2 min de lecture Charlie Hebdo

"Charlie Hebdo" : le journal en crise, Luz aurait annoncé son départ

Dans un contexte de vives tensions depuis les attentats, le dessinateur Luz, figure du journal, aurait annoncé son départ pour septembre prochain.

Le dessinateur Renald Luzier, dit Luz (au centre), brandit "Charlie Hebdo", avec à sa gauche Gérard Biard, le rédacteur en chef, le 13 janvier 2015.
Le dessinateur Renald Luzier, dit Luz (au centre), brandit "Charlie Hebdo", avec à sa gauche Gérard Biard, le rédacteur en chef, le 13 janvier 2015. Crédit : MARTIN BUREAU / AFP
Claire Gaveau
Claire Gaveau
Journaliste RTL

C'est la crise à Charlie Hebdo. Plus de quatre mois après les attentats, le journal satirique connaît de vives tensions. Selon Mediapart, qui cite des sources internes à la rédaction, Luz aurait annoncé son départ. "Le dessinateur Luz, un historique de Charlie, a confié récemment qu'il n'en pouvait plus et a annoncé son départ pour septembre", peut-on lire sur le site internet. Après avoir annoncé qu'il refusait de dessiner une nouvelle fois le prophète, Renald Luzier de son vrai nom, pourrait ne plus dessiner tout court pour Charlie Hebdo

Une révélation qui intervient après la procédure de licenciement de Zineb El Rhazoui, dévoilée par Le Monde, jeudi 14 mai. "Madame, nous sommes contraints d'envisager votre licenciement pour faute grave. En conséquence, je vous convoque à un entretien préalable sur cette éventuelle mesure, le mardi 26 mai", a reçu la journaliste, présente à l'hebdomadaire depuis 2011. Une décision que la jeune femme a encore du mal à comprendre. "Charlie a l’intention de licencier la journaliste la plus menacée de France, tout en allant cueillir les fruits du courage et de la liberté d’expression ? L’urgence, c’est d’économiser mon salaire, avec tout le fric qu’ils ont reçu ? C’est d’une violence et d'une bêtise indescriptibles", a-t-elle commenté à Mediapart.  

Vers une refondation de Charlie ?

En outre, la jeune femme fait partie des quinze signataires de la tribune "Pour une refondation de Charlie", publiée dans Le Monde, le 31 mars dernier. Zineb El Rhazoui mais aussi Luz, Patrice Léger et l'urgentiste Patrick Pelloux ont réclamé une nouvelle gouvernance et un statut "d'actionnaires salariés à part égale" refusant "qu'une poignée d'individus prennent le contrôle".

Il faut dire que les enjeux sont nombreux. Si la constitution et la gestion de la nouvelle équipe étaient au cœur des débats, les questions économiques sont rapidement devenues un motif de discorde entre les différents collaborateurs. Une rumeur évoque même une somme de 30 millions d'euros accumulée après les attentats grâce aux nombreux dons, ventes et abonnements enregistrés. Une somme contestée par certains. "Grosso modo, les dons représentent 4,5 millions d’euros. Quant à l’argent des ventes au numéro, il n’arrive des messageries que trois mois après. Une fois les recettes des ventes et des abonnements encaissées, et une fois les impôts payés, il devrait rester 15 millions d’euros", a détaillé un proche de la direction au journal en ligne. 

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Alors que le journal atteignait péniblement 24.000 exemplaires écoulés chaque semaine, les ventes explosent. Le numéro 1.178, dit le "numéro des survivants", a été vendu à plus de 7 millions d'exemplaires alors que chaque numéro est dorénavant écoulé à 200.000 exemplaires en moyenne. 

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