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Honneur au Belge qui a sorti de l'oubli les "poilus" tombés au combat

Un ancien instituteur belge octogénaire recevra samedi la Légion d'Honneur pour avoir, pendant un demi-siècle, aidé les familles françaises à retrouver la trace des soldats tombés au cours de l'une des batailles les plus meurtrières de la guerre de 1914-1918. Au son de la Marseillaise, Jean Dauphin, 87 ans, sera fait chevalier dans le village bucolique de Virton, dans ces Ardennes belges au relief et à l'histoire tourmentés. "C'est difficile à imaginer aujourd'hui mais nos villages ont été la scène d'un véritable massacre il y a près de 100 ans", raconte l'ex-instituteur du village.

La Légion d'honneur
La Légion d'honneur Crédit : DR
micro générique
La rédaction de RTL et Pierre Julien

En une seule journée, le 22 août 1914, plus de 20.000 soldats français sont tombés sur le front des Ardennes, fauchés dans leurs uniformes bigarrés, par les mitrailleuses allemandes. Ils avaient une vingtaine d'années et venaient d'être mobilisés aux premiers jours de la guerre sans imaginer "la boucherie qui les attendait".

"Ils étaient tellement nombreux à être tués que les habitants et les survivants les ont enterrés à la hâte dans des fosses communes", indique Jean Dauphin.

A la fin de la guerre, les corps sont exhumés et une sépulture particulière est donnée dans les cimetières militaires à chaque mort identifiable. Les ossuaires accueillent les autres, "soldats inconnus morts au champs d'honneur".

Jean Dauphin grandit dans le souvenir de "cette tragédie qui imprègne la mémoire collective de la région". "Je l'ai transmis aux élèves de 6 à 12 ans de l'école communale" et "j'ai petit à petit recueilli les témoignages, les souvenirs..."
 
Après la Seconde Guerre mondiale, l'instituteur est donc logiquement chargé de renseigner les familles françaises à la recherche de la sépulture de leurs aïeux. Il ne ménage pas sa peine et sillonne la région en quête du moindre indice.

 C'est grâce à lui que Jeanne Colony a pu respecter la promesse qu'elle avait faite à son père sur son lit de mort : retrouver la tombe de son oncle, Louis Levesque, tombé le 22 août à 24 ans en même temps que quatre autres jeunes hommes de son village de Courgeoust, dans l'Orne. "Jean Dauphin fait un travail fantastique. Il a permis à de nombreuses familles de rendre hommage à leurs proches disparus", témoigne cette Parisienne de 91 ans à l'origine de la demande de la Légion d'Honneur.

Avec une quinzaine de bénévoles, Jean Dauphin entretient un petit musée et organise chaque année, le 22 août, une cérémonie du souvenir. "C'est très émouvant d'accueillir les petits-enfants, voire les arrière petits-enfants, qui viennent spécialement de l'ouest de la France d'où étaient originaires la plupart des soldats morts", souligne Freddy Brisy, l'un des membres de l'association.

Samedi, au lendemain des cérémonies de l'Armistice de 1918, la Légion d'Honneur sera épinglée sur la poitrine de Jean Dauphin par le petit-fils du général de Trentinian, mort ce 22 août 1914 dans les Ardennes à la tête de la 7e division de l'armée française.

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