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"Belmondo ou le goût du risque" : le récit d'un Bebel sans filet

Un documentaire consacré à Jean-Paul Belmondo, diffusé ce mardi 5 décembre sur Paris Première, revient sur ses cascades. Plusieurs images inédites sont proposées.

Jean-Paul Belmondo dans L'homme de Rio
Crédit Image : Sipa

C'est l'histoire d'un acteur qui ne voulait pas faire des films d'action sans mouiller la chemise, voire même prendre des risques. Jean-Paul Belmondo n'est pas une star comme les autres dans l'inconscient populaire. C'est Bebel, L'Homme de Rio, Le Professionnel. Il a incarné ces rôles au point que l'acteur a fini par être assimilé à ces personnages de films.

Paris première a choisi de revenir sur ce Belmondo qui ne refusait jamais les cascades, mêmes les plus dangereuses. "S'il avait su qu'il n'y avait pas de risque du tout, ça ne l'aurait pas intéressé", se rappelle Rémy Julienne, as de la cascade au cinéma et qui a longtemps travaillé à minuter les cascades sur les films de Jean-Paul Belmondo.

Dans le documentaire Belmondo ou le goût du risque, les archives personnelles et inédites de Rémy Julienne montrent certaines scènes jamais diffusées et illustrant les périls qu'il a fallu parfois contourner pour tourner des scènes qu'une doublure aurait pu assumer. Mais c'était sans connaître Bebel l'exigeant, le perfectionniste. 

Une prise de risque maximale et contrôlée

C'est sur le tournage de L'Homme de Rio, de Philippe de Broca (1964), que Belmondo a commencé à faire ses propres cascades. Et c'est là aussi que les premières frayeurs commencent, au moment où il faut aller d'un immeuble à l'autre, à 40 mètres du sol, en étant suspendu à un câble. Arrivé vers le milieu, Belmondo a eu "le bras blanc", c'est à dire le bras tétanisé. "Pour moi ça a duré des heures", explique alors l'acteur, qui a accompli la cascade jusqu'au bout.

Mais cela ne va pas rebuter Bebel. Il se rend compte d'ailleurs, après des films moins réussis, que c'est ce Belmondo-là qui est attendu par les spectateurs et spectatrices. Et c'est en 1975, dans Peur sur la ville de Henri Verneuil, que Belmondo va devenir aussi cascadeur, avec des scènes jamais faîtes par un comédien sans doublure. Si le maximum de précaution étaient prises, il refusait qu'on en prit plus que pour une doublure.

Tournée dans le métro la nuit, une scène a provoqué une fracture du bras, alors que Belmondo montait sur le toit d'une rame en marche. Philippe Lefebvre, assistant réalisateur sur le film, se rappelle : "C'est un bout de ferraille qui lui a pété le poignet. S'il avait pris ça dans la tête je ne sais pas ce qu'il se serait passé". 

C'est dommage si l'acteur ne fait pas les choses lui-même

Jean-Peul Belmondo
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Une cascade périlleuse, suivie d'une autre sur le métro aérien et réalisée sur une véritable rame en service et des voyageurs dans les wagons. "Le chauffeur, à un moment, donné est descendu, et il m'a dit : 'Chapeau mon gars. Pour 100 millions, moi je ne ferais pas ça'. Et je lui ai répondu moi non plus", racontait Jean-Paul Belmondo dans un éclat de rire. 

Des anecdotes de l'entourage de Belmondo et des images inédites de Rémy Julienne remettent sur le devant de la scène des méthodes de travail qu'il serait sans doute impossible de mettre en place aujourd'hui, tant les risques pris par la star du film étaient réelles. "Ce genre de films, c'est dommage si l'acteur ne fait pas les choses lui-même", expliquait Belmondo. 

Blessé par un tigre sur "L'Animal"

L'acteur insistait même pour qu'on voit bien son visage sur les plans de scènes à risque. Jamais doublé, parfois blessé comme lors du tournage de L'Animal, de Claude Zidi en 1977. Lors d'une scène qui nécessitait de dévaler les escaliers, Belmondo s'est cassé la cheville. Une piqûre plus tard, et il reprenait la scène. Dans le même film, une scène avec un tigre lui a valu un blessure à l'oreille, l'animal la lui ayant mordillée. 

Jean Rochefort, Claude Zidi ou encore Patrice Leconte racontent leurs expériences avec l'une des plus grandes stars françaises. Belmondo ou le goût du risque, de Jérôme Wybon avec le récit d'Antoine Duléry, sera diffusé ce mardi 5 décembre sur Paris Première, après Peur sur la ville. Il s'agira de l'ouverture d'un cycle Belmondo qui verra les soirées du mardi consacrées à Bebel jusqu'au 23 janvier. 

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