlie, Sarko est Charlie, Marine Le Pen pleurniche pour être Charlie. Le PSG est Charlie. Même Arnold Schwarzenegger se dit Charlie. Le mec d' Expendables ! Non mais, n'importe quoi!", plaisante l'humoriste. 

Ce numéro de Charlie Hebdo ne pouvait pas passer à côté de la manifestation de dimanche. Elle est croquée en anglais et en français sur une amusante double page. La présence de stars, l'arrivée des politiques - comparée à une "famille de clown" - , la fougue des militants... Tout y est dépeint au crayon gras. 

Terroriste, c'est 25 secondes de boulot. Terroriste, un métier de feignant et de branleur

Croquis de Riss

En bref, 4 petits paragraphes signés Zineb El Rhazoui dépeignent si bien l'émotion du drame. Encore quelques chroniques émouvantes, quelques dessins piquants et arrive déjà la dernière page. Intitulée "Les couvertures auxquelles vous avez échappé", elle met en valeur un croquis central. Un dessinateur planche sur sa table. En commentaire : "Dessinateur à Charlie Hebdo c'est 25 ans de boulot". Sur la deuxième vignette, un terroriste tire sur des journalistes. Le texte indique : "Terroriste, c'est 25 secondes de boulot. Terroriste, un métier de feignant et de branleur". Une dernière provocation pour la route. 

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