3 min de lecture Cinéma

"Borg/McEnroe" : l'un des plus grands duels du sport porté à l'écran

DÉCRYPTAGE - L'Américain et le Suédois ont offert un duel épique aux fans de tennis, tout en se vouant un respect profond. Un film avec Shia LaBeouf revient sur leur match légendaire à Wimbledon en 1980.

John McEnroe et Bjorn Borg en 2008
Crédit Image : PORNCHAI KITTIWONGSAKUL / AFP

Deux géants d'un sport séculaire que tout opposait, sauf le respect mutuel qu'ils se vouaient. Björn Borg et John McEnroe ont éclairé la planète tennis d'une opposition de caractère et de style restée dans les annales du sport. Pourtant elle n'a duré que 3 ans, avec une acmé lors de la finale de Wimbledon, le 6 juillet 1980. 

Et c'est ce match qui est au centre du film Borg/McEnroe, du Danois Janus Metz Pedersen dans les salles ce 8 novembre. Un match de légende, sans doute le plus intense et épique de Wimbledon, devant le duel techniquement immense entre Nadal et Federer en 2008. Le climax d'un duel qui a marqué la petite balle jaune et le sport en général, entre le bouillant et colérique Américain et un "Iceborg" tout en maîtrise. 

Au moment d'entrer sur le central londonien, alors que le tennis commence à basculer vers le star-système, les deux joueurs sont des idoles. Björn Borg est un sex-symbole adulé par les Anglais qui adorent son flegme. John McEnroe est surnommé "le sale morveux" par des Britanniques qui ne supportent pas ce trublions irrespectueux venu du Nouveaux Monde. 

Une rivalité sur fond d'admiration

Un dédain que leur rendait bien "Big Mac". Ce dernier a toujours fustigé "les clubs de tennis qui exigent qu'on s'habille de blanc, qui excluent les Noirs, les juifs et Dieu sait qui, l'atmosphère feutrée des courts, où la moindre excitation fait hausser les sourcils". Autant dire qu'il n'avait rien en commun avec le All England Lawn Tennis and Croquet Club et son dress code rigide. 

Ce 6 juillet 1980, McEnroe et Borg s'affrontent pour la 8e fois. Le Suédois mène alors 4-3 dans leurs confrontations, qui ont toujours eu lieu en demi-finale ou en finale, sauf au Masters de 1980. L'Américain avait 21 ans, son rival 24 ans, mais déjà dominateur depuis la moitiés des 70's. Il remporte ce jour-là son 5e Wimbledon d'affilé, après avoir rafler un 5e Roland-Garros un mois plus tôt. Froid et imperturbable, c'était une machine sur un court. 

Une attitude certes opposée à celle d'un McEnroe toujours prompt à hurler sur un arbitre, mais qui était profondément fasciné par Borg, son idole. Il avait décelé que sous la glace brûlait un feu ardent, et surtout fulgurant. Car un an après ce Wimbledon, McEnroe prendra sa revanche, et battra à nouveau son meilleur ennemi à l'US Open en 1981. 

McEnroe moins fort sans Borg

Ce sera le dernier match de Björn Borg, qui n'a même pas assisté à la remise du trophée de l'Américain. S'en était trop, il ne voulait pas de la la lumière. Il était bourré de superstitions, jusqu'à peser au gramme près le même poids à chaque Wimbledon. Le tennis l'avait lessivé, il l'a quitté, laissant McEnroe orphelin. Tel le Yin privé du yang, et comme vidé de ce qui le transcendait. 

Au point que McEnroe a avoué qu'il aurait eu une meilleure carrière si Borg avait continué la sienne. Au final, en 3 ans les deux monstres du tennis se sont affrontés 14 fois, pour un bilan parfait de 7-7. Comme une invitation à ne jamais préférer l'un à l'autre. 

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