3 min de lecture Cinéma

"Au revoir là-haut" : qui est Nahuel Pérez Biscayart héros du film ?

PORTRAIT - Après "120 battements par minute", le jeune comédien crève l'écran dans le nouveau film d'Albert Dupontel, "Au revoir là-haut".

Albert Dupontel et Nahuel Perez-Biscayart dans "Au-revoir là-haut"
Crédit Image : Jérôme Prébois/ADCB Films

Son nom ne vous dit peut-être rien, mais son visage si. Nahuel Pérez Biscayart est à l'affiche du nouveau film d'Albert Dupontel, Au revoir là-haut, qui sort dans les salles obscures depuis le mercredi 25 octobre. Ce trentenaire aux grands yeux bleus crève l'écran dans le rôle d'Édouard Péricourt, une gueule cassée de la Première Guerre mondiale qui se réfugie sous un masque.

Presque muet durant tout le film, le comédien signe une performance grandiose, quelques mois seulement après s'être fait remarquer à Cannes lors de la projection de 120 battements par minute de Robin Campillo. Si le public français ne le découvre que maintenant, Nahuel Pérez Biscayart a débuté devant la caméra il y a déjà quelques années mais était plutôt familier du cinéma d'auteur.

Perfectionniste, polyglotte et étonnant, qui est ce jeune espoir du cinéma français ?

Un polyglotte des 4 coins du monde

Nahuel Pérez Biscayart est né à Buenos Aires en 1986 d'un père qui travaille dans l'architecture et d'une mère psychologue. Issu d'une famille de la classe moyenne d'Argentine, il effectue sa scolarité dans le collège d'électromécanique, avec les cours de théâtre du vendredi soir comme unique intérêt. 

Avec ses parents il voyage en France, fait du camping sauvage devant les châteaux de la Loire et visite Paris, qu'il quitte en pleurs. Il décide d'arrêter d'étudier l'électromécanique pour se consacrer à sa passion, le théâtre. En 2007 il joue dans une adaptation de la pièce Les Parents Terribles de Jean Cocteau et rejoint la troupe de Willem Dafoe à New York, la Wooster Group. 

Nahuel Perez Biscayart dans "120 battements par minute"
Crédit Image : Céline Nieszawer

Cet amoureux des voyages est un véritable polyglotte, qui peut jouer dans plusieurs langues, l'anglais, le français et l'italien. Une scolarité de quelques mois à l'université de la Sorbonne lui a suffit à maîtriser pleinement le français, à l'écrit comme à l'oral, et sans aucun accent. Nahuel Pérez Biscayart enchaîne les tournages à l'étranger, pour ne pas suivre une carrière toute tracée. Il explique régulièrement son choix en précisant qu'il aurait pu devenir célèbre en Argentine, où on lui proposait un rôle dans de nombreuses telenovelas.

Mais très peu pour le jeune comédien, qui a envie de plus, et de mieux. Il débarque dans le cinéma français en 2010 dans le film Au fond des bois de Benoît Jacquot, où il incarne Timothée, un être répugnant mais fascinant, dont s'entiche une petite fille (jouée par Isild de Besco).

Le milieu commence à mettre un nom sur ce visage aux yeux perçants et c'est la réalisatrice Rebecca Zlotowski qui lui donnera son second rôle au cinéma. Il joue le rôle d'Isaac dans Grand Central, aux côtés de Léa Seydoux et de Tahar Rahim. C'est Rebecca Zlotowski qui glissera son nom à Robin Campillo pour le personnage de Sean dans 120 battements par minute.

AU REVOIR LA-HAUT Bande Annonce Teaser (2017)

Travailleur acharné, limite perfectionniste, Nahuel Pérez-Biscayart aime préparer ses rôles en profondeur. Pour Au revoir là-haut, le comédien a suivi des cours de danse, de dessin et de piano. Il s'est beaucoup documenté sur l'entre-deux guerres et sur les gueules cassées pour pouvoir saisir la complexité du personnage, et a écouté la voix de patients opérés du larynx ou des cordes vocales, afin d'assimiler leur diction particulière. Une détermination payante ; Pierre Lemaître, auteur du roman dont le film est adapté, n'arrive plus à voir son héros autrement que sous les traits du comédien.

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